<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766</id><updated>2012-02-03T11:50:50.881+01:00</updated><category term='Société Post-Capitaliste'/><category term='Pages les + Lues'/><category term='Lectures'/><category term='Théorie Intégrale'/><category term='Université Intégrale'/><category term='Ecologie Intégrale'/><category term='Tables des Matières'/><category term='Inspirations'/><category term='Evolution Culturelle'/><category term='Post-matérialisme'/><category term='Signes des Temps'/><title type='text'>Le Journal Intégral</title><subtitle type='html'>Chroniques de la fin d'un monde, avec ses diverses crises, Le Journal Intégral observe l'avènement d'un nouvel "Esprit du temps" qui inspire penseurs, créateurs et communautés en faisant émerger des formes innovantes de réflexion et de sensibilité. A ce nouveau stade de l'évolution culturelle correspond la "vision intégrale" d'un homme réunifié dans un monde réenchanté. L'air du temps est en train de changer. Soyons à l'écoute de ces paroles inspirées qui permettent de l'interpréter.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>153</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-4102399920197620541</id><published>2012-01-30T12:00:00.004+01:00</published><updated>2012-01-30T12:17:14.325+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signes des Temps'/><title type='text'>Un Signe des Temps (2)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-lfSMA5ezITg/TyZ3jhyNAuI/AAAAAAAAAlY/CueSkinkWls/s1600/Concordia.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 266px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5703377430359376610" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-lfSMA5ezITg/TyZ3jhyNAuI/AAAAAAAAAlY/CueSkinkWls/s400/Concordia.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Les plus belles histoires commencent toujours par des naufrages&lt;/em&gt;. Jack London &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;Avertissement au lecteur&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;: parce qu’il constitue la suite du précédent billet, ce texte ci-dessous n’est compréhensible qu’en référence à ce dernier et dans sa continuité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le billet précédent nous faisions part des coïncidences troublantes ayant entourées le naufrage du &lt;strong&gt;Costa Concordia&lt;/strong&gt;, vendredi 13 Janvier. &lt;strong&gt;Première coïncidence&lt;/strong&gt; : ce naufrage s’effectue au moment même où l’agence &lt;strong&gt;Standard &amp;amp; Poor’s&lt;/strong&gt; dégrade la note de neuf pays européens alors que le nom &lt;strong&gt;Concordia&lt;/strong&gt; symbolise l’harmonie entre les nations européennes exprimée par la devise de l’Union européenne&lt;/em&gt; In varietate concordia&lt;em&gt;, traduite en français par «&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;Unie dans la diversité&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Seconde coïncidence&lt;/strong&gt; : le Costa Concordia a servi de décor au dernier film de Jean-Luc Godard qui y mettait en scène et en images la disparition programmée de la civilisation européenne. A ces deux coïncidences s’en ajoute une &lt;strong&gt;troisième&lt;/strong&gt;, plus personnelle : le 14 Décembre, nous illustrions le premier de nos billets consacrés à La fin de l’ère économique par &lt;strong&gt;un montage qui symbolisait la crise financière par un naufrage&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous tenterons dans ce billet comme nous l’avons fait dans le précédent d’apporter des éléments de réponse à la question suivante : &lt;strong&gt;de quoi le naufrage du Costa Concordia est-il et le nom et le signe ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pour une chronosophie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le réseau de coïncidences significatives évoqué dans notre dernier billet nous conduit à réfléchir sur le statut que nous donnons aujourd’hui au temps en général et à l’évènement en particulier. Pour les anciens, la temporalité était vécue &lt;strong&gt;sur le mode affectif et intuitif d’une durée subjective&lt;/strong&gt; et non, comme pour nous autres modernes, &lt;strong&gt;sur le mode intellectuel d’une mesure abstraite et objective&lt;/strong&gt;. Dans ce contexte traditionnel, l’évènement apparaît aux anciens comme un signe à travers lequel se manifeste le &lt;strong&gt;Kosmos&lt;/strong&gt;, c'est-à-dire l’ordre multidimensionnel, organique et harmonique, auquel ils participent intuitivement et dans lequel ils se sentent intégrés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est que depuis peu à l’échelle de l’histoire humaine que nous avons perdus cette faculté de &lt;strong&gt;percevoir les évènements comme autant de signes porteurs de sens&lt;/strong&gt;. Fondée sur l’émergence d’une pensée abstraite, d’une épistémologie distinctive et d’une logique formelle, la modernité sépare le sujet de ses objets d’attention pour mieux observer, mesurer et analyser ceux-ci dans le but de les utiliser. Dans le contexte utilitaire de la modernité où le temps est devenu une ressource à exploiter - « &lt;em&gt;le temps c’est de l’argent&lt;/em&gt; » - &lt;strong&gt;l’évènement n’est plus un signe à interpréter mais un objet à analyser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Comme l’écrit &lt;strong&gt;Merleau-Ponty&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La science manipule les choses mais renonce à les habiter&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. » Notre culture de domination abstraite ne nous permet plus d’habiter ni l’espace, ni le temps en participant subjectivement à ce &lt;strong&gt;vaste réseau de signes&lt;/strong&gt; à travers lequel la subjectivité humaine correspond de manière harmonieuse et symbolique avec son milieu d’évolution. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Nous vivons &lt;strong&gt;sous l’emprise du chronomètre&lt;/strong&gt; qui impose à nos vies un &lt;strong&gt;rythme mécanique&lt;/strong&gt;, déconnecté de cette &lt;strong&gt;durée concrète et subjective&lt;/strong&gt; qui nous relie aux rythmes et aux cycles évolutifs des milieux humains, naturels et spirituels où nous évoluons. Penseur de &lt;strong&gt;l’intuition&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;l’évolution créatrice&lt;/strong&gt;,&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson"&gt;&lt;strong&gt; Bergson&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;a analysé avec maestria la différence existant entre l’expérience subjective de la durée et la mesure mécanique d’une temporalité abstraite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Tout est écrit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Résister à la dictature utilitaire de la chronométrie, c’est retrouver une « &lt;strong&gt;chronosophie&lt;/strong&gt; », &lt;strong&gt;cette sagesse du temps&lt;/strong&gt;, fondée sur l’expérience intime de la durée, qui voit dans l’évènement le signe de la destinée humaine. Si celui qui habite la durée développe avec l’évènement une relation familière, c’est qu’il participe intuitivement à la dynamique dont cet évènement est la manifestation. Quel que soit le mot qu’on utilise – &lt;strong&gt;coïncidence, synchronicité, correspondance, conjonction&lt;/strong&gt; – on parle toujours du même lien organique qui existe entre la subjectivité et son milieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un lien organique qui heurte notre raison fondée sur la séparation abstraite entre l’homme et le monde. Et pourtant il n’y a rien d’extraordinaire à percevoir ces signes des temps qui constituaient &lt;strong&gt;l’évidence partagée des sociétés traditionnelles&lt;/strong&gt;. Ce qui, par contre, est extraordinaire, c’est que nous ayons perdu cette qualité de perception – intuitive, poétique et symbolique – qui permet de lire tous les jours &lt;strong&gt;le livre de notre vie&lt;/strong&gt; pour un extraire un sens qui nous permet d’avancer et d’évoluer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est écrit – les anciens l’ont assez dit - mais dans le contexte d’une culture abstraite peu nombreux sont ceux dont l’intuition et l’attention se conjuguent pour décrypter cette écriture symbolique à travers laquelle s'exprime la dynamique secrète qui guide les destinées humaines. &lt;strong&gt;Nous nommons hasard notre aveuglement et notre surdité nous l’appelons tout simplement absurdité&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Nous admirons chez les créateurs ces qualités de perception et de vision que l’on refuse à l’homme ordinaire, ou plutôt nous avons délégué aux créateurs le monopole des facultés intuitives que nous possédons tous mais qui nous sont déniées par la culture abstraite de la modernité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une dialogue poétique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Rien n’arrive au hasard pour celui qui est connecté à la dynamique d’une conscience collective que certains, comme &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Corbin"&gt;Henri Corbin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, nomment &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.google.fr/search?sourceid=navclient&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;rlz=1T4DAFR_frFR287FR287&amp;amp;q=imaginal"&gt;l’Imaginal.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; Cet homme connecté est d’abord averti par des intuitions, des sensations, des pressentiments, des inspirations. Souvenons-nous que, selon &lt;strong&gt;Rilke&lt;/strong&gt; : " &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le futur est en nous bien avant qu'il n'arrive&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;". En mettant naturellement en relation ces évènements intérieurs avec les évènements extérieurs, l’homme connecté perçoit autour de lui des phénomènes qui correspondent à ses intuitions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un dialogue poétique s’établit alors entre les dimensions de l’intériorité et de l’extériorité qui apparaissent comme deux faces d’une même réalité, correspondant dans un langage symbolique auquel la sensibilité s’initie peu à peu. Parce qu'il perçoit &lt;strong&gt;l'évènement comme l’épiphanie d’un contexte global,&lt;/strong&gt; l'homme connecté l'interprète et lui donne un sens qui transcende les apparences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun de nous peut en faire l’expérience : sans que nous sachions très bien comment l’accueillir, le mystère frappe parfois à notre porte à travers &lt;strong&gt;un faisceau de coïncidences qui apparaissent comme les émissaires d’une réalité mystérieuse&lt;/strong&gt; que nous pressentons mais à laquelle nous ne savons pas comment accéder. Difficile de mettre des mots sur des pressentiments comme il est difficile de traduire la fulgurance, l’immédiateté et la profondeur d’une intuition dans le langage réflexif et conceptuel de l’explication.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre la dimension immédiate de l’intuition et celle des médiations intellectuelles, il devient alors nécessaire d’établir le pont de &lt;strong&gt;l’interprétation&lt;/strong&gt;, ce que le langage savant nomme &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Herm%C3%A9neutique"&gt;l’herméneutique &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;en référence à &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Herm%C3%A8s"&gt;Hermès,&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; messager des dieux. Interpréter c’est décoder ce langage des signes à travers lequel s’adresse à nous une réalité mystérieuse dont la seule chose que nous puissions en dire c’est qu’elle excède toujours les limites de notre entendement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La fin d’un monde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Pour illustrer le billet du 14 Décembre consacré à &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-1.html"&gt;La fin de l’ère économique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, j’avais choisi un montage trouvé sur &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Google Images&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. Sous le titre &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La fin d’un monde&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, on y voit un paquebot faire naufrage et des canots de sauvetage s’en éloigner avec comme légende : &lt;em&gt;Crise financière. Comment en est-on arrivé là et quelles leçons en tirer&lt;/em&gt;. La coïncidence entre le naufrage du Costa Concordia et la dégradation de neuf pays européens renvoie de manière spectaculaire à &lt;strong&gt;cette analogie entre naufrage et crise financière&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’agissait dans notre esprit de donner à voir, à travers la figure du naufrage, &lt;strong&gt;l’effondrement d’un système global&lt;/strong&gt; qui correspond simultanément à la fin de l’ère économique et à l’avènement d’un nouveau modèle. Les lecteurs réguliers du Journal Intégral auront d’ailleurs sans doute remarqués que, dans la série de billets intitulée &lt;strong&gt;Bonne Crise&lt;/strong&gt; et consacrée à la crise comme opportunité d’évolution, le billet du &lt;em&gt;vendredi 13 janvier&lt;/em&gt; – jour du naufrage – intitulé &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-1.html"&gt;De la chenille au papillon&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; évoquait le processus de &lt;strong&gt;métamorphose&lt;/strong&gt; au cœur du développement des hommes et des sociétés alors que le suivant, daté du &lt;em&gt;19 Janvier&lt;/em&gt;, intitulé &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise-4-apocalypse-now.html"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Apocalypse Now&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;était consacré au processus de &lt;strong&gt;destruction créatrice&lt;/strong&gt; qui permet cette métamorphose et qui est figuré par l’Apocalypse dans la tradition chrétienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si, par un effet de &lt;strong&gt;miroir métaphorique&lt;/strong&gt;, les catastrophes maritimes renvoient à l’état de nos sociétés, le naufrage du &lt;strong&gt;Titanic&lt;/strong&gt; annonçait le passage à l’ère économique comme celui du &lt;strong&gt;Concordia&lt;/strong&gt; annonce aujourd’hui le passage à une ère nouvelle que le Journal Intégral cherche à esquisser. Le naufrage du &lt;em&gt;Costa Concordia&lt;/em&gt; serait alors le nom d'une destruction créatrice nécessaire à toute métamorphose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;De la Concorde à la Discorde&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L’effondrement d’un temple est toujours un signe de la fin du dieu qu’il honorait. Ses promoteurs ont voulu faire du Concordia &lt;strong&gt;un temple du divertissement, symbole de l’hédonisme marchand&lt;/strong&gt;. Le naufrage du Concordia illustre la dégradation, le déclin et la dégénérescence d’une civilisation européenne qui, sous l’emprise d’une idéologie néo-libérale, dénie les finalités humaines et spirituelles au profit des moyens économiques et financiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme il est étrange de constater que le jour où le Concordia s’échoue est aussi celui où la concorde européenne qu’il symbolisait se voit mise à mal par la dégradation de la note des pays du Sud et le maintien de celles des pays du Nord. Si &lt;strong&gt;le temps de la concorde&lt;/strong&gt; est celui où les individus comme les nations sont réunis par un &lt;strong&gt;idéal commun&lt;/strong&gt; qui transcende leur individualité, &lt;strong&gt;le temps de la discorde&lt;/strong&gt; est celui où les &lt;strong&gt;intérêts égoïstes&lt;/strong&gt; des individus prime sur l’intérêt général et où les nations se replient sur elles-mêmes dans une forme de nationalisme régressif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;em&gt;Timon d’Athènes&lt;/em&gt;,&lt;strong&gt; Shakespeare&lt;/strong&gt; montre à quel point la discorde est le fruit de l’avidité. Parlant de l’or, il écrit ceci : « &lt;em&gt;Allons, métal maudit, putain commune à toute l'humanité, toi qui mets la discorde parmi la foule des nations...&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Abstraction et Navigation&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il existe une &lt;strong&gt;analogie évidente entre abstraction et navigation&lt;/strong&gt; : naviguer c’est abstraire son corps de la pesanteur terrestre comme raisonner c’est abstraire mentalement un élément d’une totalité. L’abstraction intellectuelle consiste à isoler et à fragmenter des éléments qui sont naturellement unis afin de les objectiver. Selon le &lt;strong&gt;Gaffiot&lt;/strong&gt; le mot abstraction a pour origine le mot latin &lt;em&gt;abstraho&lt;/em&gt; signifiant &lt;em&gt;tirer, traîner loin de, séparer de, détacher de, éloigner de&lt;/em&gt;... Le préfixe latin &lt;em&gt;ab-&lt;/em&gt; indique l’éloignement et la séparation. Parce qu’elle est un processus d’abstraction, la navigation peut devenir une métaphore du mental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand le mental est connecté à une intuition créatrice, l’intelligence intuitive opère une médiation entre terre et ciel, souvent figurée par la navigation, qui fait dire à &lt;strong&gt;Aristote&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Il y a les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». Ce qui explique pourquoi nombre de récits initiatiques comme celui des &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Argonautes"&gt;Argonautes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en quête de la &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Toison_d"&gt;&lt;strong&gt;Toison d’Or&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;ont un navire pour décor.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le mental est déconnecté de l’intuition créatrice, on rentre dans une vision purement instrumentale qu’Einstein a parfaitement résumée : " &lt;em&gt;Le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel son fidèle serviteur. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don&lt;/em&gt;". Tous les marqueurs de notre modernité finissante – &lt;strong&gt;l’individualisme, l’utilitarisme, le réductionnisme, le néo-scientisme&lt;/strong&gt; – sont le fruit d’une rationalité instrumentale qui n’est plus équilibrée et compensée par une &lt;strong&gt;intuition holiste&lt;/strong&gt;, cette boussole qui donne à des connaissances fragmentées ce sens global qui est aussi celui de l’évolution humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans cette boussole nous avons vu se développer une &lt;strong&gt;science sans conscience&lt;/strong&gt;, une &lt;strong&gt;conscience sans vision&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;économie sans humanité&lt;/strong&gt; qui ont enfanté un individu abstrait, vivant en apesanteur, sans tradition, sans appartenance et sans transcendance. Cet Homo oeconomicus à la dérive n’a pour destin qu’une disparition annoncée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L'humanité est en train de couler&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Temple de la marchandise et de la technologie, le Concordia est le symbole même de cette modernité moribonde et désenchantée qui vit &lt;strong&gt;sous l’emprise d’une abstraction coupée de toute intuition supérieure&lt;/strong&gt;. Son naufrage renvoie de manière métaphorique à la destruction programmée d’une civilisation devenue totalement insensée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’humanité est en train de couler.&lt;/strong&gt; Elle a de l’eau par-dessus la ligne de flottaison. Elle est trop lourde, elle se démembre, sa quille éclate : « ô que j’aille à la mer ! », tel le « bateau ivre » d’Arthur Rimbaud. Elle ne veut rien voir ni rien savoir du désastre qui se prépare. L’équipage et ses passagers ne se préoccupent que de charger encore l’embarcation parce qu’ils imaginent que le bonheur est dans le"toujours plus"». &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;C’est par ses mots que le naturaliste &lt;strong&gt;Yves Paccalet&lt;/strong&gt; décrit le &lt;strong&gt;naufrage de notre civilisation&lt;/strong&gt; dans un ouvrage au titre polémique &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/LHumanit%C3%A9-dispara%C3%AEtra-d%C3%A9barras-Yves-Paccalet/dp/2700396650"&gt;&lt;em&gt;L’humanité disparaîtra, bon débarras !&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;qui a obtenu le prix du pamphlet 2006. Des propos qui font écho à ceux d’&lt;strong&gt;Edgar Morin&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. » (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.terraeco.net/Edgar-Morin-Nous-avancons-comme,19890"&gt;terraeco&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce même entretien, &lt;strong&gt;Edgar Morin&lt;/strong&gt; ajoute : « &lt;em&gt;La catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que &lt;strong&gt;c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation&lt;/strong&gt;. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. &lt;strong&gt;Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance&lt;/strong&gt;, qui devient une force historique&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un nouveau monde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;On peut effectivement penser que le naufrage de notre civilisation à travers une &lt;strong&gt;crise systémique&lt;/strong&gt; est un processus de &lt;strong&gt;destruction créatrice&lt;/strong&gt; qui annonce l’émergence d’un &lt;strong&gt;modèle novateur&lt;/strong&gt; correspondant au nouveau cycle évolutif abordé par l’humanité. Le 8 Avril 2011, dans un billet intitulé &lt;em&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/04/le-printemps-du-nouveau-monde.html"&gt;&lt;strong&gt;Le Printemps du Nouveau Monde&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, nous écrivions ceci :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" &lt;em&gt;C'est le printemps !... Une saison durant laquelle auront lieu, telle une floraison inespérée, une série d’évènements et de rencontres qui, toutes, visent à une refondation du lien social sur la base d’une vision à la fois éthique, culturelle, spirituelle. Regardez, écoutez, sentez : dans le mystère des aurores, un nouveau monde est en train d’éclore...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un regard superficiel verrait dans cette efflorescence printanière un pur hasard ou une simple coïncidence. Un regard plus profond percevrait cette synchronicité comme &lt;strong&gt;l’expression systémique d’un nouvel air du temps&lt;/strong&gt; qui pourrait s’exprimer de la manière suivante : on ne pourra remettre l’homme au cœur de nos sociétés défigurées par l’individualisme et l’utilitarisme, le machinisme et le productivisme, sans retrouver au cœur de notre humanité les dimensions fondamentales du sens, de l’éthique et de la solidarité.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu plus d’un mois après ce billet débutait à Madrid, le 15 Mai, le &lt;strong&gt;mouvement des indignés, &lt;/strong&gt;évoqué &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/06/le-printemps-du-nouveau-monde-3.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, qui initiait un vaste mouvement planétaire de contestation et de résistance citoyenne touchant notamment la Grèce, l'Italie, le Chili, Israël puis New York, avec le mouvement &lt;strong&gt;Occupy Wall Street&lt;/strong&gt;. Le 15 Octobre, dans plus de 860 villes de 78 pays, des citoyens répondaient à l'appel des "indignés" espagnols à manifester, pacifiquement, avec pour mot d’ordre : "&lt;em&gt;United for a Global Change&lt;/em&gt;" ("&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Tous ensemble pour un changement global&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;").&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’île mystérieuse&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Encore une coïncidence, me direz-vous. Je vous répondrai par cette phrase de &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Joseph de Maistre&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; : « &lt;em&gt;Ne croyez pas que je sois prophète, je suis tout simplement un homme qui tire les conséquences naturelles des faits qu’il voit&lt;/em&gt;». Ce que nous voyons ce sont mille et un signes des temps qui annoncent à la fois &lt;strong&gt;la fin de l’ère économique&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;le début d’un nouveau monde&lt;/strong&gt; que nous évoquions en ces termes dans ce même billet du 8 Avril :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Une intuition encore plus profonde distinguerait dans ce nouvel air du temps &lt;strong&gt;l’émergence d’une nouvelle « vision du monde » &lt;/strong&gt;annoncée depuis plusieurs décennies par nombre de penseurs inspirés. Fondé sur les notions de &lt;strong&gt;relation&lt;/strong&gt; et d'&lt;strong&gt;évolution&lt;/strong&gt;, un &lt;strong&gt;paradigme intégral&lt;/strong&gt; est amené à dépasser – tout en l’incluant – l’ancien paradigme réductionniste de la modernité fondé sur la distinction et l’abstraction. Ce nouveau paradigme intégral prend en compte aussi bien les qualités subjectives et intersubjectives propres à la &lt;strong&gt;sensibilité&lt;/strong&gt; et à &lt;strong&gt;l'être&lt;/strong&gt; que l’objectivité quantifiable propre au &lt;strong&gt;savoir &lt;/strong&gt;et à &lt;strong&gt;l'avoir&lt;/strong&gt;.&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles&lt;/em&gt; » écrivait &lt;strong&gt;Valéry.&lt;/strong&gt; Après le naufrage de la modernité dans une crise systémique, les générations montantes vont devoir imaginer une autre civilisation fondée sur une nouvelle « vision du monde ». A l’ère économique fondée sur la centralité des valeurs marchandes doit succéder &lt;strong&gt;une ère « éthonomique » &lt;/strong&gt;fondée sur les &lt;strong&gt;valeurs qualitatives de l’éthique&lt;/strong&gt;, c'est-à-dire du &lt;strong&gt;vivre-ensemble&lt;/strong&gt; et de la &lt;strong&gt;convivialité.&lt;/strong&gt; Pour &lt;strong&gt;Jack London&lt;/strong&gt;, les plus belles histoires commencent toujours par des naufrages. A nous d’explorer ce nouveau monde comme une île mystérieuse qui apparaît devant nous suite au naufrage de la modernité dont le drame du Costa Concordia est la &lt;strong&gt;métaphore annoncée&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-4102399920197620541?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/4102399920197620541/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/un-signe-des-temps-2.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4102399920197620541'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4102399920197620541'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/un-signe-des-temps-2.html' title='Un Signe des Temps (2)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-lfSMA5ezITg/TyZ3jhyNAuI/AAAAAAAAAlY/CueSkinkWls/s72-c/Concordia.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-2524580554770316343</id><published>2012-01-25T12:00:00.005+01:00</published><updated>2012-01-25T12:47:57.970+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signes des Temps'/><title type='text'>Un Signe des Temps (1)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-_xkijVNVf1M/Tx_pPaxRkCI/AAAAAAAAAlM/oyzgmErufC8/s1600/findunmonde.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 375px; DISPLAY: block; HEIGHT: 310px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5701532104367640610" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-_xkijVNVf1M/Tx_pPaxRkCI/AAAAAAAAAlM/oyzgmErufC8/s400/findunmonde.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Ce monde est un vaste naufrage : sauve qui peut !&lt;/em&gt; Voltaire&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Première coïncidence&lt;/strong&gt; : vendredi 13 Janvier, alors que l’agence &lt;strong&gt;Standard &amp;amp; Poor’s&lt;/strong&gt; annonçait la dégradation de la note de neuf pays européens, le &lt;strong&gt;Costa Concordia&lt;/strong&gt; faisait naufrage au large de la Toscane. Ce paquebot de croisière avait été nommé &lt;strong&gt;Concordia &lt;/strong&gt;parce que ce nom «&lt;/em&gt; symbolisait la paix et l’harmonie entre les nations européennes &lt;em&gt;». &lt;strong&gt;In varietate concordia&lt;/strong&gt; est la devise de l’Union européenne traduite en français par «&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;Unie dans la diversité&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Seconde coïncidence&lt;/strong&gt; : le &lt;strong&gt;Costa Concordia&lt;/strong&gt; a servi de décor au dernier film de &lt;strong&gt;Jean-Luc Godard&lt;/strong&gt; qui y mettait en scène et en images la &lt;strong&gt;disparition programmée de la civilisation européenne&lt;/strong&gt;. Ces coïncidences ont été observées et analysées sur la toile par un certain nombre de journalistes et de blogueurs qui y sont allés chacun de leur interprétation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ces deux coïncidences s’en ajoute une &lt;strong&gt;troisième&lt;/strong&gt;, plus personnelle : le &lt;strong&gt;14 Décembre&lt;/strong&gt;, j’illustrais le premier des billets consacrés à &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-1.html"&gt;&lt;strong&gt;La fin de l’ère économique&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;par &lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;le montage ci-dessus,&lt;/strong&gt; trouvé sur Google Images,&lt;strong&gt; qui symbolisait la crise financière par un naufrage !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Par peur de tout ce qui dépasse les limites de sa compréhension, notre rationalité moderne - abstraite et réductionniste - rejette du côté du &lt;strong&gt;hasard&lt;/strong&gt; ou de la &lt;strong&gt;superstition&lt;/strong&gt;, des coïncidences qui peuvent s’avérer fort significatives dès lors qu’on ose sortir de « l’épistémologiquement correct » en explorant &lt;strong&gt;des formes supérieures de rationalité qui sont celles d’une intelligence intuitive&lt;/strong&gt;. Ce que nous essaierons de faire dans ce billet et le suivant en tentant d’apporter des éléments de réponse à la question suivante : &lt;strong&gt;de quoi le naufrage du Costa Concordia est-il et le nom et le signe ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Naufrages&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dans un billet daté du 14 Janvier et intitulé &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://jaitantdechosesavousdire.blogspot.com/2012/01/naufrages.html"&gt;Naufrages&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, Emmanuel Mousset, professeur de philosophie, fait un parallèle historique intéressant entre le naufrage du&lt;em&gt;&lt;strong&gt; Concordia&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; et celui du &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Titanic"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Titanic&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;qui s’est déroulé en Avril 1912, il y a cent ans :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« ... &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le jour où l'économie française se voit dégradée, un bateau de croisière s'échoue&lt;/strong&gt;, bascule dans la mer, provoque des scènes de panique que les témoins assimilent à celles du film de James Cameron. Pourtant, les deux naufrages sont incomparables : le Titanic s'est fracassé contre un iceberg, a plongé dans les eaux froides de l'océan, a fait plus d'un millier de victimes. C'est &lt;strong&gt;l'écart entre le drame et la tragédie&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je persiste néanmoins à chercher des enseignements dans la métaphore. Ces bateaux gigantesques, Costa Concordia et Titanic, nous fascinent parce qu'ils &lt;strong&gt;symbolisent nos sociétés, en sont des reproductions à petite échelle&lt;/strong&gt;. Quand on y réfléchit, on repère les différences et les similitudes. Le Titanic représente un monde aristocratique de luxe et d'élégance qui domine le haut du navire, le bas étant occupé par le peuple, essentiellement des immigrants pour le Nouveau Monde (Cameron le montre bien). C'est une &lt;strong&gt;société de classes&lt;/strong&gt; très tranchées, séparées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Costa Concordia est massivement emprunté par les &lt;strong&gt;classes moyennes&lt;/strong&gt;, non plus dans une traversée de prestige ou de nécessité comme les passagers du Titanic mais de &lt;strong&gt;repos&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;distraction&lt;/strong&gt;, à l'image de la &lt;strong&gt;société des loisirs&lt;/strong&gt; : ce sont des touristes, ce que n'étaient pas les pauvres ni les riches du Titanic... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le naufrage du paquebot italien a fait des victimes mais n'a pas englouti toute une population, à la différence du Titanic. Comment ne pas songer que la disparition de celui-ci, en 1912, annonçait à sa façon, &lt;strong&gt;entrait là aussi mystérieusement en correspondance&lt;/strong&gt; avec un événement qui allait sacrifier des millions d'individus et détruire la vieille civilisation aristocratique dominant l'Europe depuis plusieurs siècles, la &lt;strong&gt;première guerre mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un temple du divertissement&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Paraphrasant une formule de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/10/post-materialisme-5-une-ecosophie.html"&gt;Patrick Viveret&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, on peut dire que le naufrage du Titanic annonce le passage d’une vieille civilisation aristocratique où &lt;strong&gt;ce qui a vraiment de la valeur n’a pas de prix&lt;/strong&gt; à une nouvelle où &lt;strong&gt;ce qui n’a pas de prix n’a plus vraiment de valeur&lt;/strong&gt;. Dans cette nouvelle société où l’argent est devenu roi et où l’économie est devenue le modèle d’interprétation dominant, les relations humaines sont médiatisées par des marchandises puis, le marketing aidant, par l’image de ces marchandises véhiculée par la publicité. D’où l’émergence d’une &lt;strong&gt;« société du spectacle » destinée à mettre en scène l’imaginaire hédoniste de la consommation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Avec ses cinq restaurants, ses treize bars, ses quatre piscines, ses thermes, son bain turc, son casino, ses discothèques, son simulateur de Grand Prix, sa salle de jeu vidéo et son cinéma 4D doté de vingt et un fauteuils à effets spéciaux, le Concordia a été imaginé par ces promoteurs comme un véritable « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Temple du Divertissement&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; ». Il est le parfait symbole de cet imaginaire hédoniste mis en scène par la société du spectacle qui construit &lt;strong&gt;des décors de rêve comme autant de temples où l’homo oeconomicus célèbre dans des rituels consuméristes la religion de l’économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Une religion qui dicte ses dogmes, son imaginaire et ses comportements à un individu abstrait et unidimensionnel qui s’identifie totalement à ce rôle d’agent économique : celui de producteur et de consommateur. Le &lt;strong&gt;Concordia&lt;/strong&gt; apparaît dès lors comme la quintessence de cet hédonisme marchand décrit ainsi par &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/01/lere-des-createurs-1.html"&gt;Raoul Vaneigem&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’hédonisme a été l’idéologie du plaisir consommable&lt;/strong&gt;. Le passé en réservait la primeur aux maîtres de la production. La classe laborieuse l’a annexé à ses acquis sociaux lorsque la nécessité de consommer lui en a accordé le privilège... &lt;strong&gt;L’hédonisme est le produit d’une économie, la jouissance est l’effet d’une création&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La société du spectacle rend les individus étrangers à eux-mêmes en nourissant leur imaginaire par les industries du divertissement. Nombre de rescapés diront que, durant le naufrage, ils avaient l’impression de revivre une scène du film Titanic dont les images se bousculaient dans leur tête. Mise en abyme : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;My heart will go on&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, la chanson du film Titanic interprétée par &lt;strong&gt;Céline Dion&lt;/strong&gt;, était diffusée dans le restaurant du &lt;strong&gt;Costa Concordia&lt;/strong&gt; au moment où le paquebot s'est échoué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’il mime la grandeur de ce que furent les grands paquebots de croisière au début du vingtième siècle, le Concordia n’en possède ni l’âme, ni le charme, hanté qu’il est par &lt;strong&gt;cette vision cynique et mercantile qui fonde la société du spectacle dont il est une figure emblématique&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une métaphore prophétique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc Godard&lt;/strong&gt; est un visionnaire iconoclaste qui, en révolutionnant le cinéma, a modifié notre manière de voir le monde. S’il a choisi le &lt;strong&gt;Costa Concordia&lt;/strong&gt; comme décor de son dernier film c’est pour &lt;strong&gt;la dimension emblématique que représentait ce temple du divertissement&lt;/strong&gt;. Godard y met en scène et en image &lt;strong&gt;la fin d’une civilisation européenne&lt;/strong&gt; oublieuse de son histoire et sacrifiant aux cultes hédonistes de la religion économique. &lt;strong&gt;&lt;a href="http://teleobs.nouvelobs.com/articles/quand-godard-voguait-sur-le-concordia%E2%80%A6"&gt;Guillaume Loison &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;parle avec justesse de &lt;strong&gt;métaphore prophétique&lt;/strong&gt; à propos du film Godard :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Depuis “&lt;strong&gt;A bout de souffle&lt;/strong&gt;” en 1960, Godard a toujours été visionnaire. Cinquante ans après son flair ne se dément pas. Sorti en 2010 et présenté au festival de Cannes dans une bienveillance pas si fracassante médiatiquement, sa dernière œuvre, “&lt;strong&gt;Film socialisme&lt;/strong&gt;” prend depuis quelques jours une ampleur spectaculaire. Car la première heure de ce collage poétique dont lui seul a le secret enregistre une croisière en Méditerrané sur le paquebot…&lt;strong&gt;Costa Concordia&lt;/strong&gt;, celui-là même qui a fait naufrage près d’une rive de Toscane, samedi dernier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Destin funeste d’un bâtiment dont JLG circonscrivait &lt;strong&gt;le petit cirque d’aliénation touristique comme une vision possible de l’enfer&lt;/strong&gt; et plus précisément d’une &lt;strong&gt;Europe libérale en proie à la dégénérescence&lt;/strong&gt;. La métaphore prophétique ne s’arrête pas là : alors que le monde découvre, entre horreur et consternation, les images du géant des mers disparaissant à petits bouillons, déferlait depuis la veille sur le net la nouvelle du retrait du triple A de la France par l’agence de notation Standard and Poor’s. Une sorte de bonus tragico-prophétique au film de maître Godard&lt;/em&gt;. » (Télé Obs)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’article du Monde qui décrit ces coïncidences est intitulé &lt;a href="http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/01/17/naufrage-quand-jean-luc-godard-filmait-la-fin-du-monde-sur-le-costa-concordia/"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quand Jean-Luc Godard filmait la fin du monde sur le Costa Concordia&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;: « &lt;em&gt;Ceux qui ont vu Film Socialisme, le dernier film de Jean-Luc Godard, présenté à Cannes en 2010 dans la sélection Un certain regard, savaient que &lt;strong&gt;le Costa Concordia voguait calmement vers une fin molle et meurtrière&lt;/strong&gt;. Le paquebot échoué vendredi en Méditerranée, sur un récif de Toscane, y figurait en bonne place, en forme de "&lt;strong&gt;limbes décadentes où les touristes errent indolemment dans des intérieurs chics&lt;/strong&gt;" selon les mots du Guardian&lt;/em&gt;. » (17/01/12)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet article faisait référence notamment à la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/cinema/article/2010/05/18/film-socialisme-jean-luc-godard-decu-d-une-europe-qu-il-voudrait-revoir-heureuse_1353205_3476.html"&gt;critique &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;de ce film par &lt;strong&gt;Jean-Luc Douin&lt;/strong&gt; paru dans &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 18 mai 2010 : « &lt;em&gt;La première partie du film se déroule sur un paquebot en croisière sur la Méditerranée. &lt;strong&gt;On y guinche comme sur un volcan&lt;/strong&gt;. Souvenirs amers, diagnostics désenchantés, constat d'une solitude. Haine de l'argent qui "a été inventé pour que les hommes se parlent sans se regarder dans les yeux". &lt;strong&gt;Désespoir de constater qu'"aujourd'hui, les salauds sont sincères"&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le futur est en nous bien avant qu’il n’arrive&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Les créateurs participent intuitivement à &lt;strong&gt;la force de l’imaginaire collectif qu’ils traduisent en formes esthétiques et cognitives&lt;/strong&gt; annonçant toujours l’avènement des temps nouveaux avant qu’ils ne s’objectivent en évènements. Dans ses &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Lettres à un jeune poète&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, &lt;strong&gt;Rainer Maria Rilke&lt;/strong&gt; écrit : " &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le futur est en nous bien avant qu'il n'arrive&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;." Cet aphorisme s’applique parfaitement ici à Jean-Luc Godard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’on ne s’étonne donc pas que les artistes soient de visionnaires, parfois des prophètes, qui du fait de leur connexion particulière à la dynamique de l’imaginaire collectif captent avant tout le monde ce qui va arriver. Rappelons-nous les mots inspirés par Rimbaud à &lt;strong&gt;Roger Gilbert-Lecomte&lt;/strong&gt;, un des poètes du&lt;strong&gt; Grand Jeu&lt;/strong&gt; que nous avons évoqué &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/05/un-nouveau-stade-de-lesprit-humain-1.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Je ne reconnaîtrai jamais le droit d’écrire ou de peindre qu’à des voyants&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Habitué qu’il est à exprimer ses intuitions en créant un langage formel, l’artiste développe &lt;strong&gt;une sensibilité visionnaire&lt;/strong&gt; qui lui permet de traverser les formes apparentes pour en saisir intuitivement et immédiatement l’essence et le devenir&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt; C’est ainsi que &lt;strong&gt;Godard fait du Concordia le signifiant d’une civilisation en voie de disparition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Rien de plus normal alors que ce signifiant en vienne à exprimer tout son sens dans &lt;strong&gt;un naufrage où il manifeste ainsi, de manière tragique, une essence spectaculaire qui lui a été fatale&lt;/strong&gt; : toutes lumières allumées et à grand renfort de sirènes, le Costa Concordia effectuait une parade surnommée « &lt;em&gt;l’inchino&lt;/em&gt; » - littéralement la révérence - devant l’île du Giglio, avant de chavirer après avoir heurté un rocher situé à environ 300 mètres de la côte !..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pensée concrète&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;On peut comprendre que de telles réflexions puissent choquer la mentalité moderne, pétrie d’abstraction, qui cherche toujours à réduire &lt;strong&gt;la dimension visionnaire et prophétique à une coïncidence hasardeuse pour mieux se débarrasser du trouble qu'elle suscite et du mystère qu'elle instaure&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Instrumentale et réductionniste, la pensée abstraite est fondée sur la séparation entre le sujet et ses objets d’attention. C’est pourquoi elle dénie tous les phénomènes qui viennent remettre en question cette séparation abstraite en révélant &lt;strong&gt;la continuité organique, poétique et symbolique, entre la sensibilité humaine et son milieu d’évolution.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vision intégrale s’érige contre cette hégémonie de la pensée abstraite puisqu’elle associe l’épistémologie rationnelle de la modernité et l’épistémologie relationnelle de la tradition. Fondée sur les relations entre la sensibilité et son milieu d’évolution, la pensée concrète de la tradition s’exprime à travers &lt;strong&gt;une vision poétique, parfois prophétique, capable de saisir les multiples signes à travers lesquels correspondent l’homme et le monde&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/la-poesie-de-lavenir-sera-metaphysique.html"&gt;Lucian Blaga&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; traduit bien la pensée traditionnelle comme la poésie immémoriale en écrivant : "&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le monde sensible est un complexe de signes pour dire la réalité mystérieuse&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;". Pour la pensée concrète de la tradition où tout phénomène exprime le contexte global dont il est la manifestation, &lt;strong&gt;les évènements apparaissent comme autant de signes des temps qui font écho et miroirs aux dynamiques profondes de la conscience collective.&lt;/strong&gt; C’est dans cet esprit que, dans le prochain billet, nous chercherons à décrypter ce signe des temps que représente le naufrage du Concordia. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe height="315" src="http://www.youtube.com/embed/oLuWoz9OpqU" frameborder="0" width="560"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-2524580554770316343?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/2524580554770316343/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/un-signe-des-temps-1.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/2524580554770316343'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/2524580554770316343'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/un-signe-des-temps-1.html' title='Un Signe des Temps (1)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-_xkijVNVf1M/Tx_pPaxRkCI/AAAAAAAAAlM/oyzgmErufC8/s72-c/findunmonde.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-8133565982023213274</id><published>2012-01-19T01:45:00.001+01:00</published><updated>2012-01-19T01:57:58.367+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lectures'/><title type='text'>Bonne Crise (4) Apocalypse Now</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-n9uALZ3sIEU/TxdkjVBbxCI/AAAAAAAAAlA/4Tuqi7tZP8k/s1600/Apocalypse.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 258px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5699134411562009634" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-n9uALZ3sIEU/TxdkjVBbxCI/AAAAAAAAAlA/4Tuqi7tZP8k/s400/Apocalypse.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;J’appelle apocalypse l’accouchement du nouveau dans le corps douloureux de l’ancien&lt;/em&gt;. Jean-Yves Leloup &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Nos trois précédents billets ont été l’occasion de mieux comprendre comment les situations de crise peuvent devenir autant d’occasions de grandir en nous libérant des limitations du passé. Dans nos sociétés modernes, la crise est cette &lt;strong&gt;initiation sauvage&lt;/strong&gt; qui permet l’émergence d’une &lt;strong&gt;singularité créatrice&lt;/strong&gt; hors des déterminismes sociaux ou culturels. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans les temps &lt;strong&gt;cosmodernes &lt;/strong&gt;que nous abordons, la crise apparaît comme un expression de l'évolution créatrice au coeur de la vie/esprit. &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Gramsci"&gt;&lt;strong&gt;Gramsci&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, le révolutionnaire italien, avait l’habitude de dire : « &lt;strong&gt;La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître&lt;/strong&gt; ». Parler de crise c’est donc, en référence à la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFeutique_(philosophie)"&gt;maïeutique &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;socratique, parler d’un « accouchement », une des traductions possibles du mot « apocalypse » comme nous l’apprend &lt;a href="http://www.jeanyvesleloup.com/"&gt;&lt;strong&gt;Jean-Yves Leloup&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;dans sa traduction et ses commentaires de l’&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Lapocalypse-Jean-Jean-Yves-Leloup/dp/2226221662/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;amp;qid=1326929971&amp;amp;sr=8-1"&gt;Apocalypse &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;de Saint Jean qui vient de paraître :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« J’appelle « apocalypse » l’accouchement du « nouveau » (une tout autre conscience, un tout autre amour) dans le corps douloureux de l’ancien... &lt;strong&gt;la venue au jour, toujours bouleversante, de l’Autre que nous sommes&lt;/strong&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une expérience de révélation&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Dans le contexte angoissant d’une &lt;strong&gt;crise globale&lt;/strong&gt; à laquelle s’ajoute des &lt;strong&gt;fantasmes de fin du monde pour Décembre 2012&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;les marchands de peur brandissent l’Apocalypse comme une marque destinée à alimenter une psychose collective&lt;/strong&gt;, avec pour effet le repli frileux sur les conservatismes, les intégrismes et les sectarismes de tous poils. Pour J.Y Leloup, l’Apocalypse a une toute autre fonction :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Son rôle n’est pas de nourrir nos phobies, ni même d’éveiller une peur ou une angoisse qui face à la situation pourrait s’éprouver comme salutaire ; c’est davantage &lt;strong&gt;la révélation d’une issue&lt;/strong&gt;, l’exercice d’une lucidité non désespérée. Certains diront que tous ces avertissements sont des préparations efficaces à un « &lt;strong&gt;accouchement&lt;/strong&gt; » (traduction également possible du mot « apocalypse ») : anticiper la douleur permet de mieux l’affronter ; &lt;strong&gt;apprendre la détente, le lâcher-prise au coeur de l’expérience déchirante permet de la traverser, si ce n’est « sans douleur », moins douloureusement&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot apocalypse a pour origine étymologique le grec apokalypsis - l’action de découvrir - et renvoie au verbe apokalypto signifiant dévoiler. La traduction latine d’apokalypsis est revelatio qui a donné le mot révélation en français. L’apocalypse est avant tout une révélation née d’un dévoilement. Cette étymologie exprime bien la &lt;strong&gt;dynamique apocalyptique de l’évolution&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;le dévoilement d’un ordre supérieur est toujours accompagné d’une trans-formation de l’ordre ancien&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Nous ne sommes rien, soyons tout&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;L’Apocalypse renvoie à l’expérience fondamentale d’un effondrement qui nous prive de nos références et de nos identifications habituelles. Si elle permet de retrouver le sens de l’essentiel qui nous fonde, nous anime et nous guide, &lt;strong&gt;cette désidentification participe d’un processus de destruction créatrice&lt;/strong&gt; : il devient possible de se reconstruire dans un niveau supérieur correspondant à une nouvelle étape de notre développement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour J.Y Leloup : « &lt;em&gt;Plutôt que de faire de l'Apocalypse l'annonce d'une destruction nihiliste, il est possible de lire à travers sa symbolique si riche &lt;strong&gt;la « révélation » de l'ultime Réalité&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;tout s'effondre, sauf la Vie&lt;/strong&gt;... La découverte de notre néant n’est une catastrophe que pour celui qui y résiste. Pour celui qui l’accepte et y reconnaît son identité la plus profonde (non sum), c’est l’occasion (kairos) de rencontrer l’Autre qui contient et féconde cet abîme (Ego sum)&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Figure emblématique de toute crise, l’Apocalypse permet le dévoilement de ce qui est à travers la révélation de ce que nous ne sommes pas. L’Internationale chantait le Grand Soir : « &lt;em&gt;Nous ne sommes rien, soyons tout&lt;/em&gt; ». Paraphrasons ce chant révolutionnaire pour en faire un hymne évolutionnaire qui célèbre la Grande Aurore de l’Apocalypse : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Tout nous est donné dès lors que nous ne sommes plus rien&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une métanoïa&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Expérience de révélation, l’Apocalypse suscite un changement de perspective, une véritable conversion du regard – une &lt;strong&gt;métanoïa &lt;/strong&gt;– qui permet de « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;découvrir notre pensée « philosophale », noùs poetikos&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;intellectus agens&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;intelligence et imagination créatrice qui « voit » la lumière et transforme toutes choses dans et à partir de celle-ci&lt;/strong&gt;. &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais nous ne sommes pas obligés de vivre une expérience de crise pour connaître cette révélation intérieure au cours de laquelle, telle une larve, &lt;strong&gt;l’ego se transfigure en développant les ailes d’une vision philosophale&lt;/strong&gt;. Dans une chronique intitulée &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://keyoda.blogspot.com/2010/01/naitre-rien.html"&gt;Naître Rien&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://denismarquet.com/"&gt;Denis Marquet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, que nous avons présenté &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise-2-mourir-pour-renaitre.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, écrit ceci : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les épreuves extérieures ne sont nécessaires que pour celui qui refuse de s’éprouver lui-même.&lt;/strong&gt; A l’inverse, sans peur, en toute confiance dans l’abandon aimant, &lt;strong&gt;la traversée du rien est naissance joyeuse au Vivant que l’on est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Si j’ose ne plus me prendre pour ce moi, récit des autres engrammé dans le moindre de mes réflexes de vie qui me fige en un être défini, alors &lt;strong&gt;de naître rien, je m’ouvre au surgissement toujours renouvelé de ma vérité vivante&lt;/strong&gt;. Sans idée préconçue de moi, chacune de mes paroles, chacun de mes gestes me découvre à moi-même d’une manière inattendue. Et je me connais alors, non comme une identité, mais comme &lt;strong&gt;le lieu d’un surgissement inspiré qui féconde le monde&lt;/strong&gt;. Pour cela il s’agit de cesser de faire, de vouloir et de paraître pour commencer à vivre. Intensément.&lt;/em&gt; » &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans l'extrait ci-dessous, Jean-Yves Leloup explique ce qu'il entend par Apocalypse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;L’Apocalypse de Jean. Jean-Yves Leloup&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Apocalypse now. Quand on parle aujourd’hui d’apocalypse on pense à un certain nombre d’événements ou de menaces qui sont déjà arrivés, ou qui vont arriver « bientôt » : menaces terroristes, économiques, financières, sociales, écologiques et même cosmiques ! – déluges, éruption de volcans, tempêtes solaires, inversion magnétique des pôles terrestres, choc avec d’autres planètes ou astéroïdes, explosion d’étoiles, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans pousser si loin les guerres sont hélas bien réelles, tout comme l’épuisement des ressources de la planète, les épidémies liées aux virus, les séismes, les tsunamis, sans parler tout simplement de la corruption au niveau éthique, politique, financier. Bref, on assiste à une dégradation accélérée de différents plans de notre réalité, ce qui fait dire à certains, pas seulement à des médiums suspects ou d’authentiques prophètes, mais aussi à des scientifiques rigoureux, tels &lt;strong&gt;Hubert Reeves&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Albert Jacquard&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Jean-Marie Pelt&lt;/strong&gt;, que la « &lt;em&gt;fin est proche et inéluctable&lt;/em&gt; » et que nous traversons « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;une crise que notre planète et notre humanité n’ont jamais connue auparavant.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, le lien entre les événements actuels et le texte de l’Apocalypse de Jean paraît presque évident - en jouant parfois consciemment avec les mots (&lt;em&gt;&lt;strong&gt;tchernobyl en russe veut dire « absinthe », nom de l’étoile mentionnée au verset 8, II)&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. On ne manquera pas également de proposer des dates pour cette « fin » ou cette « mort annoncée ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fin du monde a déjà été annoncée de nombreuses fois au cours de notre histoire... Face à ces différentes morts annoncées par des religieux, des scientifiques et un certain nombre d’individus prétendant avoir reçu une « révélation », on peut réagir de façon différente : par la fascination ou le mépris, par la peur, l’angoisse ou la phobie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La &lt;strong&gt;peur&lt;/strong&gt; peut être utile : elle nous avertit d’un danger, d’une menace venant de l’extérieur, et nous invite, si ce n’est à la fuite, à la prudence ou au combat. &lt;strong&gt;L’angoisse&lt;/strong&gt; aussi peut être utile, qui nous avertit d’un danger, d’une menace venant cette fois de l’intérieur : angoisse en présence de l’inconnu, de l’inconscient, où s’originent nos propres pulsions, possessives, agressives ou destructrices, elle nous invite ainsi à davantage de conscience et à une possible transformation ou mutation de nos instincts les plus obscurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les &lt;strong&gt;phobies,&lt;/strong&gt; elles, ne servent à rien : menaces intérieures projetées à l’extérieur qui s’ajoutent aux menaces réelles, elles paralysent, inhibent l’action et sont source de maladies psychiques plus ou moins graves. La &lt;strong&gt;paranoïa généralisée&lt;/strong&gt;, « mondialisée » et développée par les médias face au réchauffement climatique, au terrorisme et devant certains virus, en est le symptôme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Telle n’est pas la fonction d’une apocalypse, et particulièrement de l’Apocalypse de Saint Jean. Son rôle n’est pas de nourrir nos phobies, ni même d’éveiller une peur ou une angoisse qui face à la situation pourrait s’éprouver comme salutaire ; c’est davantage la révélation d’une issue, l’exercice d’une lucidité non désespérée. Certains diront que tous ces avertissements sont des préparations efficaces à un « accouchement » (traduction également possible du mot « apocalypse ») : &lt;strong&gt;anticiper la douleur permet de mieux l’affronter&lt;/strong&gt; ; apprendre la détente, le lâcher-prise au coeur de l’expérience déchirante permet de la traverser, si ce n’est « sans douleur », moins douloureusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La révélation de ce qui arrive, de ce qui vient, peut être vu sous différentes lumières, et c’est à un regard ni résigné ni effrayé devant les événements que nous invite l’Apocalypse de Jean. Ne voir et ne prédire que des catastrophes ne mérite pas le nom d’« Apocalypse », c’est une révélation tronquée : &lt;strong&gt;l’affirmation de la nuit sans l’affirmation de l’aurore&lt;/strong&gt;. Cela nous enferme dans les déterminismes de « ce qui est » sans nous ouvrir à ses possibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Il y a deux révélations dans le livre de l’Apocalypse : celle du diabolique et celle du symbolique&lt;/strong&gt;. Révélation du dia-bolos, de « ce qui se jette entre (dia) », de « ce qui divise », déchire, détruit, épuise, consomme et consume. Révélation de ce qui oppose les hommes entre eux, les sépare de l’univers et de son Origine. À côté de cette révélation, il y a une révélation du symbolon, « ce qui tient les deux », « ce qui est fait (bla) avec (sym) » : la dualité ensemble, archétype de la synthèse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains médias sont les témoins d’une vision « diabolique » des événements, ils insistent sur les guerres, catastrophes, menaces écologiques ou autres, ce qui n’est qu’une partie de la réalité. Ils ne témoignent que rarement d’une &lt;strong&gt;vision symbolique des événements, de la sagesse que découvre l’homme à partir de ses épreuves,&lt;/strong&gt; de l’amour inconditionnel, désintéressé qui peut naître au moment même où il perd tout ; c’est pourtant un trésor que nul ne peut lui arracher : la pierre précieuse ou philosophale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On parle peu de cette nouvelle conscience, au-delà des attractions et des répulsions de la conscience ordinaire qui se révèle parfois dans les circonstances les plus tragiques. Au-delà des témoignages sensoriels, audio-visuels de la réalité ; au-delà de la pensée philosophique qui analyse, commente, amplifie, réfléchit ces données objectives, les complique parfois, &lt;strong&gt;il s’agit de découvrir notre pensée « philosophale »&lt;/strong&gt;, noùs poetikos, intellectus agens, intelligence et imagination créatrice qui « voit » la lumière et transforme toutes choses dans et à partir de celle-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’Apocalypse est une vision philosophale du Réel&lt;/strong&gt;, elle situe les événements du monde dans la lumière de Dieu et dans la lumière de l’Agneau, vision à la fois de justice et de miséricorde comme peut l’être tout regard d’amour vrai. J’appellerai donc « Apocalypse » l’avènement ou l’événement de la lumière dans la chair effondrée de notre histoire (personnelle, collective, cosmique) ou encore &lt;strong&gt;l’avènement ou l’événement du Sujet (Je suis) dans la chair effondrée de notre ego (personnel, collectif, cosmique)&lt;/strong&gt; ; j’appelle « apocalypse » l’accouchement du « nouveau » (une tout autre conscience, un tout autre amour) dans le corps douloureux de l’ancien, la chair effondrée de nos mémoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La venue au jour, toujours bouleversante, de l’Autre que nous sommes&lt;/strong&gt;, Celui que notre désir appelle, Celui dont la Présence nous fait peur : « &lt;em&gt;l’Être qui est ce qu’Il est&lt;/em&gt; » dont notre imagination ou notre angoisse fait un abîme, un abîme qui nous dissout et nous engouffre plutôt qu’un abîme de bonté qui nous sauve et nous absout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question à affronter, c’est ce que notre imagination fait de notre abîme ou de notre néant : le lieu de manifestation de la vie (consciente, aimante, libre) qui se donne ? Ou bien le lieu où rien n’est donné, où tout est englouti, le lieu de résorption de toute vie (consciente, aimante, libre) ? &lt;strong&gt;Faisons-nous de l’Apocalypse une révélation de la Réalité&lt;/strong&gt; (et de la vérité, qui est notre adéquation ou assentiment à ce Réel manifesté) ? Ou faisons-nous de l’Apocalypse une catastrophe, une destruction définitive de ce que nous prenions pour la réalité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perte de nos illusions absolument absurde puisque aucun sens, aucune vie véritable, aucun sujet n’en émerge. Il s’agit toujours d’une révélation, d’une mise à nu de ce qui était caché sous le voile des évidences, mais révélation de l’abîme et non de « &lt;em&gt;l’Être qui est et qui fait être tout ce qui est&lt;/em&gt; » à partir de ce « rien ». &lt;strong&gt;La découverte de notre néant n’est une catastrophe que pour celui qui y résiste.&lt;/strong&gt; Pour celui qui l’accepte et y reconnaît son identité la plus profonde (non sum), c’est l’occasion (kairos) de rencontrer l’Autre qui contient et féconde cet abîme (Ego sum).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faut-il résoudre une énigme par une autre énigme ? Un songe par un autre songe ? Une apocalypse par une autre apocalypse ? Ne pas introduire dans les profondeurs de la nuit les langages du jour : seul l’inconscient comprend l’inconscient, les explications conscientes et rationnelles le trahissent plus qu’elles ne le traduisent. De même qu’on n’est délivré d’un amour que par un plus grand amour, &lt;strong&gt;on ne découvre l’interprétation d’un rêve que dans un rêve plus profond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Avant de parler de l’Apocalypse de Jean, faut-il alors parler de l’Apocalypse de Job ? Ces deux hommes, en effet, vivent un même effondrement, l’un d’une façon personnelle, l’autre plus collective, l’un comme l’autre endurent l’écroulement ou la disparition de ce qu’ils ont de plus cher, de ce qui les édifiaient physiquement, psychiquement et socialement, et &lt;strong&gt;c’est au coeur de cet effondrement qu’ils font l’expérience du Réel, de l’Autre inassimilable, de la lumière qui les fondent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;L’Apocalypse de Job comme l’Apocalypse de Jean sont &lt;strong&gt;l’effondrement de Dieu comme idole, comme idée, comme « objet », de l’intellect ou de la dévotion&lt;/strong&gt;. C’est l’effondrement de tous les noms qu’on peut lui donner : le Juste, le Bon (le Bonheur), le Bien, l’Étant. . . Aucun ne peut le nommer, même pas celui d’Être (l’Être de l’Étant) ou d’Essence. Et si l’amour et la miséricorde sont toujours des noms, il faut encore aller au-delà. Peut-on le signifier autrement que par un silence, quatre consonnes imprononçables (YHWH) ou un point d’interrogation ? Le nommer l’Innommable, n’est-ce pas encore le nommer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ni la théologie négative ni la théologie positive ne résistent à une vraie apocalypse qui rend l’homme incapable de penser et donc de nommer ce qui le déborde de toute part. « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Je ne te connaissais que par ouï-dire, maintenant mes yeux t’ont vu. Je retourne à mes cendres (ou à ma poussière)&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; » (Jb 42, 5-6), c’est-à-dire à ma légèreté, à mon non-être, car seuls ma vacuité ou mon silence peuvent te comprendre. Ainsi Jean est-il « &lt;em&gt;le nez dans la poussière&lt;/em&gt; » (cette fois, ce n’est plus celle du Thabor, mais celle de Patmos) tandis que s’élabore en lui une « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;phénoménologie de l’Esprit&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Lapocalypse-Jean-Jean-Yves-Leloup/dp/2226221662/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;amp;qid=1326932650&amp;amp;sr=8-1"&gt;L’Apocalypse de Jean&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Jean-Yves Leloup. Editions Albin Michel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A lire &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.cles.com/bonnes-feuilles/article/l-apocalypse-de-jean"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; le texte ci-dessus dans son intégralité dans les Bonnes Feuilles du site &lt;strong&gt;Clés&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-8133565982023213274?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/8133565982023213274/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise-4-apocalypse-now.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/8133565982023213274'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/8133565982023213274'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise-4-apocalypse-now.html' title='Bonne Crise (4) Apocalypse Now'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-n9uALZ3sIEU/TxdkjVBbxCI/AAAAAAAAAlA/4Tuqi7tZP8k/s72-c/Apocalypse.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-6738509689003334710</id><published>2012-01-13T01:45:00.002+01:00</published><updated>2012-01-13T01:54:21.841+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>Bonne Crise (3) De la Chenille au Papillon</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-KHuLVGCP0LQ/Tw9_RihvNzI/AAAAAAAAAk0/yVM7CRblGGM/s1600/papillon.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 309px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5696911992949782322" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-KHuLVGCP0LQ/Tw9_RihvNzI/AAAAAAAAAk0/yVM7CRblGGM/s400/papillon.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;La crise est cette chrysalide où la larve de l'ego se métamorphose en conscience inspirée. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Les initiations traditionnelles permettaient à ceux qui les vivaient de participer à une &lt;strong&gt;intersubjectivité communautaire&lt;/strong&gt; structurée par un &lt;strong&gt;ordre symbolique&lt;/strong&gt;. Durant la modernité, les crises jouent le rôle d’une &lt;strong&gt;initiation sauvage&lt;/strong&gt; dans la mesure où elles remettent en question l’individu pour faire émerger une &lt;strong&gt;singularité créatrice&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la période &lt;strong&gt;cosmoderne&lt;/strong&gt; où nous entrons, la vie elle-même est conçue comme un processus de développement continu qui se manifeste à travers une &lt;strong&gt;série de stades évolutifs&lt;/strong&gt; de plus en plus complexes et intégrés. Ainsi la dynamique évolutive qui anime la vie humaine fait de celle-ci &lt;strong&gt;une longue initiation rythmée par une série de mort et de renaissance&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Destruction créatrice&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Les penseurs du développement nous ont montré que pour passer d’un stade évolutif au suivant, supérieur en complexité, nous devons nous &lt;strong&gt;désidentifier&lt;/strong&gt; progressivement d’un &lt;strong&gt;niveau de conscience&lt;/strong&gt; et d’une &lt;strong&gt;vision du monde&lt;/strong&gt; propre au stade que nous allons quitter. Les différents stades du développement psycho-spirituel permettent ainsi à l’individu de se libérer progressivement de &lt;strong&gt;l’égoïsme infantile&lt;/strong&gt;, des &lt;strong&gt;perceptions limitées&lt;/strong&gt; et des &lt;strong&gt;conceptions réductrices&lt;/strong&gt; pour s’accorder à la puissance créatrice de l’esprit qui nous guide et nous anime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’évolution renvoie plutôt à la dynamique du développement et l’initiation à une expérience de transformation, toutes deux réfèrent à &lt;strong&gt;une métamorphose qui est le fruit d’une destruction créatrice&lt;/strong&gt;. Rappelons-nous la parole d’&lt;strong&gt;Holderlin&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». Ce qui nous déstabilise est cela même qui nous permet d’avancer. A travers cet avancement, nous nous libérons des nos identifications aux formes dépassées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La métamorphose de la chenille en papillon a souvent illustré dans les traditions, les mythes ou la littérature, le &lt;strong&gt;courant intégratif de la vie/esprit&lt;/strong&gt;. La chenille meurt pour que puisse advenir le papillon mais ce qui ressemble à une destruction est, en fait, une renaissance dans un niveau de complexité supérieure. Dénommé &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aufhebung"&gt;Aufhebung&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; par &lt;strong&gt;Hegel&lt;/strong&gt;, ce processus d’intégration est à la fois conservation et dépassement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un long processus initiatique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme l’écrit &lt;strong&gt;Patrice Van Eersel&lt;/strong&gt; à propos de l’évolution : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Toute innovation décisive est totalement imprévisible, mais récapitule et mémorise les processus qui ont conduit jusqu’à elle&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. » La dynamique évolutive suscite l’émergence de formes novatrices qui naissent de la trans-formation des formes anciennes en de nouvelles, plus complexes et plus intégrées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comprendre la marche de l’évolution humaine comme celle d’un long processus initiatique c’est redonner à la vie une dimension sacrée que l’abstraction de notre pensée moderne tend à occulter. C’est pourquoi, selon &lt;strong&gt;Denis Marquet&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La réintroduction d’une compréhension initiatique, dans nos vies et dans la conscience collective, est la grande tâche de notre temps&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette compréhension initiatique donne au développement humain un&lt;strong&gt; sens&lt;/strong&gt;, c’est à dire à la fois une &lt;strong&gt;signification&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;direction&lt;/strong&gt;, qui lui ont été masqué par une &lt;strong&gt;conscience sans vision&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;science sans conscience&lt;/strong&gt;, la seconde transformant l’aveuglement de la première en une approche réductionniste qui ne voit dans la dynamique qualitative et globale de l’évolution qu’une série hasardeuse de mécanismes d’adaptation et de sélection naturelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La passion de grandir&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dans un poème intitulé &lt;strong&gt;Etapes &lt;/strong&gt;(&lt;em&gt;Stufen&lt;/em&gt;) &lt;strong&gt;Hermann Hesse&lt;/strong&gt; exprime bien la dimension évolutive propre à ce trajet initiatique qu’est la vie :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Toute fleur se fane, toute jeunesse est vaincue&lt;br /&gt;Par la vieillesse ; ainsi chaque étape d’une vie.&lt;br /&gt;Toute sagesse acquise comme toute vertu,&lt;br /&gt;S’épanouit en son temps et ne dure qu’un moment.&lt;br /&gt;A chaque appel de la vie,&lt;br /&gt;Le cœur doit savoir dire adieu et tout recommencer&lt;br /&gt;Pour constituer des liens nouveaux, différents,&lt;br /&gt;S’y engager avec bravoure et sans regret.&lt;br /&gt;Chaque début recèle une magie cachée&lt;br /&gt;Qui vient nous protéger, nous aide à vivre après.&lt;br /&gt;Les espaces successifs doivent se franchir gaiement&lt;br /&gt;Ne pas être chéris comme autant de patries,&lt;br /&gt;L’esprit du monde ne nous enferme ni ne nous lie,&lt;br /&gt;A chaque étape il nous libère, nous faits plus grands.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’inspiration d’Herman Hesse selon laquelle l’esprit du monde, à chaque étape de notre vie, nous libère pour nous faire « plus grand » rejoint la réflexion fondamentale d’un &lt;strong&gt;Pierre Teilhard de Chardin&lt;/strong&gt; pour qui : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La seule réalité qui soit au monde est la passion de grandir&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Eloge de la métamorphose&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Ce qui est vrai de l’individu l’est aussi des sociétés humaines comme nous l’explique &lt;strong&gt;Edgar Morin&lt;/strong&gt; dans un article intitulé &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/01/demander-le-programme.html"&gt;Eloge de la métamorphose&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; où il décrit la synchronicité entre le &lt;strong&gt;processus de désintégration&lt;/strong&gt; qui touche notre civilisation et le processus complémentaire, celui d’une &lt;strong&gt;mutation anthropologique&lt;/strong&gt; qui voit l’émergence de &lt;strong&gt;visions novatrices&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un &lt;strong&gt;meta-système&lt;/strong&gt; à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s'organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s'aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l'arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'amplification et l'accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d'un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système. &lt;strong&gt;Le probable est la désintégration. L'improbable mais possible est la métamorphose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Qu'est-ce qu'une métamorphose ? Nous en voyons d'innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s'enferme dans une chrysalide commence alors &lt;strong&gt;un processus à la fois d'autodestruction et d'autoreconstruction&lt;/strong&gt;, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même... L'idée de métamorphose, plus riche que l'idée de révolution, en garde la &lt;strong&gt;radicalité transformatrice&lt;/strong&gt;, mais la lie à la &lt;strong&gt;conservation&lt;/strong&gt; (de la vie, de l'héritage des cultures)... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;Aujourd'hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s'agit de sauver l'humanité. L'espérance vraie sait qu'elle n'est pas certitude. C'est l'espérance non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. L'origine est devant nous, disait Heidegger. &lt;strong&gt;La métamorphose serait effectivement une nouvelle origine&lt;/strong&gt;.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Des sociétés chenillardes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cet éloge de la métamorphose par Edgar Morin renvoie aux propos tenus par &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Daumal"&gt;&lt;strong&gt;René Daumal&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;sur ce qu’il nommait les « &lt;em&gt;sociétés chenillardes&lt;/em&gt; » pour désigner une culture et une organisation sociale fondées sur le&lt;strong&gt; déni de toute transcendance&lt;/strong&gt; avec pour conséquence l’impossibilité pour l’être humain de développer son humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;René Daumal était un protagoniste du &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Jeu_(revue)"&gt;Grand Jeu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, ce groupe de poètes qui explorent à la fin des années vingt « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;un nouveau stade de l’esprit humain&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; » que nous avons évoqué &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/05/un-nouveau-stade-de-lesprit-humain-1.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Dans La &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://ecrits-vains.com/points_de_vue/daumal.htm"&gt;Grande Beuverie&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, écrit en 1938, il propose avec beaucoup d’humour et de fantaisie une critique virulente des sociétés occidentales. Il y écrit notamment ceci :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Mais quoi de plus réconfortant que de constater que nous sommes moins que rien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est donc qu’en nous retournant nous serons quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est-ce pas un grand réconfort pour la chenille d’apprendre qu’elle n’est qu’une larve, que son état de tube digestif semi-rampant est temporaire, et qu’après sa réclusion mortuaire dans la nymphe elle renaîtra papillon – et cela, non pas dans un paradis imaginaire inventé par une philosophie chenillarde et consolatrice, mais ici même, dans ce jardin où elle broute laborieusement sa feuille de chou ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, nous sommes chenilles, et notre malheur est que, &lt;strong&gt;contre nature, nous nous cramponnons de toutes nos forces à cet état&lt;/strong&gt;, à nos appétits chenillards, nos passions chenillardes, nos métaphysiques chenillardes, nos sociétés chenillardes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule notre apparence physique extérieure ressemble, pour un observateur atteint de myopie psychique, à celle d’un adulte ; &lt;strong&gt;tout le reste est obstinément larvaire&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eh bien, j’ai de fortes raisons de croire (sans quoi, en effet, il n’y aurait qu’à se suspendre) que l’homme peut atteindre l’état adulte, que quelques-uns y sont parvenus, et qu’ils n’ont pas gardé pour eux seuls les moyens d’y parvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi de plus réconfortant ?&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Au-delà de l’ego&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Si la transformation de la chenille en papillon permet d’illustrer l’évolution de l’individu comme celle des sociétés humaines, elle peut aussi rendre compte du cheminement intérieur qui conduit à &lt;strong&gt;l’éveil spirituel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chenille c’est l’ego&lt;/strong&gt;, c'est-à-dire une &lt;strong&gt;conscience larvaire&lt;/strong&gt;, enfermée dans des &lt;strong&gt;limitations mentales et narcissiques&lt;/strong&gt;, et séparée - par ces limitations mêmes - du Kosmos multidimensionnel en évolution dont la conscience est partie prenante et apprenante. Les &lt;strong&gt;"passions chenillardes"&lt;/strong&gt; sont celles qui nourrissent l’ego : l’accumulation, le pouvoir, la consommation effrénée et la démesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le papillon c’est l’esprit&lt;/strong&gt; qui, au-delà de l’ego, anime et guide l’être humain à travers tous les stades de son développement. La métamorphose de la chenille en papillon c’est le &lt;strong&gt;processus de développement&lt;/strong&gt; au cours duquel l’individu se libère des limites de l’ego pour s’accorder à son être intérieur - irréductible aux frontières spatio-temporelles - et rentrer ainsi en résonance avec le Kosmos en évolution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semble qu’aujourd’hui, de plus en plus d’individus ne se résignant pas à être le fruit des passions chenillardes, se sentent pousser des ailes qui les conduisent à s’intéresser à &lt;strong&gt;d’autres niveaux de perception&lt;/strong&gt; ainsi qu'à des &lt;strong&gt;modes de conscience au-delà de l’ego&lt;/strong&gt;. Sans doute parce que, placée sous le signe de la métamorphose, &lt;strong&gt;l’ère cosmoderne&lt;/strong&gt; dans laquelle nous entrons doit permettre à chacun de vivre avec intensité cette &lt;strong&gt;passion de grandir&lt;/strong&gt; évoquée par Teilhard de Chardin.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-6738509689003334710?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/6738509689003334710/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise-3-de-la-chenille-au.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/6738509689003334710'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/6738509689003334710'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise-3-de-la-chenille-au.html' title='Bonne Crise (3) De la Chenille au Papillon'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-KHuLVGCP0LQ/Tw9_RihvNzI/AAAAAAAAAk0/yVM7CRblGGM/s72-c/papillon.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-5352174169854454324</id><published>2012-01-07T05:40:00.001+01:00</published><updated>2012-01-07T05:43:49.090+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>Bonne Crise (2) Mourir pour Renaître</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-vWzuyxrI04I/TwfMHWNyLuI/AAAAAAAAAko/oEXocLZzXSw/s1600/Initiation.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 362px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5694744680427826914" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-vWzuyxrI04I/TwfMHWNyLuI/AAAAAAAAAko/oEXocLZzXSw/s400/Initiation.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Tout ce qui n'est pas en train de naître est en train de mourir&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Georges Harrison &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Toute crise déclenche en nous une réaction ambivalente parce qu’elle représente à la fois un &lt;strong&gt;danger pour nos habitudes&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;opportunité de transformation&lt;/strong&gt;. Face aux situations de crise, la stratégie de tous les pouvoirs dont l’intérêt est de ne rien changer consiste à &lt;strong&gt;jouer avec la peur que suscite le danger&lt;/strong&gt;. En inhibant notre réactivité et notre créativité, cette peur tend à occulter le potentiel de développement et de transformation dont ces situations sont porteuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut éviter ce type de manipulation en déconstruisant &lt;strong&gt;le mécanisme inconscient qui associe crise, danger, peur et inhibition &lt;/strong&gt;pour le remplacer par &lt;strong&gt;une forme de pensée qui associe crise, opportunité, création et transformation&lt;/strong&gt;. Voir dans la crise une formidable source de créativité, c’est sortir du piège de la peur qui inhibe toute initiative et enferme dans &lt;strong&gt;l’obsession paranoïaque&lt;/strong&gt; d’un danger suscitant la désignation et la diabolisation de bouc émissaires à sacrifier sur l’autel d’un passé à jamais dépassé.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Accoucher d’une singularité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans notre &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise.html"&gt;dernier billet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Christiane Singer&lt;/strong&gt; évoquait le &lt;strong&gt;bon usage des crises&lt;/strong&gt; qui, à défaut de maître, sont encore ce qu’on a encore trouvé de mieux, pour entrer dans l’autre dimension. Nous continuons aujourd’hui cette réflexion avec &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise.html"&gt;&lt;strong&gt;Denis Marquet&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;dans un texte paru &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.cles.com/chroniques/idees-recues/article/l-initiation-sauvage-du-civilise"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;dans &lt;strong&gt;Clés&lt;/strong&gt; où il présente la crise comme &lt;strong&gt;l’initiation sauvage du civilisé&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Ne soyons pas nostalgiques : dans les sociétés traditionnelles, l’initiation n’avait pour objectif que de permettre à l’individu de &lt;strong&gt;tenir son rôle social dans un&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;contexte de grande coercition&lt;/strong&gt;. Si la crise est une initiation sauvage, c’est qu’elle répond à une autre ambition humaine : accoucher d’un être unique, irremplaçable, qu’aucun discours social ne peut déterminer - &lt;strong&gt;soi-même&lt;/strong&gt;.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Accoucher d’une singularité&lt;/strong&gt;, telle est la fonction traditionnelle de la philosophie depuis la &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFeutique_(philosophie)"&gt;&lt;strong&gt;maïeutique&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;socratique, reprise à son compte par Denis Marquet à travers une activité de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://denismarquet.com/index.php?post/2010/03/22/Qu-est-ce-qu-un-philosophe-th%C3%A9rapeute"&gt;Philosophe-thérapeute&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Cette &lt;strong&gt;approche thérapeutique de la philosophie&lt;/strong&gt;, ignorée en France mais connue aux Etats-Unis, est vecteur d’une profonde transformation dans la mesure où le questionnement juste peut devenir une voie de guérison : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Une simple question, si elle est reçue, peut guérir&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ecrivain inspiré, auteur notamment d’un best-seller intitulé &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Col%C3%A8re-Denis-Marquet/dp/2253172723"&gt;&lt;em&gt;Colère &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;et d’un essai remarquable &lt;a href="http://www.amazon.fr/El%C3%A9ments-philosophie-ang%C3%A9lique-Denis-Marquet/dp/2226207414"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Éléments de philosophie angélique&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;présenté &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.cles.com/bonnes-feuilles/article/elements-de-philosophie-angelique"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;par &lt;strong&gt;Patrice van Eersel&lt;/strong&gt;, Denis Marquet n’est décidément pas un philosophe comme les autres. Ceux qui aimeraient mieux connaître cette voix profonde et originale, souvent visionnaire, peuvent se référer sur la toile aux &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.cles.com/chroniques/idees-recues/article/ca-tend-en-moi"&gt;chroniques&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; régulières qu’il écrit pour &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.cles.com/"&gt;Clés &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;et à son &lt;strong&gt;&lt;a href="http://denismarquet.com/index.php?post/2010/03/22/Bienvenue"&gt;site&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la suite de son article sur l’initiation sauvage du civilisé, nous présenterons son activité de Philosophe-thérapeute et nous proposerons les vidéos d’une de ses conférence organisée par l’Université Intégrale le 20 Avril 2010 sur le thème : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;L’expérience d’un philosophe occidental confronté à la philosophie asiatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’initiation sauvage du civilisé. Denis Marquet&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Chez les peuples que l’on disait sauvages existe une dimension que nous avons perdue : l’initiation. Celle-ci est une ritualisation des passages de la vie qui permet à l’individu, accompagné par sa collectivité, de &lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;mourir à une forme d’existence périmée pour renaître à une nouvelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La mort symbolique instaure une &lt;strong&gt;rupture avec l’ordre ancien&lt;/strong&gt;, laquelle passe par une &lt;strong&gt;épreuve&lt;/strong&gt; impliquant souvent des douleurs physiques et morales. Lors de l’initiation adolescente, le garçon peut être enfermé dans une caverne sombre (symbolisant la matrice) où, tout repère aboli, il devra traverser la faim, la soif, l’angoisse de la mort et de l’inconnu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, comme une renaissance, il sera ramené à la surface et accueilli cérémoniellement par la communauté des hommes. Au plus intime des cellules est ainsi reçue l’information qu’un temps est révolu et qu’un autre commence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous, « civilisés », avons perdu les initiations. Aussi adultes que nous soyons en apparence, nous vivons donc nécessairement dans un &lt;strong&gt;immense chaos psychique&lt;/strong&gt; : les âges sont mélangés en nous et, les nostalgies primitives n’ayant jamais pu être lâchées, nos vrais désirs sont inextricablement mêlés de pulsions régressives, donc agressives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour rester dans l’exemple du jeune homme (mais les initiations féminines manquent tout autant...), notre époque ne lui propose rien qui lui permette de faire &lt;strong&gt;le deuil de la fusion avec la mère,&lt;/strong&gt; afin de naître à un désir d’homme dirigé vers une femme et non un &lt;strong&gt;substitut maternel&lt;/strong&gt; (le complexe d’Oedipe est une spécificité moderne !). Cet apprentissage devra donc se faire (ou non) au fil des expériences amoureuses, et particulièrement au sein du couple, &lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;dans le conflit et la crise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Car &lt;strong&gt;à la place de l’initiation, nous avons précisément la Crise&lt;/strong&gt; - cette initiation sauvage du prétendu civilisé. Sauvage, parce qu’elle se pratique sans accompagnement social et dans la solitude. Elle est donc bien plus douloureuse et incertaine. Et aussi parce qu’aucune explicitation n’est donnée de son sens, de sa nécessité et de ses lois. C’est pourquoi &lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;nous manquons souvent la portée initiatique des crises qui se présentent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Ainsi, la terrible&lt;strong&gt; dépression&lt;/strong&gt; est trop souvent l’objet d’une simple anesthésie médicalisée alors que, d’un point de vue initiatique, elle est précisément &lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;le moment crucial qui assure la transition entre la mort à l’ancien et la naissance au nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réintroduction d’une compréhension initiatique, dans nos vies et dans la conscience collective, est donc la grande tâche de notre temps&lt;/strong&gt;. Cela passe par une nouvelle écoute de certains mots-clés : entendre la crise en son sens étymologique de moment où se décide le chemin ; et l’épreuve comme le temps où l’on s’éprouve soi-même de manière neuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne soyons pas nostalgiques : dans les sociétés traditionnelles, l’initiation n’avait pour objectif que de permettre à l’individu de tenir son rôle social dans un contexte de grande coercition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la crise est une initiation sauvage, c’est qu’elle répond à une autre ambition humaine : &lt;strong&gt;accoucher d’un être unique, irremplaçable, qu’aucun discours social ne peut déterminer - soi-même.&lt;/strong&gt; Dans la crise et l’épreuve, pouvons-nous entendre l’appel de notre vérité profonde à toujours plus d’incarnation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'un Philosophe-Thérapeute ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pratique de la philosophie, telle que l’entend &lt;strong&gt;Denis Marquet&lt;/strong&gt;, peut nous aider à entendre l’appel de notre vérité profonde. Sur son site, il présente ainsi son activité de Philosophe-thérapeute : « &lt;em&gt;Philosophe-thérapeute… Dans notre pays très cartésien, où l’on aime bien les catégories tranchées, la formule déclenche en général une réaction d’étonnement. Philosophe et thérapeute ? Non, non, philosophe-thérapeute. Avec un tiret ? Comme si c’était… la philosophie elle-même qui pouvait être thérapeutique ? Allons donc… Pendant ce temps, aux Etats-Unis, la profession de « &lt;strong&gt;philosophe-praticien&lt;/strong&gt; » (c’est ainsi qu’on la nomme) existe depuis vingt bonnes années et, déjà, revendique le remboursement des consultations par les compagnies d’assurances ! ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut le reconnaître, la philosophie, dans l’Occident moderne, est devenue &lt;strong&gt;une activité théorique, intellectuelle, mentale, qui n’a plus grand-chose à voir avec un travail sur soi, avec une entreprise de guérison&lt;/strong&gt;. Dans une culture dont le maître mot est « produire », le philosophe est devenu un producteur. &lt;strong&gt;Il fabrique et vend des théories.&lt;/strong&gt; De plus, la vie des plus grands philosophes modernes ne témoigne pas d’un accomplissement particulier ni d’un travail de guérison. Le plus grand penseur du XXe siècle, Heidegger, fut nazi. La sagesse est bien loin… Alors ? Alors être philosophe-thérapeute, c’est affirmer que &lt;strong&gt;si la sagesse est loin de la philosophie, c’est que la philosophie s’est éloignée d’elle-même&lt;/strong&gt;. Et qu’il est temps de renouer avec une pratique de la philosophie comme recherche de sagesse. Comme démarche de guérison...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que soigne la philosophie, ce sont toutes les souffrances qui viennent de ce manque, le plus cruel qui soit : &lt;strong&gt;le manque de sens&lt;/strong&gt;. On souffre de ne pouvoir donner à sa vie, à la vie, un sens juste et fécond pour soi-même. On souffre parce que le sens que prend sa vie n’exprime pas ce que l’on est, mais bien plutôt une somme de conditionnements psychologiques, socio-économiques, culturels…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La philosophie, à son origine, est une démarche thérapeutique, inventée par &lt;strong&gt;Socrate &lt;/strong&gt;et codifiée par &lt;strong&gt;Platon&lt;/strong&gt;, qui consiste, par un questionnement méthodique, à &lt;strong&gt;déjouer le mental&lt;/strong&gt;, à &lt;strong&gt;défaire ses constructions&lt;/strong&gt;. On laisse ainsi émerger une parole plus profonde, un sens plus profond, &lt;strong&gt;le logos, qui exprime l’être que l’on est&lt;/strong&gt;. Le thérapeute-philosophe est celui, disait Socrate, qui aide l’autre à « &lt;strong&gt;accoucher de lui-même&lt;/strong&gt; » :&lt;strong&gt; de sa vérité intérieure et du sens de sa vie...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le chemin philosophique passe par un travail de « &lt;strong&gt;désidentification&lt;/strong&gt; » : s’autoriser à mettre en question ce que l’on croit être, faire face à l’illusion et s’ouvrir au surgissement du nouveau. Se laisser surprendre par soi-même. Mais pour cela, il est nécessaire d’accepter le questionnement. C’est le principe de la thérapie philosophique : &lt;strong&gt;le questionnement juste est une voie de guérison.&lt;/strong&gt; Une simple question, si elle est reçue, peut guérir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le but de la thérapie philosophique, c’est d’accroître sa capacité à donner, à créer, à vivre du sens. &lt;strong&gt;Elle est donc indiquée pour toutes les souffrances qui sont le signe d’un manque de sens, d’un manque de sa propre vérité.&lt;/strong&gt; Si je souffre parce que ma vie n’exprime pas ce que je suis, alors peut-être, la thérapie philosophique pourra-t-elle m’aider. Le sens, c’est ce qui permet à la vie humaine d’être supportable sans illusion. &lt;strong&gt;Plus manque le sens, plus grandit le besoin d’illusion&lt;/strong&gt;. Alors fleurissent les gourous et les marchands de mensonges. &lt;strong&gt;La philosophie comme thérapie aide à développer l’aptitude de chaque être humain à créer du sens&lt;/strong&gt;. En cela, elle correspond à un vrai besoin de notre temps.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’expérience d’un philosophe occidental confronté à la philosophie asiatique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 20 Avril 2010, la huitième journée de &lt;a href="http://universite-integrale.blogspot.com/"&gt;&lt;strong&gt;l’Université Intégrale&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;avait pour thème : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/album/187212/page:1"&gt;Asie et Occident, vers une culture intégrale ?&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; A cette occasion &lt;strong&gt;Denis Marquet&lt;/strong&gt; a proposé une conférence intitulée &lt;em&gt;L’expérience d’un philosophe occidental confronté à la philosophie asiatique&lt;/em&gt;. Il y fait part avec beaucoup de profondeur de la rencontre en lui entre deux traditions de sagesse, occidentale et orientale, de leurs contradictions et de leurs complémentarités. Un beau moment de réflexion. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe src="http://player.vimeo.com/video/11103595?title=0&amp;amp;byline=0&amp;amp;portrait=0" width="400" height="300" frameborder="0" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/11103595"&gt;Denis Marquet - L’expérience d’un philosophe occidental confronté à la philosophie asiatique&lt;/a&gt; from &lt;a href="http://vimeo.com/univers"&gt;UNIVERSITE INTEGRALE&lt;/a&gt; on &lt;a href="http://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe src="http://player.vimeo.com/video/11103257?title=0&amp;amp;byline=0&amp;amp;portrait=0" width="400" height="300" frameborder="0" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/11103257"&gt;Denis Marquet (Questions et réponses) - L’expérience d’un philosophe occidental confronté à la philosophie asiatique&lt;/a&gt; from &lt;a href="http://vimeo.com/univers"&gt;UNIVERSITE INTEGRALE&lt;/a&gt; on &lt;a href="http://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-5352174169854454324?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/5352174169854454324/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise-2-mourir-pour-renaitre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/5352174169854454324'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/5352174169854454324'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise-2-mourir-pour-renaitre.html' title='Bonne Crise (2) Mourir pour Renaître'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-vWzuyxrI04I/TwfMHWNyLuI/AAAAAAAAAko/oEXocLZzXSw/s72-c/Initiation.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-2117099475998347636</id><published>2012-01-01T11:00:00.001+01:00</published><updated>2012-01-01T11:04:54.823+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>Bonne Crise</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-2IQTCle5cMo/TwAtEdK-B3I/AAAAAAAAAkc/ErLslSAU6i0/s1600/Crise9.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 263px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5692599483569670002" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-2IQTCle5cMo/TwAtEdK-B3I/AAAAAAAAAkc/ErLslSAU6i0/s400/Crise9.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Les crises sont vraiment ce qu’on a encore trouvé de mieux, à défaut de maître, pour entrer dans l’autre dimension&lt;/em&gt;. Christiane Singer &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;En guise de vœux pour cette nouvelle année, plutôt que d’égrener de manière rituelle les mêmes sempiternelles formules éculées, je vous propose, chers lecteurs, de &lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;sortir des chemins balisés et des habitudes programmées. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Souhaiter &lt;strong&gt;Bonne Crise&lt;/strong&gt; plutôt que &lt;strong&gt;Bonne Année&lt;/strong&gt; c’est, inspirée par l’artiste &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Vautier"&gt;Ben&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une manière un peu provocante de profiter de cette période de Nouvel An pour réfléchir &lt;strong&gt;en envisageant autrement le contexte de crise qui est le nôtre actuellement&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Ne plus considérer cette situation simplement de manière évènementielle et superficielle comme le font les médias mais &lt;strong&gt;dans toute sa profondeur existentielle et spirituelle&lt;/strong&gt;. Cette profondeur nous fait percevoir les &lt;strong&gt;opportunités de changement et de développement&lt;/strong&gt; que toute crise récèle et, ce faisant, nous libère de la peur qu'elle suscite pour l'aborder comme une extraordinaire &lt;strong&gt;source de créativité&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Le texte inspiré écrit par &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Christiane_Singer"&gt;Christiane Singer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; sur &lt;strong&gt;le bon usage des crises&lt;/strong&gt; - que nous proposons ci-dessous - peut nous guider dans cette méditation sur ces temps incertains où les anciens repères s’effondrent pour laisser advenir un nouveau monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Que cette nouvelle année soit celle d’une métamorphose où, de toutes ces turbulences, émerge une autre forme de conscience animée et inspirée par l’Esprit du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Du Bon Usage des Crises. Christiane Singer&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne soyons pas si mesquins, et disons du bon usage des crises, catastrophes, drames, naufrages divers. J’ai gagné la certitude que &lt;strong&gt;les catastrophes sont là pour nous éviter le pire&lt;/strong&gt;. Et le pire, comment pourrais-je exprimer ce qu’est le pire ? &lt;strong&gt;Le pire, c’est bel et bien d’avoir traversé la vie sans naufrages, d’être resté à la surface des choses,&lt;/strong&gt; d’avoir dansé au bal des ombres, d’avoir pataugé dans ce marécage des on-dit, des apparences,&lt;strong&gt; de n’avoir jamais été précipité dans une autre dimension.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Les crises, dans la société où nous vivons, elles sont vraiment ce qu’on a encore trouvé de mieux, à défaut de maître, quand on n’en a pas à porté de main, pour entrer dans l’autre dimension. &lt;strong&gt;Dans notre société, toute l’ambition, toute la concentration est de nous détourner, de détourner notre attention de tout ce qui est important.&lt;/strong&gt; Un système de fils barbelés, d’interdits pour ne pas avoir accès à notre profondeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;C’est une immense conspiration, la plus gigantesque conspiration d’une civilisation contre l’âme, contre l’esprit.&lt;/strong&gt; Dans une société où tout est barré, où les chemins ne sont pas indiqués pour entrer dans la profondeur, &lt;strong&gt;il n’y a que la crise pour pouvoir briser ces murs autour de nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La crise, qui sert en quelque sorte de &lt;strong&gt;bélier pour enfoncer les portes de ces forteresses où nous nous tenons murés&lt;/strong&gt;, avec tout l’arsenal de notre personnalité, tout ce que nous croyons être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Récemment sur une autoroute périphérique de Berlin où il y a toujours de terribles embouteillages, un tagueur de génie avait inscrit sur un pont la formule suivante : « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Détrompe-toi, tu n’es pas dans un embouteillage, l’embouteillage c’est toi !&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes tous spécialisés dans l’esquive, dans le détournement, dans le « &lt;strong&gt;divertissement&lt;/strong&gt; » tel que le voyait &lt;strong&gt;Pascal&lt;/strong&gt;. Il n’y a au fond que cette possibilité, subitement, de se dire : « &lt;em&gt;Oui mais tout cela, tout ce qui m’enserre, tout ce qui m’étrangle, mais c’est moi !&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce serait une erreur de croire que la crise est quelque chose de normal, d’inhérent à la nature humaine. Il y a de nombreuses sociétés, toutes les sociétés traditionnelles, qui ont une tout autre façon d’agir. Un ami anthropologue m’a rapporté ces mots d’un Africain qui lui disait : « &lt;em&gt;Mais non monsieur, &lt;strong&gt;nous n’avons pas de crises, nous avons les initiations&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;». Et &lt;strong&gt;les initiations sont la ritualisation de ces passages&lt;/strong&gt;, c’est-à-dire cette possibilité pour l’homme de passer d’un état d’être naturel, premier, à cet univers agrandi, où l’autre versant des choses est révélé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il s’avère que toutes ces initiations, dans leur incroyable diversité, et inventivité - parfois des rites d’une cruauté qui nous paraît insoutenable - ont tous la même visée : &lt;strong&gt;mettre l’initié en contact avec la mort&lt;/strong&gt;, le faire mourir ; &lt;strong&gt;le vieux principe du « meurs et deviens »&lt;/strong&gt;. Que ce soient les rites des aborigènes australiens qui enterrent les néophytes pendant trois jours sous des feuilles pourries, ou les épreuves auxquelles sont soumis les jeunes Indiens, &lt;strong&gt;il n’y a pas un rite pourtant qui soit aussi cruel que l’absence de rite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la vie n’a pas d’autre choix que de nous précipiter ensuite dans une initiation, cette fois sauvage&lt;/strong&gt;, qui est faite non plus dans l’encadrement de ceux qui nous aiment, ou qui nous guident, de chamans, ou de prêtres ou d’initiés, mais dans la solitude d’un destin. &lt;strong&gt;Ces catastrophes qui ne sont là que pour éviter le pire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il peut vraiment paraître très cynique de parler ainsi. J’ai connu cette période où lorsqu’on entend une chose pareille, et que l’on est soi-même plongé dans un désespoir très profond, ces propos paraissent d’un cynisme insupportable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant quand on a commencé à percevoir que &lt;strong&gt;la vie est un pèlerinage&lt;/strong&gt;, quand à une étape de ce pèlerinage on regarde en arrière, on s’aperçoit vraiment que les femmes, les hommes qui nous ont le plus fait souffrir sur cette terre, sont nos maîtres véritables, et que &lt;strong&gt;les souffrances, les désespoirs, les maladies, les deuils, ont été vraiment nos sœurs et nos frères sur le chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Je sais que cela peut avoir une coloration insupportable quand on est dans une phase de désespoir, mais c’est tellement fabuleux quand on s’arrête en cours de route, quand on regarde en arrière, et qu’on se dit : « mais oui, c’est vrai ! »...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous connaissons dans notre Occident &lt;strong&gt;deux voies&lt;/strong&gt; quand nous sommes dans un état d’étouffement, d’étranglement ; l’une c’est &lt;strong&gt;le défoulement&lt;/strong&gt;, c’est crier, c’est exprimer ce qui était jusqu’alors rentré. Il y a de nombreuses formes de thérapies sur ce modèle et c’est probablement, en son lieu et place, quelque chose de très précieux, pour faire &lt;strong&gt;déborder le trop plein&lt;/strong&gt;. Mais au fond, toute l’industrie audiovisuelle, cinématographique, est fondée sur ce défoulement, cette espèce d’éclatement de toute l’horreur, de tout le désespoir rentré, qui en fait le prolonge et le multiplie à l’infini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre réponse, c’est &lt;strong&gt;le refoulement&lt;/strong&gt; : avaler des couleuvres, et devenir lentement ce nid de serpents sur deux pattes, avec tout ce que ces vipères et couleuvres avalées ont d’effet destructif sur le corps et l’âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le troisième modèle qui nous vient d’Extrême-Orient et qu’incarnait &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karlfried_Graf_D%C3%BCrckheim"&gt;Dürckheim&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;s’asseoir au milieu du désastre, et devenir témoin, réveiller en soi cet allié qui n’est autre que le noyau divin en nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;J’ai rencontré voilà quatre jours, en faisant une conférence à Vienne, une femme ; et c’est une belle histoire qu’elle m’a racontée qui exprime cela à la perfection. Elle me disait à la perte de son unique enfant, avoir été ravagée de larmes et de désespoir, et un jour, elle s’est placée devant un miroir et a regardé ce visage brûlé de larmes, et elle a dit : « &lt;em&gt;Voilà le visage ravagé d’une femme qui a perdu son enfant unique&lt;/em&gt; », et à cet instant, &lt;strong&gt;dans cette fissure, cette seconde de non identification, où un être sort d’un millimètre de son désastre et le regarde, s’est engouffrée la grâce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Dans un instant, dans une espèce de joie indescriptible, elle a su : « &lt;em&gt;Mais nous ne sommes pas séparés &lt;/em&gt;», et avec cette certitude, le déferlement d’une joie indescriptible qu’exprimait encore son visage. C’était &lt;strong&gt;une femme rayonnante de cette plénitude et de cette présence qu’engendre la traversée du désastre&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe, paraît-il, dans un maelström, &lt;strong&gt;un point où rien ne bouge&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Se tenir là !&lt;/strong&gt; Ou encore, pour prendre une autre image : dans la roue d’un chariot emballé, il y a un point du moyeu qui ne bouge pas. Ce point, trouver ce point. Et si un seul instant, j’ai trouvé ce point, ma vie bascule, parce que la perspective est subitement celle de Job, &lt;strong&gt;cette perspective agrandie, de la grande vie derrière la petite vie&lt;/strong&gt;, l’écroulement des paravents, l’écroulement des représentations, un instant, voir cette perspective agrandie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/bon-usage-crises-Christiane-Singer/dp/2226125574"&gt;&lt;strong&gt;Du bon usage des crises&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;est un recueil de conférences prononcées par &lt;strong&gt;Christiane Singer&lt;/strong&gt; lors de divers événements, congrès ou tables rondes. La conférence qui donne son titre à l’ouvrage a été prononcée le 15 juin 1991 à Mirmande à l’occasion du dixième anniversaire du &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.centre-durckheim.com/"&gt;Centre Durkheim&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans la Drôme. Nous avons déjà consacré&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/11/post-materialisme-8-du-bon-usage-des.html"&gt; ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; un billet à cet ouvrage et à son auteur. &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-2117099475998347636?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/2117099475998347636/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/2117099475998347636'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/2117099475998347636'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2012/01/bonne-crise.html' title='Bonne Crise'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-2IQTCle5cMo/TwAtEdK-B3I/AAAAAAAAAkc/ErLslSAU6i0/s72-c/Crise9.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-4143691678435562006</id><published>2011-12-25T07:00:00.002+01:00</published><updated>2011-12-25T07:23:03.813+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><title type='text'>La Fin de l'ère économique (3) Une Idéologie Totalitaire</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-x0ifT268is8/Tva-AEih11I/AAAAAAAAAkQ/sA-KNlhfTtM/s1600/P%25C3%25A8re%2BNoel%2B2.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 267px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5689944087657043794" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-x0ifT268is8/Tva-AEih11I/AAAAAAAAAkQ/sA-KNlhfTtM/s400/P%25C3%25A8re%2BNoel%2B2.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; Photo du film « Le Père Noël est une ordure » &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La croissance infinie dans un monde fini, c’est comme le Père Noël : à l’âge de raison, on finit par ne plus y croire. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;La &lt;strong&gt;crise systémique&lt;/strong&gt; que nous vivons est celle d'une civilisation arrivée à la fin d’un cycle qui annonce un &lt;strong&gt;nouveau stade évolutif&lt;/strong&gt;. L’émergence de ce nouveau modèle nécessite de déconstruire l’ancien, ce que nous nous efforçons de faire dans cette série de textes intitulée &lt;strong&gt;La Fin de l’ère économique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Dans le &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-1.html"&gt;premier billet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; nous avons analysé l’histoire d’une modernité marquée par la &lt;strong&gt;phase ascendante de « l’ère démocratique »&lt;/strong&gt; et par la &lt;strong&gt;phase décadente de « l’ère économique »&lt;/strong&gt; ainsi nommée parce que l’économie a pris une place centrale dans les représentations collectives jusqu’à devenir le &lt;strong&gt;modèle d’interprétation dominant&lt;/strong&gt; au sein des sociétés occidentales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-2-la-religion.html"&gt;&lt;strong&gt;second billet&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;intitulé &lt;strong&gt;La religion de l'économie&lt;/strong&gt;, nous avons cherché à comprendre comment la &lt;strong&gt;pensée utilitariste&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;l’imaginaire narcissique&lt;/strong&gt;, au cœur de l’ère économique, sont à l’origine d’une nouvelle forme de religion adaptée aux temps sans religion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce &lt;strong&gt;troisième billet&lt;/strong&gt;, nous analyserons comment cette religion de l’économie s’est transformée durant les dernières décennies, en &lt;strong&gt;idéologie totalitaire&lt;/strong&gt; sous l’influence d’un &lt;strong&gt;néo-libéralisme&lt;/strong&gt; imposant un modèle hégémonique à la fois délirant et déshumanisant Pour suivre la logique de cette réflexion, mieux vaut avoir lu les deux billets précédents avant d’entamer la lecture de celui-ci.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une violence symbolique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tous temps, les classes dominantes exercent leur pouvoir par &lt;strong&gt;une violence symbolique qui impose leur vision en transmettant aux dominés une représentation du monde qui justifie leur aliénation et les empêche de s’émanciper&lt;/strong&gt;. Comme les tenants du pouvoir religieux ont instrumentalisé la libération spirituelle en l’identifiant à un dogme dont ils sont les interprètes exclusifs, les tenant du pouvoir économique ont instrumentalisé la pensée libérale des Lumières pour en faire une idéologie au service de leurs intérêts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le terme « économie » désigne à la fois les échanges concrets au sein d’une société et une représentation de ces échanges au sein d’une théorie abstraite&lt;/strong&gt;. De cette ambivalence sémantique naît la confusion à l’origine d’une violence symbolique : les échanges concrets – à la fois symboliques, sociaux et marchands – sont réduits à un modèle abstrait qui ne prend en compte que les échanges marchands, conformément aux intérêts de la classe dominante. L'économiste &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi"&gt;Karl Polanyi&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qualifie de &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://www.cairn.info/revue-du-mauss-2007-1-page-63.htm#no1"&gt;sophisme économiciste&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; l'erreur qui consiste à "&lt;strong&gt;&lt;em&gt;poser une équivalence entre l'économie humaine en général et sa forme marchande&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De cette confusion logique naît une représentation idéologique des individus, de la société et du monde qui permet aux classes possédantes d’établir et de maintenir leur emprise sur les consciences. Pour &lt;strong&gt;Serge Latouche&lt;/strong&gt;, la religion de l’économie « &lt;em&gt;se révèle alors &lt;strong&gt;la plus prodigieuse construction symbolique inventée par le génie humain pour justifier la souffrance qu’une partie de l’humanité inflige à l’autre&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;» (« &lt;em&gt;Le Veau d’or est vainqueur de Dieu. Essai sur la religion de l’économie&lt;/em&gt; ». &lt;a href="http://www.revuedumauss.com/"&gt;&lt;strong&gt;Revue du MAUSS&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;N°27)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le clergé et la noblesse ont instrumentalisé la quête de transcendance portée par le message évangélique en utilisant la religion pour asseoir leurs privilèges, la bourgeoise a instrumentalisé la quête de prospérité porté par le message économique en utilisant un discours pseudo scientifique pour promouvoir son mercantilisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous l’avons vu dans le précédent billet : loin de décrire des lois naturelles, transhistoriques, la pseudo « &lt;em&gt;science économique&lt;/em&gt; » est, en fait, une &lt;strong&gt;construction sociale et culturelle, historiquement datée&lt;/strong&gt;, à travers laquelle la bourgeoise a pu imposer sa &lt;strong&gt;vision mercantile des rapports sociaux &lt;/strong&gt;en déniant tout ce qui, dans les relations humaines, est irréductible à l’échange marchand.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;There is no Alternative&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Ce réductionnisme économique est à l’origine de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomisme"&gt;l’économisme&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, voire de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.cairn.info/revue-du-mauss-2007-1-page-63.htm"&gt;l’économicisme&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une idéologie totalitaire fort bien résumée par cette célèbre formule de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Margaret_Thatcher"&gt;&lt;strong&gt;Margaret Thatcher&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;: « &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/There_is_no_alternative"&gt;There is no alternative&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; ». Cet économisme a inspiré un néo-libéralisme qui est &lt;strong&gt;l’extension de la norme marchande et du modèle de l’Homo oeconomicus à l’ensemble de la société et à toutes les sphères de l’activité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cette volonté de voir la complexité et la diversité du réel à travers une &lt;strong&gt;grille unique d’interprétation&lt;/strong&gt; est une expression typique de l’intégrisme. Là où les cultures traditionnelles peuvent connaître l’intégrisme religieux, les cultures modernes développent une &lt;strong&gt;nouvelle forme - économique - d’intégrisme &lt;/strong&gt;qui considère comme &lt;strong&gt;hérétique&lt;/strong&gt; toute approche sensible, humaine et qualitative, qui tenterait d’échapper à ce réductionnisme économique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’intégrisme économique livre son combat contre les hérésies humanistes, culturelles et spirituelles à travers des stratégies de déni, de marginalisation ou de diabolisation. &lt;/strong&gt;A l'ère de l'information, l'inquisition change de méthode : chargés de la propagande, les médias au service de l’idéologie dominante mettent les hérétiques à l’index et au pilori médiatique, stigmatisant comme irrationnelle et fantaisiste toute alternative qui remet en question les codes de l’économisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le dernier totalitarisme en date&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cet intégrisme néo-libéral est tout sauf nouveau et libéral. Fondée sur la loi de la jungle, il est archaïque. Affirmant l’emprise de la valeur marchande sur la valeur humaine et le lien social, il est totalitaire. Nombreux sont les auteurs qui tels &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dany-Robert_Dufour"&gt;Dany-Robert Dufour&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, l’auteur du &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Divin-March%C3%A9-r%C3%A9volution-culturelle-lib%C3%A9rale/dp/2207259145"&gt;Divin Marché&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, considèrent le &lt;strong&gt;néolibéralisme&lt;/strong&gt; comme une &lt;strong&gt;nouvelle forme de totalitarisme&lt;/strong&gt;. Son dernier ouvrage &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Lindividu-qui-vient-Apr%C3%A8s-lib%C3%A9ralisme/dp/2207110052/ref=pd_sim_b_1"&gt;L’individu qui vient... Après le libéralisme&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; est présenté ainsi en quatrième de couverture :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Après avoir surmonté en un siècle différents séismes dévastateurs - le &lt;strong&gt;nazisme&lt;/strong&gt; et le &lt;strong&gt;stalinisme&lt;/strong&gt; au premier rang -, la civilisation occidentale est aujourd'hui emportée par le &lt;strong&gt;néolibéralisme.&lt;/strong&gt; Entraînant avec elle le reste du monde. Il en résulte une &lt;strong&gt;crise générale&lt;/strong&gt; d'une nature inédite : politique, économique, écologique, morale. subjective, esthétique, intellectuelle... Une nouvelle impasse ? Il n'y a là nulle fatalité. En philosophe, mais dans un langage accessible à tous, Dany-Robert Dufour s'interroge sur les moyens de résister au dernier totalitarisme en date&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le totalitarisme, comme la violence symbolique qui l’accompagne, ne sont jamais gratuits. A l’extension de l’idéologie néolibérale à toutes les sphères de la société correspond à une explosion des inégalités : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;en 1970 les cent patrons américains les mieux payés gagnait 40 fois le salaires de leurs ouvriers de base, aujourd’hui ils gagnent 1000 fois plus qu’eux !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Une société de marché&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;En tant que construction idéologique, l’économisme a pour rôle de justifier et de rationaliser avidité mercantile et jouissance égoïste en imposant une &lt;strong&gt;dérégulation éthique&lt;/strong&gt;, une &lt;strong&gt;régression psychique&lt;/strong&gt; comme une &lt;strong&gt;désaffiliation culturelle&lt;/strong&gt;. L’idée de marché comme régulation automatique des échanges au sein de la société introduit ainsi un &lt;strong&gt;nouveau modèle fonctionnel des rapports sociaux&lt;/strong&gt; qui rend caduque le modèle traditionnel fondé sur l’appartenance à une &lt;strong&gt;intersubjectivité culturelle&lt;/strong&gt; qui réfère à un &lt;strong&gt;ordre symbolique&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le marché est ce modèle abstrait qui reconfigure les rapports sociaux en les réduisant à ceux d’individus économiques déterminés par le calcul égoïste de leurs intérêts. L’économisme dominant &lt;strong&gt;transforme l’organisation sociale pour en faire une société de marché&lt;/strong&gt; décrite ainsi par &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Gauchet"&gt;Marcel Gauchet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Ce n’est pas du marché comme institution de l’économie à l’intérieur de la société dont il est question, en la circonstance, mais véritablement d’une société de marché. Comment se représenter la forme des relations susceptibles de s’établir entre des agents tous indépendants les uns des autres tous fondés à poursuivre à leur guise la maximisation de leurs avantages, en l’absence d’une composition impérative au nom de l’intérêt de tous ? Tel est le problème posé, problème auquel seule &lt;strong&gt;la figure d’un processus d’ajustement automatique&lt;/strong&gt; [&lt;strong&gt;le marché&lt;/strong&gt;] est capable de répondre&lt;/em&gt;. » (La religion dans la démocratie)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le précédent billet nous faisions part d’un article du grand théologien Harvey Cox - &lt;strong&gt;The Market as God&lt;/strong&gt; - où celui-ci, établissant une &lt;strong&gt;analogie entre religion et marché&lt;/strong&gt;, constatait que dans les représentations collectives, le divin marché est omnipotent, omniscient, omniprésent et auto-réalisateur. Nous notions que toutes ces qualités - &lt;strong&gt;omnipotence, omniscience, omniprésence et auto-réalisation&lt;/strong&gt; – représentait le parfait&lt;strong&gt; tableau clinique d’un délire mégalomaniaque inspiré à l’Homo oeconomicus par ses fantasmes infantiles&lt;/strong&gt;. Bien loin d’être un processus naturel, le Marché est une figure fantasmatique crée par l’imaginaire utilitaire et infantile de l’Homo oeconomicus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le culte de la croissance&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cet imaginaire, la structure des sociétés modernes est définie par le Marché comme système auto-régulé. &lt;strong&gt;La croissance économique apparaît dès lors comme l’énergie dynamique qui anime cette structure&lt;/strong&gt; et lui permet de se développer dans le temps. &lt;strong&gt;Le couple marché/croissance est donc indivisible et irréductible&lt;/strong&gt; : à la structure synchronique de l’un correspond la dynamique diachronique de l’autre. C’est bien pourquoi &lt;strong&gt;à la religion du Marché corresponde le culte de la Croissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il faudrait un livre entier pour expliquer le &lt;strong&gt;lent processus d’objectivation&lt;/strong&gt; par lequel les sociétés occidentales ont projeté l’idée de croissance - au cœur même de &lt;strong&gt;l’évolution biologique&lt;/strong&gt; et du &lt;strong&gt;développement psycho-spirituel&lt;/strong&gt; - dans la forme objective de l’économie, et comment, de cette projection, est née cette nouvelle religion fondée sur &lt;strong&gt;la confusion entre croissance psycho-spirituelle et croissance économique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le processus d’abstraction propre à la raison instrumentale fonde la science moderne et constitue le cœur du logiciel moderne. Ce processus consiste à séparer - de manière abstraite - le &lt;strong&gt;sujet sensible&lt;/strong&gt; et son &lt;strong&gt;objet d’attention&lt;/strong&gt; afin d’observer, d’analyser et de mesurer ce dernier. Cette objectivation nie la sensibilité et &lt;strong&gt;réduit à une forme abstraite la force concrète qui anime la subjectivité.&lt;/strong&gt; Dans cette logique, la croissance économique apparaît comme la forme abstraite à travers laquelle la raison instrumentale réduit la croissance concrète de la vie et de l’esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Décroissance matérielle et développement spirituel&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A travers les multiples crises auxquelles elles sont confrontées, les jeunes générations ont appris à décrypter les ravages d’une raison instrumentale qui produit une &lt;strong&gt;science sans conscience&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;conscience sans inspiration&lt;/strong&gt;. Aussi prennent-elles progressivement leur distance avec le culte de la croissance en adhérant aux &lt;strong&gt;valeurs &lt;a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1996_num_37_3_5722"&gt;post-matérialistes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; portées notamment par le mouvement de la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9croissance_(%C3%A9conomie)"&gt;décroissance&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et par une &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Simplicit%C3%A9_volontaire"&gt;simplicité volontaire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui décolonisent un imaginaire aliéné par la religion de l’économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;strong&gt;culte de la croissance&lt;/strong&gt; comme la &lt;strong&gt;religion du marché&lt;/strong&gt; apparaissent comme autant de &lt;strong&gt;croyances&lt;/strong&gt; propres à l’imaginaire utilitariste. Décoloniser cet imaginaire c’est refuser la réduction de l’être humain au mythe de l’Homo oeconomicus et celle de la société à la fiction d’un marché auto-régulé. C’est aussi &lt;strong&gt;affirmer&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;le développement humain comme valeur fondatrice du nouveau stade évolutif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il ne s’agit pas de stigmatiser l’idée de croissance qui est au cœur de la vie et de l’humain mais de remettre en question &lt;strong&gt;le processus d’abstraction qui vise à identifier le développement humain à une croissance économique&lt;/strong&gt; fondée sur un productivisme prédateur des ressources naturelles et un consumérisme prédateur des ressources de la psyché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là où la &lt;strong&gt;croissance psycho-spirituelle&lt;/strong&gt; est fondée sur un&lt;strong&gt; processus d’individuation&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;créatrice,&lt;/strong&gt; l’idée d’une &lt;strong&gt;croissance économique infinie&lt;/strong&gt; dans un monde aux ressources limitées est fondée sur un &lt;strong&gt;individualisme régressif&lt;/strong&gt; qui s’alimente des fantasmes de toute puissance infantile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’intégrisme néolibéral&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La décolonisation de l’imaginaire utilitariste passe par la remise en cause des indicateurs qui, au prétexte de mesurer la croissance n’indiquent que des &lt;strong&gt;quantités de flux marchands&lt;/strong&gt; en restant muets sur leur qualité et leur répartition. Cette illusion quantophénique, au cœur de l’imaginaire utilitariste, est ainsi dénoncée par &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-1-une-economie-des.html"&gt;Patrick Viveret&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, auteur du rapport &lt;a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/024000191/index.shtml"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Reconsidérer la richesse&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Le PIB traduit une analyse de la réalité à travers &lt;strong&gt;un prisme particulier, exclusivement quantitatif, économique et dénué de considérations qualitative ou citoyenne&lt;/strong&gt;, comme le niveau de santé, d'éducation ou d'engagement associatif, le degré de violence, l'intensité des inégalités socio-économiques ou encore la qualité de la pratique démocratique&lt;/em&gt;.» &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Fondés sur la &lt;strong&gt;réduction de la totalité à une partie&lt;/strong&gt;, les intégrismes développent toujours une &lt;strong&gt;pensée totalitaire&lt;/strong&gt; qui cherchent à imposer cette partie en la faisant prendre pour le tout, et ce, à travers une violence symbolique et/ou réelle. L’intégrisme religieux, pré moderne, réduit ainsi l'expérience spirituelle à un &lt;strong&gt;dogme formel&lt;/strong&gt; qui constitue un modèle d'interprétation exclusif. Cet intégrisme religieux est véhiculé par un &lt;strong&gt;délire d’élection&lt;/strong&gt; qui exclut et diabolise tous ceux qui n’appartiennent pas à la &lt;strong&gt;communauté des élus&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Fondé sur la réduction de l'économie humaine à sa forme marchande, l’intégrisme économique&lt;/strong&gt; propre à la modernité est, quant à lui, véhiculé par &lt;strong&gt;une pensée totalitaire qui impose son délire mégalomane fondé sur l’omnipotence du Marché.&lt;/strong&gt; La quantophrénie qui sous-tend le culte de la croissance est un des nombreux symptômes de ce délire : l’abstraction du chiffre vise à remplacer une réalité dont la complexité et la transformation continue nous échappe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand, selon Eric Schmidt, PDG de &lt;strong&gt;Google&lt;/strong&gt;, le monde produit aujourd'hui autant de données en deux jours qu'entre l'aube de la civilisation et 2003, il devient absolument impossible de penser aujourd’hui comme hier. L’expérience vécue dans ce &lt;strong&gt;nouveau monde immatériel&lt;/strong&gt; s’éloigne peu à peu de celle que nous partagions avant, quand notre village planétaire aujourd’hui interconnecté ressemblait encore à un vaste monde aux horizons mystérieux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’intégrisme économique est cette forme de psychose qui s’empare de la conscience collective&lt;/strong&gt; quand celle-ci s’avère impuissante à interpréter l’expérience inédite, mouvante et fluide comme l’océan, qui est la nôtre au sein des sociétés de l’information. A l’ère d’une interconnexion généralisée au sein d’un monde immatériel, l’évolution du contexte technologique et de nos conditions de vie rend &lt;strong&gt;totalement obsolètes les anciens modèles&lt;/strong&gt; que nous utilisions naguère sur la terre ferme d’un monde matériel aux frontières délimitées et définies par les concepts avec lesquels nous l’appréhendions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Tout réinventer&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Inspiré par la dynamique de l’évolution, &lt;strong&gt;un autre modèle doit advenir&lt;/strong&gt; dont nous voyons les prémisses se manifester aujourd’hui à travers des &lt;strong&gt;milliers d’initiatives&lt;/strong&gt; qui inventent, chacune à leur manière, de &lt;strong&gt;nouvelles formes culturelles et sociales, politiques et économiques&lt;/strong&gt;. Parmi les nombreux observateurs qui scrutent l’émergence de ces nouvelles formes, trois grands résistants - &lt;strong&gt;Claude Alphandéry&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Stéphane Essel&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Edgar Morin&lt;/strong&gt; – écrivent dans &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le Monde&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;strong&gt;A l'heure d'une crise systémique sans précédent, le pseudo-réalisme est une imposture.&lt;/strong&gt; Ce qui est fantaisiste, c'est de penser que nous pouvons continuer comme avant. &lt;strong&gt;Ce qui est vraiment réaliste, c'est de vouloir tout réinventer&lt;/strong&gt;. Politique, économie, éducation, temps de vie, villes, agriculture : une multitude d'alternatives concrètes, réussies et répliquables constituent d'ores et déjà l'amorce d'une transformation profonde de la société.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Tout réinventer aujourd’hui c’est retrouver une vision de la totalité&lt;/strong&gt; qui nous libère d’un modèle abstrait imposant une &lt;strong&gt;pensée fragmentaire&lt;/strong&gt;, une &lt;strong&gt;sensibilité désenchantée&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;organisation socio-économique inhumaine&lt;/strong&gt;. Au moment où l’humanité aborde un nouveau stade de son développement, les convulsion de l’ère économique annonce &lt;strong&gt;une ère nouvelle : celle des créateurs inspirés par la dynamique de l’évolution&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ressources documentaires sur la religion de l’économie.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Netographie&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Deux textes intéressants de &lt;strong&gt;Serge Carfantan&lt;/strong&gt; concernant l'idéologie économique sur cet excellent site qu’est &lt;a href="http://sergecar.perso.neuf.fr/"&gt;&lt;strong&gt;Philosophie et Spiritualité&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;: &lt;a href="http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/echange6.htm"&gt;&lt;strong&gt;La Pensée économique&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. &lt;strong&gt;&lt;a href="http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/echange3.htm"&gt;Croissance, décroissance et développement&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.journaldumauss.net/spip.php?article494"&gt;&lt;strong&gt;La religion de la « société de marché »&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; François Gauthier&lt;/strong&gt;. Revue du Mauss permanente. Paru à l'origine dans Entropia N°5 &lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Karl Polianyi&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.cairn.info/revue-du-mauss-2007-1-page-63.htm#no1"&gt;Le sophisme économiciste&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;A lire dans &lt;strong&gt;Le Journal Intégral&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Une Vision Intégrale de la Monnaie&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-8-une-vision.html"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) et (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-9-une-vision.html"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Une économie des profondeurs&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-10-une-economie.html"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) et (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-1-une-economie-des.html"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Les Monnaies Libres. Un paradigme post-capitaliste&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-1.html"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-2-un-paradigme-post.html"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-3-un-paradigme-post.html"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.journaldumauss.net/"&gt;revue du MAUSS Permanente&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; constitue le prolongement sur la toile de La Revue du MAUSS semestrielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Bibliographie&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.revuedumauss.com/"&gt;La revue du MAUSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; Mouvement Anti-Utilitariste en Science Sociales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.entropia-la-revue.org/"&gt;Entropia&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; Revue théorique et politique consacrée à la décroisance. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Serge Latouche : « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le Veau d’or est vainqueur de Dieu. Essai sur la religion de l’économie&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; » &lt;a href="http://www.revuedumauss.com/"&gt;&lt;strong&gt;La revue du MAUSS&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;No 27 : « &lt;em&gt;De l’anti-utilitarisme. Anniversaire, bilan et controverses &lt;/em&gt;» 2006.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dany-Robert Dufour : &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Divin-March%C3%A9-r%C3%A9volution-culturelle-lib%C3%A9rale/dp/2207259145"&gt;Le Divin Marché&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Cit%C3%A9-perverse-Lib%C3%A9ralisme-pornographie/dp/2207261204/ref=pd_sim_b_2"&gt;La Cité Perverse&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alain Caillé : &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Critique-raison-utilitaire-Alain-Caille/dp/2707139963"&gt;Critique de la Raison utilitaire&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Jean-Claude Michéa : &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Lempire-moindre-mal-civilisation-lib%C3%A9rale/dp/2081220431/ref=sr_1_2?s=books&amp;amp;ie=UTF8&amp;amp;qid=1324647108&amp;amp;sr=1-2"&gt;L’Empire du moindre mal &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-4143691678435562006?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/4143691678435562006/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-3-une.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4143691678435562006'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4143691678435562006'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-3-une.html' title='La Fin de l&apos;ère économique (3) Une Idéologie Totalitaire'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-x0ifT268is8/Tva-AEih11I/AAAAAAAAAkQ/sA-KNlhfTtM/s72-c/P%25C3%25A8re%2BNoel%2B2.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-8991197301662955766</id><published>2011-12-20T01:20:00.000+01:00</published><updated>2011-12-20T01:23:25.931+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><title type='text'>La Fin de l'ère économique (2) La Religion de l'économie</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-zzoAAChzADk/Tu_S9YoHWHI/AAAAAAAAAj4/gwhTukOPW1I/s1600/P%25C3%25A9ch%25C3%25A9s%2BCapitaux.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 311px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687996806416783474" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-zzoAAChzADk/Tu_S9YoHWHI/AAAAAAAAAj4/gwhTukOPW1I/s400/P%25C3%25A9ch%25C3%25A9s%2BCapitaux.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;La religion est le lieu où un peuple se donne la définition de ce qu’il tient pour le Vrai&lt;/em&gt;. Hegel &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Le même constat est fait par tant d’observateurs si différents qu’il s’apparente à un nouveau consensus : &lt;strong&gt;la crise systémique que nous vivons est celle d'une civilisation arrivée en fin de cycle.&lt;/strong&gt; L'ère économique correspond à cette fin de cycle au cours de laquelle l’économie a pris une place centrale dans les représentations collectives jusqu’à devenir &lt;strong&gt;le modèle d’interprétation dominant au sein des sociétés occidentales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;A cette fin de cycle, correspond le &lt;strong&gt;début d'une ère nouvelle &lt;/strong&gt;où émergent des formes culturelles et sociales, politiques et économiques, inspirées par un &lt;strong&gt;nouveau paradigme&lt;/strong&gt; et adaptées au &lt;strong&gt;prochain stade évolutif&lt;/strong&gt;. La création de ces formes novatrices passe par &lt;strong&gt;la déconstruction du modèle dominant &lt;/strong&gt;qui a fait de l’économie la religion des temps modernes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les penseurs du siècle des Lumières nous ont montré le chemin : seule &lt;strong&gt;une pensée hérétique&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;est capable de se libérer des dogmes dépassés&lt;/strong&gt; pour inventer une autre manière d’être au monde inspirée par l’esprit du temps. C’est ce que nous nous efforçons de faire dans ce billet qui constitue la suite du précédent. Pour comprendre la logique de cette réflexion, mieux vaut donc avoir lu le &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-1.html"&gt;&lt;strong&gt;billet précédent&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;avant d’entamer la lecture de celui-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Une "économie des profondeurs"&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A l’occasion de la &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-7-nouvelles.html"&gt;&lt;strong&gt;treizième journée&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;de l’&lt;strong&gt;Université Intégrale&lt;/strong&gt; dont le thème était « &lt;em&gt;Nouvelles valeurs, nouvelles richesses, nouvelles mesures, nouvelles monnaies&lt;/em&gt; », nous avons consacré deux billets à &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-8-une-vision.html"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Une Vision Intégrale de la Monnaie&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;dans lequel nous évoquions les travaux des chercheurs en « &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-10-une-economie.html"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;économie des profondeurs&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;» qui appliquent à l’économie une perspective transdisciplinaire et intégrale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ces travaux, il ressort que le rapport à l’économie et à la monnaie évolue en fonction des grandes « &lt;strong&gt;visions du monde&lt;/strong&gt; » propres à chaque stade évolutif. Ainsi, dans des sociétés traditionnelles fondées sur une intuition holiste, la monnaie exprime un &lt;strong&gt;lien social&lt;/strong&gt; et réfère à un &lt;strong&gt;ordre symbolique&lt;/strong&gt; qui fonde les collectivités humaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette monnaie qui était le support d’un lien communautaire devient, à l’époque moderne, un instrument financier utilisé par l’individu au service de ses intérêts. C’est ainsi que la monnaie a peu à peu perdu sa fonction symbolique pour devenir &lt;strong&gt;le signe abstrait d’une fonctionnalité instrumentale propre à l’utilitarisme moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bulle narcissique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cœur de l’idéologie économique, la pensée utilitariste nie les dynamiques collectives au profit d’un individu abstrait dont le calcul égoïste vise la maximisation de ses intérêts. Ce même réductionnisme concerne la psyché individuelle. Les sciences humaines nous l’ont appris : &lt;strong&gt;le désir est le moteur de l’individuation&lt;/strong&gt; parce qu’il rend nécessaire une &lt;strong&gt;élaboration symbolique&lt;/strong&gt; qui, en ouvrant sur l’altérité, permet à l’individu de sortir de lui-même. Fondée sur une consommation compulsive, l'économie moderne nie la force d'élaboration symbolique du désir au profit d’une jouissance pulsionnelle et immédiate, centrée de manière narcissique sur soi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ce déni du processus évolutif propre à l’individuation conduit à une forme d’individualisme régressif fondée sur la toute puissance du narcissisme infantile&lt;/strong&gt;. En mesurant la « réussite individuelle », l’argent, devenu la valeur centrale de nos sociétés modernes, renvoie à l’imaginaire individualiste et narcissique qui les fonde. &lt;strong&gt;La centralité de l’argent dans nos sociétés ne fait qu’exprimer celle du narcissisme dans l’économie psychique de l’homme moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Bien plus que sa supposée efficacité économique, ce qui crée le pouvoir de l’argent, c’est sa fonction psychique de &lt;strong&gt;réassurance narcissique&lt;/strong&gt;. Désaffilié et désocialisé, l’individu économique est en quête d’identité. L’argent devient le miroir dans lequel il contemple cette image idéalisée que lui inspirent ses fantasmes infantiles d’omnipotence et d’omniscience, d’immortalité et d’auto-création. Comme Narcisse est fasciné pas son reflet dans l’eau, &lt;strong&gt;l’Homo oeconomicus est ainsi possédé par l’argent bien plus qu’il ne le possède.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fétichisme et Possession&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Ce n’est d’ailleurs par pour rien que les analyses de &lt;strong&gt;Marx&lt;/strong&gt; sur le &lt;strong&gt;fétichisme de la marchandise&lt;/strong&gt; assimilent le capitalisme à un envoûtement et que la philosophe &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Stengers"&gt;Isabelle Stengers&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; parle, quant à elle, de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Sorcellerie_capitaliste"&gt;Sorcellerie Capitaliste&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Devenu un fétiche, c'est à dire le &lt;strong&gt;support magique des fantasmes infantiles&lt;/strong&gt;, la marchandise aliène l’individu avec d’autant plus de force que, prisonnier de sa bulle narcissique, il ne possède aucun horizon symbolique pour s’en libérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;D’où la dépression généralisée qui s’empare des sociétés où&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;la consommation compulsive cherche à compenser un manque existentiel et une solitude qu’aucun biens matériels ne parvient à combler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’économie moderne c’est, au fond, l’énergie narcissique qui prend la forme d’un imaginaire utilitariste.&lt;/strong&gt; C’est d’ailleurs parce qu’elle est enracinée dans cette &lt;strong&gt;puissance fantasmatique&lt;/strong&gt; que l’économie est devenue la nouvelle religion des temps sans religion car, comme l’écrivait &lt;strong&gt;Voltaire&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;lorsqu’il s’agit d’argent tout le monde est de la même religion&lt;/em&gt; ». Avec ses clercs et ses dogmes, ses rituels, ses saints et ses livres sacrés, l’économie est donc ce dogme chargé de donner du sens à un monde devenu insensé et une cohérence à une société d’individus atomisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le Divin Marché&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Dieu de cette religion c’est le Marché&lt;/strong&gt;, dont la main invisible fixe la valeur des choses et des personnes selon les lois transcendantes de l’offre et de la demande ; &lt;strong&gt;le fils de ce Dieu est l’Individu,&lt;/strong&gt; entité abstraite qui cache mal l’égoïsme calculateur et le narcissisme infantile de « l’homo oeconomicus » ; &lt;strong&gt;quant au St Esprit, c’est l’Argent&lt;/strong&gt;, cet équivalent universel réduisant à une valeur marchande les valeurs qualitatives qui fonde les rapports humains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;a href="http://www.amazon.fr/Divin-March%C3%A9-r%C3%A9volution-culturelle-lib%C3%A9rale/dp/2207259145"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le Divin Marché&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;le philosophe &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dany-Robert_Dufour"&gt;&lt;strong&gt;Dany-Robert Dufour&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;énonce les " dix commandements " de cette religion économique, vecteur d’une révolution culturelle néolibérale qui bouleverse nos représentations, fonde de nouveau rapports sociaux et formate la psyché individuelle. François Gauthier, quant à lui, fait référence à la réflexion du grand théologien &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Harvey_Cox"&gt;Harvey Cox&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui, dans un article intitulé « &lt;strong&gt;The Market as God&lt;/strong&gt; » établit une analogie frappante entre économie et religion :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Il n’y a qu’à lire les pages économiques des grands quotidiens du monde, écrit Cox, pour se convaincre que s’y construit un « grand récit sur le sens profond de l’Histoire », le tout avec mythe d’origine (la Révolution industrielle notamment), récits de rédemption, doctrine du salut par la libéralisation des marchés, prêtres (banquiers et économistes), pratiques de divination (bourse, spéculation, traders), liturgies (les cotes boursières aux infos), théophanies (miracles économiques), calendrier des saints (Bill Gates…), divinité du Marché à la Main Invisible, théologies anthropomorphiques (les marchés sont nerveux, jubilants, soulagés…), rituels (les annonces trimestrielles de la Réserve fédérale américaine), etc. Le Marché, écrit Cox, est devenu une Valeur, la Valeur des valeurs. Le divin Marché est omnipotent, omniscient, omniprésent et auto-réalisateur. Voilà à gros traits en quoi consiste pour lui la religion du marché.&lt;/em&gt; » &lt;a href="http://www.journaldumauss.net/spip.php?article494"&gt;&lt;strong&gt;« La religion de la « société de marché » »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;Omnipotence&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;omniscience&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;omniprésence&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;auto-réalisation,&lt;/strong&gt; tels sont les symptômes permettant de diagnostiquer sans risque d'erreur un délire mégalomaniaque inspiré à l'Homo oeconomicus par ses fantasmes infantiles et dont le Marché est la figuration symbolique. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Un dogme "scientifique" &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Toute religion possède ses dogmes et ceux de l’économie ont épousé l’idéologie de l’époque en se présentant comme une science censée décrire les lois naturelles et immuables de l’offre et de la demande. Cette « science économique » utilise &lt;strong&gt;un biais épistémologique qui consiste à appliquer aux faits sociaux une méthodologie réductionniste et analytique destinée à observer et mesurer les faits matériels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Comme l’écrit &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Jorion"&gt;Paul Jorion&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, économiste et anthropologue : « &lt;em&gt;Le problème essentiel de la science économique est qu'elle s'est laissée enfermer dans le cadre de la psychologie naissante de la fin du XIXe siècle, psychologie volontariste où les individus sont maîtres de leurs décisions et à même d'être parfaitement rationnels sur la base d'une information parfaite elle aussi....&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cadre de la science économique défini comme &lt;strong&gt;la maximisation de l'utilité de l'Homo oeconomicus&lt;/strong&gt;, assorti d'un &lt;strong&gt;principe d'individualisme méthodologique&lt;/strong&gt; qui tient que les interactions ne débouchent sur aucun effet collectif, ladite science se trouve sur une voie de garage, et aucune ouverture d'esprit ne peut la sauver.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un des plus grands épistémologues modernes, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper"&gt;Karl Popper&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, confirme ce diagnostique : « &lt;em&gt;Le développement de l'économie réelle n'a rien à voir avec la science économique. Bien qu'on les enseigne comme s'il s'agissait de mathématiques, &lt;strong&gt;les théories économiques n'ont jamais eu la moindre utilité pratique.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Individualisme méthodologique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’est qu’à voir l’impuissance des économistes à anticiper la crise des subprimes en 2008 pour saisir la pertinence de cette pseudo-science dont &lt;strong&gt;l’épistémologie réductionniste&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;l’individualisme méthodologique&lt;/strong&gt; ne peuvent rendre compte des dynamiques évolutives et qualitatives qui animent les sociétés humaines. Sous l’abstraction du discours économique se cache &lt;strong&gt;le déni de l’intersubjectivité culturel et des communautés concrètes au profit d’une conception utilitariste et individualiste de l’être humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Pour la pensée utilitariste qui fonde la « science économique », il n’existe ni groupe, ni société, seulement des individus animés par leurs intérêts égoïstes. &lt;strong&gt;Ce calculateur égoïste qu’est l’Homo oeconomicus devient le modèle explicatif de toute action humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;L’individualisme méthodologique qui fonde la « science économique » est la transposition aux phénomènes sociaux d’une épistémologie abstraite et analytique décalquée des sciences exactes. Comme celles-ci dénient le mouvement évolutif de la vie en &lt;strong&gt;réduisant une totalité à la somme de ses composants&lt;/strong&gt;, celui-là réduit la dynamique des sociétés humaine aux intérêts des « individus égoïstes » qui la compose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, et c’est d’autant plus vrai dans le domaine des sociétés humaines, une totalité vivante n’est jamais réductible à la somme de ses composants : &lt;strong&gt;elle est animée par une dynamique évolutive qui fait émerger des stades de complexité et d’intégration croissants&lt;/strong&gt; qu’aucune visée réductionniste ne saurait observer et, encore moins, mesurer. Il faut pour cela développer des &lt;strong&gt;méthodes de participation&lt;/strong&gt; qui relève non plus de l’explication et de l’objectivation mais d’une &lt;strong&gt;interprétation &lt;/strong&gt;exigeant l’implication de la subjectivité dans son objet d’étude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un modèle mécaniste&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En appliquant aux flux économiques une grille d’observation et de mesure adaptée aux phénomènes matériels, la « science économique » a plaqué &lt;strong&gt;un modèle mécaniste sur la complexité dynamique et multidimensionnelle des échanges humains qui sont au cœur de l’organisation socio-économique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Elle en est ainsi venue à dénier la valeur symbolique des échanges et de la monnaie pour promouvoir un &lt;strong&gt;ensemble de procédures techniques liées à des abstractions formelles&lt;/strong&gt; ainsi qu'à des modèles mathématiques et statistiques qui n’ont plus grand-chose à voir avec la vie concrète, la profondeur et le mouvement des sociétés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La « science économique » réduit la complexité multidimensionnelle de la vie sociale à la mesure abstraite des échanges marchands.&lt;/strong&gt; Comme l’écrit &lt;em&gt;François de Closets&lt;/em&gt; : « &lt;em&gt;L'extrême commodité des méthodes économiques conduit à confondre ses modèles avec la réalité sociale. On oublie que l'économie ne retient qu'un aspect de la société et qu'elle en donne une description purement abstraite&lt;/em&gt;. » (Le Bonheur en plus)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’usage des mathématiques dans la "science économique" a simplement remplacé celui du latin dans la religion comme argument d’autorité&lt;/strong&gt;. Revêtue des habits dogmatiques de la scientificité, l’idéologie économique devient doctrine irréfutable dans le contexte culturel et anthropologique de la modernité, et dans ce contexte seulement. Quand ce contexte évolue, nous verrons cette idéologie perdre toute sa légitimité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(A suivre...) &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-8991197301662955766?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/8991197301662955766/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-2-la-religion.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/8991197301662955766'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/8991197301662955766'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-2-la-religion.html' title='La Fin de l&apos;ère économique (2) La Religion de l&apos;économie'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-zzoAAChzADk/Tu_S9YoHWHI/AAAAAAAAAj4/gwhTukOPW1I/s72-c/P%25C3%25A9ch%25C3%25A9s%2BCapitaux.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-4515936117008098614</id><published>2011-12-14T10:00:00.002+01:00</published><updated>2011-12-14T13:29:27.354+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><title type='text'>La Fin de l'ère économique (1)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-dsMMtJ1kBJM/TuhfpZvuXJI/AAAAAAAAAjs/EEh2EBcK3V8/s1600/findunmonde.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 375px; DISPLAY: block; HEIGHT: 310px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5685899694445583506" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-dsMMtJ1kBJM/TuhfpZvuXJI/AAAAAAAAAjs/EEh2EBcK3V8/s400/findunmonde.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;strong&gt;« &lt;em&gt;Mon optimisme est basé sur la certitude que cette civilisation va s’effondrer. Mon pessimisme sur tout ce qu’elle fait pour nous entraîner dans sa chute&lt;/em&gt; »&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Jean-François Brient &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Depuis Einstein, nous savons tous que « &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;nous ne résoudrons pas les problèmes avec le mode de pensée qui les ont engendrés &lt;/strong&gt;&lt;em&gt;». Pour comprendre la crise systémique que nous vivons, nous devons penser dans des termes différents des représentations dominantes diffusées par l’idéologie officielle et les médias à son service. Une vision intégrale permet un tel changement de perspective.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que nous vivons n’est pas une simple crise économique mais quelque chose de bien plus profond : &lt;strong&gt;la fin de l’ère économique, c'est-à-dire&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;la fin d’une ère moderne fondée sur la centralité de l’économie comme modèle d’interprétation dominant&lt;/strong&gt;. A cette fin de l’ère moderne correspond l’émergence de nouvelles formes culturelles et sociales, politiques et économiques, inspirées par la dynamique de l’évolution.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une fin de cycle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le même constat est fait par tant d’observateurs si différents qu’il s’apparente à un nouveau consensus : nous arrivons à la fin d’un cycle annoncé par une série de crises si nombreuses et si diverses que leur énumération constitue à elle seule un exercice de lucidité que la plupart de nos contemporains font tout pour éviter afin de préserver leur lâche tranquillité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant il n’est pas besoin d’être expert pour constater combien nous sommes, selon les termes de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://superieur.deboeck.com/auteurs/24149/tim-jackson.html"&gt;Tim Jakson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, enfermés dans une cage de fer : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Encouragés à dépenser de l'argent que nous n'avons pas, pour acheter des choses dont nous n'avons pas besoin, pour créer des impressions qui ne dureront pas, sur des gens qui ne nous importent pas&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prédateur aveugle des ressources naturelles, vendeur si obsédé par le profit qu’il formate les psychés à travers le marketing et la publicité pour créer des consommateurs compulsifs, l’homme contemporain est devenu le simple rouage d’un système économique centré sur une finance que la spéculation a perverti. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Une spéculation décrite par &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Passet"&gt;&lt;strong&gt;René Passet&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;en ces termes : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le spéculateur achète ce jour, pour une date future et avec un argent qu’il n’a pas, des titres dont il n’entend pas prendre possession à un vendeur qui ne les détient pas et n’a aucune intention de les lui livrer. &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Effondrement et avènement&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'absurdité d'un tel dysfonctionnement est la métaphore d’une civilisation dont le processus de décomposition est déjà si avancé qu’elle n’a aucune chance de perdurer en l’état. Le problème n’est plus de savoir si cette civilisation s’effondrera mais quand, de quelle manière et quelles seront les dégâts humains et écologiques engendrés par cet effondrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.delaservitudemoderne.org/francais1.html"&gt;Jean-François Brient&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; exprime &lt;strong&gt;l'étrange mélange de pessimisme et d’optimisme&lt;/strong&gt; généré par cette mort annoncée : « &lt;em&gt;Mon optimisme est basé sur la certitude que cette civilisation va s’effondrer. Mon pessimisme sur tout ce qu’elle fait pour nous entraîner dans sa chute.&lt;/em&gt; » Derrière cet optimisme, le sentiment que cet effondrement correspond à l’avènement &lt;strong&gt;d’une nouvelle civilisation&lt;/strong&gt; dont nombre d’observateurs voient déjà les prémisses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à ce pessimisme, il ne peut être dépassé qu’en participant de manière créative à l’émergence de cette nouvelle civilisation. Comme l’écrit &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/01/lere-des-createurs-3-un-prophete.html"&gt;Raoul Vaneigem&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Dans un monde qui se détruit, la création est la seule façon de ne pas se détruire avec lui.&lt;/strong&gt; Seule la puissance imaginative, privilégiée par un absolu parti pris de la vie, réussira à proscrire à jamais le parti de la mort, dont l'arrogance fascine les résignés.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle « vision du monde »&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette puissance imaginative fait émerger une nouvelle « vision du monde » correspondant au stade évolutif abordé aujourd’hui par l’humanité. Cette vision intégrale permet de dépasser l’abstraction des représentations dominantes pour envisager l’économie sous ses aspects à la fois &lt;strong&gt;synchroniques&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;diachroniques.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une vision &lt;em&gt;synchronique&lt;/em&gt; envisage l’économie comme élément d’un système&lt;/strong&gt; – une civilisation – structuré par une « vision du monde » correspondant à une époque donné. Dans la perspective évolutionniste qui est au cœur de la vision intégrale, à chaque grand stade évolutif correspond une « vision du monde » et un modèle d’interprétation – un paradigme – grâce auquel les humains font société en interprétant leur expérience à partir des mêmes références. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Une vision &lt;em&gt;diachronique&lt;/em&gt; envisage ce système comme l’expression d’un stade évolutif&lt;/strong&gt; lui-même inscrit dans une série de stades de complexité et d’intégration croissants. Cette série de stades manifeste la dynamique de l’évolution au cours du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que les conservateurs s’identifient à un passé qu’ils veulent maintenir ou restaurer, les progressistes nient un passé dont ils veulent s’abstraire et s’émanciper. Quant aux évolutionnistes, ils ne sont ni conservateurs, ni progressistes : &lt;strong&gt;ils intègrent le passé pour le reconfigurer dans une présence créatrice capable d’anticiper le futur&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le cycle de la Modernité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vus d’une perspective intégrale, les phénomènes sociaux et culturels expriment des cycles évolutifs fondés sur la succession d’un &lt;strong&gt;élan créateur&lt;/strong&gt;, d’une &lt;strong&gt;formalisation novatrice&lt;/strong&gt;, du &lt;strong&gt;développement&lt;/strong&gt; de cette forme et de son &lt;strong&gt;apogée&lt;/strong&gt;, suivie d’un &lt;strong&gt;lent déclin&lt;/strong&gt; et d'une &lt;strong&gt;dégénérescence mortelle&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La &lt;strong&gt;Modernité&lt;/strong&gt; est cette « vision du monde » qui a connu son élan créateur à la &lt;strong&gt;Renaissance&lt;/strong&gt;, sa formalisation durant la &lt;strong&gt;Réforme&lt;/strong&gt;, sa croissance durant le &lt;strong&gt;Siècle des Lumières&lt;/strong&gt; et son apogée – symbolisée par le &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_des_peuples"&gt;Printemps des Peuples&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en 1848 – à la moitié du &lt;strong&gt;dix-neuvième siècle&lt;/strong&gt;. Remise en question depuis le début du &lt;strong&gt;vingtième siècle&lt;/strong&gt;, cette « vision du monde » moderne vit, depuis, une lente période de déclin puis une dégénérescence mortelle qui s’accélère en ce &lt;strong&gt;début du troisième millénaire&lt;/strong&gt;. A cette dégénérescence correspond à la fois la &lt;strong&gt;crise systémique&lt;/strong&gt; que nous sommes en train de vivre et un profond courant de &lt;strong&gt;régénération culturelle&lt;/strong&gt; qui annonce un nouveau cycle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui identifie la Modernité, c’est un courant de pensée fondée sur les valeurs de &lt;strong&gt;l’individu&lt;/strong&gt; contre l’emprise de la communauté, du &lt;strong&gt;progrès &lt;/strong&gt;contre l’hégémonie de la tradition et de la &lt;strong&gt;raison&lt;/strong&gt; contre le dogmatisme religieux. Ce qui fonde sa &lt;strong&gt;puissance émancipatrice&lt;/strong&gt; c'est, à travers l'abstraction rationnelle, la possibilité de sortir de l'identification fusionnelle au groupe d'appartenance pour prendre en compte la valeur universelle de l'individu et de son développement, et ce, quelle que soit sa classe ou sa race, son sexe ou ses croyances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Grandeur et Décadence de la Modernité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Dans un billet intitulé &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/05/ecologie-et-societe-5-le-proces-de-la.html"&gt;Grandeur et Décadence de la modernité&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, nous avions montré que la modernité, à son apogée, était équilibrée entre la &lt;strong&gt;dimension abstraite de la rationalité&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;intuition concrète&lt;/strong&gt; qui s’exprimait à travers une &lt;strong&gt;sensibilité organique héritée de la tradition&lt;/strong&gt;. Cette sensibilité permettait aux individus de participer à un monde commun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le déclin de la modernité advint quand &lt;strong&gt;l’héritage libéral des Lumières&lt;/strong&gt; fut capté au profit des classes bourgeoises qui &lt;strong&gt;inventèrent le rationalisme en réduisant la rationalité à sa fonction instrumentale&lt;/strong&gt;. La grandeur de la Modernité fut « &lt;strong&gt;l’ère démocratique&lt;/strong&gt; » qui permit l'affirmation de l'individu, sa décadence fût « &lt;strong&gt;l’ère économique&lt;/strong&gt; » durant laquelle cet individu fut réduit à sa dimension d'agent économique entièrement déterminé par le calcul égoïste. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Une idéologie quantitative transposa à l’homme et à la société l’épistémologie et la méthodologie des sciences exactes dédiées à l’observation des phénomènes physiques. Comme l’écrit &lt;strong&gt;Serge Carfantan&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;La bascule d’une représentation de la vie mesurée à l’aune du quantitatif se produit quand la pensée commence à objectiver la vie, en perdant de vue sa dimension subjective, en la délaissant dans les marges de sa propre réalité. Et quel est ce projet qui parvient à ce résultat colossal ? Le projet par lequel la totalité du réel se voit soumis à l’objectivation n’est rien d’autre que la science moderne elle-même.&lt;/em&gt; » (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/echange3.htm#croissance"&gt;Croissance, décroissance et développement&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;L’idéologie rationaliste a littéralement instrumentalisé l’Esprit des Lumières, son humanisme émancipateur et sa rationalité, à des fins techniques et marchandes. C'est ainsi qu'une &lt;strong&gt;rationalité réduite à sa fonction instrumentale a peu à peu asservi la pensée et la créativité humaines. &lt;/strong&gt;Au progrès de la science, de l’industrie et de la technologie correspond l'emprise de l'économie sur toutes les autres dimensions de l’être humain. Au début du vingtième siècle, &lt;strong&gt;Max Weber&lt;/strong&gt; définissait la modernité comme « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;le passage d’une économie du salut au salut par l’économie&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;C’est effectivement au cours de l’ère moderne que l’économie est devenue progressivement l’idéologie dominante, remplaçant la religion comme modèle d’interprétation qui donne du sens à nos actions et fait référence dans nos sociétés contemporaines. Pour le point de vue traditionnel qui est celui de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Gu%C3%A9non"&gt;René Guénon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, cette centralité représente une exception : "&lt;em&gt;La civilisation moderne apparaît dans l'histoire comme une véritable anomalie : &lt;strong&gt;de toutes celles que nous connaissons, elle est la seule qui se soit développée dans un sens purement matériel&lt;/strong&gt;, la seule aussi qui ne s'appuie sur aucun principe d'ordre supérieur&lt;/em&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une anthropologie utilitariste&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la base de cette « anomalie » historique, une anthropologie utilitariste qui conçoit &lt;strong&gt;l’être humain comme un individu rationnel déterminé par le calcul égoïste de ses intérêts&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Georges Bernanos&lt;/strong&gt; a décrit avec précision la figure de cet homme moderne : « &lt;em&gt;Qu’il s’intitule capitaliste ou socialiste, ce monde est fondé sur une certaine conception de l’homme, commune aux économistes anglais du dix-huitième siècle, comme à Marx et à Lénine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a dit parfois de l’homme qu’il était un animal religieux. Le système l’a défini une fois pour toutes un &lt;strong&gt;animal économique&lt;/strong&gt;, non seulement l’esclave mais l’objet, la matière presque inerte, irresponsable, du &lt;strong&gt;déterminisme économique&lt;/strong&gt;, et sans espoir de s’en affranchir, puisqu’il ne connaît d’autre mobile certain que l’intérêt, le profit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Rivé à lui-même par l’égoïsme, l’individu n’apparaît plus que comme une quantité négligeable, soumise à la loi des grands nombres&lt;/strong&gt; ; on ne saurait prétendre l’employer que par masses, grâce à la connaissance des lois qui le régissent. Ainsi le progrès n’est plus dans l’homme, il est dans la technique, dans le perfectionnement des méthodes capables de permettre une utilisation chaque jour plus efficace du matériel humain. Cette conception, je le répète, est à la base de tout le système&lt;/em&gt;. » (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_France_contre_les_robots"&gt;La France contre les Robots&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la fois profonde et synthétique, cette définition de l’homme économique établit&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;le lien organique existant entre &lt;strong&gt;pensée réductionniste, idéologie matérialiste, progrès technique, production industrielle, déterminisme économique, anthropologie utilitariste, exploitation capitaliste &lt;/strong&gt;: autant d’expressions systémiques d’une même raison instrumentale qui nie les valeurs qualitatives et concrètes de la vie et de la sensibilité, de la communauté et de l’intériorité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quantophrénie &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Dans les époques pré-modernes, les dimensions qualitatives de la religion, de la tradition et de la culture fixaient des bornes au pouvoir économique. Au vingtième siècle, mue par les pulsions égoïstes et les fantasmes infantiles d’un individu désocialisé et désaffilié, &lt;strong&gt;l’économie s’affranchit de toutes limites dans une &lt;/strong&gt;&lt;a href="http://www.google.fr/search?sourceid=navclient&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;rlz=1T4DAFR_frFR287FR287&amp;amp;q=hubris"&gt;&lt;strong&gt;hubris&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; destructrice. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Fondée sur le &lt;strong&gt;calcul égoïste&lt;/strong&gt;, l’ère économique étend &lt;strong&gt;l’empire de la quantification abstraite&lt;/strong&gt;, propre à la science moderne, aux rapports sociaux et progressivement à toutes les sphères de la société régies jusque là par une &lt;strong&gt;régulation éthique&lt;/strong&gt;, un &lt;strong&gt;consensus culturel&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;référence partagée à un ordre symbolique&lt;/strong&gt;. A ce processus abstrait de quantification correspond le déni, la dévalorisation et la diabolisation de toutes les dimensions qualitatives et spirituelles irréductibles à une approche quantitative et instrumentale. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le sociologue &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pitirim_Sorokin"&gt;Pitirim Sorokin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; a parlé de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/guillaume-frasca/160210/quantophrenie"&gt;quantophrénie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; pour dénoncer cette forme de pathologie mentale consistant à traduire de manière obsessionnelle les dimensions humaines et sociales en chiffres et en statistiques. Parce qu’elle n’est rien d’autre qu’une &lt;strong&gt;forme avancée de quantophrénie qui réduit toute qualité sensible à une mesure quantitative&lt;/strong&gt;, l’ère économique correspond à la décadence d'une modernité dont la grandeur fut de libérer l'être humain de superstitions archaïques. Une nouvelle superstition économique imposa le &lt;strong&gt;fétichisme de la marchandise&lt;/strong&gt; et le culte primitif d'une &lt;strong&gt;croissance illimitée&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;En 1944, dans ce livre prophétique qu’est &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La France contre les Robots&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, &lt;strong&gt;Bernanos &lt;/strong&gt;décrit les ravages produits par une raison instrumentale et une idéologique quantitative qui ne sont plus pondérées ni compensées par l’intuition holiste au coeur des traditions : « &lt;em&gt;Nous n’assistons pas à la fin naturelle d’une grande civilisation humaine mais à la naissance d’une civilisation inhumaine qui ne saurait s’établir que grâce à une vaste, à une immense, à une universelle stérilisation des valeurs de la vie... &lt;strong&gt;On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;De la ploutocratie à l'oligarchie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Durant tout le vingtième siècle, les voix les plus lucides se sont élevées contre le pouvoir hégémonique de l’économie qui faisait de l’argent la valeur centrale des sociétés modernes au détriment des valeurs humaines et spirituelles. &lt;strong&gt;Cet empire et cette emprise de l’argent&lt;/strong&gt; étaient déjà annoncés au début du siècle par cet autre grand écrivain catholique que fut &lt;strong&gt;Charles Péguy&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;On peut dire que toutes les puissances temporelles des anciens temps et des anciens régimes étaient plus ou moins profondément comme pénétrés, comme armés intérieurement d’une substance, d’une instance, comme d’une moelle de spirituel. Toutes sauf une seule, qui est précisément la seule qui ait survécu à l’avènement du monde moderne, qui par cet avènement ait été faite autocrate, et qui est la puissance de l’argent.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès les années trente, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/08/le-but-4-la-crise-evolutive-vue-par-sri.html"&gt;Sri Aurobindo&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;percevait déjà : « &lt;em&gt;sous le masque de la démocratie, &lt;strong&gt;une tendance croissante vers une ploutocratie qui choque par son ostentation grossière et l'immensité des gouffres et des distances qu'elle crée&lt;/strong&gt;. Tel est le dernier aboutissement de l'idéal individualiste&lt;/em&gt;.» Vision prophétique des sociétés néo-libérales actuelles où cette ploutocratie annoncée a pris le visage d’une &lt;strong&gt;oligarchie financière&lt;/strong&gt; qui subvertit toutes les régulations éthiques, culturelles et démocratiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une crise évolutive&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aurobindo_Ghose"&gt;Sri Aurobindo&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un des pionniers d’une pensée intégrale auquel nous avons consacré &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/07/quand-nous-avons-depasse-les-savoirs.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; une série de billets. La crise de la civilisation moderne qu’il diagnostique déjà à l’époque lui apparaît comme une &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/08/le-but-4-la-crise-evolutive-vue-par-sri.html"&gt;&lt;strong&gt;crise évolutive&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;: le signe qu’il est nécessaire pour l’espèce humaine de &lt;strong&gt;dépasser l’individualisme de l’ère économique pour accéder à un processus d'individuation créatrice&lt;/strong&gt; correspondant à un nouveau stade de l'évolution humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une perspective évolutionniste, la fin de l’ère économique apparaît donc comme celle d’une Modernité qui a fait son temps et qui doit laisser une nouvelle « vision du monde » faire le sien en inspirant des formes culturelles et sociales, politiques et économiques, adaptées à la dynamique de l’évolution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A travers le vaste mouvement de la &lt;strong&gt;contre-culture&lt;/strong&gt; des années soixante, la jeunesse occidentale a commencé à remettre en question, de manière collective, un paradigme moderne que de nombreuses avant-gardes culturelles avaient déjà contesté depuis plus d'un siècle. Pour compenser le manque de souffle et de sens du à l'hégémonie de la raison instrumentale, &lt;strong&gt;les jeunes générations allèrent chercher dans les traditions orientales une intuition holiste que l'ère économique avait dénié. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Cette &lt;strong&gt;"réorientation" culturelle&lt;/strong&gt; fit progressivement émerger au cours des décennies suivantes un &lt;strong&gt;nouveau paradigme, intégratif, &lt;/strong&gt;associant l’épistémologie rationnelle de la modernité et l’épistémologie relationnelle de la tradition. C'est ainsi que&lt;strong&gt; le paradigme intégratif de la cosmodernité inspire une nouvelle ère, celle des créateurs,&lt;/strong&gt; où l’être humain réenchante un monde que l’ère économique avait désenchanté&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(A suivre...)&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-4515936117008098614?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/4515936117008098614/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-1.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4515936117008098614'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4515936117008098614'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-fin-de-lere-economique-1.html' title='La Fin de l&apos;ère économique (1)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-dsMMtJ1kBJM/TuhfpZvuXJI/AAAAAAAAAjs/EEh2EBcK3V8/s72-c/findunmonde.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-1792213046406576127</id><published>2011-12-09T00:15:00.001+01:00</published><updated>2011-12-09T00:16:07.330+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Tables des Matières'/><title type='text'>Tables des Matières (3)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-wJrTowKvdVE/TuFDHt0oIcI/AAAAAAAAAjg/EQiA_fmpIPc/s1600/Table%2Bdes%2BMati%25C3%25A8res1.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 349px; DISPLAY: block; HEIGHT: 302px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5683898004556751298" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-wJrTowKvdVE/TuFDHt0oIcI/AAAAAAAAAjg/EQiA_fmpIPc/s400/Table%2Bdes%2BMati%25C3%25A8res1.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Chaque billet du Journal Intégral est la pièce d’un puzzle qui dessine, entre intuitions créatrices et réflexions critiques, la vision intégrale d’un homme réunifié dans un monde réenchanté. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Les résumés des articles présentés dans cette Table des Matières permettront aux lecteurs de reconstituer ce puzzle en allant se référer à telle ou telle pièce afin de mieux comprendre et intégrer toutes les autres. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/03/table-des-matieres-1.html"&gt;&lt;strong&gt;Table des Matières 1&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;em&gt;4 Janvier au 8 Mars 2010&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/search/label/Tables%20des%20Mati%C3%A8res"&gt;Table des Matières 2&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;28 Mars au 8 Juin 2010&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Table des Matières 3 – Du 15 Juin au 9 Août 2010 &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;15/06/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/06/la-petite-princesse-1-rencontre-de.html"&gt;La Petite Princesse (1) Rencontre de Troisième Type&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;La rencontre entre l’auteur et Delphine, une jeune étudiante, est prétexte au portrait d’une génération perdue qui se retrouve dans une quête d’infini : « &lt;em&gt;Enfant des étoiles et du cyberspace, comment pouvait-elle se reconnaître dans ce rôle de terrien sculpté à même la glaise des générations passées ? Trop à l'étroit dans ce prêt à penser, &lt;strong&gt;elle était en quête de visions et de langages novateurs, susceptibles de faire le pont entre deux infinis : celui du dedans et celui du dehors. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Elle voulait se libérer d’une vielle cartographie mentale qui trace des frontières d'un autre âge pour entrer dans une conscience-fiction dont elle ressentait confusément l'appel. Une conscience où les forces créatrices de l’inspiration s’exprimeraient aussi bien à travers les formes esthétiques de la sensibilité qu’à travers celles, rigoureuses, de l’intelligence.» &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;17/06/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/06/la-petite-princesse-2-dessine-moi-un.html"&gt;La Petite Princesse (2) Dessine-moi un Mutant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Pour Delphine, l’auteur interprète la figure du Mutant dans les &lt;strong&gt;récits de science-fiction qui adaptent au contexte d'une technologie futuriste la profondeur symbolique des grands récits initiatiques&lt;/strong&gt;. La figure du Mutant exprime symboliquement la force de l’esprit qui permet de participer de manière intuitive au Kosmos multidimensionnel. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Les « super pouvoirs » ne sont rien d’autre que la figuration de cette force créatrice à l’origine des métamorphoses que nous devons vivre pour nous adapter aux transformations de notre environnement et pour nous développer à travers des stades successifs qui sont autant d’initiations à notre humanité plénière. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;23/06/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/06/la-petite-princesse-3-le-savant-fou.html"&gt;La Petite Princesse (3) Le Savant Fou &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;En ce début de millénaire, l’humanité se trouve face à un choix simple : &lt;em&gt;muter ou disparaître&lt;/em&gt;. Traduit dans le langage symbolique de l’imaginaire collectif, ce choix s’exprime à travers &lt;strong&gt;le mythe moderne du combat entre Mutant et Savant fou.&lt;/strong&gt; Un mythe qui s’est imposé au moment même où la puissance technologique de l’humanité mettait en danger la survie de l’espèce et celle des ressources naturelles de la planète. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le mythe moderne du combat entre Mutant et Savant fou rend compte, d’une manière cryptée, de &lt;strong&gt;la tension entre l’intuition et une raison instrumentale&lt;/strong&gt; devenue folle d’avoir oublié le mouvement créateur de la vie et de l’esprit. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;28/06/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/06/la-petite-princesse-4-la-quatrieme.html"&gt;La Petite Princesse (4) La Quatrième Révolution&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans les moments cruciaux traversés par l’humanité, une contagieuse épidémie de lucidité touche les consciences inspirées qui parlent toutes le même langage de vérité : les crises auxquelles nous sommes confrontées ne sont rien d’autre que la conséquence de modes de vie et de pensée devenus inadaptés. &lt;strong&gt;Une révolution intérieure est devenue non seulement nécessaire, mais essentielle. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Voici donc venue l’heure de ce que Mike Dertouzos nomme la &lt;strong&gt;quatrième révolution&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;Les trois premières révolutions socio-économiques ont été fondées sur des objets : la charrue pour l'agriculture, le moteur pour l'industrie et l'ordinateur pour l'information. Peut-être le temps est-il venu pour &lt;strong&gt;une quatrième révolution, dirigée non plus vers des objets mais vers la compréhension de la plus précieuse ressource sur Terre : nous-mêmes&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;05/07/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/07/la-petite-princesse-5-une-nouvelle.html"&gt;La Petite Princesse (5) Une nouvelle vision du monde &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le vingtième siècle est traversé par le fil rouge d’une évolution culturelle aux deux visages : d’une part la contestation d’un rationalisme hégémonique, et de l’autre, la réévaluation d’une connaissance intuitive fondée sur l’implication sensible de la subjectivité. La contestation d’une culture de domination et la résurgence d’une culture de relation sont à l’origine, à partir des années soixante, d’un &lt;strong&gt;nouveau paradigme intégratif susceptible de conjuguer la raison distinctive et l’intuition relationnelle au sein d’un nouveau modèle émergeant&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;14/07/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/07/le-but.html"&gt;Le BUT&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Ce court texte de Sri Aurobindo est l'évocation synthétique d’une anthropologie évolutionniste située au cœur d’un yoga intégral dont le sage indien fut un pionnier inspiré. « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quand nous avons dépassé les savoirs, alors nous avons la Connaissance. La raison fut une aide; la raison est l'entrave&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Ce billet initie une série intitulée &lt;strong&gt;Le But&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/07/quand-nous-avons-depasse-les-savoirs.html"&gt;&lt;em&gt;2&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt; à &lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/le-but-6-rencontre-avec-un-homme.html"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;) où le poème éponyme de Sri Aurobindo est l’occasion de nous sensibiliser à l’œuvre du visionnaire indien qui fût l’un des grands promoteurs d’une approche intégrale et évolutive de l’être humain. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;21/07/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/07/la-petite-pricesse-6-lenchantement.html"&gt;La Petite Princesse (6) - L'Enchantement&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Les observateurs les plus lucides des mutations culturelles distinguent les signes multiples et convergents d’un réenchantement du monde fondé sur la quête de sens et le retour aux sources de l’esprit. A travers cette « réorientation » de la conscience collective, nous redécouvrons &lt;strong&gt;une épistémologie relationnelle qui inspira les connaissances traditionnelles en plaçant la relation au cœur de la connaissance. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Cette épistémologie relationnelle relève d’une stratégie cognitive fondée sur la participation intuitive de la subjectivité aux divers contextes – naturel, humain ou symbolique – de son évolution. Au cœur de la pensée traditionnelle, l’analogie et le symbole rendent compte des correspondances existant entre &lt;strong&gt;les multiples dimensions d’une totalité organique où, selon l’expression de Michel Maffesoli "&lt;em&gt;tout et tous font corps&lt;/em&gt;". &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;28/07/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/07/notre-peur-la-plus-profonde.html"&gt;Notre peur la plus profonde&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;« &lt;strong&gt;&lt;em&gt;C'est notre lumière, pas notre obscurité qui nous effraie le plus&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. » En 1994, dans son discours d’investiture à la présidence de la République d’Afrique du Sud, &lt;strong&gt;Nelson Mandela&lt;/strong&gt; cite le texte de Marianne Williamson intitulé Notre peur la plus profonde. L’obstacle le plus important à notre évolution est sans doute la frayeur que nous ressentons, de manière plus ou moins consciente, face à la puissance créatrice qui nous anime et nous transcende. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;En nous enfermant dans une conception très limitée de l’être humain en général et de nous-même en particulier, &lt;strong&gt;cette peur empêche de reconnaître la puissance créatrice de notre intériorité&lt;/strong&gt;, de la développer et de la faire rayonner autour de nous. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;05/08/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/08/la-petite-princesse-7-le.html"&gt;La Petite Princesse (7) Le Désenchantement &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Plus l’homme vit sous l’emprise d’une conception abstraite et instrumentale, plus il dénie &lt;strong&gt;l’intuition poétique qui dévoile l’harmonie symbolique entre les mondes intérieur et extérieur&lt;/strong&gt;, plus il devient sourd à l’enchantement du monde. Le désenchantement intervient quand nous prenons cette surdité pour l’absurdité d’un monde insensé, faisant ainsi de notre handicap la norme d’une humanité sans projet. Comme l’écrivait Emmanuel Mounier : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;L'homme contemporain se croit absurde. Il n'est peut-être qu'insensé&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le désenchantement du monde n’est rien d’autre que la perte de cette écoute intuitive qui nous enferme dans une négation suicidaire de l’intériorité et de la transcendance. &lt;strong&gt;Tout est explicable, rien n'est à interpréter : voilà la formule même qui tue l'âme&lt;/strong&gt;. En fait, ce n’est pas le monde qui est désenchanté, c’est simplement la conscience abstraite de la modernité qui est déconnectée de la dynamique vitale et créatrice de la psyché. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;09/08/10 - &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/08/la-petite-princesse-8-la-metamoprhose.html"&gt;La Petite Princesse (8) La Métamorphose&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Si ce billet est le plus lu du Journal Intégral c’est peut-être parce que l'on peut y trouver des clés pour mieux comprendre l’esprit du temps. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;L’évolution culturelle est une lente métamorphose des modèles à travers lesquelles l’espèce humaine interprète son expérience.&lt;/strong&gt; Cette métamorphose obéit aux lois de la vie qui font alterner élan créateur, formalisation, apogée, équilibre stabilisateur et déclin dégénératif. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le réenchantement cosmoderne ne reproduit pas l’enchantement traditionnel, pré- moderne. Il inclut et transcende le paradigme abstrait de la modernité dans une vision intégrale, plus complexe, qui prend en compte à la fois l’implication subjective de la sensibilité et l’explication objective de la raison. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le cycle du réenchantement intègre deux stratégies cognitives à la fois contraires et complémentaires : &lt;strong&gt;la stratégie organique fondée sur la participation intuitive d’une part et de l’autre la stratégie instrumentale fondée sur la raison distinctive&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-1792213046406576127?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/1792213046406576127/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/tables-des-matieres-3.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/1792213046406576127'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/1792213046406576127'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/tables-des-matieres-3.html' title='Tables des Matières (3)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-wJrTowKvdVE/TuFDHt0oIcI/AAAAAAAAAjg/EQiA_fmpIPc/s72-c/Table%2Bdes%2BMati%25C3%25A8res1.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-919833019676424561</id><published>2011-12-03T00:15:00.000+01:00</published><updated>2011-12-03T00:18:05.077+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>La Petite Princesse (9) L'Imagénération</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-frsQueS9rag/TtlaXgxgJ3I/AAAAAAAAAiw/F3rfZoE-pWs/s1600/Imag%25C3%25A9n%25C3%25A9ration.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 262px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5681671764885645170" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-frsQueS9rag/TtlaXgxgJ3I/AAAAAAAAAiw/F3rfZoE-pWs/s400/Imag%25C3%25A9n%25C3%25A9ration.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;L’Imagénération fait de chacun une multitude et de tous un être unique brûlant les solitudes au feu d'un même élan cosmique. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Ce billet est la suite de la série intitulée &lt;strong&gt;La Petite Princesse&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/06/la-petite-princesse-1-rencontre-de.html"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; à &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/08/la-petite-princesse-8-la-metamoprhose.html"&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) dans laquelle une rencontre entre le narrateur et Delphine est prétexte au &lt;strong&gt;portrait d’une génération perdue qui se retrouve dans une quête d’infini.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Alors que j’avais rencontré Delphine depuis plusieurs semaines, je n’avais toujours pas reçu le moindre signe de vie de sa part. Je ne m’en inquiétais pas d’ailleurs. Je ne fus pas surpris le jour où je reçus une lettre dans laquelle elle me remerciait pour la longue conversation que nous avions eu. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Elle avait besoin de temps pour intégrer tout ce que je lui avais dit. Mes propos l’avaient déstabilisés et elle me demandait d’accepter ses doutes comme autant de preuves de notre amitié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De sa vie, elle voulait faire une évidence inspirée mais cette solitude qui l’accompagnait à chaque instant, comme une compagne envahissante, ne pouvait se résoudre à imaginer un monde habité par la grâce. Je lui répondis à travers le texte ci-dessous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chère Delphine,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La solitude dont tu me parles n'est rien d'autre que l'ombre d'une plénitude solaire. J'en ai connu, moi aussi, de tels états d’âme où l'on ne sait plus quelle voie prendre ni quelle voix écouter !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu te trouves déchirée entre tes aspirations idéales et le poids d'un monde qui ne les reconnaît pas. Ce cri est celui de la vraie jeunesse. Chaque vie est un champ de bataille entre le feu de l'élan créateur et la soumission glacée à la pesanteur du monde. Entre les deux : le mystère de la vie à résoudre et celui d’une parole à réinventer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Difficile de s'arracher de son univers familier pour se diriger vers l'inconnu qui nous attend, sa valise de questions à la main. Tu dis que tu doutes, d'accord, mais de qui et de quoi ? On doute de soi tant qu'on n’est pas allé jusqu'au bout de ses illusions. On doute des autres tant qu'on ne sait pas ce qu'on peut leur apporter&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mets-toi à l'écoute de tous ces messages secrets qui te sont adressés par l’Esprit sous les multiples formes de l’enthousiasme et de l’émerveillement. Redeviens cette muse inspirée qui vibre au vent de l'immensité poétique en éloignant de toi les pièges illusoires de la gravité. Combats avec détermination, avec sérénité, tout ce qui n'affirme pas la dignité qui est l’écho, en toi, de cette immensité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Remets le monde formel à la place infime qui est la sienne dans la chaîne multidimensionnelle des univers visibles et invisibles. N'abandonne jamais le sens de cet infini qui t'anime. Le quotidien, cette maille serrée d'habitudes coincées dans la trame du temps, n'est qu'un certain regard du passé posé sur la vie. Et ce que ces fous appellent folie n'est rien d'autre que la trace exaltée de ton génie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ta solitude prendra fin quand elle reconnaîtra ton âme comme une sœur, transformant ainsi ta hantise en un enchantement qui ouvre le livre d'un destin à illustrer. Ton âme, c’est cette dimension de toi-même qui ne se satisfera jamais de la finitude et qui viendra à toi quand tu iras à la rencontre de cet inconnu que tu es.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que j'aimerai te raconter mon voyage, le détacher du cadre de ma mémoire pour te raconter les liens somptueux tissés avec mes frères d’âme sur la trame de la durée, l'éblouissement de certains instants privilégiés ainsi que les épreuves dont le dureté forge en soi la volonté des irréductibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tout ceci ne servirait à rien. Tout témoignage renvoie à un procès que l'on fait au présent pour avoir voler notre passé. Ce passé n'est rien d'autre que le futur de tous ceux qui nous suivent. Laissons donc au silence le soin de témoigner à notre place. Le sillage de ta vie, derrière toi, tracera toutes les lignes non écrites de ton histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce qui n'est pas accordé à la spontanéité créatrice de l'instant devient vite répétitif, lassant, limité, insatisfaisant pour ces graines d'infini qui germent dans nos regards. Les hommes sont malades de ne pas se ressourcer à cette intensité créatrice qui les guident, les animent et les transcendent. C'est toi et toi seule qui doit retrouver la trace secrète de ton être dans l'inextricable jungle de ce que tu n'es pas, en suivant la voix d’une inspiration qui indique la voie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On annonçait le retour des prophètes et chacun d'entre nous apprenait à lire, dans le ciel, la signature du Futur. Dans nos mémoire l’avertissement de Léon Bloy - &lt;em&gt;Le prophète est celui qui se souvient de l’avenir&lt;/em&gt; - se mêlait à celui d’Artaud - &lt;em&gt;La poésie que vous n’avez pas mise dans vos vies vous reviendra sous forme de crimes effroyables&lt;/em&gt; -.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enfance, debout, retournait à ses privilèges. Dans nos êtres résonnait cet appel qui nous guidait vers l'inconnu. Mais nous étions un peu perdus sur cette drôle de planète où l'on avait lâché les bêtes qui rodaient dans tous les journaux, à la une, comme autant de héros.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sentions tous au fond de nous la même voix, en riant de n'être pas comme eux, ces solitaires mariés à Madame la Terre, un anneau passé au doigt et sur l'oeil un bandeau de Soi. Le Serre-Yeux les rendait tristes. Ils faisaient trois tours sur la piste mais ils ne savaient plus danser sur la mélodie de l'évidence : le vieux monde les avait usés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous n’avions qu’un secret : résonner secrètement avec cette mélodie simple et subtile qui incarnait nos êtres et qui nous animait. La vie avait déjà perdu beaucoup de sens et nous voulions lui en transfuser à travers notre quête. La fuite avait déjà conquise son empire mais nous nous tenions droits, face à ce que nous étions, brûlant d'un même désir de fusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enterrée depuis longtemps dans le sépulcre des livres, la Connaissance retrouvait la voix de ceux qui sont à la fois transparents et investis par leur vision. La Parole redevenait l'arme du Verbe face aux abjecteurs de conscience. Des trames encore abstraites traçaient dans les cerveaux l'exacte configuration de l'Instant. Les nouvelles idées erraient à la recherche de corps à incarner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La voix du monde, le chant du monde et la rumeur du monde continuaient à couler au rythme des peuples et des époques. Ce que faisaient les hommes n'avait plus de sens puisqu'ils n'en avaient pas l'intelligence. Leurs livres et leurs lèvres étaient fermés. Leur vie mimait la vie avec application mais sans cette force qui irrigue le monde d’un chant créateur. L'absence avait construit leur maison et c'est l'habitude qui l'habitait. Depuis longtemps l'être ne rencontrait plus l'être dans le refrain sans musique du quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres faces n'étaient plus coordonnées et ils se croyaient seuls parce qu'ils ne croyaient plus à rien, encore moins à eux-mêmes. Je les regardais s'agiter en une valse frénétique : certains erraient, fuyant le faux savoir des prétentieux, la séduction des faux plaisirs, le cynisme des faux prophètes. Dans cette course contre leurs illusions, ils étaient - étapes après étapes - parfois vainqueurs de leurs erreurs, souvent vaincus par leurs errances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etapes après étapes, nous, nous suivions notre voix : ce que jamais nous n'avions dit sortait clairement de nos bouches. Les caresses que nous avions gardées dans nos mains, les regards qui, autrefois, nous rendaient aveugles, les images insolentes de nos espérances : tout ceci composait autour de nous, une géométrie subtile à la mesure de nos inspirations. Et rien de ce que nous étions ne pouvait échapper à cette mise en scène où, acteurs et auteurs à la fois, nous retrouvions le tracé secret de nos êtres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les preuves pouvaient naître que des épreuves. Tous, nous étions marqués du sceau de l'Imagénération, cette génération inspirée déclarant la paix aux mondes visibles et invisibles à travers un bouquet de visions nouvelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous poursuivions ensemble le voyage vers ce pays vibral. Nous allions vers l'Un connu, animés par l'Un possible, nos coeurs serrés comme des mailles dans une commune bataille. Nul parfum, nul richesse, nul bijou, nul douceur ne saurait avoir le prix de cette âme commune qui te protège comme une armure et te mène à la fraternité des cimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ainsi qu'au filet du rêve nous avons pris la réalité. Captive, elle n'est plus qu'une esclave soumise au bras chargés d'images et de signes révélés à celui qui prend son temps pour le donner à l'éternité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Imagénération était un chemin et un but, à la fois une fin et un début. Acharnée comme un corps de gloire au rythme de la même histoire, embarquée comme témoin dans un monde entr'ouvert, initiée sur le versant solaire, avertie des secrets cachés sous les signes, suivant point après point la même ligne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même regard, même souffle, même vibration de tous ces voyageurs emportés par une seule inspiration. Ni identiques, ni différents mais chevauchant leurs différences vers l’unité qui les guidait. Corps multiples pour un seul retour. Corps multiples aimantés par l'Esprit: pas celui qui ronge les paroles et les yeux et les livres mais celui qui délivre les termes du contrat en dévoilant l'autre côté de la rive où se rejoignent l'Alpha et l'Oméga. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;L’Imagénération fait de chacun une multitude et de tous un être unique brûlant la solitude au feu d'un même élan cosmique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chère Delphine, je sais bien que ces quelques mots ne répondent à aucune de tes questions même s’ils évoquent une quête qui les transfigurent toutes. Qui serais-je pour me transformer en directeur de conscience ? Les moutons ont besoin d’être dirigés, pas les consciences. Celles-ci doivent être à l’écoute d’une source profonde d’où s’écoule le sens de la vie qui est aussi celui de l’évolution. Un sens qui les anime à chaque souffle et les guide pas à pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour retrouver ce sens, il faut se libérer des formes anciennes et des formules dépassées en inventant une manière nouvelle d’interpréter l’expérience humaine, adaptée aux temps présents. C’est cela l’Imagénération : une génération qui parle le langage de l’homme intégral, habitant d’un Kosmos multidimensionnel en évolution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une génération qui transfigure l’héritage humain en le reconfigurant comme un élément d’une vision plus vaste et plus profonde, inspirée par un nouveau stade évolutif. Une génération qui porte un nouvel imaginaire comme la mère porte l’enfant et qui, comme la mère, accouche dans les larmes et la joie de cette enfance qui ressemble à un nouveau monde. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-919833019676424561?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/919833019676424561/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-petite-princesse-9-limageneration.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/919833019676424561'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/919833019676424561'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/12/la-petite-princesse-9-limageneration.html' title='La Petite Princesse (9) L&apos;Imagénération'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-frsQueS9rag/TtlaXgxgJ3I/AAAAAAAAAiw/F3rfZoE-pWs/s72-c/Imag%25C3%25A9n%25C3%25A9ration.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-8062570322326943343</id><published>2011-11-28T00:15:00.002+01:00</published><updated>2011-11-28T00:23:33.851+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>Maximes pour Temps de Crise</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-2U7EU-i6Zjw/TtImQ8tllhI/AAAAAAAAAik/8cT6DJ7bxOk/s1600/Crise7.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 328px; DISPLAY: block; HEIGHT: 369px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5679644152684713490" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-2U7EU-i6Zjw/TtImQ8tllhI/AAAAAAAAAik/8cT6DJ7bxOk/s400/Crise7.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Un homme est riche de tout ce dont il peut se passer. &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;H-D. Thoreau &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;A l'heure où la faillite de l'économie comme système de survie frappe de dérision tant d'efforts investis dans la rage de gagner plus, d'être le meilleur, de posséder davantage, peut-être un revirement d'attitude est-il prévisible, peut-être l'opiniâtreté mise à se délabrer dans le travail va-t-elle redécouvrir la création des êtres, des choses, de l'environnement comme plaisir d'exister ? &lt;em&gt;Raoul Vaneigem &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Nous sommes enfermés dans une cage de fer : encouragés à dépenser de l'argent que nous n'avons pas, pour acheter des choses dont nous n'avons pas besoin, pour créer des impressions qui ne dureront pas, sur des gens qui ne nous importent pas. On a construit le consommateur pour que le système survive, c'est ce qui est pervers. &lt;em&gt;Tim Jackson &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;C'est par la sobriété que nous pouvons couper les vivres à ceux qui profitent de nos excès. &lt;em&gt;Pierre Rabhi &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Vivre plus simplement pour que d'autres puissent simplement vivre. &lt;em&gt;Gandhi &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Mon optimisme est basé sur la certitude que cette civilisation va s’effondrer. Mon pessimisme sur tout ce qu’elle fait pour nous entraîner dans sa chute. &lt;em&gt;Jean-François Brient &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Le siècle est fou. Fou de lâchetés, de démissions, de mensonges, d’impostures et de laideur, et ce qu’on appelle "crise de civilisation" n’est en vérité que le refus apeuré de toute hauteur. &lt;em&gt;Jean Cau &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;L'humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre. &lt;em&gt;Walter Benjamin &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire, mais parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles. &lt;em&gt;Sénèque &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. &lt;em&gt;Hölderlin &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Le probable est la désintégration, l'improbable mais possible est la métamorphose. &lt;em&gt;Edgar Morin &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naître. &lt;em&gt;Proverbe turc &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Là ou se trouve une volonté, il existe un chemin. &lt;em&gt;Winston Churchill &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Le monde déteste le changement, c'est pourtant la seule chose qui lui a permis de progresser. &lt;em&gt;Charles F. Kettering &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise. &lt;em&gt;Jean Monnet &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge. &lt;em&gt;Winston Churchill &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Vous ne changerez jamais les choses en vous battant contre la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rend l’ancien obsolète. &lt;em&gt;Buckminster Fuller &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Nous ne résoudrons pas les problèmes avec le mode de pensée qui les ont engendrés. &lt;em&gt;Einstein &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Que fait-on quand on un problème est insoluble ? On change de problème. &lt;em&gt;Jean Monnet &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Vous ne pouvez empêcher les oiseaux de chagrin de survoler votre tête, mais vous pouvez les empêcher de faire des nids dans vos cheveux. &lt;em&gt;Proverbe chinois &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. &lt;em&gt;Proverbe Indien &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Dans un monde qui se détruit, la création est la seule façon de ne pas se détruire avec lui. Seule la puissance imaginative, privilégiée par un absolu parti pris de la vie, réussira à proscrire à jamais le parti de la mort, dont l'arrogance fascine les résignés. &lt;em&gt;Raoul Vaneigem &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté. &lt;em&gt;Winston Churchill &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Ce qui ne tue pas rend plus fort. &lt;em&gt;Nietzsche &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Vint un temps où le risque de rester à l'étroit dans un bourgeon était plus douloureux que le risque d’éclore. &lt;em&gt;Anaïs Nin &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Les épines que j’ai recueillies viennent de l’arbre que j’ai planté. &lt;em&gt;Lord Byron &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d'échapper aux idées anciennes. &lt;em&gt;John Maynard Keynes &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;J'ai échoué encore et encore et encore... et c'est pour çà que j'ai réussi. &lt;em&gt;Michael Jordan &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Qui veut faire quelque chose trouve un moyen ; qui ne veut rien faire trouve une excuse. &lt;em&gt;Proverbe arabe &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;Chaque période de trouble dans l'histoire ouvre une brèche d'espoir ; et la seule chose certaine et immuable est que rien n'est certain ni immuable. &lt;em&gt;John Fitzgerald Kennedy &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;La seule chose promise d’avance à l’échec, c’est celle que l’on ne tente pas. &lt;em&gt;Paul-Emile Victor &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-8062570322326943343?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/8062570322326943343/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/maximes-pour-temps-de-crise.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/8062570322326943343'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/8062570322326943343'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/maximes-pour-temps-de-crise.html' title='Maximes pour Temps de Crise'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-2U7EU-i6Zjw/TtImQ8tllhI/AAAAAAAAAik/8cT6DJ7bxOk/s72-c/Crise7.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-4525025864558660098</id><published>2011-11-22T08:00:00.002+01:00</published><updated>2011-11-22T08:25:56.426+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>La Création est l'essence de l'Intégration</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-CGncO37wZvk/TstMvb8tuiI/AAAAAAAAAiM/Vk427oq3xoo/s1600/Aquarelle.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 291px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677716133070617122" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-CGncO37wZvk/TstMvb8tuiI/AAAAAAAAAiM/Vk427oq3xoo/s400/Aquarelle.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="font-size:78%;"&gt;Aquarelle de A. Gourhant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Nous sommes plus liés à l'invisible qu'à ce que nous voyons.&lt;/em&gt; Novalis &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Dans nos deux précédents billets nous présentions le site &lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Psychothérapie intégrative&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;où &lt;strong&gt;Alain Gourhant&lt;/strong&gt; propose les réflexions de divers auteurs et les siennes propres sur &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/esprit-integratif.htm"&gt;l’esprit intégratif&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et ses applications dans le domaine de la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/creation.htm"&gt;création&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et de la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/psy-integrative.htm"&gt;thérapie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;Dans ce billet, nous présentons la dimension artistique d’Alain Gourhant telle qu’elle s’exprime notamment dans son autre site intitulé&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.alaingourhant.fr/"&gt;Images et paroles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;. Dans cet espace dédié à sa création, il prend plaisir à &lt;strong&gt;intégrer poésie, photographie, aquarelle, philosophie et spiritualité&lt;/strong&gt; pour nous faire voyager à la découverte de nous-même à travers ce reflet qu’est la beauté du monde. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Images et Paroles &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Les pionniers d’une « culture intégrale » ont souvent un point commun : ils associent &lt;strong&gt;rigueur intellectuelle et sensibilité inspirée&lt;/strong&gt;, deux dimensions qui peuvent apparaître contradictoires mais qui sont en fait complémentaires quand elles participent d’une même &lt;strong&gt;intelligence intuitive&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Pour Alain Gourhant, la création apparaît comme une manifestation essentielle de l’esprit intégratif : « &lt;em&gt;Deux éléments ou parties habituellement séparés, se rapprochent, se mêlent, rentrent en fusion pour créer une nouvelle réalité qui transcende et inclut les éléments précédents. En ce sens &lt;strong&gt;toute intégration réussie est une création, cela dans n'importe quel domaine : la science, l'art, mais aussi bien sûr la psychothérapie intégrative&lt;/strong&gt;. L'essence de l'intégration, c'est la création&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;C’est ainsi qu’à travers une synthèse créatrice, le mouvement évolutif de la vie/esprit fait émerger de nouvelles formes d’organisation toujours plus complexes et intégrés. L’émotion esthétique est un moyen de participer, de l’intérieur, à ce mouvement créateur de la vie/esprit. &lt;strong&gt;L’art est donc le terrain privilégié où l’esprit intégratif prend la forme de l’inspiration créatrice. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Un trajet créatif &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Cette inspiration conduit souvent &lt;strong&gt;Alain Gourhant&lt;/strong&gt; dans des lieux sacrés où émotions esthétiques et spirituelles sont autant d’occasions pour s’éveiller, à travers une expérience intime et intense, à la beauté du monde et à son mystère. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Alain cherche à traduire ces expériences à travers aquarelles, photos et poèmes dans un &lt;strong&gt;trajet créatif sémé d'expositions et de recueils poétiques à découvrir&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.alaingourhant.fr/parcours-artistique.htm"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. "&lt;em&gt;La poésie, selon lui, c'est le &lt;strong&gt;langage originel&lt;/strong&gt;, proche du silence, avant la prolifération bruyante et chaotique des mots de la pensée. La poésie est plus proche de la musique ou de la danse que de la pensée et son bruitage de prose." &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;En cela, l'art poétique d'Alain Gourhant est très proche de celui de ces "&lt;strong&gt;poètes sourciers&lt;/strong&gt;" évoqués par Michel Camus dans son &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/paradigme-de-la-transpoesie.html"&gt;Paradigme de la Transpoésie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Prenant sa source dans un état de conscience supérieur, &lt;strong&gt;l'inspiration poétique permet de&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;se libérer des limitations du mental pour participer à l'élan de l'esprit intégratif qui nous anime et nous guide&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Alain Gourhant décrit ainsi cet &lt;strong&gt;art poétique&lt;/strong&gt; : "&lt;em&gt;Nous avons besoin d'une poésie qui nous lave, qui nous nettoie des errances du mental perdu dans son labyrinthe de mots et de pensées stériles et confusantes, nous avons besoin d'une &lt;strong&gt;Poésie spirituelle, simple et évidente aux mots sertis de lumière et de silence&lt;/strong&gt;, une poésie issue directement de l'autre monde, de l'Ailleurs, &lt;strong&gt;une poésie pleine du Vide qui sous-tend toute création authentique&lt;/strong&gt;, une poésie où il y aurait beaucoup de silence, beaucoup de page blanche et des mots rares comme des éclats de cristal reflétant la lumière&lt;/em&gt;. » &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Cet art poétique s’exprime dans cette « &lt;em&gt;Poésie du désastre et de la guérison&lt;/em&gt; » à lire &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.alaingourhant.fr/qu-est-ce-que-la-poesie-du-desastre-et-de-la-guerison.htm"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;où un cri et un chant se marient dans le souffle inspiré d’un monde à naître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Poésie du désastre et de la guérison. Alain Gourhant &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;La poésie est un langage suffisamment fort et libre&lt;br /&gt;pour trouver une place originale de témoin de cette fin d’un monde,&lt;br /&gt;de même qu’elle a été pendant longtemps le langage privilégié&lt;br /&gt;de l’origine d’un monde,&lt;br /&gt;ainsi qu’en témoignent les superbes poèmes des Vedas, des Upanishads,&lt;br /&gt;du Mahabharata et de la Bhagava Gita, de la Genèse de l’Ancien Testament,&lt;br /&gt;de l’épopée de Gilgamesh, du Popol- Vuh des mayas,&lt;br /&gt;du Tao tö King de Lao Tseu et des soutras du Bouddha, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pour cela, la poésie doit rompre avec son côté charmant et sentimental,&lt;br /&gt;qui berce les vieilles dames dans les salons huppés,&lt;br /&gt;elle doit rompre avec l’égocentrisme des âmes seules et désespérées&lt;br /&gt;entonnant les vieilles litanies rimbaldiennes,&lt;br /&gt;elle doit rompre avec les mondes imaginaires et irréels,&lt;br /&gt;quand le surréalisme pouvait encore se payer ce luxe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Forte de ces ruptures, la poésie se doit d’être le témoin&lt;br /&gt;sans concession et sans fioritures,&lt;br /&gt;de ce désastre s’avançant inexorablement,&lt;br /&gt;pour tout détruire d’un vieux monde trop humain&lt;br /&gt;qui s’embourbe lamentablement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cela ses seuls modèles – si modèle il y a – sont rares ;&lt;br /&gt;nous pensons aux cris hallucinés et prémonitoires d’un Antonin Artaud&lt;br /&gt;à la fin de sa vie,&lt;br /&gt;ou « &lt;em&gt;Les poèmes de la bombe atomique&lt;/em&gt; » du japonais Tôge Sankichi :&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;pas d’autre bruit que la présence d’une chaleur à fissurer le moindre tesson de tuile,&lt;br /&gt;rien d’autre ne se mouvant qu’une fumée qui monte en se dilatant&lt;br /&gt;dans le ciel d’août éblouissant ;&lt;br /&gt;il ne reste qu’un vide propre à brûler jusqu’au revers du cerveau&lt;br /&gt;et à tout faire disparaître…&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le rôle de la poésie n’est pas que d’être le témoin d’un désastre,&lt;br /&gt;la poésie peut être aussi une force de proposition&lt;br /&gt;et de préparation du prochain monde,&lt;br /&gt;selon la loi éternelle et universelle de « Mort et Renaissance ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poésie a toute la force et la liberté d’inspiration&lt;br /&gt;pour participer aux grandes lignes de cette mutation nécessaire&lt;br /&gt;de l’être et de la conscience,&lt;br /&gt;que les esprits les plus audacieux, les plus profonds, préparent secrètement,&lt;br /&gt;au plus haut des montagnes, à la manière d’un Zarathoustra,&lt;br /&gt;ou au coeur des grandes villes, dans d’étroites chambres de bonne,&lt;br /&gt;à la manière d’un Maldoror,&lt;br /&gt;dans l’invisibilité des minorités agissantes,&lt;br /&gt;s’apprêtant à traverser spirituellement les bouleversements à venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poésie se doit d’être une force propositionnelle,&lt;br /&gt;afin de préparer la croissance spirituelle nécessaire,&lt;br /&gt;en réponse à la décroissance matérielle encore plus nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poésie doit chanter avec justesse cette simplicité retrouvée&lt;br /&gt;cette joie d’être,&lt;br /&gt;cette plénitude du moment présent,&lt;br /&gt;en ouverture transcendante,&lt;br /&gt;en amour inconditionnel pour toutes les formes de la vie,&lt;br /&gt;en conscience globale du cosmos,&lt;br /&gt;en communion intime avec les forces régénérantes de la nature,&lt;br /&gt;en altruisme et solidarité avec tous les exclus,&lt;br /&gt;en verticalité avec les transparences du ciel,&lt;br /&gt;en accueil de la diversité et des différences,&lt;br /&gt;en méditation silencieuse sur le Vide essentiel,&lt;br /&gt;en célébration silencieuse de la création.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car il faudra bien un jour s’incarner autrement&lt;br /&gt;et prendre les rênes de manière éclairée de cette terre chérie,&lt;br /&gt;couverte des cicatrices d’une folie ancienne ;&lt;br /&gt;il faudra bien un jour rêver d’une espèce délicate, sensible, amoureuse,&lt;br /&gt;pleine de sagesse et de tendresse,&lt;br /&gt;- en un mot poétique -&lt;br /&gt;capable de guider le vaisseau terre&lt;br /&gt;loin de cette violence robotique&lt;br /&gt;qui nous étrangle&lt;br /&gt;et nous menace.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-4525025864558660098?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/4525025864558660098/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/la-creation-est-lessence-de.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4525025864558660098'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4525025864558660098'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/la-creation-est-lessence-de.html' title='La Création est l&apos;essence de l&apos;Intégration'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-CGncO37wZvk/TstMvb8tuiI/AAAAAAAAAiM/Vk427oq3xoo/s72-c/Aquarelle.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-3649145200798654644</id><published>2011-11-15T02:00:00.001+01:00</published><updated>2011-11-15T02:31:24.875+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théorie Intégrale'/><title type='text'>Psychothérapie intégrative (2)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-E1nSDfM6jiI/TsG-vDzzuKI/AAAAAAAAAiA/EhbxKetZCxs/s1600/PhotosGouhrant6.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 298px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5675026721149270178" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-E1nSDfM6jiI/TsG-vDzzuKI/AAAAAAAAAiA/EhbxKetZCxs/s400/PhotosGouhrant6.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Photo A. Gourhant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Ce n'est pas un signe de bonne santé d'être bien adapté à une société profondément malade&lt;/em&gt;. Krishnamurti &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Dans le billet précédent, nous présentions le site &lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/"&gt;&lt;strong&gt;Psychothérapie intégrative&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;strong&gt;d’Alain Gourhant&lt;/strong&gt; dédié à &lt;strong&gt;l’esprit intégratif&lt;/strong&gt; et à ses diverses applications à la &lt;strong&gt;création&lt;/strong&gt; et à la &lt;strong&gt;thérapie&lt;/strong&gt;. Dans celui-ci, nous présenterons certains éléments du &lt;strong&gt;contexte culturel et épistémologique&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;permettant une&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;nouvelle approche de la psyché &lt;/strong&gt;qui se traduit notamment par l’émergence de la psychothérapie intégrative.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La psyché comme objet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le paradigme abstrait de la modernité a inspiré une approche objective et spécialisée qui applique au champ psychique une épistémologie et une méthodologie utilisées pour la connaissance des phénomènes physiques. C’est ainsi que l&lt;strong&gt;a modernité a voulu faire de la psychologie une science en réduisant la psyché à un objet d’observation et les phénomènes psychiques à leurs expressions comportementales&lt;/strong&gt;. Comme si pour comprendre l’amour, on se contentait de répertorier et de classer les positions de l’accouplement !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;strong&gt;Science and Human Behaviour&lt;/strong&gt;, B.F. &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Burrhus_Frederic_Skinner"&gt;Skinner&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un des papes du comportementalisme, écrivait ceci : « &lt;em&gt;Puisque l’on affirme que les évènements mentaux ou psychiques ne se prêtent pas aux mesures de la physique, nous avons une raison de plus pour les rejeter&lt;/em&gt; ». C’est ainsi qu’«intelligence » et « idées » lui apparaissaient comme des mots vides « &lt;em&gt;inventés dans le seul but de fournir des informations fausses&lt;/em&gt; » !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrement dit, la conception moderne de la psyché est littéralement obscène : focalisée sur ce qui est observable et donc mesurable, elle nie l’essentiel qui ne peut l’être. En voulant faire de la psyché un objet, on fait l’impasse sur ce qui constitue l’essence même du sujet :&lt;strong&gt; une faculté créatrice participant intimement à la dynamique évolutive qui est au cœur de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le réductionnisme abstrait tend à dénier cette dimension qualitative et dynamique que les traditions, les mythes et la littérature exprimaient à travers &lt;strong&gt;la figure centrale de la métamorphose&lt;/strong&gt;. Qu’est ce donc que la métamorphose si ce n’est &lt;strong&gt;ce courant intégratif de la psyché qui trans-forme l’individu à travers une série de stades évolutifs de plus en plus complexes et intégrés&lt;/strong&gt; comme la chenille se transforme en papillon et l’enfant en adulte à travers divers stades : &lt;strong&gt;fusionnel, égocentrique, ethnocentrique et universaliste « mondocentré ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une vision caricaturale de la psyché&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que le rôle de l’intellect est de distinguer et de séparer, la psyché est un &lt;strong&gt;agent de liaison&lt;/strong&gt; entre l’être humain et les divers milieux où il évolue. Au cœur de cette dimension relationnelle propre à la psyché : son caractère &lt;strong&gt;dynamique&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;associatif&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;adaptatif&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;évolutif&lt;/strong&gt;. Vouloir appréhender la dynamique relationnelle propre à la psyché à travers une approche abstraite et une logique de spécialisation, c’est vouloir &lt;strong&gt;vider l’eau d’une baignoire avec une fourchette&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce qu’il s’avérait incapable de connaître toute la profondeur, la dynamique et la complexité de la psyché, l’ancien paradigme en imposait une vision à la fois réductrice et caricaturale, castrée de son &lt;strong&gt;enracinement archaïque et ancestral&lt;/strong&gt;, de son &lt;strong&gt;implication collective&lt;/strong&gt;, à la fois sociale et culturelle, comme de sa &lt;strong&gt;connexion intuitive aux états supérieurs de conscience&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a ainsi formaté un &lt;strong&gt;individu abstrait et déraciné&lt;/strong&gt; - sans tradition, sans appartenance et sans transcendance - correspondant aux &lt;strong&gt;normes fonctionnelles de la pensée technocratique&lt;/strong&gt;. Tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette vision réductrice de la psyché sont considérés comme de doux dingues ou de dangereux hérétiques qui remettent en question « l’esprit scientifique » au cœur de la pensée dominante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un processus de normalisation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette approche réductionniste a inspiré nombre de thérapies, toutes plus ou moins décalquées d’un &lt;strong&gt;modèle médical profondément mécaniste&lt;/strong&gt;. Comme le firent les prêtres avant eux, les « psy » ont souvent exercé un &lt;strong&gt;rôle de normalisation&lt;/strong&gt; qui consiste à adapter à une société malade des sujets qui souffrent d’être trop vivants pour une culture mortifère déniant leur créativité singulière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout processus de normalisation est un &lt;strong&gt;dispositif de conditionnement&lt;/strong&gt; à travers lequel l’individu intériorise les comportements, les ressentis et les références correspondant aux &lt;strong&gt;valeurs et aux normes dominantes&lt;/strong&gt;, souvent au détriment de ce qui est le plus vivant en lui : son originalité et son imaginaire personnels ainsi que ses intuitions et son inspiration créatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, comme le dit &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Krishnamurti"&gt;Krishnamurti&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est pas un signe de bonne santé d'être bien adapté à une société profondément malade&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. ». Ce que l’on pourrait traduire de la manière suivante : plutôt que de vouloir adapter l’individu à une société et à une culture en crise, c’est un signe de bonne santé que de participer à la &lt;strong&gt;création de nouvelles formes culturelles et sociales inspirées par la dynamique de l’évolution&lt;/strong&gt;. L’émergence d’un paradigme correspondant au nouveau stade évolutif apparaît dès lors comme un signe de régénération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement créateur de la vie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Alors que les institutions et les mentalités inspirées par l’ancien paradigme sont en train de s’écrouler sous le poids d’une &lt;strong&gt;crise systémique&lt;/strong&gt;, le paradigme émergeant s’annonce comme un &lt;strong&gt;profond mouvement de régénération vitale et créatrice&lt;/strong&gt;. Selon &lt;strong&gt;Alain Gourhant&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;La psychothérapie intégrative appartient au mouvement de la vie qui aime se déployer en une créativité absolue et insolente... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Les &lt;strong&gt;quatre cent techniques de psychothérapies différentes&lt;/strong&gt;, annoncées par les médias, font partie de ce mouvement de créativité ininterrompue, de cette psychothérapie intégrative qui combine à l'infini les différentes techniques provenant des courants les plus importants de la psychothérapie&lt;/em&gt;. » &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Il est bien entendu qu’un tel mouvement de régénération se heurte toujours à la résistance des préjugés dominants qui mène des &lt;strong&gt;combats d’arrière garde&lt;/strong&gt; pour garder les avantages liés à leurs &lt;strong&gt;positions dogmatiques&lt;/strong&gt;. Mais qu’importe !... Le mouvement créateur de la vie est plus fort qui invente toujours des &lt;strong&gt;formes nouvelles adaptées à la dynamique de son évolution&lt;/strong&gt; alors que les anciennes formes se désintègrent progressivement parce qu’ayant fait leur temps, elles ne sont plus du tout adaptées à celui qui vient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui participent à cette dynamique évolutive trouveront dans le site d’&lt;strong&gt;Alain Gourhant&lt;/strong&gt; de nombreuses réflexions sur cette nouvelle approche de la psyché qui inspire la psychothérapie intégrative. Ils pourront notamment se référer au &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/psy-integrative/cours-diplome-universitaire.htm"&gt;cours &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;qu’il donne sur la psychothérapie intégrative pour le Diplôme Universitaire de la faculté de médecine et de pharmacie de Dijon consacré aux &lt;strong&gt;troubles&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;neuro-fonctionnels et à la médecine intégrative.&lt;/strong&gt; Pour le journal &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/sante-integrative.htm"&gt;Santé Intégrative&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Alain Gouhrant a aussi écrit de nombreux articles, entretiens et critiques de livres concernant à la fois la psychothérapie intégrative et la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/medecine-integrative.htm"&gt;médecine intégrative&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-3649145200798654644?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/3649145200798654644/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/psychotherapie-integrative-2.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3649145200798654644'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3649145200798654644'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/psychotherapie-integrative-2.html' title='Psychothérapie intégrative (2)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-E1nSDfM6jiI/TsG-vDzzuKI/AAAAAAAAAiA/EhbxKetZCxs/s72-c/PhotosGouhrant6.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-8167321155868859415</id><published>2011-11-10T08:00:00.001+01:00</published><updated>2011-11-10T08:21:49.966+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théorie Intégrale'/><title type='text'>Psychothérapie Intégrative (1)</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-pqL2CUcOsWw/Trt5p8QxdkI/AAAAAAAAAh0/2fGGf_AFcz0/s1600/Photo%2BGourhant4.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 300px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5673261917061346882" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-pqL2CUcOsWw/Trt5p8QxdkI/AAAAAAAAAh0/2fGGf_AFcz0/s400/Photo%2BGourhant4.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="font-size:78%;"&gt;Photo A.Gourhant&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;La psychothérapie guérit le mental, la voie spirituelle guérit du mental&lt;/em&gt;. Jacques Vigne&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/contact/mon-parcours.htm"&gt;&lt;em&gt;Alain Gourhant&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt; est le créateur du site &lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/"&gt;&lt;strong&gt;Psychothérapie intégrative&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;em&gt;et l’animateur du blog associé - le&lt;/em&gt; &lt;a href="http://blog.psychotherapie-integrative.com/"&gt;&lt;strong&gt;Blog intégratif&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;&lt;em&gt;- où l’on peut respirer le nouvel air du temps en se sensibilisant aux diverses facettes de l'esprit intégratif. On y trouvera les réflexions de nombreux auteurs ayant écrit sur &lt;strong&gt;l’esprit intégratif&lt;/strong&gt; mais aussi sur la &lt;strong&gt;psychothérapie intégrative&lt;/strong&gt; dont Alain Gourhant est un praticien ainsi que sur la &lt;strong&gt;création &lt;/strong&gt;comme processus d’intégration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Une même « longueur d’onde »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Avouons-le : on se sent parfois bien seul sur les sentiers escarpés conduisant à &lt;strong&gt;la perspective intégrale, celle du prochain stade évolutif.&lt;/strong&gt; Cette solitude propre aux pionniers - dans tous les domaines - explique le plaisir éprouvé en rencontrant d’autres voyageurs sur cette ligne de crête. Pas besoin de parler beaucoup pour s’apercevoir qu’une même « longueur d’onde » nous réunit. Une complicité secrète lie ceux qu’un souffle commun anime. Chacun donne à ce souffle une forme correspondant à son trajet personnel et &lt;strong&gt;cette diversité d’approches enrichit les autres chercheurs, nourrissant ainsi l’intelligence collective&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est cette complicité que l’on peut ressentir avec un certain nombre de pionniers qui osent développer une perspective intégrale dans le contexte d’une culture hexagonale fondée sur une tradition abstraite et analytique. Ces pionniers doivent donc &lt;strong&gt;acculturer la vision intégrale – dynamique, systémique et globale – à une mentalité – formelle, spécialisée et analytique –&lt;/strong&gt; qui a du mal à en percevoir et l’existence et le sens et l’intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi ces pionniers, nous venons d’évoquer &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/formation-au-tantra-integral.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; récemment le trajet de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/03/developpement-integral-1.html"&gt;Jacques Ferber&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, animateur du site &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://developpementintegral.com/"&gt;Développement Intégral&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, à la fois universitaire à la démarche rigoureuse et visionnaire à la démarche intuitive. &lt;strong&gt;Alain Gourhant&lt;/strong&gt; est un autre de ces pionniers qui allie, lui aussi, une &lt;strong&gt;sensibilité inspirée&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;pensée exigeante&lt;/strong&gt;, nourrie de nombreuses références, afin d’appréhender et de transmettre la voie d’un esprit intégratif, indispensable à notre époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au terme intégral qui évoque pour lui un système clos sur lui-même, statique et achevé, &lt;strong&gt;Alain Gouhrant &lt;/strong&gt;préfère le terme intégratif qui fait référence à un &lt;strong&gt;processus dynamique, irréductible à toute enfermement conceptuel.&lt;/strong&gt; Cette réticence à utiliser le terme intégral se comprend dans la mesure où l’« &lt;strong&gt;illusion cartographique&lt;/strong&gt; » dont nous parlions &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/formation-au-tantra-integral.html"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;s’alimente de la confusion souvent entretenue entre la &lt;strong&gt;carte&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;&lt;strong&gt;représentation abstraite&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;) et le &lt;strong&gt;territoire &lt;/strong&gt;(&lt;strong&gt;&lt;em&gt;expérience vécue&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le nouvel air du temps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/"&gt;Psychothérapie intégrative&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, le site d’Alain Gourhant, est une référence pour tous ceux qui ont envie de développer leurs connaissances et leurs recherches sur la « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;culture intégrale&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; » en train d’émerger. Il ressemble à une caverne aux trésors qu’il faut explorer avec patience, minutie et curiosité pour en découvrir toutes les richesses. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;On y trouve effectivement une mine de réflexions et de citations de nombreux auteurs du passé et du présent, tant sur &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/esprit-integratif.htm"&gt;l’esprit intégratif &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;que sur ses applications dans le domaine de la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/creation.htm"&gt;création &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;ou dans celui, thérapeutique, de la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/psy-integrative.htm"&gt;psychothérapie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (intégrative) et de la&lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/medecine-integrative.htm"&gt;&lt;strong&gt; médecine&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;(intégrative). Dans le &lt;strong&gt;&lt;a href="http://blog.psychotherapie-integrative.com/"&gt;Blog intégratif&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, associé au site, Alain Gourhant chemine, au gré des évènements, de ses découvertes et de ses rencontres, sur la voie de cet esprit intégratif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant la première partie de sa vie, après une maîtrise de philosophie, &lt;strong&gt;Alain Ghourant&lt;/strong&gt; a vécu diverses expériences professionnelles dont celles d’enseignant, de consultant en communication et de chef de projet muséologique. Parallèlement, il fait beaucoup de voyages, surtout en &lt;strong&gt;Inde&lt;/strong&gt;, pratique le &lt;strong&gt;yoga&lt;/strong&gt; jusqu'au niveau de l'enseignement et entreprend un long &lt;strong&gt;travail analytique&lt;/strong&gt; d’une dizaine d’années. C’est à la suite de ces expériences qu’il s’engage dans son&lt;strong&gt; projet de&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;psychothérapie intégrative&lt;/strong&gt; en continuant à suivre des formations concernant les dimensions du corps, de la psyché et de l’esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pratique d’Alain Gourhant est inspirée par cet important courant – encore largement ignoré en France – qu’est le psychothérapie intégrative où l'être humain est considéré, non pas d’un point de vue réductionniste et spécialisé mais &lt;strong&gt;dans sa globalité et à travers toutes ses dimensions : corporelle, émotionnelle, mentale, sociale, énergétique, spirituelle&lt;/strong&gt;. Ce courant fait aussi référence aux &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/03/developpement-integrale-2-introduction.html"&gt;grilles d'évolution des niveaux de conscience&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/03/ken-wilber-philosophe-du-tout.html"&gt;&lt;strong&gt;Ken Wilber&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;et &lt;a href="http://www.psychotherapie-integrative.com/don-beck.htm"&gt;&lt;strong&gt;Don Beck&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;dont nous avons souvent parlé ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Unifier ce qui était séparé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La &lt;strong&gt;psychothérapie intégrative&lt;/strong&gt; apparaît comme un domaine d'application privilégié de cet esprit intégratif qu’Alain Gourhant évoque en ces termes : « « &lt;em&gt;En cherchant à unifier ce qui était autrefois séparé, &lt;strong&gt;l’esprit intégratif est&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;une évolution de la conscience humaine&lt;/strong&gt;, un déploiement, une ouverture créatrice... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le moteur de l’esprit intégratif, c’est la conscience dans son mouvement d’expansion, dans son désir de grimper toujours plus haut sur l’échelle de l’évolution, dans &lt;strong&gt;son élan d’auto-transcendance vers l’Un&lt;/strong&gt;. Le résultat de l’esprit intégratif, quand l’intégration s’est bien passée, c’est le sentiment d’être réconcilié enfin avec sa vraie nature, c'est-à-dire &lt;strong&gt;réconcilié avec le Tout qui aime s’exprimer sous d’infinies facettes&lt;/strong&gt;...&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Global et dynamique, &lt;strong&gt;l’esprit intégratif considère la psyché comme un élément d’une totalité humaine et celle-ci comme partie intégrante d’un Kosmos pluridimensionnel en évolution.&lt;/strong&gt; Au cœur du paradigme intégratif, le processus de développement à travers lequel la subjectivité intègre progressivement les éléments du milieu – social, culturel et naturel – où elle évolue en actualisant ainsi sa puissance créatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’être humain est un être de relation et la psyché est au cœur de ces relations.&lt;/strong&gt; Le développement psychique naît d’un accroissement de la complexité de ses relations et de l’élaboration de cette complexité dans des niveaux qualitatifs liés à des stades évolutifs de plus en plus intégrés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une pensée du juste milieu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le paradigme intégratif inspire une pensée du juste milieu : celle d’une &lt;strong&gt;intelligence sensible qui participe de manière intime à son milieu d’évolution&lt;/strong&gt;. Il s’agit de donc dépasser l’approche abstraite de la rationalité en l’associant à une &lt;strong&gt;approche relationnelle, intuitive et concrète&lt;/strong&gt; qui permet de participer, de l’intérieur, au mouvement évolutif de la psyché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce nouveau paradigme fait apparaître &lt;strong&gt;la souffrance psychique comme un problème lié à la régulation de la dynamique évolutive&lt;/strong&gt;. Dans notre processus de développement, il se peut que des parties de nous-mêmes soient restées &lt;strong&gt;bloquées à un stade antérieur&lt;/strong&gt;, nous tirant en arrière et nous empêchant de ce fait d’avancer. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le travail psychothérapeutique permet d’intégrer ces dimensions de nous-mêmes en allant les chercher là où elles se sont engagées dans une &lt;strong&gt;impasse développementale&lt;/strong&gt;. Cette stratégie consiste donc à « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;reculer pour mieux sauter&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais une des grandes spécificités des psychothérapies intégratives est de &lt;strong&gt;reconfigurer les parties de ce grand puzzle que nous sommes dans une totalité en évolution&lt;/strong&gt;. C’est pourquoi elles peuvent travailler à la fois sur le corps, les émotions, la créativité et l’esprit. Il s’agit de &lt;strong&gt;mobiliser en nous la force - à la fois vitale, affective, créatrice et spirituelle – qui est au cœur de la dynamique évolutive. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;D’où la nécessité pour les praticiens d’entrer en résonance avec cette force intérieure pour la mobiliser, au-delà des constructions théoriques et formelles liées à telle ou telle école. Cette approche globale demande &lt;strong&gt;une pratique diversifiée qui utilise un éventail de techniques&lt;/strong&gt; adaptées au problème rencontré par le client.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un esprit d’ouverture et de créativité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Alain Gourhant décrit ainsi sa pratique : « &lt;em&gt;La psychothérapie intégrative s'appuie sur une &lt;strong&gt;vision de l'être humain, globale, holistique et multidimensionnelle&lt;/strong&gt;. Elle tente de structurer et de rendre cohérent l'utilisation des différentes techniques selon cette vision...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans sa pratique, la psychothérapie intégrative met en place des &lt;strong&gt;stratégies thérapeutiques&lt;/strong&gt; empruntées aux différents courants et techniques de la psychothérapie ainsi que des pratiques liées au courant du &lt;strong&gt;développement personnel&lt;/strong&gt; et du &lt;strong&gt;transpersonnel&lt;/strong&gt;. Ces stratégies sont personnalisées et adaptées à chacun. Les effets de ces techniques utilisées conjointement sont démultipliés, ce qui place la psychothérapie intégrative parmi les &lt;strong&gt;thérapies brèves&lt;/strong&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi pratiquer la psychothérapie intégrative ? Pour ne pas s'ennuyer et &lt;strong&gt;par esprit d'ouverture et de créativité&lt;/strong&gt;. Comme cela doit être difficile et monotone de pratiquer toujours la même technique, un peu comme un peintre qui n'utiliserait définitivement qu'une seule couleur - même si le monochrome peut donner parfois de bons résultats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à la spécialisation sur une seule technique, c'est l'ennui programmé, puisqu'elle est à côté de la vie qui est par essence multiforme, multidimensionnelle, multifacettes, paradoxale et contradictoire. &lt;strong&gt;La spécialisation à outrance, reflet d'un scientisme séparateur, a fait son temps. Son confort sent la mort&lt;/strong&gt;. &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(A suivre...)&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-8167321155868859415?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/8167321155868859415/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/psychotherapie-integrative-1.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/8167321155868859415'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/8167321155868859415'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/psychotherapie-integrative-1.html' title='Psychothérapie Intégrative (1)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-pqL2CUcOsWw/Trt5p8QxdkI/AAAAAAAAAh0/2fGGf_AFcz0/s72-c/Photo%2BGourhant4.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-391190744537455962</id><published>2011-11-04T07:00:00.002+01:00</published><updated>2011-11-05T06:18:40.835+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>La Poésie de l'Avenir sera Métaphysique ou ne sera pas</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-YPra_JCp1F0/TrMcWl0babI/AAAAAAAAAho/OqE9JmIKwCo/s1600/Kandinsky4.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 277px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5670907530224298418" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-YPra_JCp1F0/TrMcWl0babI/AAAAAAAAAho/OqE9JmIKwCo/s400/Kandinsky4.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Le poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef&lt;/em&gt;. Mallarmé &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Dans le texte précédent intitulé &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/paradigme-de-la-transpoesie.html"&gt;Paradigme de la Transpoésie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Camus"&gt;&lt;strong&gt;Michel Camus&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;développait un art poétique visionnaire qui participe d’une &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/07/charte-de-la-transdisciplinarite.html"&gt;Transdisciplinarité&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; définie comme « &lt;em&gt;ouverture de toutes les disciplines à ce qui les traverse et les dépasse&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il poursuit cette démarche exigeante dans une conférence intitulée &lt;strong&gt;&lt;em&gt;La poétique du silence en amont du signe visible et du sens invisible&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, prononcée le 24 mai 1997 au Centre Culturel Roumain de Paris lors du Colloque international annuel dédié à &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucian_Blaga"&gt;&lt;strong&gt;Lucian Blaga&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;(1895/1961), philosophe, théologien et poète roumain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au formalisme qui règne en maître dans les lettres françaises, &lt;strong&gt;Michel Camus&lt;/strong&gt; oppose la tradition d’une poésie initiatique - celle des origines - fondée sur une &lt;strong&gt;expérience métaphysique&lt;/strong&gt; qui dépasse les perceptions et les états de conscience ordinaires. L’expérience spirituelle du poète sourcier est à l’origine d’une &lt;strong&gt;intuition créatrice&lt;/strong&gt; qui génère l'union symbolique entre le sens et le signe qui l'exprime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une connaissance initiatique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Face au formalisme moderne dont il décrit les impasses, Michel Camus en appelle donc à un retour aux sources sacrées de la poésie comme &lt;strong&gt;mode de connaissance « initiatique » fondée sur l’intuition visionnaire&lt;/strong&gt;. A travers celle-ci se révèle la relation organique et cosmique entre le sujet et le monde objectif dans lequel il se pro-jette pour évoluer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qualifiée de &lt;strong&gt;transpoétique&lt;/strong&gt;, "&lt;em&gt;&lt;strong&gt;la voie du poète sourcier orientée vers l'unité de la connaissance&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;" participe d’une profonde régénération culturelle propre à la démarche transdisciplinaire dont &lt;strong&gt;Michel Camus&lt;/strong&gt; fût un des principaux artisans. Démarche qui le conduit à déclarer, contre le matérialisme ambiant : « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;la poésie de l’avenir sera métaphysique ou ne sera pas&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Affirmation à laquelle nous ne pouvons que souscrire tant il nous apparaît que l’intuition créatrice qui s’exprime à travers la poésie est au cœur d’une vision intégrale qui perçoit les formes – culturelles, comportementales, sociales, organisationnelles – comme &lt;strong&gt;autant de manifestations transitoires de la dynamique évolutive qui est au coeur de la vie/esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Michel Camus. La poétique du silence en amont du signe visible et du sens invisible &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;... La modernité a réussi à imposer le dogme que &lt;strong&gt;le signe précède le sens&lt;/strong&gt; comme l'existence, pour &lt;strong&gt;Jean-Paul Sartre,&lt;/strong&gt; précède l'essence. Pour prendre un exemple banal : Le feu rouge de signalisation apparaît à l'organe des sens qui en transmet l'information à l'intelligence symbolique, laquelle lui donne sens et signification d'interdiction. C'est une vérité d'expérience naturelle. Après la dernière guerre 40-45, ce fut le credo et ça reste aujourd'hui le credo du peintre Georges Mathieu : le signe génère le sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les courants formalistes de la poésie française, les lettristes, les post-mallarméens, les tenants de l'écriture blanche ont oeuvré à partir du même critère. On déconstruit la langue, on décharne la prose jusqu'à la réduire au squelette de Dionysos, on la désintègre afin d'anéantir la rationalité du signifié dont elle est porteuse pour en arriver à évoquer &lt;strong&gt;un insensé poétique généré par le jeu aléatoire des signifiants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Ce processus alogique n'en obéit pas moins à la logique du tiers exclu, une logique prisonnière d'un seul niveau de Réalité. Cela aboutit parfois, dans le meilleur des cas, à ce que Roger Caillois appelait "&lt;strong&gt;&lt;em&gt;le sacré de dissolution&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;" par opposition au "&lt;strong&gt;&lt;em&gt;sacré de cohésion&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;" qui fut celui de &lt;strong&gt;la poésie initiatique des origines dans les grandes traditions orientales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Chez &lt;strong&gt;René Daumal&lt;/strong&gt; ou chez &lt;strong&gt;Edmond Jabès&lt;/strong&gt;, chez des poètes-philosophes comme &lt;strong&gt;Maurice Blanchot&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Georges Bataille&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Roger Munier&lt;/strong&gt;, c'est le sens qui génère le signe. Ils sont habités par une connaissance silencieuse en amont des mots. &lt;strong&gt;Il n'y a pas de haute poésie là où le silence transcendantal n'est pas la source à la fois du sens et du signe qui le véhicule&lt;/strong&gt;. Ce n'est pas une vérité d'expérience naturelle, c'est une vérité d'expérience transcendantale que d'autres appellent mystique sans connotation religieuse spécifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces poètes-là ne perdent pas leur temps, ni n'éprouvent le besoin, de s'en prendre à la rationalité de la langue ou de détruire le sens commun des mots de la tribu. Ils sont passés à un autre niveau. À leurs yeux, il est des &lt;strong&gt;degrés supérieurs de rationalité&lt;/strong&gt;, ouverte et non fermée, lesquels degrés correspondent à des niveaux de perception silencieuse, d'intuition ou d'intensité, qui échappent à tout enfermement verbal ou même mental. C'est ce qui fit dire à &lt;strong&gt;Georges Bataille&lt;/strong&gt; : "&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Je ne puis regarder comme libre un être n'ayant pas le désir de trancher en lui les liens du langage&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;", autrement dit d'échapper à la prison de la langue et aux murs opaques des signes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Edmond Jabès&lt;/strong&gt; parlait plus volontiers des vocables poétiques que des mots, car le "vocable" évoquait pour lui la voix c'est-à-dire l'intimité vivante du son porteur de sens. Quand nous lisons de &lt;strong&gt;Hawad&lt;/strong&gt;, le poète berbère : « &lt;em&gt;c'est du sperme du silence que sont nées les montagnes&lt;/em&gt; » ; ou de &lt;strong&gt;Roberto Juarroz&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;il y a une porte ouverte et pourtant il faut la forcer [...] Maintenant il faut sortir, mais y a-t-il un dehors ?&lt;/em&gt; » ; ou d'&lt;strong&gt;Adonis&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;J'ai mes secrets pour vivre sous les cils d'un dieu qui ne meurt jamais &lt;/em&gt;» ; ou de &lt;strong&gt;Lucian Blaga&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;Le ciel a ouvert un oeil dans la terre&lt;/em&gt; », les mots en tant que signes nous importent peu , c'est le sens virtuel que nous percevons immédiatement. Un sens virtuel chargé de non-dit et de silence. &lt;strong&gt;Un sens potentiel ouvert à plusieurs niveaux de connaissance, d'inconnaissance aussi, ou de lumineuse ignorance&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sentiment poétique tel qu'il est silencieusement vécu en amont des mots génère sa propre poétique du sens incarnée dans la poétique des signes. "&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le monde sensible, selon Lucian Blaga, est un complexe de signes pour dire la réalité mystérieuse&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;". On peut le dire autrement en disant ceci: dans l'univers que nous percevons, tout est signe de l'Imperceptible qui, comme l'Absence, est l'oeil fermé de la Présence. Ce qui nous est donné de l'autre côté des signes passe par la fissure ouverte au fond de soi — par la béance du fini qui s'ouvre sur l'infini. Autrement dit, comme l'écrit &lt;strong&gt;Horia Badescu&lt;/strong&gt;, par "&lt;em&gt;le chemin vers les profondeurs de l'Être&lt;/em&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a une poésie noire ou blanche des signes selon qu'ils endorment ou qu'ils éveillent. &lt;strong&gt;Les signes initiatiques sont ceux qui nous éveillent à l'Énigme absolue ou à la Présence abyssale du Sans-Nom ou du Sans-Signe&lt;/strong&gt;. Nous vivons aujourd'hui au milieu d'une surabondance de signes et d'images au degré zéro du sens, voire au degré négatif et involutif du sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la société du spectacle qui est la nôtre (je fais bien entendu allusion à &lt;strong&gt;Guy Debord&lt;/strong&gt;), la représentation a remplacé l'action. Dans cette société soumise au règne de la quantité, les signes les plus triviaux se répandent partout comme les métastases d'un cancer généralisé. « &lt;em&gt;Le dernier refuge des insensés : proclamer que le problème du sens n'a aucun sens&lt;/em&gt;, écrit &lt;strong&gt;Basarab Nicolescu&lt;/strong&gt; dans ses &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Théorèmes poétiques&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;em&gt;Quant au non-sens, ajoute-t-il, il fait la joie de ceux qui n'ont rien à dire&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poète &lt;strong&gt;Bernard Noêl&lt;/strong&gt; appelle &lt;strong&gt;sensure&lt;/strong&gt; (qu'il écrit avec un "s" au lieu d'un "c") la privation de sens qui, dit-il, est "&lt;em&gt;l'arme absolue de la démocratie : elle permet de tromper la conscience et de vider les têtes sans troubler la passivité des victimes."&lt;/em&gt; Il évoque la langue de bois qui pèche par manque de justesse et qui "&lt;em&gt;prive le sens de son sens&lt;/em&gt;". Il suffit d'ouvrir les yeux pour voir que l'anti-poésie fait partout oeuvre mortifère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quand une société se corrompt, disait Octavio Paz, la première chose qui se corrompt c'est le langage&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». Désintégrer le langage, comme le font certains poètes dits d'avant-garde, est une entreprise suicidaire égocentrique qui reste prisonnière de l'espace clos où se confine leur descente dans leurs propres enfers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'agit au contraire, comme le préconisait &lt;strong&gt;Roberto Juarroz&lt;/strong&gt;, de nettoyer le langage, de nettoyer notre mental et notre mode de vie pour rompre avec le langage stéréotypé, naïf ou conventionnel. &lt;strong&gt;Borges&lt;/strong&gt; voyait dans ce langage balisé et banalisé une sorte de poésie fossile. Mais c'est surtout le sens qu'il faut défossiliser pour donner aux signes un sens nouveau ou, comme le dit si bien &lt;strong&gt;Lucian Blaga&lt;/strong&gt;, une "&lt;strong&gt;lumière nouvelle sur un vieux chemin&lt;/strong&gt;", un sens lumineux chargé de l'intensité de ses propres silences, un sens secret: « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;le secret, disait Antonin Artaud, est qu'il n'y a de secret que d'être justement cela qu'on n'est pas, et ce n'est pas un secret mais une âme&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car le silence poétique est un haut degré de silence; c'est lui qui nous délivre des opacités des signes et des pesanteurs de la langue. Ce n'est pas un silence vide, c'est un silence excessivement plein et même débordant de sens silencieux, un &lt;strong&gt;silence transcendantal&lt;/strong&gt; auquel faisait allusion &lt;strong&gt;Maître Eckhart&lt;/strong&gt; quand il évoquait l'essence d'une « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;troisième parole qui n'est ni dite ni pensée -qui n'est jamais exprimée&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; », un silence lié au sens de l'écoute : celle de l'inaudible ou de l'inouï murmure de la source, &lt;strong&gt;un silence qui est au fond le tiers secrètement inclus dans le noeud dialogique du signe et du sens, ou du corps et de l'âme&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Nietzsche&lt;/strong&gt; dans une lettre à &lt;strong&gt;Overbeck&lt;/strong&gt; lui écrit : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Je ne suis ni esprit ni corps, mais une troisième chose&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». Cette "&lt;em&gt;troisième chose&lt;/em&gt;" est à rapprocher de ce que &lt;strong&gt;Roberto Juarroz&lt;/strong&gt; appelait "&lt;em&gt;&lt;strong&gt;un monde nouveau, le troisième&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;", infiniment ouvert et qui appartient à un autre niveau de réalité que celui de la réalité sensible. Ce n'est pas affaire de croyance, mais d'expérience intérieure, d'expérience poétique, d'expérience effectivement éprouvée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce qui touche à la poésie vivante, seul importe la Quête du sens du sens, autrement dit : - et l'orientation - et l'évolution du sens vers le centre énigmatique ou la source transcendantale du "Qui?" et du "Quoi?". « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Mais qui a bu à la source de vie ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; » s'était écrié &lt;strong&gt;Antonin Artaud&lt;/strong&gt;. « &lt;em&gt;À la vie je ne dois aucune pensée, écrivit Lucian Blaga, mais je lui dois ma vie entière&lt;/em&gt;. » Ce n'est pas une pensée fermée sur elle-même, ce n'est même pas une pensée, c'est une vision dont le sens globalement ouvert ne dépend pas du sens des mots, mais &lt;strong&gt;du secret de leur complexité et de leur saut quantique à un autre niveau de réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Parmi les voies de recherche qui convergent, chacune par sa propre voie de passage, vers l'inaccessible source de vie, &lt;strong&gt;on pourrait appeler transpoétique la voie du poète sourcier orientée vers l'unité de la connaissance&lt;/strong&gt;. Cette recherche fut celle de &lt;strong&gt;Lucian Blaga&lt;/strong&gt;. Visée qui traverse et dépasse la poétique du signe ou la poésie incarnée dans la langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette optique, on pourrait dire que l'éclair de l'illumination abolit les limites du signe et du sens tout en exaltant le sentiment de l'infini. Blaga écrit dans un poème: « &lt;em&gt;Élève-toi à l'infini sans dévoiler jamais ce que tes yeux ont deviné&lt;/em&gt; ». Ce que les yeux de &lt;strong&gt;Lucian Blaga&lt;/strong&gt; ont deviné échappe bien entendu à tout langage. Et c'est bien là le paradoxe de la poésie : &lt;strong&gt;évoquer par le langage ce qui, par essence, échappe au langage&lt;/strong&gt;. Et c'est par là que la poésie nous fait signe qu'elle est autre chose que des signes, autre chose que des signifiants, autre chose que des signifiés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;L'illusion la plus tenace : le sens attribué aux mots &lt;/em&gt;», dit encore &lt;strong&gt;Basarab Nicolescu&lt;/strong&gt; qui ajoute cet axiome essentiel : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;L'interaction entre les mots est au-delà des mots&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». Par son travail sur les signes, par les interactions des signes entre eux, l'intention de la poétique du sens est d'évoquer le sentiment de l'indicible et, par impossible, le sentiment de la transcendance immanente. Interactions qui font sens à travers, à côté et au-delà des signes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui poétisent encore sur le visible ou sur le paraître ont perdu le chemin qui va du visible vers l'invisible et du paraître vers l'être. &lt;strong&gt;Gaston Bachelard&lt;/strong&gt; voyait dans la poésie une "&lt;em&gt;&lt;strong&gt;métaphysique instantanée&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;" ainsi qu'un temps immobilisé dans l'espace poétique de l'instant vertical qu'il appelle aussi androgyne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une "&lt;strong&gt;&lt;em&gt;métaphysique sensuelle&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;" (pour reprendre l'expression d'&lt;strong&gt;Olivier Apert&lt;/strong&gt; la semaine dernière à une table ronde consacrée à &lt;strong&gt;Salah Stétié&lt;/strong&gt; à la Sorbonne) n'a rien à voir avec la métaphysique scolastique ou seulement conceptuelle. &lt;strong&gt;René Daumal&lt;/strong&gt; a vécu la poésie comme une métaphysique expérimentale, comme "&lt;em&gt;&lt;strong&gt;un langage silencieux dont toute poésie, disait-il, est une traduction&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;". &lt;strong&gt;Antonin Artaud&lt;/strong&gt;, lui aussi, a vécu la poésie comme une métaphysique en activité, "&lt;em&gt;&lt;strong&gt;une identité métaphysique du concret et de l'abstrait&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;", "&lt;em&gt;une métamorphose des conditions intérieures de l'âme&lt;/em&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jean Wahl&lt;/strong&gt; abondait dans le même sens en écrivant : « &lt;em&gt;Nous ne savons pas ce qu'est la métaphysique ni ce qu'est la poésie, mais &lt;strong&gt;le fond de la poésie sera toujours métaphysique&lt;/strong&gt;, et il est fort possible que le fond de la métaphysique soit également toujours poésie&lt;/em&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a une dizaine d'années, à la fin d'une intervention au Centre littéraire de l'Abbaye de Royaumont lors d'une réunion de soixante-dix poètes de langue française,j'avais conclu mon exposé en disant ceci : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La poésie de l'avenir sera métaphysique ou ne sera pas&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». Cette déclaration jeta un froid et fut suivie d'un silence ambigu, voire réprobateur. Seul &lt;strong&gt;Pierre Oster&lt;/strong&gt; me glissa à l'oreille quelques mots de complicité. On peut dire que, sauf exceptions, les poètes français n'ont pas la fibre métaphysique. À défaut d'être inspirés, beaucoup d'entre eux "&lt;em&gt;font des livres comme on fait des souliers&lt;/em&gt;" (l'expression est du marquis de Sade).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poésie pour la poésie, ou l'art pour l'art, ne mène nulle part. La poésie française contemporaine tend rarement vers l'unité de la connaissance ou ce "&lt;em&gt;Sens universel infini&lt;/em&gt;" auquel &lt;strong&gt;Friedrich Schlegel&lt;/strong&gt; faisait allusion en évoquant le rapport de l'homme à l'infini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de poètes sont aussi séparés d'eux-mêmes, séparés des autres et séparés du monde, que les mots qu'ils ont tendance à séparer les uns des autres, faute de pouvoir les unifier dans le même sens orienté vers l'intérieur infini du "centre" au sens mythique du mot. Aussi ne peuvent-ils voir dans l'art poétique la &lt;strong&gt;virtualité d'un langage transdisciplinaire&lt;/strong&gt;, le moyen d'une &lt;strong&gt;recherche d'auto-connaissance&lt;/strong&gt;, la voie d'un &lt;strong&gt;yoga de la conscience&lt;/strong&gt; ou, comme chez &lt;strong&gt;Djalâl-od-Dîn Rûmî&lt;/strong&gt; —cher au coeur de notre ami &lt;strong&gt;Salah Stétié&lt;/strong&gt;, une &lt;strong&gt;Queste de l'Absolu&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est donc, à mon sens, la &lt;strong&gt;poétique du silence&lt;/strong&gt; qui génère la recherche de la poétique du signe chargé de sens. Recherche dont les mots-clefs sont la justesse et, en poésie pure, la miraculeuse harmonie entre la musique et le sens. Si, dans un poème, par nécessité d'évoquer le paradoxe d'un processus intérieur, j'écris ceci, en un vers de quinze pieds : « &lt;em&gt;Le feu pouvant désormais s'unir à la mer sans mourir&lt;/em&gt; », c'est dans le souci d'aboutir à &lt;strong&gt;une musique de la langue dans laquelle le chant des mots tend à abolir leurs limites tout en les ouvrant au sens alchimique qui les traverse et les dépasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poésie célèbre les noces des contraires pour accéder au pressentiment de leur source énigmatique.&lt;/strong&gt; Il y a art poétique lorsque la poétique du sens coïncide avec la poétique du signe, lorsque la clarté coïncide avec l'obscurité, et la connaissance avec l'inconnaissance, dans le but ultime d'évoquer cette "&lt;em&gt;troisième chose&lt;/em&gt;" qui n'est l'une ni l'autre, mais en amont, entre, à travers et au-delà de celle-ci et de celle-là, &lt;strong&gt;la secrète présence d'un indicible tiers inclus&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si j'en juge par le peu que je connais de son oeuvre, il y a chez Lucian Blaga une tendance qui rejoint le principe de l'art d'&lt;strong&gt;Elias Canetti&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;Retrouver plus que ce qui s'est perdu !&lt;/em&gt; ». Blaga est à la fois poète, philosophe, métaphysicien, bref un &lt;strong&gt;chercheur d'esprit transdisciplinaire&lt;/strong&gt;. Chez lui, la clarté est aussi énigmatique et aussi poétique que l'obscurité. Ce qui lui fait écrire ce vers paradoxal : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Avec ma clarté moi je fais croître l'inconnaissable&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». On voit bien que la poétique du signe et la poétique du sens sont générées en lui par la poétique du silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, dans son poème &lt;strong&gt;Autoportrait&lt;/strong&gt;, le signe (avec un "s") devient-il un cygne (avec un "c") et ce, pour en arriver à se dire muet comme un cygne. Ce qui lui tient lieu de parole, c'est la "neige des créatures". Son âme est une question silencieuse. Et l'orientation de sa Queste vers la Source absolue est évoquée en quatre vers transparents :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il cherche l'eau où l'arc-en-ciel&lt;br /&gt;étanche sa soif,&lt;br /&gt;la source qui désaltère&lt;br /&gt;sa beauté et son néant.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le silence d'un tel poème parle de lui-même et se passe de commentaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le texte de la conférence est lisible &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.scribd.com/doc/57589176/20/MICHEL-CAMUS"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;(p.75) dans une série de textes consacrés à Lucian Blaga&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.ductus.fr/michelcamus/"&gt;&lt;em&gt;Ici&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt; le site officiel de Michel Camus.&lt;/em&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-391190744537455962?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/391190744537455962/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/la-poesie-de-lavenir-sera-metaphysique.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/391190744537455962'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/391190744537455962'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/11/la-poesie-de-lavenir-sera-metaphysique.html' title='La Poésie de l&apos;Avenir sera Métaphysique ou ne sera pas'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-YPra_JCp1F0/TrMcWl0babI/AAAAAAAAAho/OqE9JmIKwCo/s72-c/Kandinsky4.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-3998892695043344823</id><published>2011-10-29T09:30:00.001+02:00</published><updated>2011-10-29T09:43:53.510+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>Paradigme de la Transpoésie</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-Kn9ISujhBzI/Tqup-WpKQhI/AAAAAAAAAhc/TKuZ-y_cGfU/s1600/Transpo%25C3%25A9sie.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 301px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668811444671103506" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-Kn9ISujhBzI/Tqup-WpKQhI/AAAAAAAAAhc/TKuZ-y_cGfU/s400/Transpo%25C3%25A9sie.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Si tu veux percevoir l’invisible, observe le visible&lt;/em&gt;. Le Talmud &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Le billet consacré à la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/07/charte-de-la-transdisciplinarite.html"&gt;Charte de la Transdisciplinarité&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; rencontre un profond écho auprès des lecteurs du Journal Intégral. Nous y faisions référence à la &lt;strong&gt;révolution épistémologique&lt;/strong&gt; en train de se dérouler silencieusement, sous nos yeux, sans que nos contemporains s’en rendent vraiment compte. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Cette révolution épistémologique s’exprime à travers l’émergence simultanée de nombreuses recherches qui, toutes, relèvent d’une même intention profonde : &lt;strong&gt;participer à la dynamique évolutive et créatrice qui se manifeste à travers une nouvelle forme de connaissance&lt;/strong&gt; fondée sur l’intégration entre raison distinctive et intuition sensible. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;A partir d'une approche transdisciplinaire, cet esprit intégratif reconfigure l'inspiration poétique pour faire advenir ce que &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Camus"&gt;Michel Camus&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; nomme le Paradigme de la Transpoésie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;De la Transdisciplinarité à la Transpoésie&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Ouverture de toutes les disciplines à ce qui les traverse et les dépasse&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; », la Transdisciplinarité est un de ces trajets créateurs qui participent de ce &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/05/un-nouveau-stade-de-lesprit-humain-1.html"&gt;nouveau stade de l’esprit humain&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; évoqué aussi bien par les poètes du &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Jeu_(revue)"&gt;Grand Jeu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que par un savant comme &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/03/penser-la-catastrophe.html"&gt;Albert Einstein&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poète, essayiste, éditeur, producteur à France culture, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://ductus.fr/michelcamus/"&gt;Michel Camus&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (1929-2003) était un éminent penseur de la Transdisciplinarité. Cet homme de lettre était aussi, et surtout, un homme de l’être faisant partie « &lt;em&gt;des chercheurs de vérité aux yeux de qui &lt;strong&gt;la poésie initiatique orientée vers la connaissance unitive tend à relier l'essence de l'homme à l'essence de l'univers&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En retrouvant ses origines initiatiques, la poésie apparaît essentiellement comme une forme singulière de &lt;strong&gt;gnose&lt;/strong&gt; qui révèle le lien secret et analogique unissant l’homme et le monde. La singularité de cette connaissance unitive est à l'origine de ce que Michel Camus nomme la &lt;strong&gt;Transpoésie&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;on pourrait appeler transpoétique &lt;strong&gt;la voie transfiguratrice du poète sourcier orientée vers l'autoconnaissance et l'unité de la connaissance&lt;/strong&gt;. Visée qui traverse et dépasse la poésie&lt;/em&gt;. » &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans le texte ci-dessous intitulé &lt;strong&gt;Paradigme de la Transpoésie&lt;/strong&gt;, Michel Camus développe sa vision transculturelle de la poésie : « &lt;em&gt;Le paradigme de la poésie transculturelle, c'est avant tout la nécessité de &lt;strong&gt;l'éveil de l'homme à ce qui le fonde, à ce qui le traverse et à ce qui le dépasse&lt;/strong&gt;... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Etre transculturel, c'est, pour l'essentiel, ne pas se laisser aliéner par des formes et des croyances, par des systèmes de pensée et des enseignements formels&lt;/em&gt;. » La &lt;strong&gt;vision intégrale&lt;/strong&gt; participe de cette approche transculturelle dans la mesure où elle perçoit les divers systèmes culturels comme autant d'expressions formelles d'une même dynamique évolutive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;strong&gt;Michel Camus. Paradigme de la Transpoésie &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;Nous ne savons pas ce qu'est la poésie. Les concepts univoques que l'on appelait naguère "le monde", "la réalité", "la nature", "la culture", "la poésie" sont devenus naïvement réducteurs dès lors que les chercheurs ont pris conscience de la &lt;strong&gt;pluralité des mondes et des cultures&lt;/strong&gt;, de la &lt;strong&gt;complexité croissante des niveaux de réalité et des niveaux de perception&lt;/strong&gt; échappant à la logique aristotélicienne et à la dialectique binaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi existe-t-il une infinité de niveaux de vérité et de complexité de la poésie, une &lt;strong&gt;verticalité des niveaux de perception de la poésie&lt;/strong&gt;, une pluralité de directions de recherche, une multiplicité de formes d'art poétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quantité de courants de la poésie contemporaine sont étrangers à la &lt;strong&gt;haute poésie initiatique&lt;/strong&gt; qui fut celle des origines en Orient. Evidence que les adeptes du &lt;strong&gt;Grand Jeu&lt;/strong&gt; avaient clairement perçue en découvrant les versets du &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rig_Veda"&gt;Rig Véda&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Daumal"&gt;&lt;strong&gt;René Daumal&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;et ses amis avaient ouvert une &lt;strong&gt;voie poétique, mystique et gnosique&lt;/strong&gt;, à travers les cultures contradictoires de l'Orient et de l'Occident, comme à travers les sciences tournées exclusivement vers le pôle du Sujet et les sciences tournées exclusivement vers le pôle de l'Objet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a encore en France comme ailleurs des poètes ouverts à la dimension invisible du "&lt;strong&gt;sacré de cohésion&lt;/strong&gt;" pour le distinguer, comme le fit &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Caillois"&gt;Roger Caillois&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, du "&lt;strong&gt;sacré de dissolution&lt;/strong&gt;". Il y a des poètes transreligieux habités par un sentiment de l'Absolu : le poète arabe &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Adonis_(po%C3%A8te)"&gt;Adonis&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; par exemple. Des poètes mystiques athées comme &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_No%C3%ABl"&gt;Bernard Noël&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Des poètes de l'énigme à différents degrés d'intensité dans le régime du feu. Des chercheurs de vérité aux yeux de qui la poésie initiatique orientée vers la connaissance unitive tend à relier l'essence de l'homme à l'essence de l'univers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Poésie sorcière et sourcière&lt;/strong&gt;. Poésie éveilleuse. Seul le poète éveillé sait que les vivants sont de même essence que les morts. Mais la poésie la plus éveilleuse aujourd'hui n'est vivante que dans les catacombes d'une époque en proie à la &lt;strong&gt;désintégration de toutes les valeurs&lt;/strong&gt;, la dégénérescence de toutes les religions, l'effondrement des derniers mythes comme le marxisme et l'eschatologie utopique de la science. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans un monde ayant perdu tout point de repère, il y a encore ici et là &lt;strong&gt;des hérétiques porteurs du feu sacré, des alchimistes du silence et des voyants&lt;/strong&gt;. Les médias ont peur du silence. Insensibles à la haute poésie, les hommes qui vivent à la surface de la vie sont incapables de pressentir le secret du silence vivant caché dans tout silence de mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nord, Sud, Est, Ouest font partie de la même Rose des Vents et sont générés par le même centre énigmatique. Toute vraie recherche poétique, quelle que soit sa langue ou la nature de sa culture, est orientée vers le centre et tente de s'en approcher au sens où le poète Antonin Artaud s'était écrié : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Mais qui a bu à la source de vie ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les voies de recherche qui convergent, chacune par sa propre voie de passage, vers l'inaccessible source de vie, &lt;strong&gt;on pourrait appeler transpoétique la voie transfiguratrice du poète sourcier orientée vers l'autoconnaissance et l'unité de la connaissance&lt;/strong&gt;. Visée qui traverse et dépasse la poésie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Habité par le sentiment de l'Absolu, le poète sourcier est aujourd'hui citoyen du monde. Il est &lt;strong&gt;transnational&lt;/strong&gt; au sens où il se sent relativement relié à plusieurs niveaux de réalité à la fois, mais absolument relié à ce qui les traverse et les dépasse. C'est dire qu'il se sent citoyen du cosmos, puis citoyen de la Terre (le "&lt;strong&gt;village-planète&lt;/strong&gt;" de &lt;strong&gt;Jacques Delors&lt;/strong&gt;), puis Européen, puis Français, puis Corse par exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essentiel est de n'absolutiser aucun niveau de réalité. Hélas, &lt;strong&gt;l'homme a fâcheusement tendance, disait en substance Kierkegaard, à relativiser l'Absolu tout en absolutisant le relatif. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Il s'agit, au contraire, de perdre nos identifications absolutistes pour accéder à ce que &lt;strong&gt;René Berger&lt;/strong&gt; appelle une &lt;strong&gt;trans-identité&lt;/strong&gt; : concept infiniment ouvert analogue à celui de &lt;strong&gt;l'identité infinie de toute conscience éveillée à sa transcendance intérieure et à la transcendance de l'univers&lt;/strong&gt;, donc à une double transcendance à percevoir unitivement. On peut donc être à la fois national par appartenance à une culture territoriale et transnational par esprit transculturel. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Etre transculturel, c'est, pour l'essentiel, ne pas se laisser aliéner par des formes et des croyances, par des systèmes de pensée et des enseignements formels.&lt;/strong&gt; C'est s'ouvrir à la transcendance du sens du sens en amont du langage, ouverture que le chaman mexicain Don Juan Matus appelle la "&lt;strong&gt;&lt;em&gt;connaissance silencieuse&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;" inséparable de notre lumineuse ignorance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poète sourcier tend à &lt;strong&gt;réconcilier les soeurs ennemies de la poésie et de la philosophie&lt;/strong&gt;. La vision transculturelle de la poésie est forcément transreligieuse; elle est planétaire avant d'être européenne, française ou autre; elle fleurit au centre de la Rose des Vents; elle est ouverte à toutes les différences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre identité occidentale est illusoire dans la mesure où elle n'intègre pas l'Autre -l'orientale- que nous sommes de toute éternité. Dans cette optique, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rumi"&gt;Rûmi &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;est notre maître à vivre au même titre que &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_Eckart"&gt;Maître Eckhart&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre compréhension de toute culture différente de la nôtre ne peut résulter que de notre &lt;strong&gt;propre compréhension ouverte à l'identité des contraires&lt;/strong&gt;. Nous, Occidentaux, sommes par essence les alter ego des Orientaux. Nous faisons partie comme eux du même Nous transcendantal pour faire référence à la vision, chez &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmund_Husserl"&gt;Edmund Husserl&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;l'intersubjectivité absolue des êtres et des choses&lt;/strong&gt; régissant l'essence de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un des axiomes du poète sourcier, c'est le principe absolu de la relativité de toute réalité et de tout langage. Il sait que tout est métaphore. Il sait que &lt;strong&gt;le paradoxe du langage poétique est de faire allusion à ce qui échappe au langage&lt;/strong&gt;. On oublie souvent que le langage est une grande muraille de Chine. Le poète sourcier la traverse en s'ouvrant au silence vivant. C'est par là que le poète échappe à la prison de la langue. "&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Il n'y a pas de poésie sans silence",&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; disait &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roberto_Juarroz"&gt;Roberto Juarroz&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette présence infiniment proche infiniment lointaine du silence vivant, on peut l'appeler indifféremment présence du sacré ou conscience de la transcendance immanente au sens où &lt;strong&gt;la transcendance est immanente à la conscience elle-même&lt;/strong&gt;. C'est de l'ordre du secret que la poésie initiatique tente, par impossible, de faire partager. C'est un secret pour ainsi dire transpoétique, car il traverse la parole et le silence, car il est en amont de la parole et du silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est &lt;strong&gt;le tiers secrètement inclus dans l'opposition binaire de la parole et du silence&lt;/strong&gt;. Ce tiers inclus, aucun poète n'a jamais dit et ne dira jamais ce que c'est. Maître Eckhart y fait allusion en évoquant &lt;strong&gt;l'essence d'une "troisième parole"&lt;/strong&gt; qui n'est ni dite ni pensée et qui n'est jamais exprimée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;strong&gt;silence poétique&lt;/strong&gt; peut accéder, dans son vécu, à un haut degré lumineux de silence. Seul ce silence-là peut nous délivrer des opacités et des pesanteurs du langage. Ce n'est pas un silence vide, c'est un silence plein et même débordant de sens silencieux. Peu importe le nom servant à désigner l'abîme ou le trou caché dans la langue, autrement dit &lt;strong&gt;le non-référent qui échappe à tout langage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le poète sourcier utilise librement les mots comme des flèches tirées vers l'Imprononçable, vers la Source inaccessible mais inépuisable. En tant qu'homme des limites, il ne peut que l'approcher sans jamais l'atteindre. Dire "la Source" est encore une métaphore; celle de l'énigme du "Qui?" et de l'énigme du "Quoi?" qui sont une seule et même énigme. Le poète est libre d'y faire allusion en évoquant le Sans-Nom, le Sans-Forme ou le Sans-Fond. &lt;strong&gt;C'est paradoxalement le Sans-Fond qui fonde l'unité de la connaissance poétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Nous vivons dans un monde où la technoscience génère une technoculture qui n'a plus rien à voir avec l'agriculture de l'âme. Aux pouvoirs exorbitants de cette mondialisation sauvage, quels contre-pouvoirs les poètes sourciers peuvent-ils opposer ?&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;De résistance à l'enténèbrement médiatique. D'autotransformation vers l'autoconnaissance. &lt;strong&gt;Notre vision du monde ne peut changer que si nous changeons de l'intérieur,&lt;/strong&gt; que si nos états de conscience évoluent, selon le mot de &lt;strong&gt;Goethe&lt;/strong&gt;, vers plus de lumière, Mehr Licht !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le combat titanesque où s'opposent la lumière et les ténèbres, chacun, selon sa nature, est serviteur soit de la néguentropie soit de l'entropie, ou bien de l'évolution de la conscience ou bien de son involution. &lt;strong&gt;Chacun est l'instrument conscient ou inconscient de puissances qui dépassent son entendement.&lt;/strong&gt; Les poètes sourciers savent de quel côté ils combattent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le paradigme de la poésie transculturelle, c'est avant tout la nécessité de l'éveil de l'homme à ce qui le fonde, à ce qui le traverse et à ce qui le dépasse.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;strong&gt;&lt;a href="http://basarab.nicolescu.perso.sfr.fr/ciret/rocher/lnicol.htm"&gt;Manifeste de la Transdisciplinarité&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Basarab Nicolescu&lt;/strong&gt;, physicien quantique mais auteur d'un millier de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://basarab.nicolescu.perso.sfr.fr/Basarab/BOOKS/Theoremes_poetiques.pdf"&gt;Théorèmes poétiques&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, ouvre des voies de rencontre entre les poètes et les scientifiques, entre les chercheurs en sciences humaines et les chercheurs en sciences exactes. C'est un tournant radicalement nouveau. C'est le germe d'une &lt;strong&gt;nouvelle alliance des chercheurs et des créateurs de toutes disciplines contre les prédateurs au pouvoir.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un nombre grandissant d'astrophysiciens et de physiciens quantiques se révèlent être des &lt;strong&gt;poètes métaphysiciens&lt;/strong&gt;. L'alliance des chercheurs de vérité, les uns interrogeant le pôle du Sujet et les autres le pôle de l'Objet, et &lt;strong&gt;leurs interactions transdisciplinaires peuvent constituer un infracassable noyau de lumière contre l'enténèbrement programmé des prédateurs&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le destin de l'humanité n'est pas joué d'avance, il se crée à tout instant. Lancé sur le vaisseau-terre dans une fabuleuse aventure cosmique, le phénomène humain possède aussi au coeur de lui-même &lt;strong&gt;l'inépuisable potentialité de s'éveiller à la transcendance lumineuse de sa propre source intérieure&lt;/strong&gt;. C'est la vocation des poètes sourciers d'y faire allusion en créant de nouveaux points de repère et de nouveaux signes d'orientation sur le chemin sans chemin de l'infini intérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Texte publié dans &lt;strong&gt;&lt;a href="http://grit-transversales.org/archives/revue/"&gt;Transversales Science/Culture n°44&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, mars-avril 1997. On peut le lire &lt;strong&gt;&lt;a href="http://basarab.nicolescu.perso.sfr.fr/ciret/bulletin/b12/b12.htm#somm"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;dans le N°12 de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://basarab.nicolescu.perso.sfr.fr/ciret/bulletin/bulletin.htm"&gt;Rencontres Transdisciplinaires&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, le bulletin interactif du &lt;strong&gt;&lt;a href="http://basarab.nicolescu.perso.sfr.fr/ciret/index.htm"&gt;Ciret&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, le &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Centre international de Recherches et Etudes Transdisciplinaires.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://ductus.fr/michelcamus/"&gt;&lt;em&gt;Ici &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;le site officiel dédié à Michel Camus. &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-3998892695043344823?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/3998892695043344823/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/paradigme-de-la-transpoesie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3998892695043344823'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3998892695043344823'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/paradigme-de-la-transpoesie.html' title='Paradigme de la Transpoésie'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-Kn9ISujhBzI/Tqup-WpKQhI/AAAAAAAAAhc/TKuZ-y_cGfU/s72-c/Transpo%25C3%25A9sie.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-61331640047603547</id><published>2011-10-25T00:10:00.001+02:00</published><updated>2011-10-25T00:11:48.483+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>René Char. Une Poétique Intégrale (3)</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-rwxjWm7CvXY/TpepDTcrp0I/AAAAAAAAAgs/v8nzlgUfoRo/s1600/Muse.bmp"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 267px; FLOAT: left; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5663180930666964802" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-rwxjWm7CvXY/TpepDTcrp0I/AAAAAAAAAgs/v8nzlgUfoRo/s400/Muse.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;strong&gt;Commune présence&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es pressé d'écrire,&lt;br /&gt;Comme si tu étais en retard sur la vie.&lt;br /&gt;S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.&lt;br /&gt;Hâte-toi.&lt;br /&gt;Hâte-toi de transmettre&lt;br /&gt;Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.&lt;br /&gt;Effectivement tu es en retard sur la vie,&lt;br /&gt;La vie inexprimable,&lt;br /&gt;La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,&lt;br /&gt;Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,&lt;br /&gt;Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés&lt;br /&gt;Au bout de combats sans merci.&lt;br /&gt;Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.&lt;br /&gt;Si tu rencontres la mort durant ton labeur,&lt;br /&gt;Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,&lt;br /&gt;En t'inclinant.&lt;br /&gt;Si tu veux rire,&lt;br /&gt;Offre ta soumission,&lt;br /&gt;Jamais tes armes.&lt;br /&gt;Tu as été créé pour des moments peu communs.&lt;br /&gt;Modifie-toi, disparais sans regret&lt;br /&gt;Au gré de la rigueur suave.&lt;br /&gt;Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit&lt;br /&gt;Sans interruption,&lt;br /&gt;Sans égarement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Essaime la poussière&lt;br /&gt;Nul ne décèlera votre union.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Le Marteau sans maître)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;René Char. Une poétique intégrale (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/02/agir-en-primitif-et-prevoir-en-stratege.html"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) (&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/rene-char-une-poetique-integrale-2.html"&gt;2&lt;/a&gt;) &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;object id="wat_1774230" width="480" height="270"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.wat.tv/swf2/212490nIc0K111774230"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowScriptAccess" value="always"&gt;&lt;br /&gt;&lt;embed src="http://www.wat.tv/swf2/212490nIc0K111774230" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="270"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: center; PADDING-BOTTOM: 4px; PADDING-LEFT: 0px; WIDTH: 480px; PADDING-RIGHT: 0px; BACKGROUND: #cccccc; FONT-SIZE: 11px; PADDING-TOP: 2px" class="watlinks"&gt;&lt;a class="waturl" title="Vidéo René Char - Qu'il vive sur wat.tv" href="http://www.wat.tv/video/rene-char-qu-il-vive-12106_2gh7d_.html" target="_blank"&gt;&lt;strong&gt;René Char - Qu'il vive&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; Vidéo &lt;a class="waturl altuser" title="Retrouvez toutes les vidéos cofiz75 sur wat.tv" href="http://www.wat.tv/cofiz75"&gt;cofiz75&lt;/a&gt; sélectionnée dans &lt;a class="waturl alttheme" title="Toutes les vidéos Arts &amp;amp; Talents sont sur wat.tv" href="http://www.wat.tv/theme/art-talent/recent"&gt;Arts &amp;amp; Talents&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-61331640047603547?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/61331640047603547/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/rene-char-une-poetique-integrale-3.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/61331640047603547'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/61331640047603547'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/rene-char-une-poetique-integrale-3.html' title='René Char. Une Poétique Intégrale (3)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-rwxjWm7CvXY/TpepDTcrp0I/AAAAAAAAAgs/v8nzlgUfoRo/s72-c/Muse.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-3343884770092034855</id><published>2011-10-18T09:00:00.001+02:00</published><updated>2011-10-18T09:44:51.100+02:00</updated><title type='text'>Formation au Tantra Intégral</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-WK6U59dbRKs/TpxJDO9bhmI/AAAAAAAAAhE/Mpz6Talxvvw/s1600/D%25C3%25A9vellopement%2Bint%25C3%25A9gral.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 232px; DISPLAY: block; HEIGHT: 300px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5664482751229429346" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-WK6U59dbRKs/TpxJDO9bhmI/AAAAAAAAAhE/Mpz6Talxvvw/s400/D%25C3%25A9vellopement%2Bint%25C3%25A9gral.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;La connaissance du monde sans la conscience des désirs de vie est une connaissance morte&lt;/em&gt;. Raoul Vaneigem &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;La vision intégrale n’est pas une connaissance morte, réductible à des modèles abstraits, mais une expérience vécue qui prend sa source dans &lt;strong&gt;une intime connexion entre l’esprit supérieur et l’énergie interne. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;Vivre cette connexion c’est &lt;strong&gt;affiner sa sensibilité et son désir en canalisant son énergie pour la transmuer à travers des niveaux d’intensité et de subtilité de plus en plus fins&lt;/strong&gt;. A travers sa formation au &lt;strong&gt;tantra intégral&lt;/strong&gt;, Jacques Ferber ouvre à la fois les portes de la perception et de la conception sur ce nouveau stade évolutif qui est celui d’une vision intégrale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;L’illusion cartographique &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Beaucoup d’individus qui découvrent la culture intégrale sont victimes d’une «&lt;strong&gt;&lt;em&gt;illusion cartographique&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; » fondée sur la &lt;strong&gt;confusion entre la carte et le territoire&lt;/strong&gt;. Prendre la carte pour le territoire c’est confondre un &lt;strong&gt;modèle théorique&lt;/strong&gt;, toujours abstrait et conceptuel, avec la &lt;strong&gt;dimension concrète d’une expérience vécue&lt;/strong&gt; qui est à la fois sensible et singulière, dynamique et multidimensionnelle, complexe, concrète et contextualisée. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;La vision intégrale ne consiste pas à appliquer mécaniquement des modèles abstraits aux courants dynamiques de la vie et créateurs de l’esprit car l’expérience vécue n’est réductible à aucun modèle, aussi sophistiqué soit-il. Dans sa &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/07/ken-wilber-la-pensee-comme-passion-2.html"&gt;préface&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; au livre de &lt;strong&gt;Franck Visser&lt;/strong&gt; – &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/01/wilber-une-exception-francaise.html"&gt;Ken Wilber : La pensée comme passion&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; – Wilber nous met en garde contre cette « illusion cartographique » : &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;« &lt;em&gt;La seule chose que je sache, et je voudrais insister là-dessus, est que n'importe quelle théorie intégrale n'est jamais que cela – une théorie... J'ai écrit des traités académiques qui ont pour objet la spiritualité et sa relation à un grand nombre d’autres domaines, mais &lt;strong&gt;ma recommandation est toujours que les gens entreprennent une réelle pratique spirituelle, plutôt que de se contenter de lire dessus. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Une approche intégrale de la danse dit: mettez-vous à danser, et bien sûr lisez aussi un livre sur la danse. Faites les deux, mais quoi qu'il arrive, ne vous contentez pas de lire le livre. C'est comme prendre des vacances aux Bermudes en restant assis à la maison et en regardant des cartes. &lt;strong&gt;Mes livres sont des cartes, mais s'il vous plaît, allez aux Bermudes et voyez par vous-mêmes. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;... En d'autres termes, tous mes livres sont des mensonges. Ils sont simplement &lt;strong&gt;des cartes d'un territoire&lt;/strong&gt;, des ombres d'une réalité, des symboles gris traînant leurs ventres sur la page morte, des signes suffoqués pleins de sons étouffés et de gloire fanée, ne signifiant absolument rien. Et c'est le rien, le Mystère, la Vacuité seule qui doivent être réalisés: non pas connus mais ressentis, non pas pensés mais respirés, non pas un objet mais une atmosphère, non pas une leçon mais une vie.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une sensibilité intégrée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Du fait de leur culture abstraite, les français sont plus particulièrement victimes de cette illusion cartographique. &lt;strong&gt;Leur formation les conduit à penser qu’il suffit de maîtriser des modèles abstraits pour s’éveiller à une nouvelle forme de conscience&lt;/strong&gt;. Erreur fatale. Cette maîtrise intellectuelle sert souvent de prétexte à une approche surplombante qui - par peur, orgueil et inertie - refuse de s’impliquer de manière concrète et subjective dans un processus de transformation concernant l'individu dans sa globalité. Quand elle devient un obstacle au lâcher prise, cette distance abstraite empêche de se connecter avec les profondeurs de l’intériorité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Or, une approche ne devient intégrale que si elle concerne non seulement toutes les dimensions de l’individu – son corps, sa vitalité, ses émotions, son intellect et son inspiration supérieure – mais aussi le rapport que cet individu entretient avec les milieux – sociaux, naturels et culturels – où il évolue&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut véritablement changer de conception sans développer de nouvelles perceptions. Pour ce faire, il faut accueillir en soi le souffle de la vie qui est aussi celui d'une inspiration donnant à la vie tout son sens et sa plénitude ; il faut être à l’écoute de ses &lt;strong&gt;ressentis&lt;/strong&gt; et de ses &lt;strong&gt;intuitions&lt;/strong&gt;, s’éveiller à une &lt;strong&gt;subtilité énergétique&lt;/strong&gt; et aux &lt;strong&gt;états supérieurs de conscience&lt;/strong&gt;, se libérer des&lt;strong&gt; schémas mentaux&lt;/strong&gt;, des&lt;strong&gt; scénarios émotionnels&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;l’emprise de l’ego &lt;/strong&gt;qui limitent notre présence au monde et à nous-mêmes. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Pas de conscience intégrale sans une sensibilité intégrée à cette totalité organique et multidimensionnelle qu’est le Kosmos en évolution. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Le développement intégral de la conscience nécessite à la fois l’élargissement du spectre de ses perceptions et l’élaboration de références conceptuelles permettant d’interpréter les informations issues de ce spectre élargi. La &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/04/les-concepts-de-la-theorie-integrale.html"&gt;théorie intégrale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un système de références qui permet d’interpréter notre expérience avec le plus de profondeur et de complexité possible. Selon &lt;strong&gt;Jacques Ferber&lt;/strong&gt;, la principale qualité de &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/03/ken-wilber-philosophe-du-tout.html"&gt;&lt;strong&gt;Ken Wilber&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;est « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;cette articulation entre une pensée conceptuelle riche et brillante et le pointage vers une expérience spirituelle profonde&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce petit aparté sur l’illusion cartographique vise donc à attirer l’attention sur &lt;strong&gt;l’importance essentielle de l’expérience vécue&lt;/strong&gt; pour celui qui désire s’engager dans la voie d’une conscience intégrale. Faire abstraction de cette expérience intérieure en se limitant à la maîtrise intellectuelle de modèles abstraits, c’est tout simplement prendre la carte pour le territoire et imaginer les Bermudes sans quitter sa chambre !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Développement intégral&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cette introduction était nécessaire avant de présenter une formation au Tantra Intégral dont le but est justement de partager &lt;strong&gt;une expérience vécue dans l’esprit d’un développement intégral&lt;/strong&gt;. Conçue et animée par &lt;strong&gt;Jacques Ferber&lt;/strong&gt;, cette formation est une occasion, encore très rare en France, de &lt;strong&gt;faire le lien entre une démarche intérieure – à la fois corporelle, énergétique, méditative, créatrice et psycho-spirituelle – et des références théoriques puisées aux meilleures sources de la théorie intégrale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Depuis plus de 20 ans, &lt;strong&gt;Jacques Ferber&lt;/strong&gt; établit des ponts entre science et conscience. Cet enseignant-chercheur à l’Université des sciences de Montpellier, spécialiste de sciences cognitives, a suivi une démarche spirituelle qui l’a conduit à pratiquer diverses approches traditionnelles à la fois méditatives, énergétiques et corporelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette conjonction entre une approche conceptuelle rigoureuse et une sensibilité à la fois créatrice et spirituelle a tout naturellement conduit &lt;strong&gt;Jacques Ferber&lt;/strong&gt; à explorer les &lt;strong&gt;voies novatrices d’une conscience intégrale.&lt;/strong&gt; Auteur de &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Lamant-tantrique-Lhomme-sexualit%C3%A9-sacr%C3%A9e/dp/2840583097/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;amp;qid=1298848068&amp;amp;sr=1-1"&gt;L’amant tantrique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, il est aussi co-auteur de l’ouvrage &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/09/evolutions-9-le-monde-bouge-et-nous.html"&gt;Le Monde change... et nous ?&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; dans lequel il présente une synthèse fort intéressante des &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/03/developpement-integrale-2-introduction.html"&gt;modèles intégraux de la conscience et de la culture&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; développés aussi bien par &lt;strong&gt;Ken Wilber&lt;/strong&gt; que par &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Clare_Graves"&gt;Clare Graves&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons présenté l’itinéraire singulier de &lt;strong&gt;Jacques Ferber&lt;/strong&gt; dans les billets consacrés au blog &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/03/developpement-integral-1.html"&gt;&lt;strong&gt;Développement Intégral&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;dont il est l’animateur. Un de ces billets était justement consacré à &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/02/developpement-integral-3-la-voie-deros.html"&gt;La Voie d'Eros&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. Son itinéraire a fait de &lt;strong&gt;Jacques Ferber&lt;/strong&gt; une personne-ressource de référence dans le &lt;strong&gt;mouvement intégral&lt;/strong&gt; en train de se développer en France. C’est pourquoi je désirais faire connaître aux lecteurs du Journal Intégral l’opportunité que représente cette formation au Tantra Intégral proposée dans la région de Montpellier durant la saison 2011/2012.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Cinq modules proposant une formation au Tantra Intégral&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Le tantra est une voie d’éveil qui nous propose d’aller au centre de nous-mêmes, à ce que nous sommes profondément, à partir d’une relation directe à l’Esprit, l’Autre, et la Nature. Le tantra nous invite à nous &lt;strong&gt;connecter à la partie divine en nous&lt;/strong&gt; au travers de pratiques qui mettent en jeu la &lt;strong&gt;méditation&lt;/strong&gt;, la &lt;strong&gt;conscience&lt;/strong&gt;, le &lt;strong&gt;questionnement de soi&lt;/strong&gt; (qui suis je?), la &lt;strong&gt;danse,&lt;/strong&gt; la &lt;strong&gt;sensualité&lt;/strong&gt;, la &lt;strong&gt;respiration,&lt;/strong&gt; les &lt;strong&gt;mantras&lt;/strong&gt; et la &lt;strong&gt;relation masculin/féminin&lt;/strong&gt; pour &lt;strong&gt;transmuter l’énergie de vie&lt;/strong&gt; (et notamment l’énergie sexuelle) &lt;strong&gt;en amour inconditionnel et en extase divine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;L’approche intégrale, telle qu’elle a été proposée par &lt;strong&gt;Ken Wilber&lt;/strong&gt; ou par &lt;strong&gt;Clare Graves&lt;/strong&gt; (appelée alors Spirale Dynamique), permet d’&lt;strong&gt;appréhender le monde comme évolution&lt;/strong&gt;. Elle donne des repères conceptuels, une carte, permettant d’intégrer l’ensemble des dimension de l’être, aussi bien sur le plan individuel que collectif, mais aussi des guides pratiques pour unir connaissance et expérience directe, raison et intuition, sagesse et émotion, masculin et féminin, sexualité et spiritualité, individuel et collectif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les Thèmes abordés &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Les aspects suivants sont développés dans ce cycle de formation au Tantra Intégral :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Vivre comme un dauphin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;: changer le mode de notre propre gouvernance intérieure (vision, différence entre intérêt et enthousiasme, prise de décision « intégrale » ou « éclairée », etc.). Avancer dans la vie comme un dauphin, en suivant le flux et comment agir pleinement (en fait paradoxalement beaucoup plus efficacement) sans entrer dans le contrôle, afin de ressentir la Joie profonde de l’existence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Reconnaître notre guide intérieur et son enseignement &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;en passant de la direction du mental/ego à une guidance fondée sur l’intuition et l’écoute profonde de nos ressentis. Découvrir la sagesse qui réside dans le ventre (Hara) et, pour les femmes, dans leur Grotte Sacrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Des croyances à la co-création&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;: comment nous nous emmurons dans notre monde par nos croyances et nos jugements, comment sortir de notre vision aliénante et entrer dans &lt;strong&gt;un espace intersubjectif de rencontre avec l’autre&lt;/strong&gt;, pour co-créer ensemble un monde nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’autre comme le miroir de nos ombres et le chemin de notre développement&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. Comment voir nos ombres et la manière dont elles se projettent sur l’autre. Comment intégrer nos ombres à la lumière, dans un processus de croissance individuelle et collective.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les stades de l’évolution individuelle et collectives&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; : comment appréhender le monde qui nous entoure et notre place dans l’évolution du monde. Comment agir pour favoriser le développement du monde et le nôtre. La rencontre tantrique à tous les niveaux de développement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les blessures du coeur&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. Les reconnaître (en allant voir ses ombres) et les soigner par le pardon et l’amour. Ici encore: passer des peurs à l’amour. Les blessures comme opportunité pour avancer et aller au delà du moi, pour rencontrer l’âme et le « je suis»: essences de ce que nous sommes..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Sexualité et spiritualité&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;: un mariage essentiel dans l’amour et la conscience. L’union de la grotte sacrée et du glorieux lingam. La puissance soignante, régénératrice, fécondante et impulsante de vie de la sexualité tantrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Connexion au divin et à la Source&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;: reliance à la Source, par la rencontre à soi, à l’autre, et au divin incarné dans le monde, afin de participer en pleine conscience à la Danse du Divin, la Lila Cosmique, la magie de l’Existence, dans l’évolution du monde…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dimensions individuelles, relationnelles et collectives &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Chaque stage appréhendera, en fonction des possibilités du groupe, la dimension individuelle, relationnelle et collective de l’éveil:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abord, il s’agira d’avancer sur la &lt;strong&gt;voie extatique de la connexion au divin&lt;/strong&gt;. Nous irons nous connecter à notre essence au travers de méditations, de danses, de massages et de « moyens habiles » ludiques, sensuels, et profonds, afin de nous permettre d’incarner plus souvent la Joie au quotidien et de nous ouvrir à une relation à l’autre plus authentique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, nous nous aiderons mutuellement à &lt;strong&gt;réintégrer toutes les parties de nous mêmes&lt;/strong&gt; qui ont été si souvent niées, rejetées, humiliées, jugées, étouffées, afin de nous libérer et d’être enfin Un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, nous nous éveillerons à notre âme, de manière à &lt;strong&gt;pouvoir participer, en liberté, joie et conscience à l’évolution du monde,&lt;/strong&gt; et être acteur et facilitateur, dans l’amour et la puissance, de cette transformation. Et nous ferons ainsi l’expérience de prises de décisions et d’actions de groupe en fonctionnant au delà de l’ego, pour incarner l’intelligence et la sagesse collective, et vivre l’égrégore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dates des stages &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Chaque module comprend une focalisation particulière. Il n’est pas nécessaire de les pratiquer dans l’ordre, et aucun pré-requis n’est nécessaire, chacun étant organisé de manière autonome. On peut s’inscrire à un ou plusieurs modules, de manière indépendante. Il n’est pas nécessaire de devoir s’inscrire à l’ensemble des modules. A part le dernier (sexualité sacrée) qui est réservé à des pratiquants non débutants, les modules sont ouverts aussi bien à des pratiquants de tantra chevronnés qu’à des débutants…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces modules feront appel, en co-animation, à d’autres intervenants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;11 au 13 novembre 2011&lt;/em&gt;. &lt;strong&gt;&lt;a href="http://developpementintegral.com/2011/09/stage-de-tantra-integral-la-fluidite-du-dauphin-dans-larticulation-yin-yang/"&gt;La fluidité du dauphin dans l’articulation Yin-Yang&lt;/a&gt;. &lt;/strong&gt;Cévennes (Complet. Un dédoublement de ce stage à une autre date est envisagé).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;27au 29 Janvier 2012&lt;/em&gt;. &lt;strong&gt;La relation comme voie d’éveil&lt;/strong&gt; (lieu à préciser).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;2 au 4 mars 2012&lt;/em&gt;. &lt;strong&gt;Intégration et plénitude&lt;/strong&gt;. Cévennes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;4 au 6 mai 2012&lt;/em&gt;. &lt;strong&gt;Joie individuelle et sagesse collective&lt;/strong&gt;. Cévennes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;1 au 3 juin 2012&lt;/em&gt;. &lt;strong&gt;Sexualité sacrée&lt;/strong&gt;. Cévennes [module avancé]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se connecter &lt;strong&gt;&lt;a href="http://developpementintegral.com/2011/07/stages-de-tantra-integral/"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;pour toutes les &lt;strong&gt;informations pratiques&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-3343884770092034855?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/3343884770092034855/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/formation-au-tantra-integral.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3343884770092034855'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3343884770092034855'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/formation-au-tantra-integral.html' title='Formation au Tantra Intégral'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-WK6U59dbRKs/TpxJDO9bhmI/AAAAAAAAAhE/Mpz6Talxvvw/s72-c/D%25C3%25A9vellopement%2Bint%25C3%25A9gral.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-6688543877746910176</id><published>2011-10-14T04:00:00.002+02:00</published><updated>2011-10-14T04:33:35.010+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>René Char. Une Poétique Intégrale (2)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-SUST9m7jdjI/TpR8qcwK4PI/AAAAAAAAAgg/x5VY2cIZBTk/s1600/ReneChar.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 296px; FLOAT: left; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5662287700226138354" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-SUST9m7jdjI/TpR8qcwK4PI/AAAAAAAAAgg/x5VY2cIZBTk/s400/ReneChar.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Leur crime : un enragé vouloir de nous apprendre à mépriser les dieux que nous avons en nous. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le poète, conservateur des infinis visages du vivant. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Ne t'attarde pas à l'ornière des résultats. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L'acte est vierge, même répété. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;A chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d'avenir. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Aucun oiseau n'a le coeur de chanter dans un buisson de questions. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la beauté. Toute la place est pour la beauté. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Mettre en route l'intelligence sans le secours des cartes d'état-major. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Pleurer longtemps solitaire mène à quelque chose. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Mais qui rétablira autour de nous cette immensité, cette densité réellement faites pour nous, et qui, de toutes parts, non divinement, nous baignaient ? &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Vivre c'est s'obstiner à achever un souvenir ? Mourir c'est devenir, mais nulle part, vivant ? &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L'appétit de quelques esprits a détraqué l'estomac des hommes. Pourquoi cette perte de noblesse entre révélation et création ? &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le réel quelques fois désaltère l'espérance. C'est pourquoi contre toute attente, l'espérance survit. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Ce dont le poète souffre le plus dans ses rapports avec le monde c'est du manque de justice interne. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Il existe une sorte d'homme toujours en avance sur ses excréments. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Arthur Rimbaud jaillit en 1871 d’un monde à l’agonie qui ignore son agonie et se mystifie, car il s’obstine à parer son crépuscule des teintes de l’aube de l’âge d’or. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le monde contemporain nous a déjà retiré le dialogue, la liberté et l'espérance, les jeux et le bonheur; il s'apprête à descendre au centre même de notre vie pour éteindre le dernier foyer, celui de la Rencontre. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Viendra le temps où les nations sur la marelle de l’univers seront aussi étroitement dépendantes les unes des autres que les organes d’un même corps, solidaires en son économie. Le cerveau, plein à craquer de machines, pourra-t-il encore garantir l’existence du mince ruisselet de rêve et d’évasion ? L’homme, d’un pas de somnambule, marche vers les mines meurtrières, conduit par le chant des inventeurs... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;René Char. Une Poétique Intégrale (&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/02/agir-en-primitif-et-prevoir-en-stratege.html"&gt;1&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;object id="wat_1637526" width="480" height="270"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.wat.tv/swf2/595076nIc0K111637526"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowScriptAccess" value="always"&gt;&lt;br /&gt;&lt;embed src="http://www.wat.tv/swf2/595076nIc0K111637526" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="270"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: center; PADDING-BOTTOM: 4px; PADDING-LEFT: 0px; WIDTH: 480px; PADDING-RIGHT: 0px; BACKGROUND: #cccccc; FONT-SIZE: 11px; PADDING-TOP: 2px" class="watlinks"&gt;&lt;a class="waturl" title="Vidéo René Char - Redonnez-leur sur wat.tv" href="http://www.wat.tv/video/rene-char-redonnez-leur-z3iu_2gh7d_.html" target="_blank"&gt;&lt;strong&gt;René Char - Redonnez-leur&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; Vidéo &lt;a class="waturl altuser" title="Retrouvez toutes les vidéos cofiz75 sur wat.tv" href="http://www.wat.tv/cofiz75"&gt;cofiz75&lt;/a&gt; sélectionnée dans &lt;a class="waturl alttheme" title="Toutes les vidéos Arts &amp;amp; Talents sont sur wat.tv" href="http://www.wat.tv/theme/art-talent/recent"&gt;Arts &amp;amp; Talents&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-6688543877746910176?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/6688543877746910176/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/rene-char-une-poetique-integrale-2.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/6688543877746910176'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/6688543877746910176'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/rene-char-une-poetique-integrale-2.html' title='René Char. Une Poétique Intégrale (2)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-SUST9m7jdjI/TpR8qcwK4PI/AAAAAAAAAgg/x5VY2cIZBTk/s72-c/ReneChar.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-4772417237147988540</id><published>2011-10-08T00:10:00.003+02:00</published><updated>2011-11-08T13:48:40.543+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Université Intégrale'/><title type='text'>Université Intégrale (11) Une Economie des Profondeurs (fin)</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-MrR1KSh1CqM/To9L6tTdu-I/AAAAAAAAAgY/95zKo8bfla8/s1600/p%25C3%25A9dago.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 183px; DISPLAY: block; HEIGHT: 275px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5660826728593734626" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-MrR1KSh1CqM/To9L6tTdu-I/AAAAAAAAAgY/95zKo8bfla8/s400/p%25C3%25A9dago.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Le danger, ce n'est pas ce qu'on ignore, c'est ce que l'on tient pour certain et qui ne l'est pas&lt;/em&gt;. Mark Twain&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dans notre &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-10-une-economie.html"&gt;&lt;strong&gt;dernier billet&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;dont celui-ci constitue la suite, nous présentions le &lt;strong&gt;contexte culturel&lt;/strong&gt; permettant l’émergence d’une nouvelle forme de pensée économique qui s’émancipe de cette idéologie dominante qu'est "l’économisme" pour envisager une « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;économie des profondeurs &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;» capable de décrire les &lt;strong&gt;interactions entre les économies psychique, symbolique et monétaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Nous présentons ci-dessous les conférences de &lt;strong&gt;Patrick Viveret&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Michel Saloff-Coste&lt;/strong&gt; qui se sont déroulées lors de la &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-7-nouvelles.html"&gt;&lt;strong&gt;treizième session de l’Université Intégrale&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;et qui apparaissent comme autant d’illustrations de cette « économie des profondeurs ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La Résilience face à la Crise Financière. Patrick Viveret&lt;br /&gt;&lt;iframe height="220" src="http://player.vimeo.com/video/29288020?title=0&amp;amp;byline=0&amp;amp;portrait=0" frameborder="0" width="400"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/29288020"&gt;Patrick Viveret : construire la résilience face à la crise financière&lt;/a&gt; from &lt;a href="http://vimeo.com/univers"&gt;UNIVERSITE INTEGRALE&lt;/a&gt; on &lt;a href="http://vimeo.com/"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Patrick Viveret analyse les crises financières comme des crises de foi et de confiance vis-à-vis d’un modèle capitaliste dont le rôle historique se termine, et comme autant de &lt;strong&gt;signes annonciateurs de la fin d’un cycle : celui des temps modernes&lt;/strong&gt;. Il observe les &lt;strong&gt;dynamiques régénératrices&lt;/strong&gt; qui s’expriment à travers de nombreux phénomènes économiques et monétaires, culturels et spirituels. Ces dynamiques évolutives pourraient permettre à l’humanité de sortir de ce cycle par le haut en évitant la menace d’une régression généralisée que fait courir l’écroulement de références et d’habitudes séculaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conférence de Patrick Viveret est lumineuse et son discours habité par &lt;strong&gt;une vision à la fois savante et inspirée&lt;/strong&gt; qui ouvre des perspectives enthousiasmantes. &lt;strong&gt;A voir absolument&lt;/strong&gt; pour tous ceux qui s’interrogent sur le sens des crises que nous vivons et sur la possibilité que nous avons de les surmonter en participant, ensemble et séparément, à la dynamique créatrice de l’évolution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophe, essayiste, ancien conseiller référendaire à la Cour des Comptes, Patrick Viveret est l’auteur de nombreux livres dont &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi ça ne va pas plus mal&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (2005), &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pour un nouvel imaginaire politique&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (collectif 2006), &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment vivre en temps de crise&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (avec Edgar Morin, 2010), &lt;strong&gt;&lt;em&gt;De la convivialité, dialogues sur la société conviviale à venir&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; (collectif 2011). Il est nommé par Guy Hascoët (secrétaire d’Etat à l’économie solidaire) de diriger la mission « nouveaux facteurs de richesse » (2001-2004) qui aboutira au rapport « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/024000191/index.shtml"&gt;Reconsidérer la richesse&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Viveret est à l'origine de la Monnaie complémentaire &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.sol-reseau.org/"&gt;Sol&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dont trois expérimentations (au Nord-Pas-de-Calais, en Île-de-France et en Bretagne) ont été lancées en mars 2006. Il est aussi le co-fondateur des rencontres internationales « &lt;a href="http://dialoguesenhumanite.org/"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Dialogues en Humanité&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;». Nous avons présenté &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/10/post-materialisme-5-une-ecosophie.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; ses réflexions sur la sobriété heureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Au Coeur de la Monnaie. Bernard Lietaer&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe height="220" src="http://player.vimeo.com/video/29287225?title=0&amp;amp;byline=0&amp;amp;portrait=0" frameborder="0" width="400"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/29287225"&gt;Bernard Lietaer : au cœur de la monnaie&lt;/a&gt; from &lt;a href="http://vimeo.com/univers"&gt;UNIVERSITE INTEGRALE&lt;/a&gt; on &lt;a href="http://vimeo.com/"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Dans les deux billets consacrés à une &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-8-une-vision.html"&gt;&lt;strong&gt;vision intégrale de la monnaie&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;nous avions présenté quelques éléments concernant les recherches menées par Bernard Lietaer. La monnaie représente pour lui une &lt;strong&gt;projection de l’inconscient collectif&lt;/strong&gt; des sociétés. Il utilise les concepts de la &lt;strong&gt;psychologie collective&lt;/strong&gt; élaborés par &lt;strong&gt;Jung&lt;/strong&gt; pour interpréter le rôle des &lt;strong&gt;archétypes&lt;/strong&gt; qui structurent cet inconscient collectif à travers des séquences d’émotions et d’actions pouvant être observés à travers le temps et les cultures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lié à l’abondance matérielle, à la sexualité, à la fertilité et à la monnaie, l’archétype de la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9esse_M%C3%A8re"&gt;Déesse Mère&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dominant dans les sociétés primitives, représente la &lt;strong&gt;matrice primordiale&lt;/strong&gt; d’où émerge la &lt;strong&gt;puissance vitale&lt;/strong&gt; et l’abondance à travers laquelle se manifeste cette puissance originelle. Le mot monnaie vient d’ailleurs de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Temple_de_Junon_Moneta"&gt;Juno Moneta&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une &lt;strong&gt;représentation grecque de la déesse mère&lt;/strong&gt; dans le temple de laquelle était frappé la monnaie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet archétype de la Déesse Mère a été réprimé durant plusieurs millénaires par un &lt;strong&gt;imaginaire patriarcal,&lt;/strong&gt; fondé sur la domination et la séparation, qui s’est imposé à travers les croyances, la religion et les modes d’organisation. Cette répression fait que nous sommes hantés par &lt;strong&gt;les ombres de la Déesse Mère que sont la cupidité et la pénurie&lt;/strong&gt;, l’ombre étant la manifestation d’un archétype quand il est réprimé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les temps sont venus de se libérer du monopole de cet imaginaire patriarcal qui menace aujourd’hui notre survie, pour inventer de &lt;strong&gt;nouvelles formes économiques, monétaires et culturelles intégrant les éléments yin/féminin et yang/masculin&lt;/strong&gt;. Qu’elle soit capitaliste ou communiste, &lt;strong&gt;l’économie yang&lt;/strong&gt; est fondée sur un &lt;strong&gt;monopole monétaire&lt;/strong&gt; avec un taux d’intérêt positif qui implique tout un système fondé sur la compétition, la rareté de la monnaie, le capital financier et les transactions commerciales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nos jours émerge une &lt;strong&gt;économie Yin&lt;/strong&gt; à travers lequel s’exprime l’archétype de la Déesse Mère. Cette &lt;strong&gt;économie coopérative&lt;/strong&gt; développe un capital social et se manifeste notamment à travers des &lt;strong&gt;transactions communautaires&lt;/strong&gt; et une&lt;strong&gt; diversité de monnaies complémentaires&lt;/strong&gt;. Fondamentalement la monnaie représente de l’information. L’ère post-industrielle dans laquelle nous entrons est celui d’une société de l’information dont il faut utiliser les outils dans un &lt;strong&gt;projet d’intégration des polarités yin et yang&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bernard Lietaer a derrière lui trente ans d'expériences professionnelles : haut fonctionnaire de banque centrale, président du système de paiement électronique de Belgique, et directeur général de fonds monétaires ; consultant auprès de firmes multinationales, mais aussi de pays en développement ; professeur de finance internationale à l'Université de Louvain, avant de devenir le plus haut dirigeant en charge des services d'organisation et d'informatique de la Banque Centrale de Belgique. Son premier projet, en cette fonction, a été la conception et l'implantation de l'ECU, le système de convergence vers la monnaie unique européenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a aidé des pays en développement d'Amérique latine à améliorer la solidité de leurs monnaies. Il est l'auteur de&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.souffledor.fr/igc/fichier/SO/souffledor_bou/produit/CP%20au%20coeur%20de%20la%20monnaie.pdf"&gt; Au Cœur de la Monnaie &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;et « &lt;a href="http://www.lietaer.com/writings/books/monnaies-regionales/"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Monnaies Régionales : De nouvelles voies vers une prospérité durable&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;». Plus d'informations sur ses travaux sont disponibles &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.lietaer.com/other-languages/francais/"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;sur son site. A lire &lt;strong&gt;&lt;a href="http://emmapom.com/blog/2011/07/19/au-coeur-de-la-monnaie-bernard-lietaer-nous-invite-au-voyage/"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;la recension de son ouvrage : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Au cœur de la monnaie&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. Un reportage de &lt;a href="http://www.france-info.com/chroniques-initiative-france-info-2011-10-06-ces-monnaies-qui-defient-l-euro-567093-81-482.html"&gt;&lt;strong&gt;France Info&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;consacré hier aux monnaies complémentaires est illustré par un entretien avec Bernard Lietaer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Michel Saloff-Coste. Les Monnaies ont-elles une âme ?&lt;br /&gt;&lt;iframe height="220" src="http://player.vimeo.com/video/29568459?title=0&amp;amp;byline=0&amp;amp;portrait=0" frameborder="0" width="400"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/29568459"&gt;Michel Saloff-Coste : les monnaies ont-elles une âme ?&lt;/a&gt; from &lt;a href="http://vimeo.com/univers"&gt;UNIVERSITE INTEGRALE&lt;/a&gt; on &lt;a href="http://vimeo.com/"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Initiateur de l’Université Intégrale, &lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Saloff-Coste"&gt;Michel Saloff-Coste&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; tire les conclusions de cette session dédiée à la monnaie et aux indicateurs de richesses. Il considère que l’humanité vit aujourd’hui un &lt;strong&gt;carrefour historique et stratégique singulier&lt;/strong&gt;. Soit nous nous laissons happer dans des stratégies régressives qui s’avèrent suicidaires. Soit nous mobilisons les extraordinaires facultés créatrices de l’être humain pour inventer une voie nouvelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce changement de civilisation se fera par un changement de regard, notamment sur l’économie et la monnaie, et &lt;strong&gt;ce changement de regard passe par l’émergence d’une nouvelle épistémologie&lt;/strong&gt;. C’est pourquoi les débats qui se sont déroulés lors de cette session lui apparaissent fondamentaux dans la mesure où ils sont &lt;strong&gt;les prémisses d’une nouvelle vision économique fondée sur une perspective transdisciplinaire et intégrale&lt;/strong&gt;. De telles approches novatrices redonnent à la monnaie une âme qui lui avait été volée par une science économique fondée sur le paradigme réductionniste et abstrait d’une modernité marchande et industrielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Redonner une âme à la monnaie&lt;/strong&gt; c’est tout simplement faire le constat évident que &lt;strong&gt;la valeur monétaire est toujours le reflet des valeurs collectives autour desquelles les êtres humains font société.&lt;/strong&gt; A société matérialiste, monnaie matérialiste, à société spirituelle, monnaie spirituelle. Une économie intégrale prendra en compte les &lt;strong&gt;divers niveaux de l'échange monétaire&lt;/strong&gt; qui traduisent sur le plan quantitatif les différents types de &lt;strong&gt;relations qualitatives&lt;/strong&gt; que l’être humain entretient avec les milieux – sociaux et naturels, culturels et spirituels – dans lesquels il évolue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Co-fondateur du &lt;strong&gt;&lt;a href="http://clubdebudapest.org/index.php?option=com_content&amp;amp;task=blogcategory&amp;amp;id=23&amp;amp;Itemid=45"&gt;Club de Budapest France&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Michel Saloff-Coste est chercheur, peintre, consultant. Auteur de nombreux livres dont « &lt;em&gt;Le management du 3e millénaire&lt;/em&gt; » (2008), « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Trouver son génie&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; » (2005) et « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le dirigeant du 3e millénaire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; » (2006). Nous avons présenté &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/12/penser-la-nouvelle-civilisation-1.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; un entretien avec Michel Saloff-Coste : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Au-delà de la crise, penser la « nouvelle civilisation&lt;/strong&gt; »&lt;/em&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-4772417237147988540?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/4772417237147988540/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-1-une-economie-des.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4772417237147988540'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/4772417237147988540'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-1-une-economie-des.html' title='Université Intégrale (11) Une Economie des Profondeurs (fin)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-MrR1KSh1CqM/To9L6tTdu-I/AAAAAAAAAgY/95zKo8bfla8/s72-c/p%25C3%25A9dago.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-3676843116953468901</id><published>2011-10-05T06:00:00.004+02:00</published><updated>2011-10-07T21:47:37.191+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Université Intégrale'/><title type='text'>Université Intégrale (10) Une Economie des Profondeurs</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-EhE5K7-HaGg/TovWEtO165I/AAAAAAAAAgQ/9vIF8Kp9GlY/s1600/Post-Capitalisme.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 289px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5659852733070830482" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-EhE5K7-HaGg/TovWEtO165I/AAAAAAAAAgQ/9vIF8Kp9GlY/s400/Post-Capitalisme.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Changer, c’est d’abord changer de point de vue.&lt;/em&gt; J.B Pontalis &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Lundi 19 Septembre, lors de sa treizième session, &lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-7-nouvelles.html"&gt;l’Université Intégrale &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;a été le théâtre d’un impressionnant dialogue entre deux penseurs visionnaires de l’économie et de la monnaie, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.lietaer.com/other-languages/francais/"&gt;Bernard Lietaer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret"&gt;Patrick Viveret&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, autour du thème : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La monnaie, yin et yang de l'économie ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;On peut voir &lt;strong&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/29287225"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; la vidéo de la conférence de &lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;/strong&gt; dont le titre &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.souffledor.fr/igc/fichier/SO/souffledor_bou/produit/CP%20au%20coeur%20de%20la%20monnaie.pdf"&gt;Au cœur de la monnaie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; reprenait celui de son dernier livre dont nous avons parlé dans un &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-9-une-vision.html"&gt;billet précédent&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Intitulé &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La résilience face à la crise financière&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, on peut voir &lt;strong&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/album/1698039/video/29288020"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;la vidéo de la conférence de &lt;strong&gt;Patrick Viveret&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Valeurs qualitatives et valeur quantitative &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Loin de l’idéologie dominante qui consiste à réduire l’économie et la monnaie à une dimension purement abstraite et instrumentale, les travaux de ces deux chercheurs montrent à quel point &lt;strong&gt;l’organisation économique et monétaire des sociétés est le reflet des croyances et des émotions collectives. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;La valeur économique et monétaire renvoie toujours à une intersubjectivité émotionnelle et culturelle fondée sur des valeurs collectives et qualitatives&lt;/strong&gt;. Quand ces valeurs collectives ne sont plus adaptées à l’évolution du contexte historique et technologique ainsi qu’aux conditions de vie des sociétés, elles s’effondrent, entraînant de ce fait l’écroulement des valeurs monétaires qui en étaient la traduction économique. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;A ce cycle de dégénérescence correspond &lt;strong&gt;l’émergence régénératrice de nouvelles formes culturelles et sociales, économiques et monétaires&lt;/strong&gt;, adaptées à un nouveau stade évolutif. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Un modèle mécaniste &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Inspirée par les méthodes de la science expérimentale, la psychologie naissante au dix-neuvième siècle décrivait un sujet libre, rationnel et volontaire, dont les comportements pouvaient être observés et mesurés. La &lt;strong&gt;science économique&lt;/strong&gt; s’est construite autour de cet individu abstrait et autonome. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;En appliquant aux flux économiques une grille d’observation et d’interprétation adaptée aux phénomènes matériels, &lt;strong&gt;la science économique a plaqué un modèle mécaniste sur la complexité dynamique et multidimensionnelle des échanges qui sont au cœur de l’organisation socio-économique. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Elle en est ainsi venue à dénier &lt;strong&gt;les valeurs qualitatives et collectives qui fondent la valeur monétaire &lt;/strong&gt;pour promouvoir un ensemble de procédures techniques liées à des abstractions formelles ainsi qu'à des modèles mathématiques et statistiques qui n’ont plus grand-chose à voir avec &lt;strong&gt;la vie concrète, la profondeur et le mouvement des sociétés&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Une idéologie dominante &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Face au réductionnisme psychologique sont apparus avec &lt;strong&gt;Freud &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Jung&lt;/strong&gt; les représentants d’une « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;psychologie des profondeurs&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; » qui appréhendait les dynamiques inconscientes de la psyché, puis, à partir des années 60, les tenants d’une&lt;strong&gt; &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_syst%C3%A9mique"&gt;approche systémique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_syst%C3%A9mique"&gt; &lt;/a&gt;et ceux d’une &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_transpersonnelle"&gt;psychologie transpersonnelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; prenant en compte les champs relationnels et supérieurs de la psyché. Toutes ces démarches remettaient en question l’individu autonome en démontrant qu’il était traversé et déterminé par des &lt;strong&gt;dynamiques à la fois inconscientes et transpersonnelles, familiales et sociales. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Si, au cours du vingtième siècle, la psychologie a progressivement évolué en prenant en compte les diverses facettes de la personnalité, l’économie, par contre, a peu bougé : son &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Individualisme_m%C3%A9thodologique"&gt;individualisme méthodologique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; lui a permis de se constituer en idéologie dominante d’une société de plus en plus mercantile qui trouvait en elle une &lt;strong&gt;rationalisation de son productivisme&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;justification de son consumérisme&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Il ne faut donc pas s’étonner que, dans nos sociétés libérales où cette science économique est le modèle d’interprétation dominant, l’homme soit devenu une simple &lt;strong&gt;variable d’ajustement de logiques comptables&lt;/strong&gt; fondées sur le profit financier et le déni des relations humaines. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Economie psychique, symbolique et monétaire&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Un certain nombre de penseurs en sciences sociales et en économie remettent en cause cet individualisme méthodologique et le &lt;strong&gt;réductionnisme épistémologique&lt;/strong&gt; qui le sous-tend. Représentatif de ce courant de pensée, le &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.revuedumauss.com/"&gt;M.a.u.s.s&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; – &lt;strong&gt;Mouvement anti-utilitaire en sciences sociales&lt;/strong&gt; – regroupe des chercheurs transdisciplinaires qui réactualisent &lt;strong&gt;l’économie traditionnelle du don&lt;/strong&gt; explorée par &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Mauss"&gt;Marcel Mauss&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;C’est ainsi qu’on assiste à l’émergence d’une véritable « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;économie des profondeurs&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; » qui ne se limite pas à l’observation superficielle des comportements individuels mais qui rend compte des &lt;strong&gt;dynamiques collectives et culturelles&lt;/strong&gt; qui animent en profondeur les sociétés humaines comme les individus. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Cette « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;économie des profondeurs&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; » met en rapport et en correspondance &lt;strong&gt;l’économie psychique&lt;/strong&gt; des archétypes et des dynamiques qui déterminent la conscience collective et les comportements individuels, &lt;strong&gt;l’économie symbolique&lt;/strong&gt; de l’imaginaire collectif et des représentations culturelles, ainsi que &lt;strong&gt;l’organisation économique et monétaire&lt;/strong&gt; des sociétés. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Il existe une &lt;strong&gt;relation systémique entre les économies psychique, symbolique et monétaire&lt;/strong&gt; et il s’agit de saisir les &lt;strong&gt;interactions entre toutes ses dimensions&lt;/strong&gt; qui sont les expressions diversifiées d’une même « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;vision du monde&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; » inspiré par l’esprit du temps. Ce système synchrone est lui-même la manifestation à un moment donné d’une &lt;strong&gt;dynamique évolutive&lt;/strong&gt; qui se déploie à travers des stades successifs de complexité et d’intégration croissants. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Une profondeur diachronique et systémique &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;La profondeur dont il est question dans « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;l’économie des profondeurs&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; » est celle qui perçoit la &lt;strong&gt;dimension systémique&lt;/strong&gt; liant toutes les expressions psychique, symbolique et monétaire de l’économie à un moment donné. Elle est ensuite capable de replacer ce système dans la &lt;strong&gt;dynamique évolutive&lt;/strong&gt; qui est à l’origine de la formation des divers systèmes économiques dans le temps. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;L’"&lt;em&gt;économie des profondeurs&lt;/em&gt;" est à la fois synchronique et diachronique : &lt;strong&gt;elle perçoit chaque système économique comme la manifestation historique d’une dynamique évolutive&lt;/strong&gt;. Cette connaissance permet ainsi d'anticiper et de participer à la création des nouvelles formes économiques et monétaires à travers laquelle se manifeste cette dynamique. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Comme &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Arnsperger"&gt;&lt;strong&gt;Christian Arnsperger&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;dans son &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/02/ethique-de-lexistence-post-capitaliste.html"&gt;&lt;em&gt;Ethique de l’existence post-capitaliste&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Patrick Viveret&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;/strong&gt; sont des pionniers de cette "&lt;strong&gt;&lt;em&gt;économie des profondeurs&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;". Ils utilisent leur solide formation économique et professionnelle pour subvertir et dépasser la pensée dominante en&lt;strong&gt; interprétant l’histoire économique et la crise du capitalisme en terme de civilisation et de psychologie collective, de culture et de spiritualité. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Le défi est grand. A partir d’une &lt;strong&gt;démarche transdisciplinaire&lt;/strong&gt; et d’une &lt;strong&gt;vision intégrale&lt;/strong&gt;, il s’agit d’inventer &lt;strong&gt;une pensée économique correspondant au nouveau stade évolutif &lt;/strong&gt;et&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;capable de prendre en compte toutes les dimensions, individuelles et collectives, culturelles et organisationnelles, à travers lesquelles s’effectuent cette gestion des ressources et cet échange des richesses qu’est l’économie. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Remettre l’économie à sa place &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Cette vision globale s’émancipe du réductionnisme dominant en remettant l’économie à la place qui devrait être la sienne dans le &lt;strong&gt;réseau de relations complexes et dynamiques&lt;/strong&gt; que l’homme entretient avec les divers milieux - social, culturel et naturel - où il évolue. Elle fait &lt;strong&gt;descendre l’économie du ciel abstrait des idées&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;des mesures et des équations financières&lt;/strong&gt; dans lequel la confine un modèle inapte à saisir la &lt;strong&gt;dynamique qualitative des sociétés. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Ce faisant elle redonne à l’économie &lt;strong&gt;le visage concret d’un échange situé dans un vaste contexte relationnel et symbolique, évolutif et multidimensionnel&lt;/strong&gt;. Cette subversion du discours dominant et son dépassement ouvre des pistes très riches pour la création d’un &lt;strong&gt;nouveau logiciel économique et monétaire indispensable à l’avènement de sociétés post-capitalistes. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Un &lt;strong&gt;Grand Merci&lt;/strong&gt; à toute l’équipe bénévole de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://universite-integrale.blogspot.com/"&gt;l’Université Intégrale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; pour nous permettre de participer – en direct ou sur la toile, dans divers pays – à de tels débats qui ouvrent des perspectives novatrices en mobilisant en nous &lt;strong&gt;cette force vitale et créatrice seule à même de répondre aux défis d’un nouveau monde à inventer sur les ruines de l’ancien en train de s’écrouler&lt;/strong&gt;... &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-3676843116953468901?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/3676843116953468901/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-10-une-economie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3676843116953468901'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3676843116953468901'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/10/universite-integrale-10-une-economie.html' title='Université Intégrale (10) Une Economie des Profondeurs'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-EhE5K7-HaGg/TovWEtO165I/AAAAAAAAAgQ/9vIF8Kp9GlY/s72-c/Post-Capitalisme.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-181695334313898532</id><published>2011-09-30T07:30:00.005+02:00</published><updated>2011-09-30T07:42:10.501+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><title type='text'>Les Monnaies Libres (3) Un Paradigme Post-Capitaliste (fin)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-4HC9hsSfeqI/ToFrpXMk9YI/AAAAAAAAAgI/WB0ImEaH0Ik/s1600/Soci%25C3%25A9t%25C3%25A9%2Bde%2Bl%2527information.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 259px; DISPLAY: block; HEIGHT: 194px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5656920965299631490" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-4HC9hsSfeqI/ToFrpXMk9YI/AAAAAAAAAgI/WB0ImEaH0Ik/s400/Soci%25C3%25A9t%25C3%25A9%2Bde%2Bl%2527information.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Comme si tout grand progrès de l'humanité n'était pas dû à de l'utopie réalisée ! Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l'utopie d'hier. &lt;/em&gt;Gide &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Ce billet est la suite du &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-2-un-paradigme-post.html"&gt;précédent&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; où notre réflexion sur les &lt;strong&gt;monnaies libres&lt;/strong&gt; était alimentée par de larges extraits d’un entretien donné au magazine&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.cles.com/dossiers-thematiques/autres-regards/quelles-alternatives-humaines-a-la/article/open-money-bientot-chacun-creera"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Clés&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;par &lt;strong&gt;&lt;a href="http://noubel.fr/a-propos/"&gt;Jean-François Noubel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Des millions de monnaies sur le Web !... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;J.F.N. : ... la monnaie du futur, dont je voudrais vous parler maintenant, émane des agents eux-mêmes. C’est un &lt;strong&gt;processus monétaire révolutionnaire&lt;/strong&gt;, comparable à ce qui s’est passé pour les médias. Revenez vingt ans en arrière, nous avions quelques dizaines de mass-médias, journaux, télés, radios, pour des dizaines de millions de citoyens. Ces médias étaient tous propriété d’États ou de grands groupes. En face, l’individu était isolé, démuni. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Aujourd’hui, grâce à Internet, nous sommes des millions à avoir des blogs et des sites, qui diffusent toutes sortes d’informations, provenant de millions d’émetteurs. &lt;strong&gt;La source n’est plus extérieure à nous&lt;/strong&gt;. Ce phénomène est en train de bouleverser les flux d’information, la gouvernance et donc la réalité du monde. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;La monnaie constitue la prochaine étape. Il n’y a plus aucune raison, ni économique, ni idéologique, ni technique, pour que la monnaie continue à émaner d’une source extérieure, prise dans une &lt;strong&gt;architecture centralisée et inégalitaire&lt;/strong&gt;. Désormais, l’infrastructure technique, les connaissances, l’idéologie, tout est prêt pour que chacun puisse créer sa ou ses monnaies. Dans les années qui viennent, &lt;strong&gt;vous allez voir apparaître des millions de monnaies, comme vous avez aujourd’hui des millions de médias&lt;/strong&gt;. Si je vous avais parlé de millions de médias il y a vingt ans, vous m’auriez ri au nez. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;En réalité, personne n’est relié à des millions de médias, chacun se relie plutôt aux vingt, dix, cinq ou trois médias dont il a besoin et qui lui correspondent. &lt;strong&gt;Pour la monnaie, nous allons assister à un phénomène similaire&lt;/strong&gt;. Vous n’allez pas adhérer à des millions de monnaies, mais à quelques-unes, qui vous correspondront. Par exemple à la monnaie de votre quartier, avec laquelle vous allez pouvoir payer votre coiffeur, votre boulanger, votre épicier, etc. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;À l’autre extrême, admettons que vous soyez philatéliste spécialisé dans le papillon, vous allez adhérer à la communauté mondiale des collectionneurs de ces timbres-là, qui aura sa propre monnaie, le Butterfly, permettant de s’échanger des timbres sans passer par le dollar, l’euro ou le yen. &lt;strong&gt;Chacun va déterminer ses appartenances monétaires en fonction de ses besoins&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Si vous vous apercevez que l’essentiel de vos achats provient de votre région, vous allez adhérer à une &lt;strong&gt;communauté monétaire régionale&lt;/strong&gt;. Si vous voyagez beaucoup dans telle partie du monde, vous allez vous retrouver dans un réseau de gens comme vous, qui vont développer leur propre monnaie. Même votre immeuble peut avoir sa monnaie, pour acheter et vendre, par exemple du covoiturage, des cours particuliers, du baby-sitting, etc. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Toutes ces monnaies se créeront aussi facilement que se crée aujourd’hui un groupe de discussion sur le web. Au début tous les comptes sont à zéro et puis on commence les échanges et les comptes se mettent à bouger, en plus ou en moins... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Monnaies locales, nationales et transnationales &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;En allant du plus petit vers le plus grand, vous avez d’abord une &lt;strong&gt;monnaie de quartier&lt;/strong&gt; utilisée par quelques dizaines de personnes ; puis une &lt;strong&gt;monnaie locale ou régionale&lt;/strong&gt; comptant quelques centaines de milliers d’utilisateurs ; puis des &lt;strong&gt;monnaies nationales ou transnationales&lt;/strong&gt;, qui auront des dizaines de millions, voire des centaines de millions de membres. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Vous pouvez par exemple très bien imaginer une monnaie internationale « &lt;strong&gt;Créatifs Culturels&lt;/strong&gt; », dont les tenants garantiront : « &lt;em&gt;Tout ce qui circule chez nous est garanti durable, éthique, pacifique, clean, bio, etc. &lt;/em&gt;» À l’intérieur d’un cercle d’une telle ampleur, s’établiront une éthique, une gouvernance, une fiscalité interne... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Comme aujourd’hui, vous aurez des gens dont 80% des échanges continueront à se faire sur le plan local et qui n’utiliseront que des monnaies de la région. Mais même eux ont besoin de s’acheter, mettons, de l’essence, pour laquelle ils auront besoin d’une monnaie globale - cela représentera peut-être 10% ou 20% de leurs transactions. À l’inverse, d’autres fonctionneront majoritairement avec des monnaies internationales. Tout cela donnera toutes sortes d’échanges. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;em&gt;N.C. : Concrètement, si j’arrive chez le boulanger, j’arrive avec quoi en poche : des pièces, des billets, un chéquier ? &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;J.F.N. : Une carte magnétique, vraisemblablement. De ce point de vue, la carte de crédit bancaire a bien préparé le travail. Aujourd’hui, il peut arriver que vous entriez dans un magasin qui ne prend pas votre type de carte de crédit. Vous choisissez alors un autre mode de paiement, ce n’est pas plus compliqué que ça. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;em&gt;N.C. : Mais ce système ne représente-t-il pas une sorte de &lt;strong&gt;régression hyper compliquée&lt;/strong&gt;, comme au temps où chaque seigneurie frappait sa propre monnaie et où les gens passaient leur temps à changer une monnaie contre une autre ? &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;J.F.N. : Internet aurait semblé horriblement compliqué si j’avais dû vous l’expliquer en théorie avant que ça n’existe. Nous allons vers un monde qui comportera des millions de monnaies et donc des millions de parités, et pourtant ça ne sera pas compliqué. L’immense différence avec l’époque que vous évoquez tient au fait que toutes ces « &lt;strong&gt;open money&lt;/strong&gt; » (&lt;strong&gt;monnaies libres&lt;/strong&gt;) &lt;strong&gt;seront créées par les gens eux-mêmes&lt;/strong&gt; et non par les seigneurs locaux. Cela change tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un nouveau protocole&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;N.C. : Mais nous, Européens, qui sommes si contents d’avoir aujourd’hui le même euro, de Gibraltar à Varsovie, n’allons-nous pas juste à rebours de ce que vous dites ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;J.F.N. : Ça n’est pas contradictoire. En gros, il s’agit de laisser chaque écosystème exprimer spontanément ses besoins. Le projet « Open Money » consiste à dire : « &lt;em&gt;Voilà l’outil pour créer toutes les monnaies que vous voulez, avec les architectures, la gouvernance et les limites que vous voulez, indexée sur ce que vous voulez : des dollars, des heures, des kilowatts, rien...&lt;/em&gt; » C’est donc un &lt;strong&gt;métasystème&lt;/strong&gt; que nous sommes en train de mettre en place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la même façon qu’ont été établis le &lt;strong&gt;protocole http&lt;/strong&gt;, avec interface utilisateur, qui permet à des machines très différentes de communiquer les unes avec les autres sur le réseau mondial, et aussi le &lt;strong&gt;système html&lt;/strong&gt;, qui permet à toute personne de faire du contenu et de le communiquer sur ce réseau, nous sommes en train de créer un &lt;strong&gt;nouveau&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;protocole&lt;/strong&gt;, appelons-le provisoirement &lt;strong&gt;htxx&lt;/strong&gt;, qui &lt;strong&gt;permettra à tout collectif de se créer sa ou ses monnaies.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;N.C. : Des experts monétaires partagent-ils votre point de vue ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J.F.N. : Oui, par exemple &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.lietaer.com/other-languages/francais/"&gt;Bernard Lietaer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, cofondateur de l’euro, ancien de la banque centrale européenne, qui s’explique dans son best-seller &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.transaction.net/money/book/index.html"&gt;The future of money&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Il vient de produire pour le Club de Rome un document faisant &lt;strong&gt;le lien entre ce qu’il appelle les « monnaies complémentaires » et la durabilité.&lt;/strong&gt; C’est un réformiste, très politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon lui, &lt;strong&gt;la monnaie principale est yang, masculine, compétitive, dynamique&lt;/strong&gt;, et les &lt;strong&gt;« monnaies complémentaires » sont yin, féminines,&lt;/strong&gt; servant quand on n’a pas besoin d’être en compétition, mais en &lt;strong&gt;collaboration&lt;/strong&gt;, avec partage de savoir, développement durable, etc. Il pense qu’un &lt;strong&gt;bon dosage entre monnaies yin et yang&lt;/strong&gt; nous permettra de naviguer à long terme. Je ne partage pas tout à fait son point de vue, même si c’est un ami que j’estime beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;N.C. : Le prospectiviste &lt;strong&gt;Mark Luyckx&lt;/strong&gt; nous disait récemment que plusieurs milliers d’entreprises belges fonctionnaient déjà en partie avec leur propre monnaie... Mais pouvez-vous nous en dire plus sur ce nouveau protocole ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;J.F.N. : Il permettra à chacun de se créer des comptes, à partir desquels il pourra émettre et recevoir autant de monnaies qu’il voudra. Aujourd’hui, vous avez par exemple un compte email, que vous pouvez communiquer, pour participer à des groupes de discussion ou à des réseaux de toutes sortes. À partir de ce compte, vous émettez et recevez des emails. Eh bien, de la même façon, vous aurez un &lt;strong&gt;compte CC&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;community currency&lt;/strong&gt;) qui vous permettra de vous connecter à n’importe quelle monnaie en quelques clics et de pouvoir émettre et recevoir de ces monnaies-là. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Une gouvernance intégrée dans un logiciel &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;N.C. : Il y a une différence de taille entre l’information et la monnaie : par définition, la première est illimitée - si j’utilise une information, je n’en prive personne -, alors que la monnaie symbolise une richesse qui, quelle qu’elle soit, ne peut malheureusement pas se démultiplier ! Qu’est-ce qui va ancrer ces monnaies libres dans le réel matériel de la rareté &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;J.F.N. : Imaginez une partie de Monopoly où, à la place de la banque, chacun des joueurs achète et vend librement, avec &lt;strong&gt;des comptes, initialement égaux, qui montent et qui descendent en fonction des échanges.&lt;/strong&gt; Les joueurs de ce collectif décident du type de produits ou de services échangés. Ils fixent aussi les &lt;strong&gt;limites du marché&lt;/strong&gt; : jusqu’où peut-on descendre dans le débit et grimper dans le crédit ? &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Exemple simple pour faire comprendre : un groupe de personnes pratiquant le covoiturage peut décider de prendre comme règle de gouvernance que personne ne pourra descendre plus bas que -200 km, ni monter plus haut que +200 km. Si vous avez déjà donné 200 km, vous devez absolument vous faire covoiturer par les autres, tout ce que vous donnerez en plus ne sera pas comptabilisé. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Inversement, si vous avez déjà pris 200 km, vous avez épuisé votre crédit et il vous faut covoiturer les autres si vous voulez continuer à fonctionner dans ce collectif. Autrement dit, un collectif peut décider que personne ne s’endettera ni ne s’enrichira au-delà d’un certain pourcentage de la masse monétaire globale de ce collectif... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Réfléchissez à l’essence même de cette technologie : en soi, c’est &lt;strong&gt;de la conscience embarquée, ou engrammée.&lt;/strong&gt; Pensez aux premières heures de &lt;strong&gt;e-bay&lt;/strong&gt;. Combien de gens ont dit, à l’époque : « &lt;em&gt;Ça ne marchera jamais ! On a déjà du mal à acheter la tondeuse du voisin, ou à la lui vendre par peur des chèques en bois, comment irais-je faire des enchères avec un type à l’autre bout du monde que je n’ai jamais vu ? &lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;La réponse, c’est que vous n’avez pas à faire confiance à cet inconnu, mais à la technologie, non pas parce qu’elle serait « automatique », mais parce qu’on y a &lt;strong&gt;engrammé une structure de gouvernance&lt;/strong&gt;. L’accord tacite est intégré au mode opératoire. Les transactions en ligne sur la toile n’ont pas besoin d’une confiance explicite, le protocole mis en place règle ces problèmes-là. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;L’une des grandes erreurs de la plupart des économistes aujourd’hui, est de dire qu’il faut d’abord la confiance pour qu’une nouvelle monnaie soit possible. C’était vrai dans l’ancien paradigme, mais faux dans le nouveau. C’est ce qu’on voit aussi dans &lt;strong&gt;Wikipédia&lt;/strong&gt;, dont on se moquait : « &lt;em&gt;Ça ne peut pas marcher !&lt;/em&gt; » Mais on a créé la gouvernance dans la technologie du Wiki. Eh bien, nous sommes en train de préparer la même chose pour la monnaie !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Activisme et invention&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;N.C. : Jusqu’à présent, la plupart des expériences de « monnaie locale » réussies - dans les années 30 à Wörgel (Autriche), les années 50 à Lignières-en-Berry, les années 90 à Buenos Aires - ont été finalement stoppées par l’État, jaloux de son supposé monopole monétaire. Vous pensez que les « monnaies libres » pourront tranquillement se développer sur le web, sans que les États ne les sabotent ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;J.F.N. : Ça embête surtout les puissances financières qui contrôlent les États. Cela dit, toute grande innovation s’installe en deux temps : &lt;strong&gt;un premier temps d’activisme social&lt;/strong&gt;, souvent idéologique, qui &lt;strong&gt;crée un contexte&lt;/strong&gt;, où se coulent, &lt;strong&gt;dans un second temps, des inventions beaucoup plus pragmatiques.&lt;/strong&gt; Celles-ci sont forcément confrontées à l’ancien ordre établi, menacé dans sa survie. C’est valable à toutes les époques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Moyen-âge, vous avez des gens qui disent : « &lt;em&gt;Il faut traduire la Bible pour que tout le monde puisse la lire.&lt;/em&gt; » Cette idée révolutionnaire révulse l’Église, qui voit le monde s’effondrer et s’abrite derrière le fait que c’est techniquement impossible. Mais voilà que &lt;strong&gt;Güttenberg&lt;/strong&gt; résout la question en inventant l’imprimerie, qui va &lt;strong&gt;métamorphoser la culture et fonder une nouvelle civilisation !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La même chose est en train de se passer aujourd’hui avec la monnaie. La première phase est accomplie, le contexte est là, creusé par toutes sortes d’expériences, dans une situation de crise économique larvée. L’étape suivante ? D’un côté, les &lt;strong&gt;activistes sociaux&lt;/strong&gt; des forums alter-mondialistes réclament que l’on passe par la voie politique, en légiférant, interdisant, fiscalisant, bref &lt;strong&gt;en utilisant le système présent&lt;/strong&gt;. De l’autre côté, vous avez les &lt;strong&gt;inventeurs&lt;/strong&gt;, parmi lesquels je situe notre petit groupe. Nous ne sommes pas dans une logique de combat, même si nous voyons bien les défauts du système. &lt;strong&gt;Nous sommes juste en train d’inventer le système suivant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;... Toutes les grandes inventions humaines, depuis la maîtrise du feu ou de la roue, ont contribué à l’évolution spirituelle de l’humanité. &lt;strong&gt;Quand un rêve réussit à s’incarner dans la matière, la conscience se déploie&lt;/strong&gt;. Il y a plus de conscience dans un monde qui contient des livres que dans un monde qui n’en contient pas. Mais ça va plus profond. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Des êtres qui auraient toujours vécu en prison, se verraient eux-mêmes comme naturellement limités. Transposés dans une nature fleurie, quelque chose se déploie en eux. La vie moderne actuelle rogne une grande partie de notre éventail de possibilités. &lt;strong&gt;Tout ce qui n’est pas monnayable a du mal à prouver sa valeur. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;... Le système monétaire actuel permet des échanges globaux, entre humains qui ne se connaissent pas, mais seulement pour une toute petite partie de leurs vraies richesses. Que deviennent les autres richesses ? Une partie d’entre elles n’a pas besoin d’être comptabilisée, ne concernant que la sphère intime. La plupart des autres sont niées, ou dégradées. Alors que dans des systèmes d’échanges différents, comme ceux que permettront les monnaies libres, &lt;strong&gt;tout un pan de la richesse, donc de la conscience humaine pourra se révéler. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-181695334313898532?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/181695334313898532/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-3-un-paradigme-post.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/181695334313898532'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/181695334313898532'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-3-un-paradigme-post.html' title='Les Monnaies Libres (3) Un Paradigme Post-Capitaliste (fin)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-4HC9hsSfeqI/ToFrpXMk9YI/AAAAAAAAAgI/WB0ImEaH0Ik/s72-c/Soci%25C3%25A9t%25C3%25A9%2Bde%2Bl%2527information.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-2672673950911084300</id><published>2011-09-27T00:15:00.001+02:00</published><updated>2011-09-27T00:16:25.871+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><title type='text'>Les Monnaies Libres (2) Un Paradigme Post-Capitaliste</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-t82y4_O8lR4/ToDK4YYiuqI/AAAAAAAAAgA/jcQAw1SDN9A/s1600/Matrix2.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 300px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5656744201944218274" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-t82y4_O8lR4/ToDK4YYiuqI/AAAAAAAAAgA/jcQAw1SDN9A/s400/Matrix2.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Il n’y a pas de pensée dominante. Il n’y a que des esprits dominés.&lt;/em&gt; J. Macé-Scaron &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Dans notre &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-1.html"&gt;dernier billet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, nous nous faisions l’écho des initiatives concernant les « &lt;strong&gt;monnaies libres&lt;/strong&gt; » distribuées à travers les réseaux sociaux par Internet et la téléphonie mobile. Ces initiatives novatrices nous permettent de réfléchir non seulement aux relations que notre société entretient avec l’argent mais surtout aux &lt;strong&gt;représentations économiqu&lt;/strong&gt;es, à &lt;strong&gt;l’imaginaire collectif&lt;/strong&gt; et à la "&lt;strong&gt;vision du monde&lt;/strong&gt;" capitaliste qui déterminent ces relations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Au-delà, cette réflexion permet de mieux comprendre - et déconstruire - le paradigme d’une modernité marquée, selon &lt;strong&gt;Max Weber&lt;/strong&gt;, par le « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;passage d’une économie du salut au salut par l’économie&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». Parce que l’utilitarisme est l’essence même de la modernité, l’économie y est devenue une &lt;strong&gt;valeur centrale&lt;/strong&gt; déterminant toutes les autres. Dans ce contexte moderne, la monnaie se réduit à un rôle d’instrument financier qui s’abstrait de la &lt;strong&gt;fonction symbolique et social&lt;/strong&gt; qui fût la sienne dans les cultures pré-modernes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’émergence des monnaies libres est la conséquence et la cause d’un profond changement de paradigme. Dans l’ancien paradigme monétaire, liée à la modernité abstraite, la diffusion de la monnaie dépend d’une &lt;strong&gt;source extérieure, centralisée et privée&lt;/strong&gt;. Ce &lt;strong&gt;point de vue dominant &lt;/strong&gt;d’une source émettrice, extérieure à l’écosystème où circule l’énergie monétaire, est l’expression dans la sphère économique d’une &lt;strong&gt;culture de domination abstraite et technocratique propre à la modernité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un fonctionnement intégré&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car, ne l'oublions pas, le capitalisme est surtout une "vision du monde", c'est à dire un imaginaire et une culture, avant que d'être une organisation économique. C’est pourquoi cette organisation ne pourra être dépassée sans qu'émerge &lt;strong&gt;le paradigme dynamique capable de rendre compte de la complexité de nos sociétés digitales fondées sur l’interconnexion et la circulation de l’information.&lt;/strong&gt; Les monnaies libres fonctionnent à partir d’un autre paradigme qui serait post-capitaliste. La monnaie n’est pas émise par une source extérieure : elle est l’expression des échanges entre les participants d’un même écosystème. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Ce type de fonctionnement renvoie une &lt;strong&gt;culture du flux et de l’interconnexion&lt;/strong&gt; ainsi qu’à une &lt;strong&gt;éthique communautaire&lt;/strong&gt; et une &lt;strong&gt;intelligence collective&lt;/strong&gt; qui émergent des réseaux sociaux. Le changement de paradigme est donc fondamental : il s’agit de &lt;strong&gt;passer d’un&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;fonctionnement « abstrait » et capitaliste&lt;/strong&gt; où la source monétaire est extérieure à l’ écosystème &lt;strong&gt;à un autre type de fonctionnement « intégré » et post-capitaliste&lt;/strong&gt; où la monnaie du futur émane des agents eux-mêmes, guidés qu'ils sont par une &lt;strong&gt;intelligence collective&lt;/strong&gt; reliant les subjectivités à l'évolution de l'écosystème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette évolution monétaire est un élément d’un &lt;strong&gt;changement de paradigme&lt;/strong&gt; qui concerne toutes les dimensions, intérieures et extérieures, individuelles et collectives, de l’être humain. Ceux qui connaissent les &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/03/developpement-integrale-2-introduction.html"&gt;divers stades de l’évolution culturelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; ne manqueront pas de voir dans cette évolution monétaire les conséquences dans la sphère économique du passage du &lt;strong&gt;paradigme mécanique et abstrait&lt;/strong&gt; propre à la modernité industrielle au &lt;strong&gt;paradigme intégral&lt;/strong&gt; qui émerge des sociétés de l’information en réintroduisant une dynamique concrète et une perspective globale que l’abstraction technocratique avait déniée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une société fondée sur le flux de l’information,&lt;strong&gt; la pensée doit pouvoir prendre en compte la dynamique créatrice et associative qui est au cœur même de la vie et de l’esprit.&lt;/strong&gt; Inspirée par une vision évolutionniste et relationnelle de l’être humain dans son milieu, la « &lt;strong&gt;vision intégrale&lt;/strong&gt; » rend compte des &lt;strong&gt;dynamiques évolutives et diachroniques&lt;/strong&gt; qui animent l'humanité comme des &lt;strong&gt;systèmes synchroniques et structuraux&lt;/strong&gt; à travers lesquelles celles-ci se manifestent. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si &lt;strong&gt;&lt;a href="http://noubel.fr/a-propos/"&gt;Jean-François Noubel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, spécialiste de &lt;strong&gt;l’intelligence collective&lt;/strong&gt; et pionnier des monnaies libres, fait référence de manière explicite à la théorie intégrale de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/03/ken-wilber-philosophe-du-tout.html"&gt;Wilber&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui inspire ses recherches. (in &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://publishing.yudu.com/Library/Au48x/IntelligenceCollecti/resources/index.htm?referrerUrl=http%3A%2F%2Fwww.yudu.com%2Fitem%2Fdetails%2F18167%2FIntelligence-Collective---la-r--volution-invisible"&gt;Intelligence collective : la révolution invisible&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; p.21).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Matrix&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le problème de la monnaie dépasse de loin la sphère de l’économie comme celle-ci réfère à bien d’autres dimensions – sociales et culturelles, symboliques et anthropologique – que la fonction abstraite et instrumentale à laquelle voudrait la réduire l’approche technocratique de la modernité. Parce qu’elles sont des portes de passage entre deux paradigmes, les monnaies libres nous conduisent à &lt;strong&gt;remettre en question nos modes de vie et de pensée habituels&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une telle remise en question accompagne une véritable mutation de la conscience et de la société vers un stade supérieur de leur évolution. Comme si nous sortions de &lt;strong&gt;la matrice individualiste propre au capitalisme industriel &lt;/strong&gt;pour participer, de l’intérieur, à une &lt;strong&gt;éthique communautaire &lt;/strong&gt;et à une &lt;strong&gt;intelligence collective&lt;/strong&gt; issues de ces nouveaux &lt;strong&gt;réseaux sociaux&lt;/strong&gt; que font émerger les technologies de l’information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le dit &lt;strong&gt;Jean-François Noubel&lt;/strong&gt; dans l’entretien donné à &lt;strong&gt;Nouvelles Clés&lt;/strong&gt; dont nous publions ci-dessous de larges extraits : « &lt;em&gt;Finement comprendre la monnaie est une expérience incroyable, quelque chose de l’ordre du film &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Matrix"&gt;Matrix&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. On se libère des conditionnements du système, pour le contempler du dehors, dans ses structures fines. La plupart des échanges sont aujourd’hui monétarisés. &lt;strong&gt;La monnaie imbibe tout, nos psychés, nos comportements&lt;/strong&gt;, bien au-delà de ce que nous imaginons. L’ensemble du monde actuel est modelé par la monnaie. Réaliser cela est très secouant. C’est du même ordre que découvrir la rotondité de la terre...&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Open Money : bientôt chacun créera sa propre monnaie.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Entretien avec Jean-François Noubel. &lt;a href="http://www.cles.com/dossiers-thematiques/autres-regards/quelles-alternatives-humaines-a-la/article/open-money-bientot-chacun-creera"&gt;Nouvelles Clés&lt;/a&gt;. Propos recueillis par Mélik N’Guédar&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;De la même façon que le micro-ordinateur a donné leur autonomie informatique à toutes les unités humaines (maisons, entreprises, écoles, institutions...) et que les technologies vertes promettent de leur donner une autonomie énergétique (solaire, éolien, géothermie, etc.), voilà qu’arrivent les monnaies libres (« open money »), censées donner à chacun son autonomie monétaire... chacun pourra bientôt devenir émetteur/récepteur de monnaies - ce qui va métamorphoser l’économie et la société, mais aussi nos vies et nos esprits.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Nouvelles Clés&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;Avant les années 70, personne n’avait vu venir le micro-ordinateur et les bouleversements qu’il allait apporter. Dans les années 80, qui nous parlait d’Internet ? Aujourd’hui, vous dites que nous sommes à la veille d’un choc aussi grand, concernant non plus l’information, mais la monnaie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Jean-François Noubel : Avant de pouvoir vous parler de l’arrivée des « &lt;strong&gt;monnaies libres&lt;/strong&gt; » (&lt;strong&gt;open money&lt;/strong&gt;), il est indispensable de comprendre deux ou trois choses sur notre système actuel. Vous avez déjà joué au &lt;strong&gt;Monopoly&lt;/strong&gt;, n’est-ce pas, avec des joueurs et une banque ? Si la banque ne donne pas d’argent, le jeu s’arrête, même si vous possédez des maisons. On peut entrer en pauvreté, non par manque de richesse, mais par &lt;strong&gt;manque d’outil de transaction, de monnaie&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le monde d’aujourd’hui, &lt;strong&gt;90%&lt;/strong&gt; des personnes, des entreprises et même des États sont en manque de moyens d’échange, non qu’ils soient pauvres dans l’absolu (ils ont du temps, des compétences, souvent des matières premières), mais par &lt;strong&gt;absence de monnaie&lt;/strong&gt;. Pourquoi ? Parce que, comme dans le Monopoly, leur seule monnaie dépend d’une source extérieure, qui va en injecter ou pas. &lt;strong&gt;Il n’y a pas autonomie monétaire des écosystèmes&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Monopoly tout le monde commence à égalité. Puis, peu à peu, des déséquilibres s’introduisent. Si la banque décidait de faire payer la monnaie, avec taux d’intérêt, les déséquilibres s’accroîtraient encore plus vite, parce que, mathématiquement, l’intérêt évolue de façon exponentielle. &lt;strong&gt;Aujourd’hui, 95 % de la monnaie mondiale est payante&lt;/strong&gt;. En moyenne, quand vous achetez un objet, le cumul des intérêts constitue &lt;strong&gt;50%&lt;/strong&gt; de son prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette architecture fait que la moindre inégalité s’amplifie très vite : plus vous êtes riche, plus vous avez tendance à vous enrichir, plus vous êtes pauvre, plus vous avez tendance à vous appauvrir. Il y a un phénomène d’auto-attraction de la monnaie, quasiment comme la matière dans le cosmos. On parle de « &lt;strong&gt;loi de condensation&lt;/strong&gt; », avec des boucles en feedback positif ou négatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier a en avoir parlé, au XIX° siècle, est l’économiste &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vilfredo_Pareto"&gt;Vilfredo Pareto&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, qui avait beaucoup voyagé et constaté que, &lt;strong&gt;quel que soit le système, 20% de la population humaine possédait en moyenne 80% des richesses&lt;/strong&gt;. Le « &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Pareto"&gt;&lt;strong&gt;principe Pareto&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;» a montré que notre système monétaire n’était pas viable à long terme - tout le monde est d’accord là-dessus, même les dirigeants de l’US Federal Bank. C’est par nature un &lt;strong&gt;système à cycle court&lt;/strong&gt;, où l’on doit régulièrement remettre les compteurs à zéro, par une &lt;strong&gt;crise grave&lt;/strong&gt;, un &lt;strong&gt;crack général&lt;/strong&gt;, une &lt;strong&gt;guerre&lt;/strong&gt;. Ce système encourage fondamentalement le court terme, la compétition, la propriétarisation d’un maximum de choses, ressources, mais aussi savoir, espèces vivantes, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la métaphore du Monopoly, le décalage entre riches et pauvres s’accroît jusqu’à l’absurde, puisque finalement, le riche élimine les pauvres et, se retrouvant seul, ne peut plus jouer. Même s’il dit qu’il a « gagné », c’est &lt;strong&gt;un jeu à mort collective&lt;/strong&gt;. Si vous faisiez jouer à ce jeu les dix sages les plus sages du monde, ils ne pourraient rien y changer, car tout dépend de la règle, c’est-à-dire de &lt;strong&gt;l’architecture intrinsèque du système&lt;/strong&gt;, notamment en ceci : &lt;strong&gt;les joueurs dépendent d’une source extérieure qui leur fournit l’outil de leurs propres transactions et, ce faisant, leur dicte sa loi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Lets et la redécouverte de la monnaie libre&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;J.F.N. : Au cours de l’histoire, l’humanité s’est inventé une foule de moyens monétaires et nous nous trompons quand nous pensons que notre système est le fruit d’une longue évolution universelle : il est jeune, droit sorti de l’Angleterre victorienne, qui l’a taillé pour servir &lt;strong&gt;l’idéologie industrielle.&lt;/strong&gt; Depuis, c’est devenu un processus planétaire, qui a énormément évolué, notamment depuis vingt ans, en devenant digital. Les &lt;strong&gt;conséquences de la digitalisation&lt;/strong&gt; sont considérables : nous vivons de plus en plus sur des cartes de crédit, donc avec de l’argent payant, et les puissants peuvent désormais transférer des sommes colossales d’un bout à l’autre de la planète d’un simple clic d’ordinateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première monnaie libre remonte, elle, à environ un siècle. L’un de ses inventeurs, était un Autrichien qui, après un tour du monde, s’était retrouvé chez lui, une région économiquement sinistrée. Son idée fut de relancer l’activité en inventant une &lt;strong&gt;monnaie locale « fondante »&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;C’est une monnaie qui, non seulement ne rapporte pas d’intérêt, mais qui perd de la valeur si l’on ne s’en sert pas.&lt;/strong&gt; Au bout d’un mois, par exemple, si vous ne l’avez pas utilisée, vous pouvez la jeter, car on imprime d’autres billets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette architecture décourage la thésaurisation monétaire et encourage la dépense, l’investissement et la thésaurisation de biens. Du coup les tendances inégalitaires décrites par Pareto se trouvent bloquées. &lt;strong&gt;Changeant la règle du jeu monétaire, vous changez les comportements et toute l’économie repart&lt;/strong&gt;. Cet Autrichien a si bien réussi qu’on l’a... jeté en prison ! Il arrivait trop tôt. À cette époque, attaquer la centralisation étatique était un tabou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929"&gt;crise de 29&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, on va voir les habitants de certaines zones totalement ruinées et démonétarisées se remettre au troc et, s’apercevant que celui-ci ne peut pas mener loin, redécouvrir le principe de base de la monnaie, qui correspond à un processus naturel. Toutes sortes de monnaies locales sont ainsi apparues dans les années 30, en Europe et en Amérique. Là aussi, la question deviendra politique et la réponse sera le New Deal, puis, de façon radicale, la seconde guerre mondiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;N.C. : Pour notre génération, tout commence avec les fameux Lets canadiens...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;J.F.N. : &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.gmlets.u-net.com/"&gt;Lets&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que l’on a traduit par « &lt;strong&gt;Local exchange tip system&lt;/strong&gt; », alors que le sens originel était simplement « &lt;strong&gt;let’s do it&lt;/strong&gt; » ! C’est parti vers 1982, d’un certain &lt;strong&gt;&lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Linton"&gt;Michael Lynton&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, membre de notre groupe actuel, qui vivait à l’époque près de Vancouver, dans une vallée en crise, après que l’armée ait quitté la zone. Lynton eut l’idée géniale de créer un &lt;strong&gt;système de crédit mutuel&lt;/strong&gt; sans banque du tout. Pas de source extérieure, on se fait confiance : chaque fois que j’achète quelque chose, c’est noté en moins ; chaque fois que je vends quelque chose, c’est noté en plus. Nul besoin d’avoir accumulé de l’argent au préalable, &lt;strong&gt;c’est l’échange qui crée spontanément la monnaie&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces Canadiens qualifièrent leur nouvelle monnaie de « CC » (pour « &lt;a href="http://communitycurrency.org/"&gt;&lt;strong&gt;Community Currencies&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;»). Leur système fit tâche d’huile dans le monde entier. En France, on vit ainsi apparaître différents &lt;strong&gt;&lt;a href="http://selidaire.org/spip/"&gt;SEL&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (« &lt;em&gt;&lt;strong&gt;système d’échange local&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »). On estime qu’il existe aujourd’hui dans le monde environ &lt;strong&gt;cinq mille monnaies locales&lt;/strong&gt; de ce genre. Elles sont généralement restées en marge de la société, dans des réseaux de chômeurs, des quartiers défavorisés, chez des révolutionnaires de l’écologie, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une version des Lets est indexée sur le temps. Le « &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Time_banking"&gt;&lt;strong&gt;time banking&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;», qui fonctionne sur du « &lt;strong&gt;time dollar&lt;/strong&gt; », est devenu une institution aux États-Unis. Dans les zones en crise, que la monnaie a désertées, les gens au chômage sont riches en temps ! Comme ils disposent aussi de savoirs faire, il suffit de mettre en place &lt;strong&gt;un système d’information et de comptabilité des échanges, pour que l’activité reparte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;N.C. : Pourquoi ces systèmes sont-ils restés marginaux ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;J.F.N. : D’abord parce que l’économie principale, hyper puissante, reste pour le moment opérationnelle. D’autre part, ces nouvelles monnaies supposent une participation très active, militante. Si vous avez du travail et que votre train de vie vous va, votre motivation restera molle. Il en est allé autrement dans certains cas, notamment en Argentine, où la monnaie s’est brusquement effondrée. Imaginez que tous vos euros ne vaillent plus rien du jour au lendemain, votre motivation va changer. D’abord, vous allez descendre dans la rue, pour chercher quoi échanger, afin de couvrir vos besoins fondamentaux. En moins d’une semaine, vous vous apercevrez que le troc pur ne marche pas, ou très mal, qu’il faut un &lt;strong&gt;système d’information&lt;/strong&gt; derrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, pour pouvoir manger, vous allez devoir acquérir une &lt;strong&gt;culture de la monnaie&lt;/strong&gt;. Celle-ci commence par un inventaire de vos richesses. Qu’avez-vous à offrir ? Enseigner l’anglais ? Les œufs de votre poulailler ? Transporter des personnes ou des marchandises dans votre voiture ? Tout le monde se livre à cette recherche. &lt;strong&gt;On découvre alors que des gens qui n’avaient aucune valeur dans le système étatique et bancaire, en trouvent soudain une.&lt;/strong&gt; Par exemple des femmes illettrées, absentes des radars économiques « normaux », découvrent qu’elles ont de la valeur, parce qu’elles peuvent : cuisiner, jardiner, coudre, laver, garder des enfants, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;N.C. : En pleine crise, on imagine en effet que sont revalorisées les savoirs faire pragmatiques, liés à la survie. Par contre, si je suis épistémologue ou neurochirurgien, je risque d’avoir du mal à monnayer ça.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;J.F.N. : Pas forcément. Certes, au moment d’un crack économique, les étages s’effondrent et on en revient à une base quasiment biologique. Mais le monde se reconstruit vite. On retrouve ce que les psychosociologues appellent la « &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow"&gt;pyramide de Maslow&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; » : les premières semaines, vous avez besoin de boire, de manger, de vous chauffer, etc. ; au bout d’un mois, vous aurez peut-être envie de vous faire couper les cheveux ; puis de reprendre vos cours de yoga, ou de piano. La sophistication revient plus vite qu’on ne croit. Ce fut le cas des « &lt;strong&gt;réseaux de troc&lt;/strong&gt; » argentins, qui ont rapidement adopté un modèle de « &lt;strong&gt;monnaie fondante&lt;/strong&gt; ». Des spécialistes les ont rejoints, par exemple l’économiste &lt;strong&gt;Eloisa Primavera,&lt;/strong&gt; qui fait partie de notre petit cercle...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette histoire argentine a bien marché, touchant des millions de personnes. Et puis tout s’est effondré, en quelques semaines. Pourquoi ? D’abord parce que la monnaie officielle est revenue en force et que les vieilles habitudes ont repris. Ensuite, sur un point essentiel, ce système restait classique : il y avait toujours une banque, qui créait la monnaie, fondante ou pas, &lt;strong&gt;une source extérieure aux transactions.&lt;/strong&gt; Dans le meilleur des cas, cette source est honnête et indexe bien la masse monétaire aux besoins, mais au bout du compte, il y eut assez d’erreurs et de malversations, pour que la majorité se rabatte sur le système étatique réparé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait citer de nombreux autres exemples, l’Australie, l’Afrique du Sud et des tas d’endroits dans le monde, avec parfois le soutien des États. Ici même, il y a le projet européen &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.sol-reseau.org/"&gt;Sol&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dans lequel &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret"&gt;&lt;strong&gt;Patrick Viveret&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;est très investi. Mais sur un point essentiel, ça reste classique : la source monétaire est extérieure à l’« écosystème », alors que la &lt;strong&gt;monnaie du futur&lt;/strong&gt;, dont je voudrais vous parler maintenant, &lt;strong&gt;émane des agents eux-mêmes&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;(A suivre...)&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-2672673950911084300?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/2672673950911084300/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-2-un-paradigme-post.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/2672673950911084300'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/2672673950911084300'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-2-un-paradigme-post.html' title='Les Monnaies Libres (2) Un Paradigme Post-Capitaliste'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-t82y4_O8lR4/ToDK4YYiuqI/AAAAAAAAAgA/jcQAw1SDN9A/s72-c/Matrix2.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-7587147751688412358</id><published>2011-09-22T16:00:00.001+02:00</published><updated>2011-09-22T16:40:23.070+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><title type='text'>Les Monnaies Libres (1)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-FIgfaexQ20c/TntEphRZNPI/AAAAAAAAAfw/ODQq90KvmvA/s1600/Monnaies%2BLibres2.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 225px; DISPLAY: block; HEIGHT: 337px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5655189237190440178" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-FIgfaexQ20c/TntEphRZNPI/AAAAAAAAAfw/ODQq90KvmvA/s400/Monnaies%2BLibres2.bmp" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait.&lt;/em&gt; Mark Twain &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;A l’heure où l’intensité de la crise économique et financière peut faire craindre un chaos social et politique, il nous faut imaginer &lt;strong&gt;des voies nouvelles qui sortent des sentiers battus pour créer et expérimenter les formes sociales et culturelles, économiques et politiques, qui expriment le nouvel esprit du temps.&lt;/strong&gt; Dans notre dernier billet, notre esquisse de l’évolution monétaire se terminait sur la perspective des monnaies libres diffusée à travers les réseaux sociaux. C’est à cette &lt;strong&gt;future métamorphose du phénomène monétaire&lt;/strong&gt; que nous consacrons ce billet.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Résumé des épisodes précédents&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’occasion de la treizième session de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/12/universite-integrale-1-une-regeneration.html"&gt;l’Université Intégrale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; autour du thème « &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-7-nouvelles.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Nouvelles Valeurs, Nouvelles Richesse&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;», nous venons d’esquisser une &lt;strong&gt;vision intégrale de la monnaie&lt;/strong&gt;. Nous avons d’abord analysé la dimension synchronique du phénomène monétaire à travers le modèle des &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-8-une-vision.html"&gt;&lt;strong&gt;Quatre Quadrants&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;de Wilber qui définit les dimensions intérieures, extérieures, individuelles et collectives par lesquelles un &lt;strong&gt;système monétaire&lt;/strong&gt; se manifeste dans un temps donné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-9-une-vision.html"&gt;dernier billet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, nous avons indiqué quelques éléments concernant la &lt;strong&gt;dynamique diachronique de l’évolution monétaire&lt;/strong&gt;. Car la monnaie apparaît comme un phénomène trans-temporel qui évolue et se transforme selon les diverses « visions du monde » liées aux divers stades de l’évolution culturelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous vivons aujourd’hui la fin d’un monde. Les diverses crises économiques et financières, écologiques et morales sont autant de symptômes d’une dynamique historique fondée sur &lt;strong&gt;l’obsolescence du paradigme abstrait et technocratique de la modernité&lt;/strong&gt; à laquelle correspond &lt;strong&gt;l’émergence d’un autre paradigme&lt;/strong&gt;, lié au &lt;strong&gt;nouveau stade de l’évolution culturelle&lt;/strong&gt; abordé par une partie de l’humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Monnaies complémentaires&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le disait &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Gramsci"&gt;&lt;strong&gt;Gramsci&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;: « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». Dans le domaine économique, à la crise profonde de l’&lt;strong&gt;hypercapitalisme&lt;/strong&gt; dont nous sommes les spectateurs bien souvent sidérés, correspond &lt;strong&gt;l'émergence de nouvelles formes économiques et sociales&lt;/strong&gt;. Il existerait actuellement à travers le monde plus de&lt;strong&gt; 5.000 monnaies, &lt;/strong&gt;qualifiées de complémentaires, qui sont autant d’occasions de &lt;strong&gt;refonder la dimension économique sur la base d’une éthique communautaire&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces initiatives cherchent à retrouver le &lt;strong&gt;rôle fondateur de la monnaie&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;celui d’un échange et d’une relation sociale qui réfère à l’ordre symbolique sur lequel est fondée toute intersubjectivité.&lt;/strong&gt; Comme leur nom l’indique, les monnaies complémentaires sont des compléments au système financier géré par les banques et les états comme les médecines complémentaires viennent en complément de la médecine officielle. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Certains pionniers, comme &lt;strong&gt;&lt;a href="http://noubel.fr/a-propos/"&gt;Jean-François Noubel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, veulent aller plus loin. En utilisant les technologies de l’information pour créer des « monnaies libres », ce spécialiste en &lt;strong&gt;intelligence collective&lt;/strong&gt; cherche à &lt;strong&gt;démocratiser une création monétaire réservée jusque là au pouvoir régalien. &lt;/strong&gt;C'est en ce sens qu'il participe à l’invention du prochain système monétaire global : une plateforme distribuée permettant à des millions de monnaies libres de circuler à travers les réseaux - Internet et téléphones mobiles. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;De la rareté à l'abondance &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Voilà comment sur le site &lt;strong&gt;&lt;a href="http://wiki.thetransitioner.org/Fran%C3%A7ais/Les_monnaies_libres/Les_monnaies_libres_en_quelques_mots"&gt;&lt;em&gt;The Transitionner&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Jean-François Noubel définit son projet : " &lt;em&gt;Le système monétaire actuel est un &lt;strong&gt;Titanic&lt;/strong&gt;. Piloté par quelques uns en haut d'une chaîne de pouvoir, &lt;strong&gt;loin du jeu démocratique&lt;/strong&gt;, obscur, fondé sur des idéologies du passé, il démontre qu'une erreur de pilotage ici, une malveillance là, une négligence générale de l'équipage ont tôt fait de mener le navire à sa perte. Avec tous ses passagers à bord. Evidement ceux qui sont en charge des commandes font tout pour l'empêcher de couler. On connaît la suite... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Notre système monétaire conventionnel ne durera plus très longtemps.&lt;/strong&gt; L'argent basé sur la dette et l'intérêt est un &lt;strong&gt;système instable, condamné à disparaître du fait de son déséquilibre intrinsèque&lt;/strong&gt; (par exemple le marché ne peut suivre le montant des intérêts à rembourser)... &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;L'argent est un système d'information, fait pour mesurer et réguler des flux dans le monde réel. &lt;strong&gt;En théorie, la rareté de l'argent n'est pas une caractéristique nécessaire.&lt;/strong&gt; De fait, cette rareté est artificielle, et ce bien que certaines ressources (notamment le travail, ou la créativité) soient abondantes. L'argent devrait être en quantité suffisante pour permettre de rendre compte des flux, afin que dans les organisations, les collectivités, les communes, régions... partout où des richesses sont échangées, elles puissent être prises en considération sans contrainte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Un nouveau paradigme &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;L'argent est sur le point de suivre la même évolution que celle qu'ont connu les media durant ces deux dernières décennies. &lt;strong&gt;Bientôt, des millions de monnaies libres circuleront à travers nos réseaux informatiques et téléphoniques.&lt;/strong&gt; Elles ne seront pas contrôlées par des états ou des banques centrales, mais émises par les millions de "places de marché" impatientes de se libérer de l'argent conventionnel, fondé en grande partie (entre 85% et 98%) sur la dette et l'usure. Toutes émettront et utiliseront ces monnaies libres... tout simplement parce que la plupart des individus et des organisations vivent une pénurie monétaire! &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Les "dotcoms", ces grands acteurs des nouvelles technologies (eBay, Google...) seront probablement les premiers à comprendre que &lt;strong&gt;leur véritable modèle économique à venir se trouve dans ce nouveau paradigme &lt;/strong&gt;plutôt que dans le modèle fondé sur l'argent rare, dans lequel ils se sont développés. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Le projet des monnaies libres (également dénommé &lt;strong&gt;&lt;a href="http://metacurrency.org/"&gt;Metacurrency&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) consiste à définir et créer une infrastructure globale au sein de laquelle ces millions de monnaies pourront facilement être émises et circuler, dans une architecture peer-to-peer. Il s'agit de &lt;strong&gt;développer le prochain système planétaire pour représenter et comptabiliser la richesse&lt;/strong&gt;. Il fera partie du patrimoine de l'humanité, et sera entièrement construit sur des outils (notamment logiciels) libres. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Oser sortir des sentiers battus&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Certains d'entre vous penseront : "&lt;em&gt;encore un fou qui cherche à entraîner les autres à la poursuite de ses chimères&lt;/em&gt;". (Je les entends déjà...). Et pourtant, l’humanité évolue grâce à l’initiative et à l’inspiration des fous de ce genre, ces pionniers qui tracent des voies originales parce qu’ils sont animés d’une vision qu’ils ont la force d’incarner et le courage de réaliser. &lt;strong&gt;Connectés de manière intime et créatrice à la dynamique de l’évolution, ces innovateurs perçoivent avant les autres les formes à travers lesquelles cette dynamique va se manifester.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pionnier est tout simplement celui qui n'est plus prisonnier de son passé. Libéré de cette emprise qui pèse sur tant d'autres, &lt;strong&gt;il peut donner à la force de son désir et de sa vision la forme d’une destinée et d'une création.&lt;/strong&gt; Avec son intuition pour unique compagne il avance, pointé du doigt par tous ceux qui restent les otages d'une perspective devenue largement inadaptée. &lt;strong&gt;Ces derniers jugent utopiques et irréalistes toutes les innovations qui échappent à leur habitudes de vivre et de penser.&lt;/strong&gt; Jusqu’au moment où, les faits donnant raison à leur vision, les pionniers sont suivis et imités par ceux-là même qui les avaient désignés et dénigrés quelques temps auparavant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous proposons ci-dessous une &lt;strong&gt;vidéo&lt;/strong&gt; passionnante dans laquelle Jean-François Noubel nous fait participer à sa vision en développant son projet de monnaies libres. A consommer sans modération pour se « décoiffer » en se libérant des concepts restrictifs liés à un paradigme en train de s’écrouler et en s’éveillant à &lt;strong&gt;cette nouvelle vision où la société digitale de l’interconnexion devient la matrice d’une « connéthique »&lt;/strong&gt; : une éthique communautaire correspondant à l'émergence des réseaux intersubjectifs générés par les technologies de l’information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe height="360" src="http://www.youtube.com/embed/PuZgkL5BEBk" frameborder="0" width="640"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-7587147751688412358?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/7587147751688412358/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-1.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/7587147751688412358'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/7587147751688412358'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/les-monnaies-libres-1.html' title='Les Monnaies Libres (1)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-FIgfaexQ20c/TntEphRZNPI/AAAAAAAAAfw/ODQq90KvmvA/s72-c/Monnaies%2BLibres2.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-1749272006921274704</id><published>2011-09-15T10:00:00.005+02:00</published><updated>2011-10-08T00:02:04.059+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Université Intégrale'/><title type='text'>Université Intégrale (9) Une Vision Intégrale de la Monnaie (fin)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 291px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5652196613615508802" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-26cWwB6WV4g/TnCi35s33UI/AAAAAAAAAfA/T1x0qRUVAUM/s400/Monnaies%2BLibres.bmp" /&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;em&gt;L’ensemble de ce qui compte ne peut être compté et l’ensemble de ce qui peut être compté ne compte pas.&lt;/em&gt; A. Einstein &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;La &lt;strong&gt;&lt;a href="http://universite-integrale.blogspot.com/"&gt;treizième session&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/12/universite-integrale-1-une-regeneration.html"&gt;l'Université Intégrale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; se déroulera à Paris, les &lt;strong&gt;19 et 20 Septembre&lt;/strong&gt; autour du thème : «&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Nouvelles valeurs, nouvelles richesses, nouvelles mesures, nouvelles monnaies&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». A cette occasion, ce billet, comme le précédent dont il constitue la suite, participe d’une réflexion sur &lt;strong&gt;l’émergence de nouvelles formes économiques et monétaires&lt;/strong&gt; Pour comprendre la logique de cette réflexion, il faut avoir lu le précédent billet avant d’entamer la lecture de celui-ci. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Diachronie et synchronie &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;L’approche intégrale a ceci de particulier qu’elle est à la fois diachronique et synchronique. Elle est &lt;strong&gt;diachronique&lt;/strong&gt; en ce sens qu’elle rend compte d’une &lt;strong&gt;dynamique évolutive qui se manifeste à travers le temps&lt;/strong&gt;. Elle est &lt;strong&gt;synchronique&lt;/strong&gt; en ce sens qu’elle rend compte des &lt;strong&gt;liens structuraux&lt;/strong&gt; qui existent à un temps T entre des éléments apparemment divers mais qui font système. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;La perspective intégrale permet de saisir la façon dont la &lt;strong&gt;dynamique diachronique de l’évolution &lt;/strong&gt;se manifeste dans le temps à travers &lt;strong&gt;une diversité de systèmes cohérents qui sont autant de stades d’un processus de croissance en complexité&lt;/strong&gt;. C’est en ce sens qu’elle est avant tout une pensée de l’évolution. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans le dernier billet nous avons plus particulièrement étudiés le phénomène monétaire dans sa dimension synchronique à travers le modèle des &lt;strong&gt;Quatre Quadrants&lt;/strong&gt; qui définit les &lt;strong&gt;dimensions intérieures, extérieures, individuelles et collectives&lt;/strong&gt; par lesquelles un système monétaire se manifeste dans un temps donné. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans ce billet ci, nous aborderons plutôt la &lt;strong&gt;dimension diachronique de la monnaie&lt;/strong&gt;. Notre représentation actuelle de la monnaie est l’expression d’une modernité technocratique qui date de quelques siècles. Mais la monnaie est un phénomène trans-temporel qui se transforme selon les diverses « visions du monde » liées aux divers stades de l’évolution culturelle. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Nous esquisserons simplement quelques pistes qui doivent être approfondies pour mieux saisir la &lt;strong&gt;dynamique de l’évolution monétaire&lt;/strong&gt; et pour imaginer à travers quelles formes cette dynamique va se manifester dans les temps à venir. Une bibliographie et une netographie viennent enfin proposer des &lt;strong&gt;ressources documentaires&lt;/strong&gt; proposées par l'Université intégrale à ceux qui souhaiteraient nourrir leur réflexion sur le sujet. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Au cœur de la monnaie &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Dans un ouvrage intitulé &lt;a href="http://www.souffledor.fr/igc/fichier/SO/souffledor_bou/produit/CP%20au%20coeur%20de%20la%20monnaie.pdf"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Au cœur de la monnaie&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;dont la traduction vient de paraître en France aux éditions Yves Michel, &lt;a href="http://www.lietaer.com/other-languages/francais/"&gt;&lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;développe une analyse de la &lt;strong&gt;dimension archétypale de la monnaie&lt;/strong&gt; qui, selon lui, joue un rôle fondamental dans les fluctuations monétaires. Pour ce faire, il nous convie à un passionnant voyage de &lt;strong&gt;vingt huit mille ans&lt;/strong&gt; - &lt;strong&gt;de la préhistoire à Wall Street&lt;/strong&gt; - jalonné par des archétypes. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Il aborde notamment les archétypes de la &lt;strong&gt;Grande Déesse&lt;/strong&gt;, de la féminité, de l’argent Yin. La mise en lumière de la dimension émotionnelle de la monnaie nous renvoie aux tréfonds de notre psyché. Il s’agit de guérir nos blessures face à l’argent pour le remettre à sa place de serviteur, au lieu de maître. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Pouvons-nous encore éviter les immenses dégâts et le chaos dans lequel nous plongera un effondrement de l’ordre établi il y a six ou sept cents ans ? Alors que la situation du système monétaire global de la planète semble devenir ingérable, ce travail de recherche, très bien documenté, propose &lt;strong&gt;des réponses innovantes, hors du cadre de la pensée unique&lt;/strong&gt;. L’auteur tire de ce voyage des enseignements très actuels pour éclairer &lt;strong&gt;les choix monétaires du XXle siècle. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;La crise systémique que nous vivons demande bien plus que des mesures correctives. Or, selon l’auteur, c’est au centre de nos tabous monétaires que nous trouverons, ou non, les forces indispensables au&lt;strong&gt; changement de paradigme&lt;/strong&gt;. C’est bien &lt;strong&gt;le monopole de cette monnaie « yang »,&lt;/strong&gt; et non pas une perversité humaine, qui nous pousse irrémédiablement au court terme et à l’épuisement des ressources. Et ce sont bien les ombres de nos archétypes qui nous aveuglent et nous empêchent de remettre en question ce tabou moderne. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;Réenchanter la monnaie &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Nous avons oublié que &lt;strong&gt;la monnaie ne devient un instrument financier que parce qu’elle est avant toute une ressource symbolique&lt;/strong&gt; qui fonde et irrigue le corps social comme le sang irrigue le corps physique. Les dérives de la spéculation financière comme la crise du système capitaliste sont aussi les conséquences de cet oubli. Ce sont les symptômes d’une mort annoncée, celle de l’« &lt;strong&gt;Homo Economicus&lt;/strong&gt; » qu’une définition classique décrit comme : « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;un homme hypothétique qui serait libre de tout sentiment altruiste et de tout motif autre que la poursuite purement égoïste de richesse et de sa jouissance&lt;/em&gt;.&lt;/strong&gt; » &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Ce &lt;strong&gt;modèle utilitariste&lt;/strong&gt;, au cœur du modèle occidental, a fait son temps : celui de la modernité. Et ceci alors même que la &lt;strong&gt;créativité monétaire&lt;/strong&gt; qui s’exprime actuellement correspond à &lt;strong&gt;l’émergence d’un paradigme lié à un nouveau stade évolutif&lt;/strong&gt;. A travers nombre de phénomènes sociaux et culturels, les observateurs les plus fins de la vie sociale perçoivent l’émergence de ce nouveau paradigme : &lt;strong&gt;celui d’une communauté intersubjective fondée sur une vision intégrale où se conjuguent sensibilité organique et abstraction instrumentale. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Nous avons consacré plusieurs billets au modèle de la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/03/developpement-integrale-2-introduction.html"&gt;Spirale Dynamique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/05/ecologie-et-societe-4-levolution.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/08/evolutions-6-les-systemes-de-valeurs.html"&gt;là&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; par exemple). Ceux qui le connaissent verront dans le passage de l’individu abstrait à la communauté intersubjective, &lt;strong&gt;le passage du&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Mème Orange&lt;/strong&gt;, lié à la modernité abstraite et individualiste, au &lt;strong&gt;Mème Vert&lt;/strong&gt;, lié à la &lt;strong&gt;post-modernité&lt;/strong&gt; empathique et communautaire. Cette communauté intersubjective est aujourd’hui mue par une &lt;strong&gt;éthique communautaire &lt;/strong&gt;qui émerge des réseaux sociaux et des technologies de l’interconnexion. J’ai proposé &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/06/le-printemps-du-nouveau-monde-3.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; le terme de « &lt;strong&gt;connéthique&lt;/strong&gt; » pour qualifier &lt;strong&gt;cette résurgence de l’éthique communautaire via la société de l’interconnexion. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Une intersubjectivité communautaire &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Cette &lt;strong&gt;éthique communautaire&lt;/strong&gt; est au cœur du &lt;strong&gt;mouvement de resocialisation et de réenchantement&lt;/strong&gt; d’une monnaie que la modernité avait privatisée et désenchantée en la réduisant à sa dimension instrumentale et fonctionnelle. &lt;strong&gt;L’approche de la monnaie en terme de circulation énergétique et symbolique renvoie à la dynamique d’un imaginaire collectif à travers lequel s’exprime le caractère organique et créateur de toute société humaine&lt;/strong&gt;. Réenchanter la monnaie, c’est dépasser les abstractions technocratiques propres à une culture de domination pour participer à une dimension archétypique et symbolique à travers laquelle s’exprime la psyché collective.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque individu doit pouvoir reconnaître la monnaie comme expression manifeste d’un lien social qui émane d’une intersubjectivité communautaire. La monnaie peut être est un vecteur de ce lien social fondé sur un ordre symbolique sans lequel il n’existe pas de communauté. &lt;strong&gt;Reconnaître le rôle symbolique de la monnaie, celui des archétypes, des affects et de l’imaginaire collectif qu’elle véhicule,&lt;/strong&gt; c’est retrouver le sens d’une communauté de destin fondée à la fois sur un ordre symbolique et un bien commun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La monnaie permet de participer de manière sensible à l’imaginaire collectif qui fonde la société.&lt;/strong&gt; Cette participation sensible et symbolique redonne aux individus atomisés dans la masse anonyme &lt;strong&gt;le sens d’un destin commun&lt;/strong&gt;. Elle est au cœur d’une vision du monde partagée qui s’exprime à travers un &lt;strong&gt;projet de civilisation&lt;/strong&gt;. La dynamique sociale et culturelle crée par un tel projet résorbe le hiatus entre économie et société tout en facilitant cet &lt;strong&gt;encastrement de l’économie dans la société&lt;/strong&gt; évoqué par l’économiste &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi"&gt;&lt;strong&gt;Karl Polanyi&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;dans &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Transformation"&gt;La grande transformation&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les monnaies du futur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cette &lt;strong&gt;réappropriation collective de la monnaie&lt;/strong&gt; redonne à la communauté politique un pouvoir de décision que la sphère économique lui avait usurpé en s’émancipant des régulations éthiques, en s’autonomisant de manière abstraite et en se cancérisant dans la spéculation financière. Le mouvement de réenchantement et de resocialisation de la monnaie a fait émerger l’idée de « &lt;strong&gt;&lt;a href="http://wiki.thetransitioner.org/Fran%C3%A7ais/Les_monnaies_libres/Les_monnaies_libres_en_quelques_mots"&gt;monnaies libres&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; » &lt;strong&gt;créées et diffusées par des réseaux sociaux sur internet&lt;/strong&gt;. Ces monnaies libres peuvent devenir un élément majeur des nouvelles formes économiques et monétaires post-capitalistes qui se développeront au 21 ème siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’émergence d’une culture intégrale et de nouveaux modèles économiques inspirés par celle-ci, nécessite d’approfondir la &lt;strong&gt;vision multidimensionnelle de la monnaie&lt;/strong&gt; seulement esquissée ici. Toute création monétaire doit donc tenir compte des dimensions à la fois individuelles et collectives, intérieures et extérieures, de la monnaie. Elle doit participer d’une &lt;strong&gt;éthique communautaire et post-capitaliste&lt;/strong&gt; incarnée par ceux que &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Arnsperger"&gt;&lt;strong&gt;Christian Anrsperger&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;nomme des &lt;strong&gt;militants existentiels&lt;/strong&gt; dont l’approche intégrale conjugue transformation personnelle et politique, économique et sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’échec d’un certain nombre d’initiatives dans le domaine de la création monétaire provient du fait que, ne procédant pas de cette dimension globale, elles tendaient à occulter une de ces dimensions, causant de ce fait, l’échec du système entier. &lt;strong&gt;Les monnaies du futur seront intégrales ou ne seront pas !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Ressources documentaires&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A tous ceux qui sont intéressés par ces nouvelles approches de l’économie et de la monnaie, l’Université Intégrale propose des ressources documentaires principalement issues des recherches menées par les intervenants de la treizième session dédiée à ces sujets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Monnaies&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Site de &lt;a href="http://www.lietaer.com/other-languages/francais/"&gt;&lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;en Français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Derudder"&gt;&lt;strong&gt;Philippe Derudder&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;: &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.yvesmichel.org/admin/tous-les-livres/rendre-la-creation-monetaire-a-la-societe-civile"&gt;Rendre la création monétaire à la Société Civile&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (Ed.Yves Michel). &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.yvesmichel.org/yves-michel/espace-economie-alternative/qui-est-philippe-derudder"&gt;Autres ouvrages&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de Philippe Derudder publiés aux éditions Yves Michel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Site de l’association &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.aises-fr.org/"&gt;Aises&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Association Internationale pour le Soutien aux Economies Sociétales&lt;/em&gt;) animé par Phillipe Derruder : mettre l’économie et l’argent au service de l’homme et de la planète&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.cornu.eu.org/news/de-l-innovation-monetaire-aux-monnaies-de-l-innovation"&gt;blog&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Michel Cornu&lt;/strong&gt;, auteur du livre : &lt;a href="http://www.fokus21.org/spip.php?article47"&gt;&lt;strong&gt;De l’innovation monétaire aux monnaies de l’innovation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Panorama des monnaies complémentaires et sociales&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.fokus21.org/"&gt;Fokus 21&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://people.thetransitioner.org/"&gt;&lt;strong&gt;The Transitionner&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt; Site sur les &lt;strong&gt;&lt;a href="http://wiki.thetransitioner.org/Fran%C3%A7ais/Les_monnaies_libres/Les_monnaies_libres_en_quelques_mots"&gt;monnaies libres&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.thetransitioner.org/wikifr/tiki-index.php"&gt;l’intelligence collective&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Conférence de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://noubel.fr/"&gt;Jean-François Noubel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; sur le thème des &lt;strong&gt;&lt;a href="http://people.thetransitioner.org/video/tedxparis-2011-jeanfrancois"&gt;monnaies libres&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Indicateurs de richesse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Gadrey&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Florence Jany-Catrice.&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr/les-nouveaux-indicateurs-de-richesses-par-jean-gadrey-et-florence-jany-catrice_fr_art_186_21018.html"&gt;&lt;em&gt;Les nouveaux indicateurs de richesse&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dominique Méda.&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr/au-dela-du-pib--pour-une-autre-mesure-de-la-richesse-par-dominique-meda_fr_art_735_38067.html"&gt;&lt;em&gt;Au-delà du PIB, pour une autre mesure de la richesse&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Marie-Ange Cotteret.&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.leseditionsovadia.com/site/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=83"&gt;Mesurez-vous, de la métrologie à l’autonomie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.metrodiff.org/cmsms/index.php"&gt;Association Métrodiff&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. La métrologie est définie comme la science des mesurages et ses applications. L'association Métrodiff a pour but de promouvoir la culture métrologique et de mettre en place tout type d'action concourant à la diffusion de cette culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Site de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://inprincipo.com/fr/qui-sommes-nous"&gt;Marc Tirel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://inprincipo.com/fr/vers-de-nouveaux-indicateurs-pour-mesurer-la-richesse"&gt;Vers de nouveaux indicateurs pour mesurer la richesse&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.observatoire-immateriel.com/"&gt;L’Observatoire de l’Immatériel.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; Entre 75 et 80 % de nos entreprises sont immatérielles et donc hors bilan. Le Baromètre de mesure des actifs immatériels propose le premier référentiel européen de mesure de ces actifs. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dès Janvier 2002, le constat était établi par la mission conduite par &lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret"&gt;&lt;strong&gt;Patrick Viveret&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; dans son rapport : &lt;a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/024000191/index.shtml"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Reconsidérer la richesse&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt; : "nouveaux facteurs de richesses".&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Depuis 2002, les expérimentations de valorisation des richesses se sont multipliés principalement au sein des collectivités territoriales comme dans le Nord Pas de Calais avec les "&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.nordpasdecalais.fr/developpementDurable/outils/indicateurs.asp"&gt;indicateurs 21&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; " &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Remis en 2009 au président de la République, « &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr/fr/index.htm"&gt;Le rapport Stiglitz&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; » préconise de mettre en place de nouveaux indicateurs objectifs et subjectifs (perception du bien-être, du bonheur, inquiétude…) et d’indicateurs monétaires de développement durable permettant de mesurer les ressources naturelles. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-1749272006921274704?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/1749272006921274704/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-9-une-vision.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/1749272006921274704'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/1749272006921274704'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-9-une-vision.html' title='Université Intégrale (9) Une Vision Intégrale de la Monnaie (fin)'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-26cWwB6WV4g/TnCi35s33UI/AAAAAAAAAfA/T1x0qRUVAUM/s72-c/Monnaies%2BLibres.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-1383130976276642382</id><published>2011-09-12T02:30:00.004+02:00</published><updated>2011-10-07T21:38:11.962+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Université Intégrale'/><title type='text'>Université Intégrale (8) Une Vision Intégrale de la Monnaie</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-LcgapCdcp4M/Tmy1CRv7oII/AAAAAAAAAe4/pfUuvOCiDZE/s1600/Quadrants5.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5651090683171938434" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-LcgapCdcp4M/Tmy1CRv7oII/AAAAAAAAAe4/pfUuvOCiDZE/s400/Quadrants5.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;« &lt;em&gt;La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d'échapper aux idées anciennes&lt;/em&gt;. » Keynes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Dans notre &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-7-nouvelles.html"&gt;dernier billet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, nous présentions le programme détaillé de la &lt;strong&gt;&lt;a href="http://universite-integrale.blogspot.com/"&gt;treizième session&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/12/universite-integrale-1-une-regeneration.html"&gt;l'Université Intégrale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui aura lieu à Paris, les &lt;strong&gt;19 et 20 Septembre&lt;/strong&gt; autour du thème : «&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Nouvelles valeurs, nouvelles richesses, nouvelles mesures, nouvelles monnaies&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ». Une occasion de réfléchir à &lt;strong&gt;l’émergence de nouvelles formes économiques et monétaires&lt;/strong&gt; alors même que la restructuration de la dette grecque qui apparaît inévitable* risque de déclencher ce que le président de la République a nommé la semaine dernière un &lt;strong&gt;tsunami économique&lt;/strong&gt;. (cf. Blog de &lt;a href="http://www.pauljorion.com/blog/"&gt;&lt;strong&gt;Paul Jorion&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;*).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;La crise : une opportunité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Toute crise est fondamentalement une remise en question c'est à dire, littéralement, une autre manière de poser les problèmes. Une des plus grandes difficultés pour l’être humain est d’échapper à &lt;strong&gt;l’inertie des habitudes, héritées du passé, qui apparaissent à travers le filtre du conformisme ambiant comme autant d’évidences&lt;/strong&gt; alors même qu’elles ne sont plus du tout adaptées à une situation qui sans cesse évolue. Ce que l’économiste John Maynard Keynes résume de la manière suivante : « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d'échapper aux idées anciennes.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans le billet intitulé &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/11/post-materialisme-8-du-bon-usage-des.html"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Du bon usage des crises&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;nous citions &lt;strong&gt;Christiane Singer&lt;/strong&gt; pour qui la crise « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;sert en quelque sorte de bélier pour enfoncer les portes de ces forteresses où nous nous tenons muré...&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; » En suscitant l’effondrement des idées anciennes, les crises permettent de voir le monde autrement. Comme l’exprime l’idéogramme chinois illustrant la notion de crise, celle-ci est à la fois &lt;strong&gt;danger &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;opportunité&lt;/strong&gt;. Cette opportunité est celle d'un &lt;strong&gt;changement de perspective&lt;/strong&gt; : ce qui était évident apparaît illusoire, laissant apparaître un vaste champ de possibilités que les anciennes évidences n’avaient pas permis d’envisager jusque-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Monnet"&gt;&lt;strong&gt;Jean Monnet&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;décrit cette relation étroite entre crise et changement de la manière suivante : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; » Plutôt donc que de participer à la panique ambiante, considérons la crise comme une &lt;strong&gt;épreuve initiatique&lt;/strong&gt; permettant d’envisager l’économie et la monnaie avec un autre regard que celui de &lt;strong&gt;l’utilitarisme dominant&lt;/strong&gt;, expression du paradigme abstrait de la modernité en train d’être dépassé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;strong&gt;De nouvelles formes économiques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;Les &lt;strong&gt;dérives de la spéculation financière&lt;/strong&gt; proviennent de la déconnexion entre finance et économie qui, elle-même, provient d'un profond hiatus entre la société et le système économique. Ce hiatus a pour origine une &lt;strong&gt;"culture de domination" &lt;/strong&gt;fondée sur &lt;strong&gt;une conception utilitaire de l'individu et des rapports sociaux&lt;/strong&gt;. Comme le dit l'économiste &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Arnsperger"&gt;&lt;strong&gt;Christian Arnsperger&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;: " &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les questions les plus profondes de l'économie ne sont pas en elles-mêmes des questions économiques&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Tout système économique et monétaire participe, de manière systémique, à une certaine "&lt;strong&gt;vision du monde&lt;/strong&gt;" propre à un stade de l'évolution culturelle. Alors que la vision du monde propre à la modernité est train d'être dépassée, l'humanité aborde &lt;strong&gt;un nouveau stade - intégral - de son évolution.&lt;/strong&gt; Ceci explique pourquoi nous assistons, de manière simultanée, à une crise profonde du système capitaliste et à une vaste réflexion sur de nouvelles formes économiques et monétaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;De nombreux ouvrages sont parus dernièrement sur la monnaie*. Certains analysent l’évolution de la monnaie et de son rôle à travers l’histoire, d’autres proposent des &lt;strong&gt;visions novatrices permettant à la société civile de se réapproprier la création monétaire au service du bien commun&lt;/strong&gt; alors qu’elle est aujourd’hui, trop souvent, au cœur des stratégies spéculatives d’une oligarchie financière. (*&lt;em&gt;Voir bibliographie dans le prochain billet&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;A ce travail théorique correspondent des initiatives novatrices : des &lt;strong&gt;monnaies alternatives&lt;/strong&gt; voient le jour comme autant de laboratoires sociaux permettant de vivre et d’expérimenter de &lt;strong&gt;nouvelles formes d’économie fondées non plus sur la compétition mais sur la solidarité&lt;/strong&gt;. A toutes ces réflexions et initiatives, il manque souvent une &lt;strong&gt;vision globale&lt;/strong&gt; permettant d’envisager la monnaie sous tous ses aspects, ceux qui relèvent de la subjectivité individuelle et des comportements personnels comme ceux qui sont liés aux représentations collectives ou aux fonctions économiques et sociales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un modèle intégral de la monnaie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Christian Arnsperger&lt;/strong&gt; avait déjà utilisé le modèle intégral des &lt;a href="http://www.human-side.com/wilber/Core%20concepts%20the%20four%20quadrantsFR.htm"&gt;&lt;strong&gt;Quatre Quadrants&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;de &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/03/ken-wilber-philosophe-du-tout.html"&gt;&lt;strong&gt;Ken Wilber&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;pour explorer les voies novatrices de son &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/02/ethique-de-lexistence-post-capitaliste.html"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Ethique de l’existence post-capitaliste&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;à laquelle nous avions consacré plusieurs billets. La création de nouveaux modèles économiques et politiques inspirés par une vision intégrale ne peut faire l’impasse sur la monnaie, son rôle à la fois social, symbolique et fiduciaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un livret intitulé &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Une Vue Intégrale sur la Monnaie et les Crashs Financiers&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, que l’on peut lire &lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.lietaer.com/images/Vue_Integrale_sur_les_Crashs.pdf"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Lietaer"&gt;&lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;utilise le même modèle, celui des &lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/03/ken-wilber-philosophe-du-tout-2.html"&gt;&lt;strong&gt;Quatre Quadrants&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;de &lt;strong&gt;Wilber&lt;/strong&gt; décrit à plusieurs reprises dans Le Journal Intégral (notamment &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/10/le-capitalisme-piege-existentiel.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) pour &lt;strong&gt;envisager le phénomène monétaire sous ses divers aspects, intérieur et extérieur, individuel et collectif&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Expert en matière monétaire &lt;a href="http://www.lietaer.com/other-languages/francais/"&gt;&lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;est un des intervenants de la prochaine session de l’Université Intégrale. En trente ans d’expériences dans le domaine financier, il a été haut fonctionnaire de banque centrale, directeur général de fonds monétaires et professeur de finance internationale à l’Université de Louvain. En s’inspirant de son livret, on peut &lt;strong&gt;définir les quatre quadrants qui permettent d’avoir une vision intégrale de la monnaie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre relation à l’argent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le &lt;strong&gt;Quadrant Supérieur Gauche&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Individuel – Intérieur&lt;/em&gt;) concerne &lt;strong&gt;notre lien subjectif à l’argent. &lt;/strong&gt;Un certain nombre de &lt;strong&gt;représentations &lt;/strong&gt;quant à la monnaie sont transmises à l’individu par la société à travers l’éducation et la culture. Ces représentations participent d’une &lt;strong&gt;"vision du monde"&lt;/strong&gt; correspondant à un stade de l’évolution culturelle. L’individu intègre ces représentations à travers le &lt;strong&gt;filtre d’une personnalité&lt;/strong&gt; qui s’est construite, de manière consciente et inconsciente, tout au long d’une histoire individuelle, familiale et sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon cette histoire singulière nous développons un rapport particulier à l’argent sur lequel nous projetons nos affects de manière fantasmatique et imaginaire. &lt;strong&gt;Ce lien psycho-affectif avec l’argent&lt;/strong&gt; peut être fondé sur la fascination, la répulsion ou sur une certaine neutralité quand nous le considérons juste comme un moyen au service d’une fin qui le dépasse. La coloration de ce lien subjectif va déterminer des comportements particuliers dans la mesure où &lt;strong&gt;nos modes de vie et d’action sont les conséquences d’un modèle de pensée affecté par un imaginaire singulier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le &lt;strong&gt;Quadrant Supérieur Droit&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Individuel – Extérieur&lt;/em&gt;) concerne donc notre &lt;strong&gt;comportement individuel&lt;/strong&gt; vis-à-vis de l’argent. Un comportement déterminé à la fois par les &lt;strong&gt;représentations culturelles dominantes&lt;/strong&gt; et par le &lt;strong&gt;filtre subjectif &lt;/strong&gt;à travers laquelle nous intégrons individuellement ces représentations. Ces deux vecteurs, personnels et collectifs, déterminent la façon dont nous allons nous comporter dans la vie quotidienne par rapport à l’argent : comment nous allons le gagner, l’épargner, le dépenser, l’investir ou le donner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce &lt;strong&gt;quadrant comportemental&lt;/strong&gt; correspond la grande majorité de la littérature sur le sujet : des milliers de livres traitent de ce rapport utilitaire à l’argent. Cette focalisation exclusive sur la &lt;strong&gt;fonction utilitaire de l’argent&lt;/strong&gt;, propre à l’époque moderne, laisse de côte toute la dimension subjective et intersubjective sur lesquelles est fondée la dimension symbolique de la monnaie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le système monétaire et financier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le &lt;strong&gt;Quadrant Inférieur Droit&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Collectif – Extérieur&lt;/em&gt;) concerne &lt;strong&gt;l’organisation du système monétaire&lt;/strong&gt; au cœur de la vie financière et des échanges économiques. Comme les formes économiques auxquelles ils sont liés, ces systèmes monétaires et financiers sont l’objectivation des croyances et de représentations collectives qui fondent le lien social.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Formes économiques et systèmes monétaires sont toujours l’expression à un moment donné de la dynamique de l’évolution culturelle. Ils se transforment au cours du temps en fonction des « visions du monde » liées aux divers stades évolutifs traversés par l’humanité. &lt;strong&gt;Le système monétaire et financier participe aujourd’hui d’une vision capitaliste de l’économie fondée sur une anthropologie utilitaire et individualiste.&lt;/strong&gt; Dans la représentation technocratique qui est celle de la modernité, nous avons une vision instrumentale de la monnaie, perçue comme un outil financier déconnecté des échanges sociaux et symboliques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne sert à rien de vouloir changer les modèles économiques et les systèmes monétaires si, dans le même temps, on ne cherche pas à faire évoluer les &lt;strong&gt;mentalités collectives&lt;/strong&gt; dont ils sont l’expression objectivée. C’est ainsi que toute initiative dans le domaine de l’innovation économique et monétaire doit correspondre aux attentes et aux &lt;strong&gt;formes de la conscience collective&lt;/strong&gt; qui, à chaque stade évolutif, déterminent les modes de conscience individuels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Croyances et représentations collectives&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le &lt;strong&gt;Quadrant Inférieur Gauche&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Collectif – Intérieur&lt;/em&gt;) correspond aux &lt;strong&gt;croyances et aux représentations collectives&lt;/strong&gt; concernant l’argent. Si celles-ci sont déterminées par les différentes « visions du monde » correspondant à chaque stade évolutif, elles peuvent aussi être affectées par des phénomènes liés à la psychologie collective. &lt;strong&gt;Cette dimension de la monnaie vue sous l’angle de la psychologie collective&lt;/strong&gt; est peu abordée alors que selon &lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;/strong&gt; on peut y trouver les clés permettant d’expliquer le pourquoi et le comment des &lt;strong&gt;crash irrationnels.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Alan Greenspan, ancien président de la réserve américaine, s’est plaint dans les années 1990 de l’« &lt;em&gt;exubérance irrationnelle des marchés financiers&lt;/em&gt; ». Il a exprimé des inquiétudes sur le fait « &lt;em&gt;que le penchant humain pour des comportements souvent irrationnels est contraire à la logique d’une économie saine&lt;/em&gt; ». &lt;strong&gt;Au cœur de la psyché collective, la dimension archétypale de la monnaie nourrit les émotions individuelles qui se manifestent ensuite dans le monde extérieur par des comportements affectant le système monétaire lui-même&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une présentation succincte de sa vision intégrale de la monnaie, Bernard Lietaer propose dans son livret deux textes extraits de deux de ses ouvrages Le premier explique pourquoi nous devons traiter de &lt;strong&gt;psychologie collective&lt;/strong&gt; pour comprendre les crises monétaires/financières. Le second aborde dans des termes simples le processus psychologique collectif expliquant &lt;strong&gt;pourquoi et comment surviennent des phases des crashs irrationnelles&lt;/strong&gt;. Le Crash japonais de 1990, la bulle Internet de la fin des années 90 et la bulle immobilière des années 2000 aux Etats-Unis sont seulement trois applications du même processus psychologique collectif. Tout Crash financier suit ce même schéma psychologique collectif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(A suivre...) &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-1383130976276642382?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/1383130976276642382/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-8-une-vision.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/1383130976276642382'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/1383130976276642382'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-8-une-vision.html' title='Université Intégrale (8) Une Vision Intégrale de la Monnaie'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-LcgapCdcp4M/Tmy1CRv7oII/AAAAAAAAAe4/pfUuvOCiDZE/s72-c/Quadrants5.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-9062658426875747677</id><published>2011-09-08T01:45:00.002+02:00</published><updated>2011-10-07T21:37:46.657+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société Post-Capitaliste'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Université Intégrale'/><title type='text'>Université Intégrale (7) Nouvelles Valeurs, Nouvelles Richesses</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-Qxk_TIp_hn0/TmOK4XkYS7I/AAAAAAAAAew/DCBemdXeDT0/s1600/Picsou2.bmp"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 288px; DISPLAY: block; HEIGHT: 300px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5648511058656644018" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-Qxk_TIp_hn0/TmOK4XkYS7I/AAAAAAAAAew/DCBemdXeDT0/s400/Picsou2.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;strong&gt;Nouvelles valeurs, nouvelles richesses, nouvelles mesures, nouvelles monnaies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;La douzième session de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/12/universite-integrale-1-une-regeneration.html"&gt;l’Université Intégrale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en Mai dernier, s’est déroulée autour du thème : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/05/universite-integrale-5-societe-et.html"&gt;Société et Politiques Intégrales&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. Cette journée fut l’occasion de présenter des réflexions, des initiatives et des acteurs qui élaborent la société et les politiques de demain. On trouvera &lt;strong&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/album/1611526/page:1"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; une &lt;strong&gt;vingtaine de vidéos&lt;/strong&gt; permettant à ceux qui n’étaient pas présents de suivre les diverses présentations et débats ayant eu lieu durant cette session. De même, on trouvera &lt;strong&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/univers"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;deux cent quarante vidéos&lt;/strong&gt; correspondant à des interventions ayant eu lieu lors des précédentes sessions et évènements organisés par &lt;strong&gt;&lt;a href="http://universite-integrale.blogspot.com/"&gt;l’Université Intégrale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inspiré par une vision intégrale, une réflexion sur l’émergence de nouvelles formes sociales et politiques nécessite d’inventer un modèle économique fondé sur une autre approche de la monnaie. C’est pourquoi, les &lt;strong&gt;Lundi 19 et Mardi 20 septembre 2011&lt;/strong&gt;, aura lieu à Paris &lt;strong&gt;la treizième session de l'Université Intégrale&lt;/strong&gt;, sur le thème : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Nouvelles valeurs, nouvelles richesses, nouvelles mesures, nouvelles monnaies&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La tyrannie du PIB&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Alors que nos économies et sociétés sont en pleine transformation et connaissent des ruptures majeures, que &lt;strong&gt;les voies de réinvention nous obligent à puiser dans nos inspirations les plus globales&lt;/strong&gt; (sociales, économiques, écologiques, culturelles, artistiques, spirituelles…), nos indicateurs de richesse principalement dominés par le &lt;strong&gt;Produit Intérieur Brut&lt;/strong&gt; ne semblent pas évoluer et restent figés sur des schémas passés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Le PIB traduit une analyse de la réalité à travers un prisme particulier, exclusivement quantitatif, économique et &lt;strong&gt;dénué de considérations qualitative ou citoyenne&lt;/strong&gt;, comme le niveau de santé, d'éducation ou d'engagement associatif, le degré de violence, l'intensité des inégalités socio-économiques ou encore la qualité de la pratique démocratique&lt;/em&gt;. » &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/10/post-materialisme-5-une-ecosophie.html"&gt;Patrick Viveret &lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;(webmagazine, 4/11/2008)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment expliquer cette situation ? Comment se caractérisent les évolutions sociétales et comment impactent-elles dans notre rapport à la richesse ? &lt;strong&gt;Que voulons-nous faire de nos sociétés, sur quelles valeurs construire et quelles richesses comptent véritablement ?&lt;/strong&gt; Souhaitons-nous rester sur des aspirations matérialistes de nos sociétés ou, au contraire, prendre en considération les notions de bien-être, remédier aux inégalités sociales, donner plus de valeur à l’immatériel (création, design, conception…) et prendre en compte les incidences environnementales des activités humaines pour ne citer que celles-là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Reconsidérer la richesse&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En 2008, soit 6 ans après la parution du &lt;strong&gt;Rapport Viveret&lt;/strong&gt; « &lt;a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/024000191/index.shtml"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Reconsidérer la richesse&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;», le Président de la République Française sollicite des experts français et internationaux qui donneront naissance au « &lt;a href="http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr/fr/index.htm"&gt;&lt;strong&gt;Rapport Stiglitz&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;» &lt;strong&gt;sur la mesure des performances économiques et du progrès social.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cette démarche n’est pas uniquement française puisqu’au niveau international d’autres indicateurs sont développés comme &lt;strong&gt;l’indice du développement humain&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Rapport mondial sur le développement humain, 1990&lt;/em&gt;), &lt;strong&gt;l’indice du bien-être économique&lt;/strong&gt; développé par Osberg et Sharpe ou plus récemment le &lt;strong&gt;Bonheur Intérieur Brut&lt;/strong&gt; déployé au Bhoutan. Les expériences en matière de &lt;strong&gt;nouveaux indicateurs de mesures&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;création de monnaies&lt;/strong&gt;, que cela soit dans des communautés présentielles ou numériques, des territoires ou des réseaux foisonnent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Aujourd’hui, les sources d’inspiration et de réflexion sur ce sujet dépassent largement la seule perspective économique et sont portées par philosophes et sociologues&lt;/strong&gt;. Mais alors comment expliquer que les questions d’indicateurs de richesses et de mesures économiques et sociales fassent l’objet de rapport mais ne soient pas pris en compte ? &lt;strong&gt;Comment valoriser les expériences foisonnantes, accélérer cette transition et à présent changer d’échelle?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cette journée a été conçue par &lt;strong&gt;Carine Dartiguepeyrou&lt;/strong&gt;, présidente du Club de Budapest - France, &lt;strong&gt;Bénédicte Fumey&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Michel Nguyen The&lt;/strong&gt;, membres du comité exécutif du Club de Budapest.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le Panorama des monnaies complémentaires et sociales&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; sera exposé pendant ces deux jours par &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.fokus21.org/"&gt;Fokus 21&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un « circuit-court » de l’image qui produit, réalise et diffuse des outils photos et vidéos pour provoquer le débat public sur les enjeux du 21ème siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Lundi 19 septembre 2011 – Nouvelles Valeurs, Nouvelles Richesses.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;8h30 Accueil - 8h50 Introduction de la journée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;9h00 Séance 1. « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Nouvelles valeurs, nouvelles richesses&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Eric Aubert&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Valeurs et civilisations – un survol et un piqué sur le Bhoutan&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Carine Dartiguepeyrou&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Emergence des nouvelles valeurs socioculturelles. Considérations qualitatives et quantitatives&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Patrick Viveret&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Pour un nouveau souffle économique et social&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11h00 – 11h15 : Pause&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11h15 – 12h00 : Séance 2. &lt;strong&gt;Jean-Michel Cornu&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Grand panorama de l’innovation monétaire passée, en cours et à venir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;Discussion générale et questions-réponses avec l’ensemble des participants de la matinée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;12h30 – 14h00 : Pause déjeuner. Quartier libre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;strong&gt;Mesures et indicateurs&lt;/strong&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;14h00 – 15h45 : Séance 3 : « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Mesures et indicateurs.1&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Joël Houdet&lt;/strong&gt; (téléconférence) : &lt;em&gt;Indicateurs de la biodiversité&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Esther Dubois&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Indicateurs éco-quartiers&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Olivier Maurel&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Nouveaux indicateurs socio-économiques en entreprise, le cas de Danone Communities.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Fabienne Renaud&lt;/strong&gt; (sous réserve) : &lt;em&gt;Nouveaux indicateurs en territoire&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;pays de la Loire&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Discussion générale et questions-réponses. 15h45 – 16h00 : Pause&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;16h00 – 18h00 : Séance 4 : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Mesures et indicateurs.2&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Présentations du &lt;strong&gt;Club Développement Durable&lt;/strong&gt; du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables (CSOEC).&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Michel Veillard&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Comptabilité universelle et activation économique&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Jacques &lt;/strong&gt;(sous réserve) et &lt;strong&gt;Pauline de Saint Front&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Indicateurs MacDo&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Claude Périgaud et Jean-Louis Minéo&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Reconnaissance mutuelle et fertilisation croisée&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Caldier&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Mesures et indicateurs d’action pour un commerce équitable&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Discussion générale et questions-réponses. 18h Grande pause avant la soirée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;19h30 «&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La monnaie, yin et yang de l’économie ?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Au cœur de la monnaie&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Patrick Viveret&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Construire la résilience face à la crise financière&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dialogue entre les deux intervenants et discussion générale&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;22h Fin Soirée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Mardi 20 septembre 2011 - Monnaies numériques&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;8h30 Accueil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;9h00- 10h15 Séance 5 : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Monnaies numériques&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Thierry Gaudin&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Valeurs, rapport au mercantilisme et innovation monétaire&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Clarisse Herrenschmidt&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Ecriture, monnaies et virtualisation&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Soufron&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Brettonwoods 2.0&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10h15 – 10h45 : discussion générale. 10h45 – 11h00 : Pause&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11h00 – 12h30 : Séance 6 : « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Monnaies Complémentaires et Outils pour la Résilience Economique&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;» - &lt;strong&gt;Bernard Lietaer&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Discussion générale et questions-réponses&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;12h30 – 14h00 : Pause déjeuner. Quartier libre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;strong&gt;Nouvelles mesures et nouvelles monnaies&lt;/strong&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;14h00 – 15h45 : Séance 7a : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Monnaies alternatives et transition&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Laurent Béduneau-Wang&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Monnaies complémentaires et transition post-carbone : repenser la création de valeur&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Dominique Doré&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Expérience de terrain, SEL et autres monnaies&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Célina Whitaker&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Monnaies alternatives&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Discussion générale et questions-réponses. 15h45 – 16h00 : Pause&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;14h00 – 15h45 : Séance 7b : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Atelier animé par Christophe Cesetti et Sybille Saint Girons&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; (Collectif Valeureux)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Vivre et expérimenter sous une autre forme la notion de nouvelles valeurs, nouvelles richesses, nouvelles reconnaissances, nouvelles mesures, nouveaux indicateurs, nouvelles monnaies avec deux ateliers qui seront conduits en parallèle :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Atelier 1. &lt;em&gt;Changeons les règles du vivre ensemble en jouant&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Sur la base d'un jeu de plateau, expérimentez, en direct et par soi-même, &lt;strong&gt;comment l’intelligence collective vous permet de réinventer les règles du faire et du vivre-ensemble en économie et en société.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Appréhender d’abord les règles qui nous contraignent, nous opposent et nous poussent au combat&lt;br /&gt;- Nous exprimer sur notre ressenti, nos constats, nos observations&lt;br /&gt;- Imaginer les règles qui nous libèrent et nous permettent de mettre en valeur notre pomme et le pommier auquel nous nous rattachons&lt;br /&gt;- Chercher les nouvelles règles et richesses qui nous font plaisir et nous offrent des voies d’explorations&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Atelier 2. &lt;em&gt;Expérimenter une nouvelle façon d'échanger&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Sur la base d'un scénario animé, chaque participant pourra disposer d’une expérience, d'éclairages et d'ouvertures permettant de mieux comprendre les enjeux de nos systèmes monétaires dans notre société.&lt;br /&gt;- Ressentir et comprendre les limites du système monétaire actuel&lt;br /&gt;- Recenser les grandes caractéristiques d'un système monétaire&lt;br /&gt;- Ressentir et comprendre les possibilités d'un autre système monétaire&lt;br /&gt;- Réfléchir à l'impact du système monétaire sur les comportements&lt;br /&gt;- Envisager d'autres façons d'échanger et d'activer les richesses&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;15h45 – 16h00 : Pause&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;16h00 – 17h30 : Séance 8 : « &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quid de la réinvention monétaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Philippe Derudder&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Espace complémentaire sociétal&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Michel Saloff-Coste&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Les monnaies ont-elles une âme ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Marc Tirel&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;Bilan travaux pratiques&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Discussion et débat avec l’ensemble des intervenants de la journée. 17h30 : Fin Journée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette treizième session de l’Université Intégrale aura lieu au Forum, 104 rue de Vaugirard, 75006 Paris. La présentation détaillée des intervenants ainsi que toutes les informations concernant les modalités d’inscriptions et les détails pratiques sont disponibles &lt;strong&gt;&lt;a href="http://universite-integrale.blogspot.com/"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;sur le site de l’Université Intégrale. &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-9062658426875747677?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/9062658426875747677/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-7-nouvelles.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/9062658426875747677'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/9062658426875747677'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/universite-integrale-7-nouvelles.html' title='Université Intégrale (7) Nouvelles Valeurs, Nouvelles Richesses'/><author><name>Olivier Breteau</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17292355229127966438</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_d2jsLHGO1_s/S0HaPwJIEdI/AAAAAAAAAAo/CXYVVJNraIc/S220/Olivibration1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-Qxk_TIp_hn0/TmOK4XkYS7I/AAAAAAAAAew/DCBemdXeDT0/s72-c/Picsou2.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1803374603793792766.post-3789356000955236807</id><published>2011-09-02T00:45:00.003+02:00</published><updated>2011-09-02T00:52:56.143+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Inspirations'/><title type='text'>Le But (6) Rencontre avec un Homme Remarquable</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-YQESdiJTZc4/Tl3Mv4eRwsI/AAAAAAAAAeo/EBRTOiNeXOE/s1600/Satprem.bmp"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 400px; FLOAT: left; HEIGHT: 288px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5646894630777766594" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-YQESdiJTZc4/Tl3Mv4eRwsI/AAAAAAAAAeo/EBRTOiNeXOE/s400/Satprem.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Radioscopie : un entretien entre Satprem et Jacques Chancel. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Ce billet fait partie d’une série intitulée Le But (&lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2010/07/le-but.html"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/07/quand-nous-avons-depasse-les-savoirs.html"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/08/le-but-3-commentaires.html"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/08/le-but-4-la-crise-evolutive-vue-par-sri.html"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://journal-integral.blogspot.com/2011/08/le-but-5-sri-aurobindo-et-lavenir-de-la.html"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;) où le poème éponyme de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aurobindo_Ghose"&gt;Sri Aurobindo&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est l’occasion de nous sensibiliser à l’œuvre du visionnaire indien qui fût l’un des grands pionniers d’une approche intégrale et évolutive de l’être humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Nous proposons souvent dans le Journal Intégral des textes inspirés qui sont autant de portes entr’ouvertes sur une vision du monde correspondant au stade évolutif auquel une partie de l’humanité est en train d’accéder. Aujourd’hui, nous proposons une rencontre avec un homme remarquable qui, toute sa vie durant, a cherché &lt;strong&gt;à explorer et à incarner, avec intensité, ce nouveau stade évolutif&lt;/strong&gt;. Cet homme que nous avons commencé à présenter dans notre dernier billet, c’est &lt;strong&gt;Bernard Enginger&lt;/strong&gt; (1923-2007), plus connu sous le nom de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Satprem"&gt;Satprem&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né à Paris en 1923, résistant, &lt;strong&gt;Satprem&lt;/strong&gt; est arrêté par la Gestapo à l'âge de 20 ans et passe un an et demi en camp de concentration. Dévasté, il se retrouve après de nombreux voyages à Pondichéry en 1953, auprès de &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mirra_Alfassa"&gt;Mère &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;qui continue l’œuvre de &lt;strong&gt;Sri Aurobindo&lt;/strong&gt;. En 1958 il devient son confident et recueille sur bande magnétique le cheminement qui devait La conduire à la découverte d'un « &lt;strong&gt;mental cellulaire&lt;/strong&gt; » capable de &lt;strong&gt;re-former la condition du corps&lt;/strong&gt; et de passer à une &lt;strong&gt;espèce nouvelle&lt;/strong&gt;: c'est l'&lt;a href="http://www.amazon.fr/s/?ie=UTF8&amp;amp;keywords=l%27agenda+de+m%C3%A8re&amp;amp;tag=googhydr0a8-21&amp;amp;index=stripbooks&amp;amp;hvadid=7545850259&amp;amp;ref=pd_sl_4txyhtuv2u_e"&gt;&lt;strong&gt;Agenda de Mère&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;(1958 – 1973).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous vous proposons d'écouter un entretien entre Satprem et &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chancel"&gt;&lt;strong&gt;Jacques Chancel&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;qui, au cours des années 70, recevait dans &lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Radioscopie_(%C3%A9mission)"&gt;Radioscopie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, sa célèbre émission de radio sur &lt;strong&gt;France Inter&lt;/strong&gt;, toutes les grandes personnalités du monde des arts et de la littérature, du spectacle et de la vie publique. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans cet entretien, Satprem fait part de son expérience et relate son aventure intérieure. Il parle de Mère, de Sri Aurobindo et d’&lt;strong&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Auroville"&gt;Auroville&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. En répondant aux questions de Jacques Chancel, Satprem évoque divers sujets comme &lt;strong&gt;l’évolution de la conscience&lt;/strong&gt;, l&lt;strong&gt;e rôle complémentaire de l’homme et de la femme&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;la nécessité de dépasser religions et idéologies pour expérimenter dans son corps la mutation en cours annoncée par Mère et Sri Aurobindo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cette émission a été enregistrée en 1977 à l’occasion de la parution d’une trilogie écrite par Satprem sur l’œuvre de Mère : &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/M%C3%A8re-Mat%C3%A9rialisme-Divin-Satprem/dp/2221001737/ref=sr_1_1?s=books&amp;amp;ie=UTF8&amp;amp;qid=1314769495&amp;amp;sr=1-1"&gt;Mère&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/M%C3%A8re-LEsp%C3%A8ce-Nouvelle-Satprem/dp/2221001745/ref=sr_1_4?s=books&amp;amp;ie=UTF8&amp;amp;qid=1314769554&amp;amp;sr=1-4"&gt;L'espèce nouvelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/M%C3%A8re-Mutation-Mort-Satprem/dp/2221010213/ref=sr_1_3?s=books&amp;amp;ie=UTF8&amp;amp;qid=1314769630&amp;amp;sr=1-3"&gt;La mutation de la mort&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Elle nous permet de mieux comprendre la trajectoire de Satprem et à travers celle-ci, l’expérience et le message original qui furent ceux de Mère et de Sri Aurobindo. Au-delà des paroles exprimées, &lt;strong&gt;la voix de Satprem est le véhicule d'une vibration subtile qui nous transporte dans un paysage intérieur d'une grande intensité.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe height="345" src="http://www.youtube.com/embed/ZQQ5AWNXKPI" frameborder="0" width="420"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe height="345" src="http://www.youtube.com/embed/jEVp0MEkW20" frameborder="0" width="420"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe height="345" src="http://www.youtube.com/embed/RORZE5vR1k4" frameborder="0" width="420"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe height="345" src="http://www.youtube.com/embed/rLJwP7ALVNg" frameborder="0" width="420"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1803374603793792766-3789356000955236807?l=journal-integral.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://journal-integral.blogspot.com/feeds/3789356000955236807/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://journal-integral.blogspot.com/2011/09/le-but-6-rencontre-avec-un-homme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3789356000955236807'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1803374603793792766/posts/default/3789356000955236807'/><link rel='alternate' type='t
