vendredi 21 février 2014

L'Approche Intégrale de Ken Wilber


La souffrance disparaît lorsque l'on réalise que les parties ne sont qu'illusions et que nous sommes depuis toujours un tout. Ken Wilber 


Nous vous proposons ci-dessous un article où Jacques Ferber résume de manière à la fois simple et synthétique l’approche intégrale de Ken Wilber. Ce texte évoque le contexte culturel dans lequel a pu émerger cette approche novatrice et il présente le modèle des Quatre Quadrants, un des éléments centraux de cette pensée visionnaire. Cet article est une bonne sensibilisation à cette nouvelle vision du monde pour tous ceux qui cherchent à s’y initier. 

Une démarche intégrative

Nous avons évoqué à plusieurs reprises la démarche intégrative de Jacques Ferber, créateur du site Développement Intégral qui, comme son nom l’indique, a pour thème le développement intégral (individuel, relationnel et social), mais aussi la relation existant entre sexualité et spiritualité, l’intégration du féminin et du masculin, l’approche intégrale de Ken Wilber et la Spirale Dynamique. Les lecteurs du Journal Intégral trouveront sur le site de Jacques Ferber des textes leur donnant des informations supplémentaires et complémentaires à celles qu’ils peuvent trouver sur ce blog. 

La démarche de Jacques Ferber est intégrative dans la mesure où ce professeurs d’université, spécialiste des sciences cognitives suit aussi depuis plus de 20 ans un chemin d’éveil spirituel qui l’a mené à se former au tantra, à l’analyse symbolique des rêves et des mythes, au yoga, à la méditation et à différentes traditions spirituelles. C’est ainsi qu’il peut éclairer les pratiques spirituelles par sa connaissance des sciences cognitives… et inversement. Depuis quelques années, il anime des stages de « Tantra intégral » et de développement de conscience dans la mouvance intégrale. 

Jacques Ferber est l’auteur du livre L’amant tantrique aux éditions du Souffle d’Or et le co-auteur de Le monde change… et nous ? aux éditions Chronique Sociale. Dans ce dernier ouvrage, après avoir présenté la pensée intégrale de Ken Wilber et la Spirale Dynamique initiée par Clare Graves, les auteurs nous expliquent comment interagir avec autrui en fonction des différents stades de développement, et comment participer ainsi à une évolution plus consciente. Dans l'article suivant, il fait une présentation synthétique de l'approche intégrale selon Ken Wilber.

L'approche intégrale de Ken Wilber. Jacques Ferber 

Une connaissance globale 

La vision intégrale fait référence à l'œuvre de Ken Wilber, penseur américain, encore très peu connu en France, bien qu'étant l'un des auteurs les plus traduits dans le monde. Wilber part d’une constatation : aujourd’hui, pratiquement tous les contenus de toutes les cultures nous sont disponibles. Cela signifie que la connaissance est maintenant globale et que l'ensemble des réflexions, concepts, savoirs, théories, expériences et philosophies de pratiquement toutes les civilisations (prémodernes, modernes ou postmodernes) nous sont maintenant accessibles. 

A partir de cette considération, que se passe-t-il si l’on cherche à comprendre ce que toutes ces civilisations peuvent nous dire sur le potentiel humain ? Que trouve-t-on si l’on se met en quête des points essentiels du développement humain, fondé sur l’ensemble des cultures disponibles, des grandes traditions ? Qu’obtient-on si l’on tente de créer une carte aussi complète que possible, une carte intégrale qui inclue les systèmes de pensée les plus avancés, les sagesses les plus profonds, les expériences les plus pertinentes de toutes ces cultures

C’est ce qu’a fait Ken Wilber, en s’appuyant lui-même sur d’autres auteurs qui avaient commencé le travail avant lui : A. Maslow, J. Piaget, L. Kohlberg, C. Graves et D. Beck, Jean Gebser, Sri Aurobindo, Teilhard de Chardin, Plotin, Shankara, N. Elias, C. G. Jung et bien d’autres… 

Le Modèle AQAL 


Le principe consiste à assembler et à mettre en corrélation toutes les vérités que chaque culture prétend détenir. En mettant ensemble ces "vérités", on les considère comme partiellement vraies, c’est-à-dire vrais dans leur domaine de référence. Un peu comme la physique Newtonienne qui est vraie tant qu’on ne va pas trop vite ou qu’on ne va pas dans l’infiniment grand ou l’infiniment petit.

Ensuite on essaye d’assembler toutes ces vérités partielles en un système intégré en se posant toujours la question : quel est le cadre, le système général qui permette d’intégrer le plus grand nombre de ces idées en un tout cohérent ? Comment articuler au mieux les pièces de ce puzzle gigantesque ? Comment définir un "framework", un cadre conceptuel, une vision du monde qui incorporerait l'ensemble de ces vérités partielles et constituerait ainsi une compréhension générale et globale du monde? 

Le résultat de cette recherche résulte en un système, le “système intégral” que Wilber élabore, améliore et peaufine au travers de ses nombreux livres qui traitent aussi bien de psychologie, de spiritualité, de sociologie, d’histoire des idées que de théories de l’art, d’éthique ou de philosophie. De plus, il ne s’agit pas seulement d’une grande fresque théorique, mais aussi, et surtout depuis trois quatre ans, d’une base pratique pour le développement individuel et collectif, d’une plate-forme pour aider l’humanité dans son évolution. 

Ce système intégral, bien qu’apparemment très complexe, apparaît finalement comme étant à la fois relativement simple et très élégant. Il s’agit d’ailleurs peut être de la qualité essentielle de K. Wilber : savoir intégrer tout un ensemble de pensées en un cadre cohérent, pratique et relativement facile à appréhender, même s’il révèle, une fois qu’on le connaît mieux, des richesses fabuleuses, des profondeurs insoupçonnables. Tout le système intégral (qu'il appelle AQAL : All Quadrant, All level) tient en cinq notions fondamentales : les niveaux, les quadrants, les états, les lignes et les types, et surtout dans leur interconnexion, dans leur relation les uns aux autres. Les quadrants et les niveaux (states) constituent le cœur de son modèle. 

Les Quadrants 


Les quadrants constituent un ensemble de perspectives à partir desquelles on peut appréhender quelque chose, une situation, un système, un être et donc soi-même. Ces perspectives résultent du croisement de deux dimensions d'analyse: interne-externe d'une part, et individuel-collectif d'autre part. Lorsqu'on croise ces deux dimensions on obtient quatre perspectives qu'il nomme les quadrants. Ces quadrants sont les suivants : 

Le quadrant en haut à gauche présente la perspective individuelle/intérieure (I-I). C’est le lieu de la conscience, des états mentaux, du ressenti et de la subjectivité individuelle, et donc le domaine traditionnel de la psychologie. 

Le quadrant en haut à droite, le quadrant individuel/extérieur (I-E) correspond au point de vue extérieur que l’on peut avoir sur le monde. C’est le lieu de l’observation scientifique, de la compréhension des phénomènes, etc.. Pour résumer, c’est le point de vue du ‘cela’, de quelque chose que l’on perçoit à l’extérieur de soi-même, et donc de l’objectivité. C'est donc le domaine traditionnel des sciences dures, et, dans les sciences humaines de l'analyse du comportement. 

Le quadrant situé en bas à gauche, collectif/intérieur (C-I) est celui de l’intersubjectivité : c’est le domaine des idées, des modèles, des mentalités, de la culture. C’est le domaine d’étude de la psychologie sociale, de l’anthropologie culturelle, de l’histoire des idées, des “cultural studies” anglo-saxonnes. C’est le lieu où les intériorités sont partagées au sein de ce que nous avons appelé l’intersubjectivité. 

Le quatrième quadrant, porte sur le collectif/extérieur (C-E), c'est-à-dire sur les systèmes collectifs tels qu’ils sont appréhendés de l’extérieur. C’est le domaine de l’analyse économique et sociale, de l’étude des infrastructures sociales, des traces collectives (documents, bâtiments, zones, etc..), et donc le lieu de l'organisation collective. Les sciences économiques, une grande part de la sociologie et de l'ethnologie, la géographie travaillent plus spécifiquement sur ce quadrant.

Cette grille de lecture permet d’appréhender une situation ou un évènement selon des perspectives complémentaires : quels sont les faits et les comportements observés (quadrant I-E), comment cela est analysé, vécu et ressenti par une personne (quadrant I-I), quelle est l'organisation sociale qui sert de cadre à cette situation ou cet événement (quadrant C-E) et enfin quelles sont les représentations sociales, les mentalités qui sont présentes au niveau collectif (quadrant C-I). 

Une Illustration

Illustration du journal Eveil et Evolution

Prenons un exemple assez simple, le domaine de la maladie et de la santé. Dans le quadrant individuel intérieur (I-I) se trouve ce que ressent le patient : j’ai mal, j’ai peur, je suis fatigué etc. C’est la vision à la 1ère personne : comment cela m’affecte, qu’est ce que je ressens, est ce douloureux, et comment je vis avec cette maladie ? 

Le quadrant individuel extérieur, (I-E) correspond aux symptômes, aux causes, aux examens que l’on peut faire sur cette maladie, les remèdes possibles, etc. c’est-à-dire à la maladie envisagée depuis une perspective extérieure et “objective”

Le quadrant collectif-intérieur (C-I), en bas à gauche, correspond à la représentation que la société a de cette maladie : par exemple, une maladie, comme la peste jadis ou comme le Sida plus récemment, peut être vécue comme une punition que Dieu avait lancé contre les humains parce qu’ils péchaient et s’écartaient du chemin de Dieu. A l’époque moderne, triomphe de la médecine scientifique, la maladie est vue comme un dysfonctionnement organique que l’on peut analyser à partir de la physiologie du corps humain et que l’on peut soigner comme on répare une voiture, en prescrivant des pharmacopées testées pour leur efficacité cliniques.

Avec le développement des médecines alternatives, certains voient la maladie comme un symptôme de causes psychiques, qu’il convient de lire et d’accueillir afin de comprendre ce que notre inconscient tente de nous dire au travers de cette maladie. On voit là qu’il s’agit de trois regards différents sur la maladie, issues de trois cultures différentes. Ces trois visions correspondent à des courants culturels différents, à des manières spécifiques d’appréhender le monde.

Le quadrant collectif-extérieur C-E correspond à l’ensemble des structures sociales et économiques qui sont développées pour soigner : les hôpitaux, les dispensaires, mais aussi le conseil de l’ordre des médecins, les CHU, le systèmes des études permettant de devenir “soignant”, etc.. 

Les Niveaux 


Au cours de son existence, un individu ou un système collectif évolue et passe par différentes stades de développement, lesquels sont identifiables et se présentent dans un ordre déterminé. Par exemple, sur le plan du développement cognitif, J. Piaget a montré que l'enfant passe successivement par une succession de stades allant du sensori-moteur, au formel, en passant par le pré-opératoire et l'opératoire. 

Chaque stade correspond à une augmentation des capacités cognitives qui prend en compte plus d'éléments, dans un processus de type “transcende et inclut”, ce qui signifie que le niveau suivant inclut le niveau précédent. Mais ce qui est vrai du cognitif l'est aussi du sens moral, des capacités relationnelles, de nos critères esthétiques, des valeurs dans notre vie, c'est-à-dire de tout un ensemble de caractéristiques ou d'intelligences, pour reprendre le terme d'Howard Gardner, que Wilber appelle les lignes de développement

Le long de chacune de ces lignes, notre rapport au monde, aux êtres et aux situations progresse et pas nécessairement de manière uniforme. Par exemple, on peut très bien être très développé le long de la ligne cognitive et être moins avancé le long de la ligne relationnelle par exemple. Nos capacités cognitives peuvent être très développées, mais pas notre aspect relationnel ni notre sens moral. 

En d'autre terme notre conscience évolue, et elle se développe en prenant en compte des aspects de plus en plus larges du monde qui nous entoure. On passe ainsi par une série de stades: fusionnel, ego-centrique, ethnocentrique, géocentrique (ou mondocentrique), etc. qui constituent à chaque fois un élargissement de notre perspective, une révolution copernicienne dans laquelle, à chaque fois, nous quittons le centre d'un univers que nous croyons conçu autour de nous, à notre mesure. Cet aspect de la pensée intégrale est très proche de la Spirale Dynamique.

Les autres aspects. Le modèle AQAL de Wilber comprend aussi un ensemble d'autres éléments: les types, ainsi que la différence entre état stabilisé à un certain stade et état temporaires ou “peak experience”.

Une cartographie intégrale 

On trouvera ci-dessous un carte intégrale qui synthétise un certain nombre d'informations contenues dans l'article ci-dessus de Jacque Ferber. Cette carte présente les Quadrants, les niveaux et les lignes de développement, les états de conscience et les types. Pour mieux en saisir toute la complexité, on peut se référer aux divers articles consacrés à se sujet aussi bien dans Le Journal Intégral que sur le site Développement Intégral.


Ressources 

Sur Ken Wilber dans Le Journal Intégral

Ken Wilber, philosophe du Tout  (plusieurs billets)

Le Sage et l'Erudit (Un dialogue entre Andrew Cohen et Ken Wilber. Plusieurs billets.

Les Concepts de la Théorie Intégrale

Les Trois Yeux de la Connaissance ( Trois billets)

Pour les autres billets voir le libellé Ken Wilber avec 28 références.

Sur Jacques Ferber dans Le Journal Intégral 

Développement Intégral  (plusieurs billets)
 
Formation au Tantra Intégral

Le Monde change ... et nous ? (plusieurs billets) 

Une ère Nouvelle 

Site Développement Intégral 

vendredi 14 février 2014

Ce Jour-Là


Partout où il y a joie, il y a création : plus riche est la création, plus profonde est la joie. Henri Bergson 


Heureusement, un jour l’immensité jugera ceux qui ne sont pas à sa hauteur 

Ceux qui ne sont pas les auteurs de leur vie 

Ceux qui ont confié à la mort le pouvoir de se reconnaître

Ce jour-là, l’abîme s’ouvrira sous les pieds des certitudes et les anciennes pensées, affolées, erreront dans la tête de ceux qui ne sont plus rien, faute d’avoir voulu être tout

Ce jour-là, de nouvelles visions enchanteront le monde et les yeux innocents sauront les reconnaître comme des territoires à explorer

Un rythme interne et souverain bouleversera les habitudes qui se retourneront contre elles-mêmes dans la folie ordinaire de la résignation

Ce rythme sera le messager d’une architectonique chiffrée qui accordera ceux qui se ressemblent à la même vibration

Ce jour-là, le chant des prophètes s’incarnera dans une figure nouvelle, reconnue par ceux qui ont dans le cœur la clé ultime de l’intention

A la fois unique et multiple, subtile et formelle, visible et indivisible, cette figure est celle de la non-dualité

Ce jour-là, j’irais vers toi sans honte, comme on va vers son destin

Sans peur, guidé par la mémoire du temps, j’irais vers mon destin comme on va au-delà de soi-même

La rigueur de l’effort conduit à la vigueur d’une force vibrale qui transcende l'espace et le temps

Ce jour-là, j’oublierai tout ce que je sais pour oser l’immensité

Mes mots deviendront les codes analogiques du Grand Jeu

Ils parleront le langage originel du Mystère

Et la Force vibrera en eux d’une énergie infinie

Ce jour-là les Poètes retrouveront leur mot à dire et les mots retrouveront la source dont ils sont issus

Ce jour-là j’oserai tout perdre parce que je saurai comment me retrouver dans l’élan infini de l’Esprit


Alors, les mains ouvertes aux rayons du Kosmos, je deviendrais celui que j’ai toujours été

Cet enfant créateur qui participe dans chacune de ses cellules au rythme secret d’un organisme multidimensionnel qui l’anime et le guide

Dans mes mains fleurira un nouveau langage au parfum indicible

Les morts riront de se voir disparaître en sachant que cette disparition n’est qu’une apparence

Ce jour-là, étonné, je deviendrais l’enfant des métamorphoses, puisant dans la radicalité du désir la force d’imaginer un nouveau monde

Nous nous retrouverons, portés par la même vague, surfant sur le même souffle, emportés par la même aimantation

Tous, nous dirons la même chose parce qu’il n’y a qu’une seule chose à dire, celle qui relie les membres d’une conspiration réunis par une inspiration commune

Parce que, tous ensembles, nous oserons l’innocence, abandonnant les impasses narcissiques de l’égo et les mirages abstraits de la différence, l’état lyrique sera notre miel quotidien

La vibration nous accompagnera de son rythme créateur dans chacun de nos actes et chacune de nos pensées

Alors, ce jour-là je me retournerai vers celui que j’ai été pour lui dire le secret du monde en le libérant de son errance

La Poésie est une présence. Celle de l’esprit créateur qui accorde l’intensité de l’être, l’intention créatrice et l’attention de la conscience

Alors, plus rien d’autre n’aura d’importance que de reconnaître dans cette présence la force qui nous réunit

La Vie aura conquis un nouveau territoire et tu pourras déposer les armes du mental aux pieds de l’âme qui le transcende d’une manière fondamentale

Tu pourras déposer tes larmes comme le poids du passé

L’Esprit t’adoubera alors comme son chevalier

Et tu partiras, animé par ta Vision, sur la voie du Secret où l’infime participe à la glorieuse victoire de l’infini

vendredi 7 février 2014

Incitations (5) Un Mystère Irréductible


L’imagination est plus importante que le savoir. Albert Einstein


Sous formes d’aphorismes ou de fragments, ces incitations sont des citations inspirées à l’auteur par l’esprit du temps pour l’inciter, avec ses lecteurs, à la méditation, à la réflexion... et à l’action. 

La modernité tardive n’est rien d’autre que la fascination des apparences et la haine du mystère où elles s’originent. 

Et pourtant, la vérité est enfouie sous ce tremblement de taire qu’est le mystère. 

Parce qu’il échappe toujours à toute définition, le mystère est irréductible. 

L’ego a si peur de l’inconnu qu’il n’a de cesse de donner au mystère le visage familier du hasard. 

Ne laisse aucune chance au hasard, cet autre nom de l’ignorance. 

La Poésie est cette trace en nous de l’indicible qui refuse d’être réduit aux limites de notre ignorance. 

La tragédie de l’homme moderne consiste à vouloir expliquer l’ineffable et à mesurer l’infini. 

Le monde moderne est apoétique : rivé aux apparences comme une chèvre à son piquet. 

La vraie misère est celle des vies sans mystère où l’on cherche à l’extérieur de soi la richesse qui est à l’intérieur. 

Le savant cherche à prouver, le poète à éprouver. 

Il faut avoir fait ses preuves avant d’éprouver et de comprendre le langage commun de l'énergie qui s'exprime à travers sensations et émotions, intuitions et inspirations.

Le savant analyse les apparences que le poète transfigure.

Si le poète transfigure la réalité, c’est pour l’accorder au Réel dont elle est la manifestation. 

L’intuition est à l’œuvre et la pensée au travail.

Là où la pensée applique des mécanismes, l’intuition participe à un organisme. 

Un monde où la raison domine l’intuition est un monde où la machine aliène la vie. 

Un scientifique qui donne des leçons sur la spiritualité est aussi crédible qu’un curé qui en donne sur la sexualité. 

Comme le moine perçoit toute femme comme une tentatrice dont il se protège par la prière, le savant perçoit tout mystère comme une tentation dont il se protège par une équation. 


Il n’est qu’une manière d’honorer la technique, c’est la remettre à sa place, au service de la raison qui l’a conçue. Il n’est qu’une manière d’honorer la raison, c’est la remettre à sa place, au service de l’Esprit qui la transcende.

La pensée abstraite trahit toujours l’immensité. 

Etre inspiré c’est retrouver en soi l’intensité du souffle au service de l’immensité. 

Le temps est une mesure. La durée, une intuition. 

Le langage de l’intuition est celui de l’intensité. 

L’intensité est irréductible à toute explication. 

Tout faire pour ne rien faire qui soit déconnecté de l’Esprit. 

Le désir se nourrit de mystère, le mystère de distance et la distance de respect. 

L’esprit est ce maître de sagesse et la sagesse cette maîtresse de maison qui, l’un et l’autre, nous apprennent à habiter notre vie comme un espace de création. 

Accorder en soi l’immensité de l’espace et l’intensité de la durée. 

Le bonheur n’est ni dans le pré, ni dans le présent mais dans une présence inspirée qui transcende l’espace-temps. 

L’aphorisme doit être est le point inaugural d’une réflexion. Un point c’est Tout. 

L’intuition utilise la concision comme un tremplin pour élever la pensée. 

Le sentiment de finitude est la trace laissée dans notre humanité par une finalité qui la transcende. 

L’activisme est bien souvent le masque de l’inertie : tout faire pour éviter l’essentiel. 

L’imagination au pouvoir c’est toujours l’imagination au service du pouvoir. 

Le pouvoir de l’imagination est subversion de tous les pouvoirs. 

Beaucoup sont hantés par ce dont ils ont hérité. 

Nombre de vies paient de lourds impôts sur les revenants.

Le rêve anime la révolte contre la tyrannie des apparences. 


Percevoir c’est déjà interpréter. 

Le sens de la vie c’est l’association. 

La liberté est un concept aliénant dans la mesure où il fixe de manière abstraite ce processus dynamique et concret qu'est la libération. 

Un penseur qui attend la reconnaissance d’un monde en décomposition ressemble à un charognard qui attend d’un cadavre sa perpétuation. 

Intégrer en soi toutes les couleurs du spectre de la conscience, c’est réconcilier Freud et Bouddha. C'est associer « Là où est le ça, le Je doit advenir » (Freud) et « Là où est le Je, le Soi doit advenir» (Bouddha). 

Quand l’épistémologie définit les règles de la connaissance et l’éthique, celles de la reconnaissance, l’esthétique introduit l’exception visionnaire qui subvertit ces règles pour en inventer de nouvelles. 

La guerre du goût se fait à coup de canons esthétiques. 

Tout auteur est la mère porteuse d’une œuvre née de l’union entre son âme et son esprit. 

Le degré d’évolution d’un être humain se mesure à la conscience qu’il a de sa responsabilité envers les siens et l’humanité, la planète et le Kosmos. 

Celui qui va à la chasse perd sa place d’être humain, à moins qu’il n’en ait besoin pour subsister. Le degré d’évolution d’une civilisation se mesure aussi à la place qu’elle accorde à la vie animale. 

Si certaines vérités sont bonnes à dire, d’autres sont à contredire quand elles deviennent bonnes à tout faire au service de l'illusion. 

Si le pouvoir attire autant les médiocres et les malades c’est que, faute de se gouverner soi-même, on cherche à compenser son impuissance en gouvernant les autres. 

Donner des limites c’est toujours proposer une forme. 

L’étrangeté est le sentiment d’une modernité où l’on se sent en exil, étranger à soi-même et au monde. La plénitude est le sentiment de la cosmodernité où l’on se sent en évolution, intégré au milieu et au Kosmos. 

Ne pas confondre l’immuable et l’inerte. Le premier est le moteur spirituel de l’évolution. Le second en est le frein matériel. 

Le Dieu de la bête est son Troupeau. Le prophète de ce Dieu est un berger : le Conformisme. 

C’est la solitude qui effraie le plus la bête qui est en nous : le conformisme est son meilleur gardien qui nous pousse à épouser les délires du troupeau, fussent-ils suicidaires. 


mardi 28 janvier 2014

1789 / 2104


Disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ariane Mnouchkine  



Chaque année le site Médiapart propose à une personnalité de célébrer les vœux pour l’année qui vient. Après Stéphane Hessel en 2010, Moncef Marzouki en 2011 et Édouard Martin en 2012, c’est Ariane Mnouchkine, metteure en scène et fondatrice du Théâtre du Soleil, qui a été choisie pour les vœux de 2014. Inspirées par l’esprit du temps, les paroles qu’elle a adressé à cette occasion évoquent de manière inspirée la dynamique de résilience qui doit nous libérer de la désespérance ambiante pour oser réinvestir le futur à partir d’une une vision collective et créatrice. 

Confirmés par les plus récentes études des politologues, ses propos s’inscrivent dans une période évolutionnaire où les élites et les institutions officielles sont profondément délégitimées comme elles le furent en 1789, période révolutionnaire à laquelle le Théâtre du Soleil consacra un spectacle fondateur. En 1789, la société sortait de l’ancien régime fondé sur la religion pour entrer dans une modernité fondée sur l’économie. 

En 2014, les valeurs abstraites, individualistes et quantitatives, de la modernité sont saturées. L’heure est venue d’une refondation démocratique fondée sur les valeurs qualitatives, conviviales et coopératives de la cosmodernité. Ce n’est pas un hasard si c’est autour du thème Réinventer la démocratie que le mouvement Colibris et le Collectif pour une Transition Citoyenne propose Samedi 1er février une grande journée de mobilisation et de convergence citoyenne. 

1789

Il faut toujours être à l’écoute des artistes dont la sensibilité aiguisée et entraînée capte l’esprit du temps et le retranscrit à travers des formes esthétiques qui manifestent ce que nous ressentons de manière profonde sans pouvoir ni savoir l’exprimer. Cet effet de révélation nous libère des habitudes de perception et de pensée pour nous connecter au mouvement intérieur de notre subjectivité, elle-même intimement liée au courant d’une intersubjectivité collective. En transformant notre regard sur le théâtre, Ariane Mnouchkine a aussi quelque peu modifié notre vision du monde. 

Son sixième sens - celui de l’épopée - nous plonge au cœur d’une expérience poétique qui dépasse les limites du spectacle pour nous faire participer à un rituel collectif célébrant la vie, l’être humain et l’esprit de révolte contre toutes les formes d’emprise et de domination. A travers cette création collective que fut 1789, le Théâtre du Soleil s’inspira du souffle poétique et libérateur des évènements de Mai 68 qui venaient juste de se produire pour reproduire le mouvement insurrectionnel qui fut au cœur de la révolution française. 

Pour toute une génération cette expérience esthétique a été une œuvre de référence qui réintroduisait dans l’univers consumériste des Trente Glorieuses finissantes le souffle lyrique d’une épopée collective. C’est avec émotion que je me souviens aujourd’hui de cette expérience théâtrale qui s’est déroulée il y a plus de quarante ans. Les grandes œuvres d’art ne meurent jamais. Elles résonnent toujours en nous comme les témoins vibrants d’une intensité qu’il ne faut jamais trahir sous peine de désespérer.



Les Vœux d'Ariane Mnouchkine pour 2014

Les vœux d’Ariane Mnouchkine pour 2014 sont placés sous le double signe d’une « fuite périlleuse » et d’un « immense chantier » : il s’agit de fuir la peste émotionnelle de la démoralisation et du cynisme ambiants pour réenchanter le monde à travers un saut créatif qui imagine et expérimente un autre rapport au monde et aux autres. Ce double mouvement de résistance et de création est au cœur même de la dynamique de résilience dont nous nous sommes fait l’écho dans nos derniers billets. 

Parce qu’ils participent de manière intime au mouvement de la conscience collective, les artistes sont capables d’anticiper l’évolution de nos sociétés. Le message qu’ils puisent aux sources d’une intuition commune, chacun doit être capable de le faire résonner en soi pour le méditer, se l’approprier et l’incarner dans sa vie quotidienne. 

Ariane Mnouchkine
"Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens, 

À l’aube de cette année 2014, je vous souhaite beaucoup de bonheur. 

Une fois dit ça… qu’ai-je dit ? Que souhaité-je vraiment ? 

Je m’explique : je nous souhaite d’abord une fuite périlleuse et ensuite un immense chantier. 

D’abord fuir la peste de cette tristesse gluante, que par tombereaux entiers, tous les jours, on déverse sur nous, cette vase venimeuse, faite de haine de soi, de haine de l’autre, de méfiance de tout le monde, de ressentiments passifs et contagieux, d’amertumes stériles, de hargnes persécutoires. 

Fuir l’incrédulité ricanante, enflée de sa propre importance, fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable, fuir les pleureurs et vestales d’un passé avorté à jamais et barrant tout futur. 

Une fois réussie cette difficile évasion, je nous souhaite un chantier, un chantier colossal, pharaonique, himalayesque, inouï, surhumain parce que justement totalement humain. Le chantier des chantiers. 

Ce chantier sur la palissade duquel, dès les élections passées, nos élus s’empressent d’apposer l’écriteau : “Chantier Interdit Au Public“ 

Je crois que j’ose parler de la démocratie. 

Être consultés de temps à autre ne suffit plus. Plus du tout. Déclarons-nous, tous, responsables de tout.

Entrons sur ce chantier. Pas besoin de violence. De cris, de rage. Pas besoin d’hostilité. Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. De constance. 

L’État, en l’occurrence, c’est nous. 

Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence. 

Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres. Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif. 

Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. 

Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur. 

Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Scrutons nos éprouvettes minuscules ou nos alambics énormes afin de progresser concrètement dans notre recherche d’une meilleure société humaine. 

Car c’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entraînera et entraine déjà ceux qui s’y confrontent. 

Comme les poètes* qui savent qu’il faut, tantôt écrire une ode à la tomate ou à la soupe de congre, tantôt écrire Les Châtiments. 

Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent. 

Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. 

Ils en sont encore aux tous premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs. 

Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une œuvre, faite de mille œuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants. 

Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère. 

Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient ?

Qu’attendons-nous ? L’année 2014 ? La voici. 

*Les deux poètes cités sont évidemment Pablo Neruda et Victor Hugo 

Une dépression collective 

Alors qu’Ariane Mnouchkine évoque la « tristesse gluante » et la « vase venimeuse » pour décrire le climat dépressif qui s’est emparé de la société française, voilà qu’une étude vient de mesurer le profond pessimisme et la défiance généralisée qui affecte nos contemporains. La correspondance entre le ressenti subjectif de l’artiste et la mesure objective du politologue est étonnante. Dans un article du 13 Janvier intitulé Les Français s’enfoncent dans la dépression collective, le journal Le Monde écrit ceci : " La France, année après année, s'enfonce un peu plus dans la morosité, et, à force, c'est la relation même des citoyens à la démocratie qui s'en trouve affectée. Telle est là la leçon principale du « baromètre de la confiance politique », publié lundi 13 janvier par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), en partenariat avec le Conseil économique, social et environnemental. 

Les vagues précédentes du baromètre faisaient déjà apparaître un niveau de pessimisme très élevé. Si élevé que, précise Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po et chercheur au Cevipof, « l'on pouvait s’attendre à ce qu'un palier soit atteint pour de bon ». Ce n'est pas le cas. Le climat général est à la « dépression collective », dit-il. Pour la première fois depuis 2009, la morosité arrive en tête des sentiments qui caractérisent le plus les Français : 34 % d'entre eux estiment qu'il s'agit là du terme qui caractérise le mieux leur état d'esprit. C'est 3 points de plus qu'en décembre 2012".

Selon l’étude du Cevipof, 31 % des Français ressentent du dégoût pour la politique (23 % en décembre 2010), 36 % éprouvent de la "méfiance" et 1 % seulement "du respect". Étrangement, ce chiffre de 1% est à mettre en rapport avec le slogan du mouvement social Occupy Wall Street : « Ce que nous avons tous en commun, c'est que nous sommes les 99 % qui ne tolèrent plus l’avidité et la corruption des 1 % restant ». Le sentiment commun est que les élites ont fait sécession dans une dérive oligarchique parfaitement résumée par Warren Buffet, troisième fortune du monde : "Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n'avons jamais été aussi prospères. C'est une guerre de classes, et c'est ma classe qui est en train de gagner."

Incapables de donner un sens à la crise systémique que nous vivons et encore plus impuissantes à proposer une vision qui mobilise les énergies pour en sortir, les "élites" se trouvent totalement délégitimées. Un abîme se creuse entre l'évolution de la conscience collective d'une part et de l'autre le conservatisme d'une caste dont les références appartiennent à un modèle abstrait totalement dépassé et dont les intérêts n'ont plus rien à voir avec ceux de la population qu'elle est censée diriger.

Une guerre civile froide ?

Dans un excellent article paru le 12 Janvier sur son blog et intitulé La guerre civile froide ?, l’économiste Jacques Sapir, directeur d’études à l’Ecoles de Hautes Etudes en Sciences Sociales, écrit ceci : Nous vivons, en réalité, une crise de légitimité. Désormais la distinction, largement factice dans la plupart du temps, entre le pouvoir et le pays réel, devient une réalité. Cette opposition n'est pas sans rappeler celle entre "eux" et "nous" (Oni et Nachi) qui était de mise dans les régimes soviétiques lorsque le système a commencé à se bloquer... 

Nous vivons, en réalité, l'équivalent des prémices d'une guerre civile "froide", qui menace à chaque instant de se réchauffer... L’année 2014 risque fort d’être marquée par une accumulation de mouvement sociaux dont la convergence mettrait directement en cause le pouvoir. Or, la crise de légitimité a ceci de particulier qu’elle pose directement la question non pas de la politique suivie, que l’on peut en fonction de ces opinions considérer comme bonne ou mauvaise, mais du fait que le pouvoir soit habilité à mener une politique. C’est pourquoi il faut s’attendre à ce que la contestation du pouvoir puisse prendre un tour violent dans le cours de cette année. En fait, l’exercice du pouvoir, la Potestas, dépend de sa légitimité que lui confère l’Auctoritas. »

Une autre enquête réalisée par l'Ifop, intitulée Fractures Françaises et publiée le 21 Janvier dans Le Monde vient confirmer l'analyse de Jacques Sapir. Selon Brice Teinturier qui résume ainsi les résultats de cet enquête : " La défiance à l'égard de la vie politique s'amplifie et atteint des sommets inégalés. Le sentiment que la démocratie fonctionne mal, que les hommes politiques sont corrompus, que les médias ne retranscrivent pas la réalité sont à des niveaux qui traduisent une fracture de plus en plus important entre le monde politique et la société en général et qui s'amplifie."

Une crise de légitimité

1789 : le clergé, la noblesse et le peuple...

Selon Jacques Sapir, c’est le rapport entre souveraineté, légitimité et légalité qui fonde le vivre ensemble. La perte de légitimité a pour origine une perte de souveraineté : « La souveraineté est indispensable à la constitution de la légitimité, et cette dernière est nécessaire pour que la légalité ne soit pas le voile du droit sur l’oppression ». La souveraineté c’est avant tout la reconnaissance d’un principe supérieur dans laquelle se reconnait une collectivité et qui permet de transcender les différences parce qu’il fait autorité. Le mot « souverain » a pour origine le latin superanus qui signifie sur, au-dessus. Sans la référence à un principe souverain, la légitimité s’effondre en libérant les forces explosives de la fragmentation sociale.

A chaque stade de l'évolution culturelle correspond une "vision du monde" qui définit un principe supérieur, source d'autorité et de légitimité. Quand on passe d'un stade évolutif à un autre, la vision du monde se modifie et avec elle la source de la souveraineté. De puissance magique dans les sociétés archaïques, de droit divin dans l'ancien régime, le principe de la souveraineté s'est mué durant la modernité en intérêt général défini et incarné par la représentation nationale. Aujourd'hui dans nos sociétés interconnectées de l'information, la crise profonde de la représentation - politique autant que culturelle - a pour conséquence la recherche d'une forme nouvelle de souveraineté démocratique.

Dans un article du Monde intitulé « Inventons une cyberdémocratie pour accompagner la civilisation du numérique » Joël de Rosnay et Anne-Sophie Novel décrivent comment " La société informationnelle qui s'installe depuis l'avènement d'Internet en 1995 bouscule nos sociétés industrialisées… Comme le dit Michel Serres : " Ce n'est pas une crise, c'est un changement de monde " ". Les jeunes générations notamment « utilisent l'intelligence connective et collaborative pour donner du sens à leur vie individuelle et communautaire. Une approche qui privilégie la pratique solidaire de l'intelligence collective à l'exercice solitaire du pouvoir électif. » La refondation démocratique s’inscrit dans cette profonde mutation qui fait passer «  d'une relation fondée sur des rapports de force – qui conduit à la concurrence, à la compétition et à l'individualisme – à une situation de rapports de flux, privilégiant l'échange, le partage, la solidarité et l'empathie. Un changement profond qui contribuera à donner plus de sens à la vie."

Une république des consciences


A l'émergence des sociétés de l'information correspond une nouvelle "vision du monde"et un projet de civilisation inspirés par la dynamique de l'évolution sociale et culturelle. Une dynamique qui s'exprime à travers cette nouvelle forme de souveraineté qu'est l'intelligence collective et qui s'incarne dans une véritable démocratie participative où les citoyens formés et informés déterminent directement les conditions du vivre ensemble conformes à l'intérêt général. En utilisant notamment les nouvelles technologies de l'information, une république des consciences doit permettre à chacun de participer à la délibération collective dans toutes les sphères locales, régionales et nationales de la vie publique. Cette démocratie directe doit pouvoir contrôler et évaluer en continu l'action des représentants chargés de mettre en place les politiques publiques.

Dans 1789, le Théâtre du Soleil avait mis en scène la destitution de l’ancien régime fondé sur la royauté de droit divin et son remplacement par la souveraineté populaire. Aujourd’hui, la coïncidence entre les propos d’Ariane Mnouchkine et les études des politologues permettent de faire l’analogie entre cette période révolutionnaire et celle que nous vivons actuellement. Coupées de la population par leur mode de vie et de l'évolution culturelle par leur modèle de pensée, les élites tirent aujourd’hui leur légitimité d’un savoir technocratique au service d’un pouvoir oligarchique.

La légitimité de cette techno-oligarchie est totalement remise en question dans la mesure où elle conduit à l’impasse d’une crise systémique et à la perspective d’un effondrement. Mais aussi parce qu'elle s'appuie sur une conception pyramidale du pouvoir qui ne correspond plus du tout aux sociétés en réseaux qui fonctionnent à partir d'une intelligence collective "holomidale". Et pourtant, sourdes et aveugles, ces mêmes « élites » continuent de gérer les affaires courantes comme Louis XVI réparait ses serrures sous les ors de Versailles.

Réinventer la démocratie 


Face à l’urgence de la situation, le temps est donc venu de refonder une souveraineté démocratique à travers un projet de civilisation ambitieux, à la mesure de la crise systémique que nous traversons et de la nouvelle "vision du monde" en train d'émerger. L’expérimentation concrète à laquelle nous convie Ariane Mnouchkine est animée par la dynamique de résilience analysée dans nos billets précédents et qui vise à refonder le lien social à partir d’un saut créatif et évolutif, incarné notamment par les Transitionneurs, les Convivialistes et les Créatifs culturels

C’est dans le même esprit – l’esprit du temps – que le mouvement Colibris et le Collectif pour une Transition Citoyenne propose Samedi 1er février une grande journée de mobilisation et de convergence citoyenne autour du thème « Réinventer la démocratie » : « Abstention record, démobilisation citoyenne, individualisme, d'un côté, soif de pouvoir, impunité, court-termisme, clientélisme de l'autre... les obstacles semblent nombreux face aux enjeux que nos démocraties devront affronter dans les années à venir. De même, au sein des organisations, le modèle pyramidal montre ses limites. Les comportements archaïques (repli sur soi, agressivité, luttes de territoires...) sont autant de réactions défensives omniprésentes. Face à un monde en mutation, il est urgent de remplacer la compétition et l’individualisme par la coopération

Comment faire primer l’intérêt général ? Comment faire face aux problèmes à long terme (changement climatique, raréfaction des ressources, instabilité économique...), à leur caractère mondialisé, tout en donnant aux citoyens le pouvoir qui leur revient ? Si nous voulons reprendre le pouvoir, il est essentiel que chacun fasse sa part et que nous construisions des dynamiques collectives. Ateliers citoyens, actions locales, nouveaux modes de gouvernance, Initiatives Citoyennes Européennes... Explorons ensemble ces nombreuses solutions ! Reprenons notre pouvoir d'agir et faisons l'avenir de nos territoires ! » 

Cette initiative résonne précisément avec les propos d’Ariane Mnouchkine : « Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence ».

L’esprit du temps nous inspire et s’exprime à travers des artistes visionnaires et des pionniers engagés. Sachons être à l’écoute de cette inspiration en mobilisant notre intelligence collective pour refonder une nouvelle souveraineté démocratique correspondant aux sociétés interconnectées de l'information fondées sur l’interdépendance et la coopération. C'est la responsabilité de chacun de participer de manière créatrice à ce qu'Ariane Mnouchkine nomme le "projet des projets".

Ressources






Le plan démocratie des Colibris 

Libertarian Eco-Socialisme. The political philosophy and organizational form of an integral society. Joe Corbett. Sur le site Integral World.

mardi 21 janvier 2014

Radio Evolutionnaire : Ecoutez le Futur


Nous n'existons dans le présent que dans la mesure où nous avons foi dans le futur. Paul Auster


Sous le titre Effondrement et Refondation, nous venons d’analyser dans une série d’articles le processus de résilience/refondation qui se manifeste aujourd’hui à travers un changement de paradigme et l’émergence de nouveaux courants sociaux-culturels figurés par ces Idéaux-Types que sont les Transitionneurs, les Convivialistes et les Créatifs culturels. 

Les médias officiels ignorent ou caricaturent ce changement de paradigme parce qu’il remet en question les modèles de la pensée dominante alors que, portés par ce courant novateur, de nouveaux médias se font jour, notamment sur le Net, pour accompagner cet indispensable saut évolutif. C’est dans le contexte de cette évolution culturelle qu’il nous faut donc saluer aujourd’hui la naissance d’une nouvelle radio sur le Net : Radio Evolutionnaire. 

Créatrice du Forum de l’évolution de la conscience et co-créatrice du Festival de la Méditation qui aura lieu les 25 et 26 Janvier prochain à Paris, l’équipe d’EnlightenNext France veut faire de Radio Evolutionnaire un des vecteurs de la culture émergente. Conçues dans cet esprit, les émissions concernent non seulement l'évolution de la personne humaine dans toutes ses dimensions - corps, psychisme, mental, créativité et esprit – mais aussi tous les milieux – interpersonnel, professionnel, social, culturel et naturel – dans lequel cette personne évolue. Radio Evolutionnaire tissera des liens entre tous ceux qui, animés par une même inspiration évolutive, cherchent à la nourrir, la partager, la développer, la préciser et l’incarner dans leur vie quotidienne. 

La fonction de médiateur 

A plusieurs reprises, et dernièrement ici , nous avons fait part des recherches du sociologue Michel Maffesoli qui observe depuis une quarantaine d’années les mutations sociale et culturelles en analysant cette période contemporaine où la fin de la "modernité" correspond à l’émergence de ce qu’il nomme la "post-modernité" (et que nous nommons pour notre part la cosmodernité). Dans un article publié sur le site Atlantico, Michel Maffesoli répond à Caroline Fourest qui s’indignait de "la haine" de plus en plus affichée à l'égard des journalistes. A cette occasion, il rend attentif au rôle de médiateur qui devrait être celui des journalistes en expliquant la défiance du public à leur encontre par le fait qu’ils n’assument pas ce rôle.

" En ces périodes d’instabilité, ne serait-ce point l’honneur de ceux qui ont pour vocation d’être des médiateurs, de pratiquer la médiation, que de mettre en œuvre une pensée et une parole hauturières en accord avec les bouleversements en cours ? L’approximation dans le langage des divers protagonistes des médias permet d’en douter ! L’approximation syntaxique, l’usage immodéré d’expressions à la mode, la propagation de l’information sur la base de reprises endogamiques, voilà les indices concordant de la légère superficialité du moment dont les organes de presse et divers moyens de communication tirent profit. Mais profit immédiat et sans horizons, que les journalistes risquent de payer, rapidement, fort cher… 

La méfiance, de plus en plus affichée, frappant aussi leur profession est des plus instructives et devrait leur faire entendre raison. C’est-à-dire leur faire comprendre que quand quelque chose titube, la sagesse des peuples est d’aspirer à un nouveau principe : à une autre fondation. Dès lors la fonction des « médiateurs », plutôt que d’aller et venir sur des sentiers battus et rebattus, est de savoir retourner le terreau sur lequel repose le vivre-ensemble…Voilà le vrai rôle d’initiateur que devrait jouer le médiateur : accompagner ce qui est là. Je l’ai souvent indiqué dans des livres antérieurs : en rappelant ce qui unit l’humus et l’humain, on participe à un humanisme intégral et l’on évite les pièges et dangers propres à l’obscurantisme qui est toujours, potentiellement, prêt à renaître".

L’esprit du temps 

Les médias pourraient en prendre de la graine ! En effet, après les intellectuels et les politiques, c’est au tour des journalistes d’être l’objet d’une méfiance de plus en plus grande. Il suffit d’écouter nombre d’émissions (télés, radios, réseaux sociaux), de lire des articles pour constater que ce qui prédomine est un sentiment « d’entre soi » : ils se parlent les uns aux autres, les uns des autres, sans se préoccuper de ceux auxquels ils sont censés s’adresser... 

Les grands principes qui ont été à la base de la Modernité, contrat social, démocratie, citoyenneté, État nation, identité individuelle n’entrent plus en résonance avec l’épistémè de l’époque. Ce sont alors des incantations, des mots creux qui ne rassurent que ceux qui les prononcent. On ne peut plus s’en contenter car les réactions populaires sont plus complexes qu’on ne croit… 

Ainsi, quant aux choses essentielles, les peuples ne vont pas se laisser influencer pour savoir de quel côté ils doivent tourner. C’est pourquoi le rôle du « journaliste exotérique » n’est pas d’imiter, c’est-à-dire de singer, le donneur de leçon, mais bien d’accompagner ; d’être le « grand frère » initiateur. En la matière ne pas se contenter d’une creuse logomachie, mais, au contraire, trouver une forme libre, simple et essentielle à la fois. Trouver un style spécifique qui soit en congruence avec l’esprit du temps."

Déclin et genèse


Le journaliste Jean-François Kahn, un des meilleurs connaisseurs de la sphère médiatique, créateur de l’Événement du Jeudi et de Marianne, sort ces jours-ci un ouvrage intitulé L'horreur médiatique. Tout un programme !... Selon l'étude annuelle sur la confiance des Français réalisée par le Cevipof ( Centre de recherche politique de Science Po) et publiée le 12 Janvier, seulement 23 % des personnes interrogées feraient confiance aux médias et 11% aux partis politiques. A noter selon cette étude que seulement 1% de la population éprouverait du respect pour la politique alors que 36% éprouve de la méfiance et 31% du dégoût !...

La défiance envers les médias doit être comprise comme un élément d’une défiance généralisée envers les institutions, les idéologies et les discours officiels qui apparaissent incapables de se renouveler, enfermés qu’ils sont dans un modèle totalement dépassé. Il faudrait être aveugle, énarque ou politicien – certains sont les trois en même temps – pour ne pas observer actuellement le discrédit qui touche non seulement les représentants du « système » mais, à travers eux, le système de représentations qu’ils incarnent : une vision du monde abstraite et pyramidale, technocratique et quantitative, dans laquelle de moins en moins de gens se reconnaissent, notamment au sein des nouvelles générations vivant en immersion dans des sociétés interconnectées de l’information. La destitution des valeurs et des institutions de la modernité à laquelle nous assistons est synchrone avec la dynamique instituante d’une cosmodernité qui se manifeste à travers de nouvelles formes de pensée, de sensibilité et d’organisation.

Dans un entretien publié sur le site Atlantico, Maffesoli précise ce double mouvement de déclin et de genèse : "Il est certain que la saturation des grandes valeurs modernes va s’exprimer comme c’est toujours le cas quand on assiste à la fin d’un paradigme, par l’émergence de toute une série d’apocalypses. Mais il faut rappeler que le mot apocalypse, à l’encontre de ce qu’on a l’habitude de penser signifie révélation. C’est ainsi qu’il s’agit moins d’une logique de fin du monde que de celle de la fin d’un monde. Et corrélativement, qui dit la fin d’un monde souligne l’émergence d’un autre monde. Rappelons-nous à cet égard la position du philosophe Anaximandre de Milet : « Genesis kai phtora, Phtora kai genesis » (genèse et déclin, déclin et genèse). C’est ce qu’on peut appeler une structure anthropologique : quand une manière d’être et de penser cesse, on peut en voir dans le même temps, une autre émerger". 

La déclaration de l’évolutionnaire

L’équipe d’EnlightenNext a tenté de formuler cette autre manière d’être et de pensée à travers " La déclaration de l’évolutionnaire" : « Je réalise qu’à ce moment précis de l’histoire, le temps est venu de développer, ensemble, une nouvelle vision qui révèle le potentiel humain, donne du sens à nos vies et nous aide à faire face aux défis majeurs du 21e siècle. Je réalise que je suis le résultat de l’évolution de la matière, de la vie, de l’esprit et de la culture, qui se déploie depuis 14 milliards d’années. 

Je réalise que je suis une expression de cette évolution, que je suis connecté(e) aux forces qui ont façonné l’univers, créé les merveilles de la nature et établi les conditions propices au développement de la conscience et de la culture. Je réalise que le futur n’est pas écrit, que nous sommes libres du passé, que nous pouvons changer le monde, forger notre destin et influencer le cours de l’histoire par les choix que nous faisons en tant qu’individus, communautés, nations et espèce humaine. 

Réalisant tout cela, j’aspire à évoluer en conscience pour développer de nouvelles perspectives, intuitions et compréhensions qui nous libèrent, nous inspirent et nous donnent une confiance et un optimisme renouvelés pour mieux répondre aux grands enjeux de notre temps. Je crois au Futur. Je suis un évolutionnaire. » 

La voix du futur 

Cette déclaration de l’évolutionnaire esquisse le modèle anthropologique et culturel émergent qui est celui d’une co-évolution entre l’homme et son milieu. Le Journal Intégral ne peut donc que se réjouir d’assister à la naissance d’un média inspiré par cette nouvelle "vision du monde". Radio Evolutionnaire peut devenir le média d’une communauté évolutionnaire francophone capable de dynamiser l’évolution de chaque évolutionnaire au sein d’un champ d’énergie global et d’une intelligence collective. De nombreuses émissions en direct permettront un échange virtuel entre les évolutionnaires avant qu’ils ne se rencontrent physiquement à l’occasion de diverses manifestations et événements. 

Radio Evolutionnaire fera découvrir des penseurs, des pratiques et des techniques qui contribuent à nous transformer mais aussi à transformer la culture et la société. Elle donnera la parole à ceux qui font avancer l’humanité sur les chemins d’un indispensable saut évolutif. Elle permettra aussi aux personnes qui sont intéressées par l’Eveil Evolutionnaire enseigné par Andrew Cohen de le découvrir à travers une série d’émissions. 


Cette radio est une création collective qui pourra s’améliorer, se développer et évoluer au fil du temps au fur et à mesure où les évolutionnaires y apporteront leur créativité et leur participation, leur énergie et leur contribution. Saluons une telle initiative qui mobilise du temps, de l’énergie, de la volonté, de l'inspiration et des connaissances. L’équipe d’EnlightenNext France doit être soutenue dans cette entreprise par tous ceux qui refusent le cynisme et le nihilisme pour affirmer les valeurs créatrices de l’esprit dans le nouveau contexte des sociétés de l’information. 

La culture de l’interdépendance en train d’émerger est une culture de l’échange, de la création et de la relation. Ne restons donc pas les consommateurs autistes et les spectateurs passifs d’une telle initiative mais participons-y en devenant chacun des acteurs créatifs, avec le talent qui est le nôtre, l’inspiration qui nous guide et la passion qui nous anime. 

A écouter sur Radio Evolutionnaire 

On trouvera la grille détaillée et actualisée des programmes ici sur le site de Radio Évolutionnaire. Voici-ci-dessous un aperçu des principales émissions qui seront proposés dans les prochaines semaines. 

Ondes de méditation 

Méditations guidées. Audios enregistrées et directs. Tranches horaires : 3 sessions de 45 minutes (6h-6h45 / 6h45-7h30 / 7h30-8h15 et le soir) 

Eveil Evolutionnaire, morceaux choisis

Conférences et entretiens avec des penseurs, philosophes, enseignants spirituels et évolutionnaires. Audios enregistrées de conférences. Jeudi 9 /01 à 12h30 – Samedi 11/01 à 21h00 

Scenius 

Explorer les principes de l’émergence artistique et la créativité en collectif. Dialogues avec des musiciens, techniciens, artistes, producteurs, enseignants spirituels, philosophes… pour partager leurs expériences et conscientiser les principes d’émergence Vincent Drouot, en direct. Une fois tous les 2 mois en alternance avec l’émission « Les 3 visages de Dieu », de 21h à 22h30 

Body-Mind-Spirit 

Quel est le sens de la pratique physique dans le lien body-mind-spirit, c’est-à-dire corps-mental-esprit ? Christine Guinebretière, en direct. Une fois par mois, de 21h à 22h30 

Objectif Santé 

Découvrir comment faire émerger un collectif au-delà de l’ego dans un couple soignant-soigné et quel est son bénéfice ? Denis Averland, en direct. Tranches horaires : Une fois par mois, de 21h à 22h30 

Intégralement vôtre 

Partager les principes de la philosophie intégrale et découvrir comment la mettre en pratique. Lectures, audios et ponctuellement des entretiens avec des acteurs du « monde intégral ». Eric Allodi en direct. Une fois par mois, de 21h à 22h30 

Féminin Bio 

Audrey Etner interview Christine Guinebretière pour Féminin Bio sur toutes les thématiques liées à la vie des femmes.

Oui c’est possible 

Explorer les phénomènes émergeants qui changent positivement notre façon de consommer, créer et vivre ensemble. Anne de Béthencourt. Une fois par mois

Christine Guinebretière et Eric Allodi
Dialogues évolutionnaires

Echanger autour de vidéos ou audios sur l’éveil évolutionnaire avec des invités. Eric Allodi, en direct. Un mardi sur deux de 21 à 22h30

Les 3 visages de Dieu 

Explorer les 3 dimensions du Divin : Etre, Devenir et S’abandoner. Découvrir les différents aspects de l’Absolu. Entretiens et dialogues avec des Evolutionnaires, des Méditants et des Religieux de tous horizons. Vincent Drouot en direct. Une fois tous les 2 mois en alternance avec l’émission « Scenius », de 21h à 22h30

Book Club

Découvrir L'Eveil évolutionnaire, le dernier livre d’Andrew avec d’autres lecteurs évolutionnaires. Avec Denis Averland, en direct. Le second jeudi du mois, de 21 à 22h30

Evolutionnaire @ work

Quel est le sens du travail au 21ème ? Quelles sont les nouvelles organisations dans le monde du travail du travail et de l’entreprise ? Annick Macher en direct. Une fois par mois de 21h à 22h30 

En retraire avec Andrew Cohen 

Découvrir l’éveil évolutionnaire avec Andrew Cohen sur un week-end ou 10 jours, sessions après sessions, comme si vous étiez véritablement en retraite. Audios enregistrées de retraites qui se sont tenues en Italie, Espagne… A partir du mois de Février, sessions d’1h30 rediffusées dans la semaine. 

Ressources 

Le site de Radio Evolutionnaire 

Radio Evolutionnaire sur Facebook 

Festival de la Méditation 25-26 Janvier

Du 20 au 26 Janvier, semaine spéciale "Festival de méditation" 

Mardi 21 Janvier à 21h00 dans "Dialogues Évolutionnaires" : La méditation source de la vie évolutionnaire ! Animé par Eric Allodi et ses invités.

Mercredi 22 Janvier à 21H00 dans "Ondes de méditation". Christine Guinebretière avec Jeff Carreira, venu spécialement des États-Unis pour animer des ateliers au Festival de la Méditation. Jeff Carreira, 23 ans de pratique de l’Éveil Évolutionnaire et de méditation, partagera son expérience et répondra aux questions des auditeurs ( émission en anglais).

Jeudi 23 Janvier à 21h00 dans "Intégralement vôtre" : Méditation, évolution et philosophie avec Jeff Carreira comme invité (émission en anglais).