jeudi 12 novembre 2015

L'Ecologie Intérieure


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Denys Rinpoche 

Elena Ray

A l’occasion de la COP 21 qui aura lieu à Paris début décembre, nous proposons une série de billets sur la crise écologique et le moyen d’y faire face à travers une "écologie intégrale" conjuguant sobriété conviviale, mutation culturelle et développement psycho-spirituel. Dans notre dernier billet - Décroissance ou Barbarie - nous évoquions le "contre-sommet" qui aura lieu samedi pour remettre en questions ces grandes messes environnementales où le capitalisme revêt un masque pseudo-écologique pour faire perdurer une dynamique mortifère d'accumulation illimitée, fondée sur la destruction des ressources naturelles comme des liens sociaux et culturels. Il s'agit dès lors de déconstruire le paradigme dominant pour "sortir de l'économie" et "décoloniser les imaginaires" en se libérant de l'emprise du fondamentalisme marchand fondé sur le fétichisme de la marchandise. 

Dans l'avant-dernier billet -  Le Syndrome de Cophenhague - nous analysions le profond déni qui fonde ces rencontres internationales où l’on cherche à résoudre la crise écologique avec le type de pensée technocratique qui l’a générée sans remettre en question ni les modèles dominants, ni les modes de vie et d’organisation socio-économique à l'origine du saccage de la planète au profit des plus riches. A cette occasion nous citions les propos de Denys Rinpoche : " L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion... Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire." 

C'est dans cet esprit que se sont tenus Dimanche 1er Novembre à Paris les "24 heures de méditation pour la Terre" où les représentants de nombreux courants spirituels et religieux, comme des artistes inspirés, ont célébré ensemble la profondeur spirituelle et le caractère sacré de notre relation à la Terre. Plus de 2.000 manifestations sur les cinq continents ont permis à toutes les traditions comme aux inspirations contemporaines de s'associer pour penser et célébrer avec gratitude notre maison commune. Ce grand moment de recueillement et de communion fut l'occasion  d'assister à l'émergence d'une conscience collective animée par l'exigence d'une écologie intérieure. 

Ce n'est pas un hasard si, dans ce même esprit d'intégration, l'’excellente revue "3ème millénaire" consacre son numéro d’automne à cette écologie intérieure sans laquelle toute démarche écologique est condamnée à la bonne conscience et à la mauvaise foi, à l’impuissance comme à l’hypocrisie. Dans ce numéro, Marc Halévy définit ainsi l’écologie intérieure : « En grec, l’Oïkos, c’est ce que l’on habite : sa maison, son milieu, son monde. L’écologie est donc l’étude de ce que l’on habite et des relations que l’on entretient avec lui… On peut parler d’écologie intérieure lorsque la réflexion porte sur ce « dedans » qu’habite, tant bien que mal, la conscience de chacun. ». 

La lecture de ce numéro de "3ème Millénaire" est un contrepoison absolument indispensable à l’anesthésie des consciences obtenue sous hypnose médiatique à la veille de la COP21. Les auteurs proposent des contributions de très grande qualité qui permettent de saisir les nœuds internes – psychologiques, culturels, spirituels – qui sont au cœur de la crise écologique en envisageant les moyens de s'en libérer. Après avoir évoqué la dialectique entre effondrement et refondation, nous proposerons l’éditorial de ce numéro de 3ème Millénaire, intitulé Découvrir nos climats intérieurs, où la présentation des différents articles est l'occasion de mieux percevoir et comprendre ce qu'est l'écologie intérieure dans ses multiples dimensions.

Un spectacle surréaliste 

« C’est un peu surréaliste d’observer ce qui se passe dans les réunions internationales sur le changement climatique. Y a –t-il une seule personne dans ces réunions qui ait vraiment et sincèrement envie de changer quoi que ce soit au système, ou de changer tout court ? S’il y avait une compréhension réelle de la situation, si ces gens étaient normaux, cela ne prendrait pas des années pour des accords de façade, repoussant les objectifs de décennie en décennie pour ne pas avoir à les tenir ! Nos dirigeants ne sont pas intéressés à faire quoi que ce soit, car ils font l’affaire de ceux qui profitent du système, à savoir les prédateurs économiques qui contrôlent vraiment ce qui se passe sur cette terre. Il ne faut donc rien attendre de nos dirigeants. Ni d’ailleurs de personne tant l’état de sommeil dans lequel vit l’humanité est profond. Son réveil est au prix d’un choc de souffrance. Et encore !...

... Qu’est-ce qui manque pour se réveiller ? Apparemment il manque ce qui s’en vient, c’est-à-dire des catastrophes planétaires sur le plan de la santé, financier, économique, social, militaire, etc. On dirait que c’est la seule chose qui manque. Je ne dis pas que c’est nécessaire d’en arriver là mais tant de problèmes se sont accumulés, avec un tel manque de volonté pour les résoudre avec intelligence… Nous élisons des personnes qui ne veulent pas voir qu’il existe un problème fondamental dans notre manière de vivre. Le problème est que les plus grands dormeurs sont nos chefs, aussi le réveil ne peut-il venir du haut de la pyramide. » 

C’est en ces termes d’une glaçante lucidité que Jean Bouchart d’Orval décrit dans ce numéro de "3ème  Millénaire" la situation actuelle de l’humanité face à une crise écologique menaçant notre civilisation d’effondrement et notre espèce de dégénérescence. Dans leur livre intitulé "Comment tout peut d'effondrer ?" Pablo Servigne et Raphaël Stevens arrivent aux mêmes conclusions en synthétisant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes : « Être catastrophiste ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ».

Le travail très bien documenté de ces deux auteurs s'inscrit dans la continuité de celui de Dennis Meadows (auteur du fameux rapport du Club de Rome en 1960 sur les limites de la croissance)) qui déclairait en 2012 : " Il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer aux chocs et construire dans l'urgence de petits systèmes résilients". Dans un récent billet de blog du journal Le Monde et intitulé Faut-il prendre l'effondrement au sérieux ? Hubert Guillaud répond par la positive en faisant notamment référence à ces deux auteurs qui considèrent l'effondrement comme "une situation inextricable, irréversible et complexe pour laquelle il n'y a pas de solutions, mais juste des mesures à prendre pour s'y adapter." Face à cet effondrement, une stratégie de résilience consisterait notamment à reconstruire des pratiques collectives "que notre société matérialiste et individualiste a méthodiquement et consciencieusement détricotées". Reconstruire du commun c'est exprimer un imaginaire collectif et décolonisé dans lequel se reconnaissent des individus - jusque là dissociés par l'abstraction capitaliste - qui peuvent à nouveau faire société autour d'une nouvelle vision du monde.

L'Art d'habiter ce "dedans" qui est en moi


Face à cette perspective d’effondrement comme au déni des gouvernements, on peut se lamenter en se noyant dans la désespérance, on peut s’entraîner à la survie en milieu hostile ou en abri anti-atomique – pourquoi pas ! – mais on peut aussi réagir de manière active et créative en utilisant ce chaos pour poser les bases d’une refondation à la fois culturelle, spirituelle et sociale où l'écologie intérieure trouve tout naturellement sa place dans le cadre d'une "écologie intégrale". Il existe un lien organique entre le processus de destruction qui se manifeste à travers l’effondrement d’une civilisation et, d'autre part, le processus de création à travers lequel l'émergence de formes novatrices initie une refondation.

En son sens étymologique de révélation, l’Apocalypse n’est rien d’autre que ce processus de destruction créatrice qui articule la révélation du nouveau et la désintégration de l’ancien. Selon Satprem : « Nous avons parfois l’impression, dans l’histoire, que les périodes d’épreuve et de destruction précèdent la naissance d’un monde nouveau, mais c’est peut-être une erreur, peut-être est-ce parce que la semence nouvelle est déjà née que les forces de subversion (ou de déblayage) vont s’acharner. » 

Dans une série de sept billets intitulée Effondrement et Refondation, nous analysions cette dialectique entre l’effondrement d’un modèle technocratique obsolète et l’émergence d’une "écologie intégrale" dans laquelle s'inscrit l'écologie intérieure évoquée par Marc Halévy dans ce numéro de 3ème Millénaire : « Ce vivant relié, connecté et interdépendant que j’appelle « moi » - provisoirement en attendant mieux - est une unité organique complexe, où tout est dans tout, où tout interagit avec tout, où tout est cause et effet de tout, où tout dépend de tout le reste. On appelle cela une unité holistique c’est-à-dire une unité compacte et autonome qui constitue un tout indissociable, réfractaire par essence à toute approche analytique. Pour le dire autrement, ce « moi » est un processus cohésif et cohérent qui évolue dans son monde, en interaction permanente avec lui, porté par une intention de vie et une logique poïétique qui lui sont propres…

L’écologie intérieure est l’art d’habiter ce « dedans » global qui est en moi. Elle commence par la reconstitution de l’unité foncière de ce « moi » que l’on a voulu par obsession analytique cartésienne, saucissonner… C’est vers cela que mène l’écologie intérieure : vers la clarification des structures du monde du « dedans » et leur mise en harmonie avec celles du monde du « dehors ». Pour le dire autrement : chacun porte en lui une vocation et des potentialités intérieures face à une situation et des opportunités extérieures. Mener une « bonne » vie consiste à activer les potentialités intérieures les plus adéquates en vue de réaliser au mieux sa vocation en fonction des opportunités extérieures qu’offre la situation vécue du moment. Se réaliser soi-même en vivant intensément le moment présent : voilà une autre manière de l’exprimer… 


Toute la discipline de l’écologie intérieure vise à réduire cet égo dont la première caractéristique est de vouloir, avec force ruses et turpitudes, prendre toute la place, tant dans le monde extérieur et assujettir tout ce qu’il peut, que dans le monde intérieur où il s’affirme comme meneur de jeu et commandant en chef. Une saine discipline de vie consiste à remettre cet égo vaniteux et arrogant à sa juste place, celle d’un lieu de conscience où se rencontrent le monde extérieur et le monde intérieur. Il n’est qu’un lieu. Rien qu’un lieu. Une place pour la rencontre existentielle du « dedans » et du « dehors ». Une agora en somme. Et on le sait bien, plus ce forum est désencombré, plus les rencontres qui s’y promettent sont simples et fructueuses. Et l’ascèse dont on parle ici, consiste à faire taire l’égo et à l’astreindre à écouter plutôt qu’à pérorer. » 

Preuve d'une convergence de vue qui unit les consciences inspirées, cette analyse de Marc Halévy rejoint celle que Denys Rinpoche, énoncée dans un autre contexte : « Nous projetons nos comportements dans le monde et aussi longtemps que notre fonctionnement interne est fondé sur l'égoïsme, l'avidité et ses passions, nous ne ferons que reproduire, dans notre environnement externe, les mêmes schémas vampiriques, captatifs et destructeurs, les mêmes schémas de violence, et d'agression. L'action sur le monde, sur l'environnement, et l'action sur soi, en son for intérieur sont inséparables. Développer l'harmonie intérieure, ce que l'on nomme quelquefois le chemin spirituel ou mieux, l'approche de la vie sacrée. » 

Découvrir nos climats intérieurs. 3ème Millénaire 

En décembre se tiendra à Paris une importante Conférence de l'ONU où la communauté internationale devrait adopter un nouveau traité pour la protection du climat... Il est incontestable que certains sont et seront convaincus qu'un changement de comportement collectif, national et international doit être apporté à nos vies intimement liées aux climats et aux sursauts planétaires. Les intérêts économiques et l'inertie générale aura cependant raison des apparentes bonnes volontés qui auront cossigné de nouveaux engagements. Car ces derniers, « très en dessous des nécessités écologiques », souligne Jean-Pierre Le Danff, demeurent « l'expression d'une bonne conscience environnementale ... bien plus qu'une réelle volonté d'agir à la hauteur des enjeux ». 

Cette constatation s'appuie sur la connaissance de l'humain que les écopsychologues ont maintenant largement mis en évidence : le déni de réalité que Michel-Maxime Egger évoque ici en termes de « syndrome de Cassandre », ou encore la relation pathogène que Bernard Boisson expose en termes de « coupure homme/nature »... Pour Jean Bouchart d'Orval, le drame, c'est que « nous élisons des personnes qui ne veulent ou ne peuvent pas voir qu'il existe un problème fondamental dans notre manière de vivre », et parmi les individus d'une population « très peu ont la lucidité de se réveiller, c'est-à-dire de voir qu'ils dorment ». 

La difficulté de s'éveiller tient aux « différents obstacles intérieurs » qui « rendent d'autant plus difficile une transformation de nos comportements qu'il existe en chacun de nous une résistance au changement » ajoute Michel-Maxime Egger. Car, constate aussi David Sire, « des mécanismes pervers se mettent en place dans notre vie sans que l'on n'y prenne garde ». C'est cette connaissance des climats intérieurs et des empêchements à les voir dans la tourmente qu'il nous faut mettre en œuvre pour accomplir l'évolution divine entrevue par Teilhard de Chardin

La nécessaire et indispensable approche intérieure de l'écologie est alors évidente ; voie que chacun d'entre nous peut apprendre à découvrir ! Car « c'est surtout en fonction des dangers qui menacent de nous accabler, nous dit Joanna Macy, pionnière de l'écopsychologie, que nous débouchons sur une conscience de soi plus vaste, écologique ». « Puissions-nous rentrer en nous-mêmes, indique-t-elle, afin de dé-couvrir nos véritables racines, dans l'entrelacement biologique de cette exquise planète ». 

Un changement de conscience 

L'écologie nouvelle – l'écosophie – qui émerge, à travers les mouvements présents dans ce numéro, ne repose pas sur la recherche des coupables car, comme le rappelle Bernard Boisson « tout bon psychologue ajoutera que nous ne nous libérerons pas de nos problèmes collectifs en culpabilisant, mais en responsabilisant. Ce pourrait être là d'ailleurs, ajoute-t-il, que nous pourrions voir le rôle des écothérapies ...». L'écosophie ou l'écologie de l'être repose sur une observation méditative de nous-même, sans jugement, sans distinction, sans séparation... 

Par cette approche, Jeff Foster nous fait remarquer que « la souffrance commence là quand on oublie notre véritable nature qui est la présence elle-même, cet espace ouvert et aimant que nous sommes, au sein duquel la respiration est permise, dans lequel toutes les pensées, les émotions et les ressentis ont le droit d'aller et venir ». C'est aussi, nous dit David Sire : « Accepter même la peur qui surgit et plonger en elle. Finalement, c'est l'aimer ! Avoir de la tendresse pour tout ce qui se passe. La tendresse a quelque chose de l'ordre de la maturité, de la quiétude, de la douceur avec soi-même ». 


Pour Armelle Six, « l'écologie commence par cette profonde reconnexion à soi. C'est d'abord et avant tout, être en relation avec soi dans une profonde harmonie ». L'écologie spirituelle, l'écologie intérieure, est, nous dit Yann Thibaud, « cette nouvelle culture » qui « mettra définitivement fin à la guerre contre soi, cette attitude masochiste issue des religions patriarcales désormais obsolètes, consistant à torturer son corps, à nier ses désirs et sa sexualité, à faire taire ses émotions, à s'interdire de penser librement et à singer niaisement des modèles stéréotypés de piété et de vertu ». Cette nouvelle culture naîtra avec « la méditation », ajoute-t-il, qui « n'est donc rien d'autre que la vie même, consciemment vécue ; et c'est cette qualité d'attention envers soi et le monde, qui rendra possible la venue spontanée d'épisodes d'expansion de conscience, qui constituent l'objet et la raison d'être de toute spiritualité authentique ».

Marc Halévy préconise ici la discipline de l'humilité qui consiste à « juste reconnaître que l'homme doit diminuer pour que la Nature et le Réel puissent augmenter. Juste savoir que l'ego doit se vider de ses leurres et de ses mensonges afin de laisser la place nette pour la rencontre du “dedans” et du “dehors” ». Car dans l'esprit des traditions mystiques et spirituelles, que la nouvelle culture ressuscite de l'oubli, « la “bonne” vie, précise Marc Halévy, consiste à harmoniser, en permanence, l'évolution du monde du “dedans” – son intériorité – et celle du monde du “dehors” – son extériorité ». 

Vers une impersonnelle globalité

Qu'est-ce que la globalité dont nous sommes partie prenante ?... Dominique Casterman nous fait remarquer que « sans la Conscience vécue de l'unité humaine, planétaire et cosmique, le moi personnel occupe psychologiquement toute la place. Dès lors, rien de surprenant que l'action humaine, isolée du contexte global, devient rapidement conflictuelle et souvent foncièrement égoïste quand ce n'est pas, pire encore, le fanatisme qui l'emporte ». 

Bernard Boisson aborde la possibilité d'une « écopsychologie non-anthropocentrique » ouvrant « nos consciences à des sentiments de nature hors cadre de la psychologie courante », tel le « sentiment océanique qui a fait l'objet d'une vive correspondance entre Romain Rolland et Sigmund Freud ». C'est paradoxalement en tant qu'individu (indivisible) que nous pouvons découvrir la dimension impersonnelle de la conscience : le Soi. Pour le moine Gojo, cela « implique que nous partageons tous la même Conscience, qu'en essence, nous sommes tous un ». 

Évidemment, aucun discours, aucune moralisation des faits, ne peut nous conduire à l'unité, au Soi ; ce que relève Joanna Macy, inspirée par l'écologie profonde (Deep Ecology) du philosophe Arne Naess : « Une chose que j'aime dans le Soi du monde est qu'il rend non pertinente l'exhortation morale. Le sermon est à la fois ennuyeux et inefficace ». Le problème est très ancré dans la nature humaine, l'ego. La personne que nous croyons et affirmons être, socialement, politiquement, économiquement,... aussi vulnérable et mortelle soit-elle, maintient et entretient le cauchemar collectif... 

Jean Bouchart d'Orval souligne que tant qu'un individu « se prend pour un personnage, il ne remettra pas en question son monde, celui dans lequel il rêve ». L'illusion d'être une personne plutôt que d'Être ne permet aucun enracinement planétaire, aucune Conscience écologique véritable. Dans les termes d'Armelle Six : « lorsque nous croyons être une personne merveilleuse qui a réussi, grande, belle, socialement développée ou apte, peu importe, ou que nous soyons la pire chose qui soit sur cette terre, c'est la même chose ! » Joanna Macy montre que « la science du XXe siècle remet en question la notion d'un soi séparé du monde qu'il observe et sur lequel il agit », car « comme le disent les théoriciens des systèmes : il n'y a pas de catégorie du “je” en opposition à une catégorie du “tu” ou du “ça” ». 

« L'écologie, déclare Armelle Six, c'est le bonheur et l'amour, dans l'arrêt de toutes les comparaisons qui ne mènent nulle part, parce que nous sommes déjà parfaits comme tel que nous sommes, parce que nous sommes l'extension de la Source ». La Conscience écologique est notre propre intériorité, notre vraie nature. Elle relie spirituellement, psychologiquement et physiquement l'humanité à ses racines planétaires – ce qu'a incontestablement vécu ce précurseur que fut Henry Thoreau. Par une approche méditative, la planète “extérieure” se découvre être la manifestation de la Vie et de l'Esprit. Dans l'approche méditative, la Terre, Gaïa, n'est plus un simple concept, c'est l'entité que nous habitons corps et âme.

Table des Matières de la revue 3e Millénaire consacrée à l'écologie intérieure 

Marc Halévy : Qu’est-ce que l’écologie intérieure ? - Le moine Gojo : Le fondement de l’écologie intérieure - Bernard Boisson : « L’écopsychologie » : le défi à la vivre - Joanna Macy : Pour reverdir l’être - Michel Maxime Egger : Réchauffement climatique : vaincre la tentation du déni - Jean-Pierre Le Danff : L’émerveillement : l’ultime voie - Yann Thibaud : L’écologie intérieure ou la fin du combat contre soi - Armelle Six : Donner c’est recevoir - David Sire : Le mouvement de la vie - Jeff Foster : L’Acceptation - Dominique Casterman : Rien n’est séparé - Jean Bouchart d’Orval : Céder devant la réalité - Documents : Henri Thoreau : L’âme de la Terre - Teilhard de Chardin : Aux origines de Gaïa - Portfolio : Photographies de Elena Ray - Méditation avec Marianne Dubois - BD : Anna Guégan : Soleil noir. N. Céliolisa : Écolo-je 

Ressources 


Plusieurs vidéos passionnantes où s'expriment certains auteurs des articles ci-dessus constituent les suppléments du  N°117 consacré à l'écologie intérieure par la revue 3e Millénaire.

Écologie et Vie sacrée   Entretien avec le Lama Denys Teundroup sur le site Demain l'Homme

24 h de méditation pour la Terre  1/11/2105

Comment tout peut s’effondrer ? de Pablo Servigne et Raphaël Stevens.

Nous sommes en train de vivre une mosaïque d'effondrements Entretien de Paolo Servigne et Rapahel Stevens avec Bastamag.

Faut-il prendre l'effondrement au sérieux ?  Hubert Guillaud. Blog Internet Actu

Soigner l'esprit, guérir la Terre. Michel Maxime Egger. Un livre de référence qui propose une introduction à l'écopsychologie.

L'écopsychologie  Site de Jean Pierre Le Danff

Trilogies, entre le cosmique, l'humain et le divin. Site de Michel Maxime Egger. De nombreux articles intéressants sur l'écologie intérieure et l'écopsychologie.

Roseaux Dansants a pour but la diffusion du Travail qui Relie, méthode de Joanna Macy, en payx francophones.

Écologie, écopsychologie et philosophie organique  Blog de Mohammed Taleb

Site de Marc Halévy  Noétique. Expertise et prospective dans le monde réel. 

Nature primordiale  Bernard Boisson

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