mardi 15 octobre 2013

Table des Matières (12) Sri Aurobindo


L'Homme est un être de transition. L'évolution continue et il sera dépassé. Sri Aurobindo


Chaque billet du Journal Intégral est la pièce d’un puzzle qui dessine, entre intuitions créatrices et réflexions critiques, la vision intégrale d’un homme réunifié dans un Kosmos réenchanté. Les résumés des articles présentés dans cette Table des Matières permettront aux lecteurs de reconstituer ce puzzle en allant se référer à telle ou telle pièce afin de mieux comprendre et intégrer les autres.


1. Demandez le programme !... 2. Une philosophie du Tout 3. La Petite Princesse 4. Evolutions  5.Evolutions (fin) 6. Post-Matérialisme 7. Penser la nouvelle civilisation 

Table des Matières 2011 



Sri Aurobindo 
Table des Matières (12) du 26/07/11 au 02/09/11 


L’heure n’est plus où l'on peut encore s’identifier à une histoire idéaliste ou à une contre histoire matérialiste de la philosophie. L’idéalisme et le matérialisme apparaissent en fait comme les deux faces à la fois contradictoires et complémentaires d’un même dualisme à quoi la conscience humaine n’est pas réductible. 

Une conscience éveillée, c'est-à-dire non-duelle, n’oppose pas transcendance et immanence mais perçoit le monde de la manifestation comme l’expression immanente et évolutive d’un Esprit transcendant. Animée par une inspiration poétique, la sagesse la plus profonde interprète la finitude existentielle comme l’épiphanie sensible et créatrice de l’Esprit infini. 

Trop souvent, aujourd’hui, le terme de philosophie désigne, par anti-phrase, l’ennemie désignée de la sagesse, réduite à la figure d’un infantilisme sectaire, et destituée au profit d’une abstraction intellectuelle qui absolutise la rationalité. On pourrait utiliser le terme d’ « asphilosophie » pour désigner cette lente asphyxie de l’intuition créatrice par l’abstraction formelle, menant tout droit à ce formalisme intellectuel qui est la mort même de toute pensée. 



Aphorismes est cette chanson où Georges Moustaki met en musique une partie du poème de Sri Aurobindo intitulé Le But. Avec des mots simples sur une musique méditative, cette chanson exprime l’essence d’une vision évolutionnaire au cœur de la pensée intégrale. Dans cette perspective dynamique, l’être humain évolue du savoir à la connaissance en dépassant la raison, il évolue des velléités au pouvoir en dépassant l’effort, de la jouissance à la béatitude en dépassant le désir, de l’individualisation à la personne réelle en dépassant le moi et de l’humanité à l’Homme en dépassant l’animal. 

Aphorismes est cette porte musicale qui nous permet de retrouver Georges Moustaki et son univers poétique tissé de rêves et de révoltes, d’hédonisme et de sensualité, d’Orient mythique et de Brésil nonchalant. Peu de chanteurs ont réussi comme lui à évoquer ce lâcher prise "oriental" que certains prennent pour de la langueur alors qu’il est surtout un art de vivre et de vibrer qui permet de distinguer l’essentiel de l’accessoire en prenant le Le temps de Vivre, En méditerranée et en se rappelant qu’hier encore, Il y avait un jardin qu’on appelait la terre, trois chansons dont nous proposons une vidéo.

04/08/11. L'Esprit de Vacance


Etymologiquement, la notion de vacance renvoie à celles de vide et de vacuité. La spiritualité orientale notamment le bouddhisme, a fait de la vacuité la condition même de l’éveil de la conscience. Quand, dépassant l'abstraction mentale, la conscience retrouve le vide qui la fonde et la transcende, elle se libère des limites qui sont celles de l’identification aux formes pour s’ouvrir à la plénitude de la vie et de l’esprit. 

L'esprit de vacance se développe ainsi dans une conscience libérée des attractions et des distractions formelles. Le pouvoir de l'attention se retourne vers la puissance libératrice de l'intention créatrice. Cette conversion intérieure naît de la reconnexion intime de la subjectivité à une plénitude à la fois existentielle et essentielle. De cette conversion émerge un nouveau regard qui remet en questions aussi bien notre mode de vie et de pensée habituel que le modèle de société profondément matérialiste dans laquelle nous évoluons. 

Les vacances modernes reproduisent en effet de manière absurde l’idéal productiviste, transformant l’oisif et le paresseux en activiste laborieux du loisir, en bagnard du string, du bob et du beignet, traînant son boulet de bambins piailleurs, en stakhanoviste de la fête et de la partouze, dopé à la chimie, en troupeau d’estivants avachis et hagards, broutant les rayons du soleil, en touriste expert, soucieux de la rentabilité de son temps et de son budget, mesurant ses plaisirs comme un géomètre et les rapportant à leur coût comme un comptable sourcilleux. 


Dans un pays comme la France où règne une pensée abstraite, il est rare de trouver un philosophe qui ose se référer à une pratique et à des enseignements spirituels. Et pourtant l’expérience intérieure et la réflexion conceptuelle, loin d’être étrangères, se nourrissent et s’éclairent l’une, l’autre dans toutes les grandes traditions. En réactualisant cette alliance traditionnelle entre raison et vision, le philosophe Serge Durand, co-auteur du Guide de la spiritualité, offre des éléments de sagesse pour le vingt et unième siècle. Dans ce billet il propose un commentaire éclairant sur le poème Le But de Sri Aurobindo, mis en musique et chanté par Georges Moustaki sous le titre Aphorismes. 

Quand nous avons dépassé les savoirs, Alors nous avons la connaissance. La raison fût une aide, La raison est l'entrave. Sri Aurobindo. Commentaire de Serge Durand : « La raison n'est pas la véritable connaissance qui ne peut être qu'une connaissance par identité, une conscience consciente d'elle-même. Ainsi Cela n'est connu que par Cela. Lorsque Cela est envisagé par la raison, il est représenté par des images mais Cela n'est pas connu. Cela n'est connu que par Cela c'est-à-dire sans médiation. L'ego qui est connu en Cela reste un voile de Cela qui interdit plus ou moins la prise de Conscience de Cela. L'ego induit encore une aventure vers une connaissance de Cela par Cela sans voile. L'ego est mental, vital et physique pour Sri Aurobindo.» 


Avant bien d’autres, Sri Aurobindo a discerné et diagnostiqué la crise du modèle occidental devenue une évidence aujourd'hui à travers ses expressions diverses et variées dans tous les domaines. Cette crise systémique est une crise évolutive ainsi définie : « Actuellement l'humanité traverse, dans son évolution, une crise ou se dissimule pour elle l'obligation d'un choix qui déterminera sa destinée. Nous sommes arrivés en effet à un stade où le mental humain a réalisé, dans certaines directions, un développement immense, alors que dans d'autres il est arrêté, désorienté et ne peut plus trouver sa voie... 

C'est ainsi qu'au lieu d'une société harmonieusement ordonnée, il s'est développé un formidable système organisé de concurrence, un industrialisme forcené et unilatéral, en rapide expansion, et, sous le masque de la démocratie, une tendance croissante vers une ploutocratie qui choque par son ostentation grossière et l'immensité des gouffres et des distances qu'elle crée. Tel est le dernier aboutissement de l'idéal individualiste et de son mécanisme démocratique, et c'est le début de la banqueroute de l'âge rationnel. » 

« … Seule une orientation spirituelle totale donnée à la nature toute entière peut élever l'humanité au-delà d'elle même... Ce qui est nécessaire c'est que quelques individus sentent un tournant dans l'humanité, aient la vision de cette transformation, en éprouvent le besoin impérieux, aient conscience de la possibilité et veuillent la rendre possible en eux-mêmes et en tracer la voie. » 


A l’occasion du centenaire de la naissance de Sri Aurobindo, Satprem a écrit un texte intitulé Sri Aurobindo et l’avenir de la Terre où il résume la perspective évolutive du sage indien pour qui « par-delà l'homme mental que nous sommes, s'ouvre la possibilité d'un autre être qui prendra la tête de l'évolution, comme un jour l'homme a pris la tête de l'évolution parmi les singes. » 

Dans cette conférence, Satprem rend compte de la crise évolutive vécue par l’humanité : « Cet éclatement paroxystique de toutes les vieilles formes, nous le voyons partout autour de nous - nos frontières, nos Églises, nos lois, nos morales s'écroulent de tous les côtés. Et elles ne s'écroulent pas parce que nous sommes méchants, immoraux, irréligieux, ni parce que nous ne sommes pas assez rationnels, pas assez savants, pas assez humains - mais parce que nous en avons fini d'êtres humains ! Fini de la vieille mécanique - parce que nous sommes en transition vers AUTRE CHOSE. 

Ce n'est pas une crise morale que traverse la terre, c'est une "crise évolutive". Nous ne sommes pas en marche vers un monde meilleur - ni pire -, nous sommes en pleine MUTATION vers un monde radicalement différent, aussi différent que le monde de l'homme pouvait l'être du monde des singes au Tertiaire. Nous entrons dans une nouvelle ère, dans un quinquénaire supramental.»


Satprem

Plus connu sous le nom de Satprem, Bernard Enginger (1923-2007) est déporté à vingt ans pour faits de résistance au camp de concentration de Mathausen où il passe dix-huit mois. En lui enlevant toutes ses illusions, cette expérience fondatrice le met en présence d’un essentiel qu’il cherchera à vivre et à développer tout au long de sa vie. C’est ainsi qu’à Pondichéry, il rencontre Sri Aurobindo et Mira Alfassa, cette française surnommée Mère qui fut l’âme de l’ashram crée par Sri Aurobindo. C’est en 1957 que Mère lui donne son nom, Satprem qui signifie « celui qui aime vraiment » 

Nous vous proposons d'écouter un entretien entre Satprem et Jacques Chancel qui, au cours des années 70, recevait dans Radioscopie, sa célèbre émission de radio sur France Inter, toutes les grandes personnalités du monde des arts et de la littérature, du spectacle et de la vie publique. 

Dans cette émission enregistrée en 1977, Satprem fait part de son expérience et relate son aventure intérieure. Il parle de Mère, de Sri Aurobindo et d’Auroville. En répondant aux questions de Jacques Chancel, Satprem évoque divers sujets comme l’évolution de la conscience, le rôle complémentaire de l’homme et de la femme, la nécessité de dépasser religions et idéologies pour expérimenter dans son corps la mutation en cours annoncée par Mère et Sri Aurobindo.

vendredi 4 octobre 2013

Vers un Mouvement Evolutionnaire


Nous sommes au cœur d’une mutation où s’amorce un renversement de perspective. Raoul Vaneigem 


Depuis la rentrée de Septembre, nous avons évoqué dans nos derniers billets plusieurs manifestations qui, en quelques semaines dans l’hexagone, témoignent de l’actualité d’un élan évolutionnaire de la conscience collective. Quand nous parlons de manifestations, nous donnons au mot son sens littéral : ces divers évènements et colloques qui concernent aussi bien le domaine de la conscience que celui de la culture et de la société sont autant de manifestations d’une même dynamique évolutive. 

Ce mouvement évolutionnaire est porté par des initiatives individuelles et collectives en dehors des formes partisanes, institutionnelles ou idéologiques habituelles aussi discréditées que dépassées. Inspiré par l’émergence d’un nouveau paradigme, ce mouvement est porteur d’un projet de civilisation à formuler et à affirmer face aux illusions régressives d’un repli identitaire comme à celles, technocratiques, des « élites » au pouvoir. 

Ce n’est donc pas un hasard si le 12 Octobre auront lieu simultanément à Paris, dans deux lieux distincts, le deuxième Forum international de l’évolution de la conscience évoqué il y a quinze jours et les États Généraux du pouvoir citoyen que nous évoquerons dans ce billet. Autour du thème Croire au futur, le premier évènement concerne l’évolution de la conscience et de la culture alors que le thème du second Réussir la mutation de nos sociétés concerne la transformation politique et socio-économique. 

Après avoir esquissé quelques éléments du contexte permettant l’émergence de ce mouvement, nous proposerons l'Appel des États Généraux du pouvoir citoyen qui nous apparaît comme symptomatique d’un profond courant de régénération au sein d'une société sénescente. 

Une illusion régressive 

La période que nous vivons, celle d’une mutation entre deux stades évolutifs, peut s’avérer aussi dangereuse qu’exaltante. Par peur d’un saut évolutif qui nécessite à la fois lâcher-prise et vision, nombre d’individus peuvent devenir les victimes d’une illusion régressive leur faisant croire que le monde de demain sera la réplique exacte d’un bon vieux temps idéalisé alors même que celui d’aujourd’hui est d’ores et déjà totalement différent de ce dernier. 

Conséquence de ce que certains observateurs nomment « l’insécurité culturelle », cette illusion régressive est à l’origine d’un courant réactionnaire en Europe fondé sur un repli identitaire qui alimente la haine en désignant l’autre comme victime expiatoire. Déni du présent, l’illusion régressive est une réaction mortifère à cette autre forme d’illusion – technocratique – qu'est le "présentisme" et qui consiste à vouloir résoudre les problèmes avec le mode de pensée qui les a générés, le nez rivé sur le guidon de la gestion quotidienne.

Incapables de se projeter dans le futur car privées de toute vision à long terme, les castes au pouvoir s’avèrent totalement impuissantes à développer une pensée globale qui rende compte de la complexité et de la dynamique de nos sociétés. Si l’illusion régressive est assez spectaculaire dans son refus du changement, l’illusion réformiste de la technocratie n’en est pas moins dangereuse. Elle applique la pensée technique et segmentée de l’ère industrielle au monde complexe et interdépendant d’une ère informationnelle qui nécessite une vision globale et systémique, dynamique et prospective. C’est ainsi qu’au lieu de résoudre les problèmes, elle ne fait que les approfondir. 

Une illusion technocratique 

Nous avons suffisamment déconstruit cette illusion technocratique dans deux séries de billets intitulés Experts et Visionnaires (3 billets) et Entre l’ancien et le nouveau monde (7 billets) pour ne pas avoir à y revenir ici. Nous proposons aux lecteurs intéressés de se référer à ces analyses. L’illusion réformiste de la technocratie consiste, selon le célèbre mot de Lampedusa, à faire en sorte que tout change pour que rien ne change. Le réformisme c’est l’autre nom du conformisme qui, pour perdurer sans avoir à se transformer, utilise les changements de son milieu pour les mettre à son profit.

Les illusions régressives et technocratiques sont deux expressions – traditionnelles et modernes – d’une même résistance à la dynamique d’une évolution culturelle qui inclut la tradition et la modernité en les transcendant dans un nouveau stade évolutif dont nous tentons de préciser les formes, semaine après semaine, dans ce blog.

Ce nouveau stade évolutif est celui d’une intelligence connective - à la fois sensible et rationnelle, intuitive et collective - incarnée par l’Homo Conexus qui se développe en co-évolution avec les diverses sphères de son milieu : géosphère et biosphère, technosphère, sociosphère et noosphère. 

Sortir de l’impasse

Les illusions régressives et technocratiques se nourrissent l’une, l’autre, entraînant un débat aussi puéril que stérile qui, en alimentant les préjugés de chacun et l'inertie de tous, renforce les intérêts des dominants. On ne peut sortir de cette impasse que par le haut, en participant à la dynamique évolutionnaire qui inspire une nouvelle vision du monde à la fois globale et évolutive. 

Animés par cette dynamique, des réflexions et des initiatives, individuelles et collectives, poussent comme des champignons en automne. Elles proposent de nouvelles perspectives émancipatrices et évolutionnaires qui ne sont jamais relayées par les médias officiels dont le rôle est plus que jamais « d’engranger l’insignifiant dans la mémoire des résignés » selon la belle formule de Raoul Vaneigem. Il va sans dire qu'un tel mouvement ignore les frontières et qu'on le retrouve dans de nombreux pays à travers des formes différentes correspondant à chaque culture.

Nous évoquons régulièrement quelques-unes de ces initiatives dans Le Journal Intégral et nous nous sommes fait l’écho de certains évènements qui ont lieu en cette rentrée mais il en existe bien d’autres dont nous sommes informés et dont ne nous ne pouvons pas rendre compte, faute de temps et de place, mais aussi parce que nous n’avons pas pour vocation à répertorier de manière exhaustive la multiplicité de ces manifestations. 

Une vision globale et dynamique 


Contrairement à l’ancien paradigme de l’ère industrielle – analytique et mécaniste – la vision du monde en train d’émerger – celle de l’ère informationnelle – est à la fois globale et dynamique. On peut la résumer très succinctement par deux citations. La première est de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans ce monde ». Incarner soi-même le changement, c’est participer à la synchronisation de son intuition personnelle avec la conscience collective et de celle-ci avec la dynamique évolutive de la vie/esprit. 

Cette synchronisation permet devenir le vecteur conscient d’une dynamique évolutive à laquelle chacun participe en développant une vision globale qui intègre les dimensions individuelles et collectives, intérieures et extérieures. On ne peut faire évoluer les structures sociales sans faire évoluer simultanément les représentations culturelles comme il est impossible de faire évoluer celles-ci sans un développement de la conscience individuelle et collective et une transformation des comportements qui leur correspondent. 

La seconde citation est d’Einstein : " On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré". Elle implique une vision dynamique selon laquelle l’être humain participe d’un mouvement évolutif déterminant au cours du temps des changements de paradigme qui se manifeste à travers l'émergence d'une "vision du monde" concernant aussi bien la conscience et la culture que l’organisation socio-économique. Rien d’étonnant donc si, à un moment donné, une diversité de mouvements – sociaux et politiques, culturels et spirituels – traduisent ce changement de paradigme à travers des formes et des normes, des visions et des idées novatrices correspondant à leur domaine de réflexion et à leur champ d’action. 

Une mobilisation face à l'urgence

Bien plus qu’un corpus idéologique formel, ce qui sous-tend l’émergence de ce mouvement évolutionnaire c’est l'intuition commune d'une mutation profonde de nos sociétés et le diagnostic partagée que les « élites » au pouvoir sont incapables de l'’anticiper et de la comprendre, d'y participer et de l'accompagner, prisonnières qu’elles sont d'un formalisme abstrait totalement dépassé. 

Ce vide institutionnel entre l’ancien et le nouveau monde nécessite une mobilisation à la base pour coordonner la multitude des initiatives qui, sur le terrain, inventent des solutions concrètes inspirées par le nouvel esprit du temps. 

Le moment est sans doute venu pour le mouvement évolutionnaire de prendre conscience de lui-même, en se coordonnant et en s’organisant, en partageant ses analyses et ses intuitions, en élaborant une réflexion commune pour affirmer, face aux illusions régressives et technocratiques, une nouvelle vision du monde fondée sur la co-évolution de l’être humain et de son milieu. 

D'une multiplicité d’initiatives concrètes doit émerger une intelligence collective qui exprime une vision commune et réunit des forces encore dispersées afin de proposer un projet de civilisation correspondant à la mutation que nous vivons et dans lequel peut se reconnaître la conscience collective en évolution. 

Un universalisme concret

Fondée sur la perception des interdépendances et des complexités, cette vision globale s’inscrit dans la perspective d’un universalisme concret qui n’identifie pas l’homme à une entité abstraite - coupée du mouvement de la vie comme de la relation à son milieu - mais à une dynamique d’individuation. qui est celle du développement humain dans son milieu, à travers une complexité et une intégration croissantes.

Ce processus d'individuation permet de franchir les étapes successives d’un spectre de la conscience qui s’enracine dans les états archaïques jusqu’à s’élever vers une dimension créatrice et spirituelle en passant par toutes les nuances de la sensibilité et de la rationalité. Cette anthropologie évolutionnaire implique l’émergence d’un nouveau paradigme et le saut qualitatif qui lui correspond, seuls à même de relever les défis actuels de l’humanité. 

Aujourd’hui divers éléments du puzzle commencent à se réunir pour constituer les prémisses d’une organisation capable de porter un projet évolutionnaire. Le Collectif pour une Transition Citoyenne évoqué dans notre dernier billet regroupe d’ores et déjà douze organisations constituées pour devenir le catalyseur, le moteur et l’accompagnateur d’un changement porté par la société civile. Dans le prolongement de cette initiative, Les Etats généraux du pouvoir citoyen auront lieu Samedi 12 Octobre de 9h30 à 17 h à la Bourse du Travail à Paris. Cette nouvelle étape dans la constitution d’un mouvement évolutionnaire vise à synchroniser plusieurs organisations qui sont déjà elles-mêmes collaboratives.

La mise en place d'une telle synchronisation n'est jamais facile tant sont puissantes les forces centrifuges de division et de dispersion fondées sur les jeux de l'égo et du mental comme sur les enjeux de pouvoir, l'inertie des habitudes et des réflexes idéologiques, sans compter toutes les tentatives de récupération d'un système aux abois. Mais, nous le savons, ce ne sont pas les hommes qui font l'histoire mais le mouvement de l'histoire qui agit sur les hommes en rusant.

La puissance de la dynamique évolutive est telle qu'elle devrait permettre de surmonter toutes les forces centrifuges pour affirmer un point de vue évolutionnaire absolument fondamental pour l'avenir de nos sociétés. C'est dans cet esprit et avec cet espoir que nous proposons dessous le texte qui appelle aux États Généraux du pouvoir citoyen.

Appel pour des Etats généraux du Pouvoir Citoyen 


Organisé par le Pacte Civique, le Club de Budapest, Newmanity, Tao Village, le mouvement Colibris, le Collectif Roosevelt, le Labo de l’ESS, Dialogues en Humanité, le Collectif Richesses, le Collectif de la transition citoyenne… 

Réussir la mutation de nos sociétés 

Pourquoi ? 

Notre société est en panne de vision. Chômage de masse, démesure financière, précarité, inégalités sociales et discriminations, gaspillage des ressources naturelles, urgence climatique, confiscation du pouvoir et des richesses par une oligarchie, déficit démocratique… L’avenir que l’on nous prépare fait croître les peurs et les crispations. Il nourrit des courants autoritaires et xénophobes qui se développent dangereusement en France et dans toute l’Europe. 

Citoyen-e-s engagé-e-s individuellement et/ou collectivement, un constat nous réunit : nous ne voulons plus de cette vision désenchantée du monde. Nous savons qu’un autre avenir est possible. 

Comment ? 

Notre société traverse une mutation qui ne sera réussie que si elle est portée par une mobilisation citoyenne d’envergure. Voilà pourquoi nous lançons un appel pour la tenue d'Etats Généraux du Pouvoir Citoyen. 

Qui ? 

Cet appel s'adresse à vous, femmes et hommes prêt-e-s à se mobiliser, à s’entraider, à coopérer et co-construire la France de demain. Une France où les générations futures pourront vraiment partager la liberté, l’égalité, la fraternité.

Nous sommes nombreux et différents, mais convaincus que nos différences sont autant de richesse et d’opportunités d’échange et de dialogue, de rencontres et de convivialité. Ces Etats Généraux seront portés par les forces vives de notre société qui souhaitent faire de la politique autrement et réussir cette transformation.

Avec quels objectifs : 3 axes majeurs 

- Permettre une prise de conscience sur l’interdépendance des trois dettes, financière, sociale et écologique afin de favoriser la mobilisation face à la gravité de la situation. 

- Mettre en lumière et valoriser les initiatives citoyennes qui aujourd’hui, partout en France, proposent des solutions et des alternatives à cette crise de la démocratie, en alliant justice sociale, esprit d’entreprise, solidarité, créativité et sobriété heureuse. 

- Réunir une « société civique » en rassemblant tous les acteurs qui partagent le même sentiment d’urgence et la même volonté d’agir ensemble pour construire le monde que nous voulons pour nous et les générations futures, qu’ils viennent de la société civile, du monde politique, de l’entreprise ou des médias. 

Sous quelles formes ? 

Ces Etats Généraux prendront la forme d’une démarche rassemblant les énergies créatives et festives ; chacun pourra contribuer concrètement aux initiatives déjà en place, en proposer d’autres. Ensemble nous voulons peser très fortement auprès des instances locales, régionales et nationales, politiques et économiques, au fur et à mesure de l’agenda public : échéances électorales, conférence sociale de juin 2014 et conférence Climat de fin 2015… 

Nous voulons valoriser nos convergences, nous voulons débattre sereinement de nos désaccords. Nous voulons proposer une vision positive et réaliste du monde de demain et nous y engager avec détermination. Le défi est considérable. C’est ensemble que nous le relèverons ! 

Ressources


Sur l'illusion technocratique dans le Journal Intégral :
Experts et Visionnaires    (3 billets)    Entre l'Ancien et le nouveau monde  (7 billets)

vendredi 27 septembre 2013

La Grande Transformation


A l'abri des médias qui font métier de l'ignorer, une société vivante se construit clandestinement sous la barbarie et les ruines du Vieux Monde. Raoul Vaneigem

Nuage de Mots sur le thème de l'autonomie crée aux Entretiens de Sologne 2012

Depuis la rentrée de Septembre, Le Journal Intégral rend compte d’une série d’évènements inspirés par le nouvel esprit du temps. Qu’il s’agisse de La nouvelle Avant-garde, du Futur de l’énergie planétaire ou du Forum de l’évolution de la conscience, la démarche est la même : inventer les normes et les formes novatrices dans lesquelles peut se reconnaître la conscience collective en évolution. 

Avoir une vision intégrale c’est, plutôt que de considérer chacun de ces évènements de manière factuelle et isolée, les percevoir comme autant de manifestations d’une même intelligence collective. C’est ainsi que la dynamique de l’évolution culturelle s’exprime à travers des idées novatrices qui inspirent initiatives et actions concrètes. 

Un exemple ô combien parlant : le même jour - Samedi 12 Octobre - pas moins de trois manifestations différentes participent à ce que Patrick Viveret nomme, dans le sillage de Karl Polanyi, la Grande Transformation. Ce jour-là se déroulera le deuxième Forum de l’évolution de la conscience mais aussi le lancement des Etats généraux de la Transformation Citoyenne qui consistent à mettre en relation des plateformes qui sont elles-mêmes déjà collaboratives comme le Collectif Roosevelt, le Pacte civique, le Collectif pour une transition citoyenne, etc. 

Quant à la vingt-deuxième édition des Entretiens de Sologne, elle aura lieu les 11, 12 et 13 Octobre à Pierrefitte-sur-Sauldre, autour du slogan : Plus belle la crise ! Face aux bouleversements qui s’annoncent, les Entretiens de Sologne veulent être un creuset d’idées, d’initiatives et de témoignages où se conjuguent le Savoir-Faire des individus et le Faire confiance des coopérations. 

Par-delà leur intérêt spécifique, tous ces évènements ont une profonde signification sociologique et culturelle dans la mesure où ils sont autant d’illustrations d’une même mutation des mentalités qui, à chaque grand tournant de civilisation comme celui que nous vivons, rassemble ceux qui se ressemblent au sein de réseaux novateurs et d’avant-gardes créatrices pour inventer de nouvelles perspectives sociales et culturelles, politiques et économiques.

Les Etats Généraux de la Transformation Citoyenne

Patrick Viveret
Penseur visionnaire dont nous avons évoqué les travaux dans Le Journal Intégral à plusieurs reprises, Patrick Viveret a donné un entretien à Libération où il évoque Les états généraux de la transformation citoyenne en réfutant le terme de crise : 

« C’est un mot écran. Normalement il décrit une situation aiguë, conjoncturelle. Mais là on parle d’une «crise» qui durerait depuis les années 70… Il vaudrait mieux emprunter à Karl Polanyi son concept de «grande transformation» pour qualifier cette nouvelle mutation profonde, à la fois écologique, globale, sociale et informationnelle. Ou parler, avec Edgar Morin, de «métamorphose».  
En fait, comme l’ont pointé les Indignés, la crise est une arnaque. C’est le récit qu’a inventé une oligarchie mondiale pour préserver ses intérêts alors que le monde est bousculé par cette «grande transformation».

Cela passe notamment par le discours sur la dette. Michel Rocard et Pierre Larrouturou l'ont bien montré dans un livre récent : le processus de la dette est apparu avec les politiques reaganiennes et thatchériennes. Et cela relève davantage de l'ecroquerie en bande organisée que de la crise.

A l’échelle mondiale, la créativité citoyenne est extraordinaire. Elle s’exprime simultanément dans deux directions : par la vision transformatrice qu’elle dessine et sur le terrain de la résistance au grand narratif de la crise… La créativité est considérable mais elle est souvent invisible et peu reliée. C’est l’une des raisons qui nous conduit à lancer, le 12 octobre, des états généraux de la transformation citoyenne. L’idée consiste à mettre en relation des plateformes qui sont elles-mêmes déjà collaboratives - comme le Collectif Roosevelt, le Pacte civique, le Collectif pour une transition citoyenne, etc. 

Face à l’incapacité des formes politiques traditionnelles à inventer, il devient urgent de mobiliser cette énergie citoyenne, de mettre en scène et en chaîne ces différentes initiatives. Sinon, c’est tout simplement le Front national qui pèsera encore plus fort sur la politique et la société. Il nous faut interpeller les pouvoirs publics en leur demandant tout simplement de remplir leur office ministériel au sens propre, de se comporter en véritable service public qui aide et accompagne cette énergie citoyenne au lieu de la bloquer… » (Libération.13/09/13) 

Collectif pour une Transition Citoyenne 

Parmi les participants à ces Etats Généraux, le Collectif pour une Transition Citoyenne est un rassemblement de 12 mouvements qui vise à être à la fois le catalyseur, le moteur et l’accompagnateur d’un changement porté par la Société Civile. Voici la déclaration commune qui définit le projet de ce collectif : 

Face à une crise systémique (écologique, économique, sociale,...) chaque jour plus profonde, un mouvement est en marche qui, partout, réinvente nos façons de produire, d’échanger, d’habiter, de nous nourrir, de nous déplacer, d’éduquer nos enfants. Des centaines de milliers de personnes construisent des alternatives au modèle actuel qui déstructure le tissu social, financiarise tous les aspects de nos vies, pille les ressources naturelles et encourage un consumérisme et une croissance matérielle forcenés. 

Des organismes financiers d’un genre nouveau remettent l’économie au service du bien-être humain et non de l’enrichissement matériel d’une minorité. Des entreprises, des citoyen(ne)s, des élu(e)s donnent la priorité à une économie réelle, sociale, solidaire, ancrée dans les territoires et les communautés humaines ; ouverte aux solidarités internationales et à la diversité des peuples de la terre. Construisent une économie circulaire, intelligente, participant à la régénération des écosystèmes. 

Des citoyen(e)s, ingénieurs, acteurs associatifs, collectivités, scénarisent une transition énergétique pour progressivement abandonner les énergies fossiles et fissiles et développer un bouquet d’énergies renouvelables. Proposent des trajectoires afin d’engager un véritable effort de sobriété et d’efficacité énergétique. Des fournisseurs d’énergie proposent une électricité 100% renouvelable, rapprochent les producteurs et les consommateurs au sein de circuits courts, permettant ainsi la réappropriation citoyenne de l'énergie. 

Des paysans, des agronomes développent une agriculture capable de nous nourrir sans pétrole et sans intrants chimiques, fondée sur un haut savoir agronomique, la connaissance des processus naturels, une grande diversité de semences et de variétés, librement reproductibles. Des producteurs associés à des citoyens, des élus locaux, réimplantent une agriculture vivrière dans chaque territoire (rural, péri-urbain ou urbain), afin d’assurer sécurité, salubrité et autonomie alimentaire pour tous. 

Des démarches pédagogiques nouvelles se montent, proposant à nos enfants une éducation basée sur la coopération, la complémentarité, la connaissance de soi, des autres et de la nature. Une éducation leur prodiguant les savoirs, savoir-être et connaissances dont ils auront besoin pour s’épanouir et relever les défis du XXIème siècle. 

Des processus d'approfondissement de la démocratie sont conduits, facilitant la participation directe des citoyens aux décisions qui les concernent, dans la cité et dans l'entreprise, instaurant une véritable coopération entre les élu-e-s et les autres citoyen(ne)s. Inventant les institutions nouvelles qui permettent à chacun-e de peser dans le sens de la transition à laquelle nous aspirons. 

Etre ce changement que nous voulons pour le monde


Nous, organisations qui œuvrons, chacune dans notre domaine, à cette transition écologique sociale et humaine, croyons qu’il est temps d’amplifier ce mouvement et de lui donner la puissance nécessaire à un profond changement de société. 

Afin d’encourager cette dynamique, nous créons aujourd’hui le Collectif pour une Transition Citoyenne. Montrant ainsi qu’il est indispensable d’unir nos forces, de coopérer et de sortir des logiques de chapelles. Nous entendons ainsi rassembler nos compétences, nos ressources, nos réseaux afin d’optimiser l’impact de nos actions individuelles et collectives. Nous relier pour nous soutenir mutuellement. 

Nous invitons aujourd’hui toutes celles et tous ceux qui souhaitent participer à ce grand projet d’une transformation non violente de notre société, à nous rejoindre en s’impliquant dans une ou plusieurs de nos structures. 

Plus que jamais nous croyons indispensable « d’être ce changement que nous voulons pour le monde », individuellement et collectivement. De préférer dans nos vies une forme de sobriété heureuse à l’ébriété consumériste. La coopération à la compétition. L’altruisme à l’égoïsme. N'attendons pas le changement. Prenons notre avenir en main, maintenant. Ces initiatives pionnières, ont fait leurs preuves. Si nous le voulons, elles pourront construire en quelques décennies, une société radicalement nouvelle, partout sur la planète. 

Plus Belle la Crise !...

C’est dans le petit village fleuri de Pierrefitte-sur-Sauldre, au cœur de la Sologne, qu’aura lieu les 11, 12 et 13 Octobre, la vingt-deuxième éditions des Entretiens de Sologne crée en 1992 par Philippe Debrosses, docteur en sciences de l’environnement, pionnier de l’agriculture biologique, écrivain, expert consultant auprès de l’Union Européenne et du parlement de Bruxelles, fondateur de la Ferme de Sainte-Marthe qui abrite un Centre de Formation en agriculture biologique ainsi qu’un Conservatoire de graines anciennes. 

Dans ce forum se croisent chaque année des acteurs de la société civile et des intellectuels ayant à cœur de réfléchir sur des modes de vie et de construction de la société plus justes et plus respectueux des hommes et de leur environnement. Cette année il s’agit de poser un autre regard sur la « crise » en l’envisageant non pas comme une malédiction qui nous paralyse mais comme une opportunité qui nous dynamise. 

Nous proposons ci-dessous un texte où Philippe Desbrosses présente cette nouvelle édition des entretiens de Sologne comme le rêve d’une mutation dont l’élan général pourrait s’inspirer et ressembler à la naissance d’Auroville en Inde. 

Les Entretiens de Sologne 2013 ou le rêve d’une mutation. Philippe Debrosses 

Philippe Desbrosses
L’étymologie, dans plusieurs langues anciennes, donne un sens commun à « crise » et « opportunité ». De toute part, nous prenons conscience de la multiplicité des crises systémiques qui affectent l’écosystème terrestre et notre modèle de civilisation industrielle. Tous les domaines de la vie quotidienne sont atteints, et les conséquences sont préoccupantes pour le climat, les ressources et la paix civile.

L’autonomie des territoires, les habitats, l’innovation, la démocratie, la biodiversité, la citoyenneté, le partage du travail et le développement local sont autant de priorités à réinventer dans cette situation d’urgence qui requiert notre engagement collectif.  Nous pouvons décider ensemble de franchir une étape essentielle et de passer à l’action en nous réappropriant le pouvoir sur nos vies et sur nos ressources et en co-créant notre avenir commun. 

Le Monde d’Après 

2013… nous sommes déjà dans l’ambivalence du « Monde d’Après ». Nous voyons naître des projets de villages en transition, de villes expérimentales pour des communautés intergénérationnelles en quête de sens, de solidarité, de partage, de sécurité alimentaire. Nous voulons explorer maintenant les champs de l’innovation, de l’autonomie, de la créativité, de la responsabilité citoyenne, de l’économie sociale, de la gouvernance équitable… 

Pouvons-nous atténuer les conséquences de la grande mutation qui s’opère sous nos yeux ? L’effondrement de pans entiers de l’économie mondialisée, entraîne la disparition accélérée des entreprises, des biens, des services, des emplois et une paupérisation accrue des individus et des familles. Nous savons que le retour à la croissance d’avant la crise est un leurre et que les secteurs classiques vont continuer à perdre des emplois en générant beaucoup de souffrances physiques et morales, au point de menacer à brève échéance la paix civile et les grands équilibres structurels. 

Aucun acteur conscient, éclairé et responsable, ne peut soutenir la poursuite d’une politique de l’autruche pour un retour à « la croissance d’avant » alors que les signaux d’un effondrement général du modèle clignotent de partout. 

La rapidité de l’information et l’efficacité des réseaux sociaux nous montrent que les exactions quotidiennes qui mettent la planète au pillage ne pourront rester impunies. Les initiatives internationales comme End Ecocide et le Tribunal International des crimes contre la Nature, assimilés aux crimes contre l’humanité, sont les prémices d’une mobilisation citoyenne pour l’établissement d’un nouveau contrat social et d’un « art de vivre » ensemble. 

Un réveil des consciences 

P.Desbrosses, C. Serreau, P. Rabhi aux Entretiens de Sologne

Ce que nous subissons est simplement un réveil des consciences qui refusent dorénavant l’injustice et le mensonge comme mode de gouvernance. Le monde s’effondre, non pas dans une crise économique, mais dans une crise des valeurs et de la confiance qui s’apparente à une « crise d’amour ». 

Le manque d’alignement de nos pensées sur le cœur, le manque d’amour du « prochain » dans nos actes et dans nos projets, l’indifférence à la souffrance des autres est à l’origine des désastres sociaux et des guerres qui endeuillent le monde. Alors soyons délibérément utopistes et anticipons le monde de demain en créant aujourd’hui la coopération, la solidarité, la compassion entre tous.

Ces vingt deuxième entretiens ouvriront des espaces de témoignage, d’apprentissage et d’expérimentation pour la tête, le cœur et les mains. La simplicité recèle de grandes surprises et de grands talents pour ceux qui font confiance à la vie et à l’intelligence du cœur. Sur les bases décrites ci-dessus, nous pouvons aider les collectivités territoriales à gérer la précarité, le chômage, les besoins de première nécessité, la sécurité, l’habitat, l’énergie, le recyclage, l’éducation, la santé…leur lot commun dorénavant… 

Appuyons-nous sur l’Intelligence innée des populations qui se croient impuissantes mais sont capables, dès qu’elles s’organisent en réseau, de faire des prouesses d’inventivité, de résilience et de résistance, pour peu qu’elles visent un idéal commun, et celui que nous proposons est de taille : comment sauvegarder nos ressources et notre sécurité, comment réparer la terre et préserver la paix pour nous-mêmes et les générations futures. 

La puissance de l’énergie d’un groupe déterminé, ayant foi dans ses objectifs est incommensurable. Goethe souligne ce principe dans un texte sur la Providence. 

Grâce au réseau internet, nous sommes en connexion avec des groupes et des inventeurs du monde entier qui chacun dans leur sphère de compétence et dans leur région, ont réalisé de telles opérations de survie avec des ressources et des matériaux nouveaux, avec des technologies innovantes. L’élan général pourrait s’inspirer et ressembler à la naissance d’Auroville en Inde. (Voir films de Michèle Decoust). 

Rejoignez-nous en Loir et Cher pour vivre une aventure joyeuse et féconde et travailler ensemble à notre éveil et à notre métamorphose pour que le monde change. 

Ressources

Collectif pour une transition citoyenne. Déclaration Commune

Dossier de Presse 16 p.  Festival de la Transition

Entretiens de Sologne 2013  Toutes les informations sur cette manifestation.

Intelligence Verte  Association organisatrice des Entretiens de Sologne dont le but est d'enseigner comment la nature nous aide à améliorer notre vie personnelle et professionnelle.

Institut Polanyi Association crée autour de l’œuvre de Karl Polanyi, auteur de La Grande Transformation.

Un autre monde est déjà possible. Libération 13/9/13

Michèle Decoust par J.F Noubel

Patrick Viveret dans le Journal Intégral :

La Sobriété Heureuse   Une économie des profondeurs   Peut-on changer ce monde ?

vendredi 20 septembre 2013

Deuxième Forum International de l'évolution de la consience


L'utopie n'est pas la chimère mais le "non-lieu" de tous les possibles. Face aux limites et aux impasses de notre modèle d'existence, elle est une pulsion de vie, capable de rendre possible ce que nous considérons comme impossible. C'est dans les utopies d'aujourd'hui que sont les solutions de demain. Pierre Rabhi 


Le premier forum international de l’évolution de la conscience a eu lieu à Paris le 13 octobre 2012 autour du thème : L’évolution de la conscience, clé de notre devenir. Le succès public de cette première édition qui a rassemblé 500 personnes enthousiastes est une très bonne nouvelle. C’est le signe qu’en France, une partie de la conscience collective est en train de dépasser les limites du formalisme abstrait propre à l’exception française pour participer au courant évolutionnaire déjà initié dans d’autres pays. 

La seconde édition du forum aura lieu le 12 octobre 2013 à Paris, autour du thème : Croire au Futur. Grâce à un format original et participatif en atelier, avec l’aide de visionnaires et d’acteurs du changement dans les domaines de l’écologie et de l’éducation, de la spiritualité et de l’engagement citoyen, le Forum 2013 permettra de mieux comprendre comment évoluer en conscience. 

Le saut évolutif vers un nouveau stade de conscience s’opère de manière systémique en concernant à la fois les modes de vie et de pensée, les modèles de la culture et de la connaissance ainsi que les modalités de l’action et de l’organisation sociale. C’est pourquoi le changement de paradigme en cours doit être accompagné par une refondation réelle de l’éducation qui ne soit pas une énième réforme de circonstance. C’est dans cet esprit que la seconde édition du forum s’intéressera à l’émergence de nouveaux modèles socio-éducatifs qui participent à la dynamique de l’évolution culturelle. 

Croire au Futur 


Aujourd'hui nous sommes confrontés à des problèmes globaux et à des revendications contradictoires qui, combinés à une complexité et à une vitesse de changement accrues, nous rendent impuissants face aux enjeux du XXI ème siècle, individuellement et collectivement. Alors, plutôt que de sombrer dans le cynisme, la dépression ou le repliement sur soi, il est important de réaliser que, comme le disait Einstein en son temps, nous ne trouverons la solution qu'en changeant notre manière de penser et notre vision du monde. 

C'est cela l'évolution de la conscience. C'est développer une perspective et des valeurs plus grandes et plus inclusives, davantage capables de répondre aux problématiques personnelles et professionnelles auxquelles nous sommes confrontés. Devenir plus conscient, c’est apprendre le discernement en faisant des choix justes, c’est oser dépasser ce que l’on sait déjà pour découvrir ce que l'on ne sait pas encore, c’est laisser émerger la créativité et la positivité qui résident en nous, c’est se connecter au sens même de la Vie, à cette force qui a créé l’univers tout entier et qui évolue perpétuellement. 

Etre  un(e) évolutionnaire c'est réaliser que le futur n'est pas écrit et que nous pouvons forger notre destin en influençant le cours de l'histoire par nos choix individuels et collectifs. Cette perspective évolutionnaire redéfinit ainsi l’éducation au 21ème siècle comme un processus d'individuation où chaque être humain apprend à se questionner et à se développer tout au long de la vie en créant un futur où chacun peut exprimer son potentiel en coopération avec les autres.

Programme 
 
8h15 – 9h30 : Accueil 

9h30 – 9h45 : Introduction et Ouverture du Forum par Jean-Louis Servan-Schreiber (vidéo enregistrée). 

Pourquoi l’évolution de la conscience est-elle devenue une nécessité dans notre époque complexe et troublée, et peut-on encore aimer notre 21ème siècle ? 

Jean-Louis Servan-Schreiber (JLSS) est patron de presse, journaliste et écrivain. En 1997, il rachète le magazine Psychologies magazine et en fait, en dix ans, le second mensuel féminin haut de gamme français en diffusion. En 2010, il reprend le magazine Nouvelles Clés devenu depuis Clés pour en faire une revue centrée autour de deux thèmes majeurs : trouver du sens et retrouver du temps. En 2010, il publie Trop Vite ! où il passe en revue les effets du court-termisme et en 2012, Aimer, quand même, le xxie siècle (2012) où il traite du manque de visibilité sur l’avenir et liste les raisons d’être d’optimiste en comparant ce siècle encore jeune à une nouvelle « Renaissance ». 

9h45 – 10h25 : La source de la positivité par Pierre Rabhi 

Aujourd’hui, l’humanité est surinformée sur les transgressions qu’elle a faites et les malheurs qu’elle cause sur notre planète. C’est à elle à être intelligente, sinon, elle disparaîtra. L’hypothèse négative, c’est que l’humanité ne prendra pas conscience et s’éradiquera elle-même. Et l’hypothèse positive, c’est qu’il y aura un sursaut de conscience pour comprendre que nous n’avons plus le choix de changer. (Pierre Rabhi) 

Initiateur du Mouvement Colibris, reconnu expert international pour la lutte contre la désertification, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agriculture écologique en France. Auteur, philosophe et conférencier, il appelle à "l'insurrection des consciences" pour fédérer ce que l'humanité a de meilleur. Devant l'échec de la condition générale de l'humanité et les dommages considérables infligés à la Nature, il nous invite à sortir du mythe de la croissance indéfinie, à réaliser l'importance vitale de notre terre nourricière et à inaugurer une nouvelle éthique de vie vers une "sobriété heureuse". 

10h25 – 11h05 : L’évolution consciente par Barbara Marx Hubbard (interview par Gyorgyi Szabo)

Au cours des cinquante dernières années, nous avons acquis la capacité scientifique et technologique de détruire ou d’affecter positivement la planète. Notre génération se trouve placée devant un choix crucial : abuser de ce pouvoir ou l’utiliser à bon escient, c’est-à-dire agir en notre qualité de co-créateurs. L’évolution consciente décrit la voie du co-créateur qui devient conscient des nouveaux outils et des autres possibilités qui lui sont offerts afin de participer pleinement à cette étape fascinante de notre histoire collective. 

Appelée « la voix de l’évolution consciente » par Deepak Chopra, Barbara Marx Hubbard est la source d’inspiration du livre de Neale Donald Walsch intitulé « La mère de l’invention ». Futuriste et visionnaire de renommée mondiale, formatrice et conférencière de l’évolution, Barbara est l’auteur de six livres qui communiquent la nouvelle vision du monde de l’évolution consciente. Elle est co-fondatrice et présidente de la Fondation pour l’Evolution Consciente, et a co-fondé plusieurs organisations progressistes, dont l’Association pour la Nouvelle Pensée globale. 

11h05 – 11h25 : Table ronde avec Pierre Rahbi et Barbara Marx Hubbard. Dialogues avec le public 

11h25 – 11h35 : Présentation du format des Ateliers évolutionnaires 

11h35 – 12h05 : Pause 

12h05 – 13h15 : Ateliers évolutionnaires avec l’ensemble des participants.

Six ateliers de 80 personnes se tiendront simultanément dans l’enceinte de la Sorbonne. Ils concerneront l’ensemble des participants et consisteront, en intelligence collective sous un format World Café, à explorer ce que cela signifie d’être un(e) évolutionnaire, de prendre conscience des freins et des leviers pour le devenir, et de voir comment, ensemble, nous pouvons façonner le futur. 

Ces ateliers feront l’objet de mesures par l’équipe du Global Consciousness Project de l’université de Princeton pour examiner l’existence et l’influence du champ de conscience (éventuel) généré par les ateliers. 

13h15 – 14h30 : Déjeuner 

14h30 – 15h : Rapports des Ateliers évolutionnaires 

Les porte-paroles des six ateliers partageront en session plénière les résultats de leurs ateliers respectifs. 

15h - 17h15 : Témoignages d’évolutionnaires dans le domaine de l’éducation 

Ces témoignages seront l’occasion de partager l’expérience de visionnaires et de pionniers qui, chacun dans leurs domaines, contribuent à l’évolution de la culture et à l’émergence de nouvelles valeurs, dans le domaine socio-éducatif. 

15h – 15h15 : Initiatives actuelles sur le renouveau éducatif par Antonella Verdiani

Antonella Verdiani a été spécialiste de programme dans le secteur de l’éducation à l’UNESCO de 1987 à 2005, d’abord en Afrique et après à Paris, avec une attention particulière aux méthodes innovantes. En 2006, elle se consacre à son doctorat sur l’éducation intégrale à Auroville, en Inde (Université de Paris 8). Actuellement consultante et formatrice, elle est co-fondatrice de l’Alliance Printemps de l’éducation, projet réunissant des associations, institutions et individus qui militent pour un changement de l’éducation et de l’école, centré sur le bien-être l’épanouissement des enfants (et des enseignants!). En 2012, elle publie un livre “Eduquer à la joie. Ces écoles qui rendent les enfants heureux”, aux Editions Actes Sud. 


15h15 – 15h50 : La nouvelle éducation des adolescents par Gopal Krishnamurthy 

Gopal Krishnamurthy est co-directeur de l’école Brockwood Park qui propose un programme éducatif de secondaire très original. Il est titulaire d’un doctorat en éducation, d’une maitrise en Education et Philosophie, d’une licence de physique, et il a enseigné pendant plus de 18 ans au niveau secondaire et universitaire. Il est également passionné par la formation des enseignants et la vision éducative de Krishnamurti. 



15h50 – 16h30 : La nouvelle éducation des adultes par Mary Adams (interview par Christine Guinebretière) 

Mary Adams est directrice de l’éducation chez EnlightenNext. Elle enseigne au niveau international et a élaboré des programmes d’éducation novateurs pour les adultes qui catalysent le développement – au niveau personnel et collectif – de nouvelles capacités de conscience, de relationnel et de créativité. Son engagement pour l’éveil des femmes et le leadership authentique lui a permis de forger une nouvelle voie de développement pour les femmes sur la base des principes de l’éveil évolutionnaire d’Andrew Cohen. Elle co-écrit actuellement, avec le professeur Elizabeth Debold, un ouvrage basé sur leurs découvertes communes issues du programme « Les dix défis de la femme évolutionnaire ». 

16h30 – 17h : Pause 

17h – 17h15 : Campagne “Révolutionner l’éducation, on le fait !” par Cyril Dion

De 2007 à 2013, Cyril Dion a été l’animateur du mouvement Colibris qui a initié entre 2009 et 2010 en France, plus de 200 projets. Ce mouvement, fondé par Pierre Rabhi en 2006, est une plateforme de rencontre ou d’échange pour tous ceux qui veulent agir pour une société plus juste en développant des solutions alternatives. En 2011, Cyril a créé avec Actes Sud la collection “Domaine du Possible” et est le directeur de la rédaction du magazine Kaizen. 

17h15 – 18h : Table ronde avec Antonella Verdiani, Cyril Dion, Gopal Krishnamurty, Barbara Marx Hubbard et Mary Adams. 

18h – Clôture du Forum 

Ressources

Sur le site du Forum international de l’évolution de la conscience, vous trouverez de nombreuses informations concernant cette seconde édition mais aussi tous les détails pratiques au sujet de l’inscription à cette manifestation.

Dans Integral Leadership Review, les anglophones pourront lire le compte rendu du premier Forum International de la Conscience par Brian Van der Horst dans un article intitulé The Integral Year in Review.


Le Plan des Colibris Des propositions pour une société écologique et humaine.


Le 30 Novembre 2012, l’Université Intégrale a organisé une journée autour du thème Education et co-évolution avec notamment Antonella Verdiani. Sur le site Viméo de l’Université Intégrale, on peut suivre ici, à travers une vingtaine de vidéos, toutes les interventions et tous les débats qui ont eu lieu durant cette journée. 

Dans Le Journal Intégral : Université Intégrale (14) Education et co-évolution

Eduquer au XXI ème siècle (1) (2) (3) 


Education + Initiation : Développement intégral 

Education intégrale (1) (2) Le Nouvel Esprit Pédagogique (3) (4) (5)