lundi 4 janvier 2010

"Face au monde qui bouge, mieux vaut penser le changement que changer le pansement" !...


Cet aphorisme de Francis Blanche exprime bien l'esprit de ce blog : proposer de nouveaux modèles pour penser le changement de civilisation que nous sommes en train de vivre, en dépassant les fausses solutions - issues de modèles à l'agonie - qui sont autant de pansements sur une jambe de bois. Car, comme le dit d’Albert Einstein : "Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l'a engendré."
Tous deux hommes d'esprit, l'humoriste et le chercheur partagent, de fait, le même regard subversif qui déplace les lignes et invente de nouveaux horizons en se riant des habitudes. Partagée par les gens d'esprit, cette nécessité d'une mutation de conscience a été expliquée par Edgard Morin en 1988, il y a plus de vingt ans, dans le magazine Nouvelles Clés :

" Il faut peut-être que la crise s'approfondisse, approcher plus près du désastre, pour provoquer les sursauts de la prise de conscience. Comment viennent les grandes solutions dans l'histoire de l'humanité ? Par la jonction d'un courant profond et inconscient qui traverse des milliers d'individus, et des idées hyper conscientes qui jaillissent de quelques esprits. C'est cette jonction qui fait les grands mouvements. Il faut espérer que quelque chose de cet ordre va se produire...

La seule chose que je crois, c'est que la révolution salutaire ne pourra pas venir uniquement de l'extérieur, c'est à dire par des réformes d'institutions, par des changements économiques et politiques. La mutation viendra aussi de l'intérieur, et sans doute à deux niveaux : d'abord par ce que j'appelle la réforme de la pensée, qui consiste à penser de manière plus complexe et plus riche, plus adéquate, moins mutilée; et deuxièmement par une réintériorisation de l'existence humaine qui cessera de s'agiter dans tous les sens uniquement en fonction des conquêtes extérieures, de plus en plus artificiellement stimulées et surexcitées.

Je mets donc comme condition à la sortie de l'agonie une réforme intérieure, dans les deux sens du terme : l'un beaucoup plus réflexif et intellectuel, l'autre beaucoup plus intériorisé, dans le sens de la vie de l'âme, pour employer ce mot entre guillemets, bien qu'il corresponde à une réalité profonde." (Entretrien repris dans Nlles Clés n°58, Spécial : 20 ans d'entretiens visionnaires)

Le JOURNAL INTEGRAL cherchera à rendre compte des avancées et obstacles rencontrés par cette réforme intérieure qui est fondée à la fois sur l'élaboration d'un nouveau mode de pensée, intégral, et sur un retour aux sources vivifiantes de l'intériorité. Parce qu'elle retrouve l'esprit au coeur de l'humain, cette réforme de la pensée replace l'homme au coeur d'une société que l'économie avait colonisée.

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